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C’était le 17 juin 1986. Pour les férus de football il s’agit d’une date indélébile. Le Maroc allait jouer le huitième de final de la coupe du monde à Monterrey au Mexique.
Je suis arrivé très tôt le matin avec ma sœur Jamila.
Ce trajet entre Casa et Tétouan je ne l’oublierai jamais. Je me rappelle avoir été pris de vertige et que j’a vomi toutes mes tripes cette nuit là. Point de sac en plastique j’ai dû me vider à côté de mon siège. L’odeur de Raïbi Jamila mixé avec un morceau de cake parcourait le car de fortune. L’assistant du chauffeur (grisoune) avait ramené de la poudre de bois pour cacher mon étrange mixture.
Je débarque donc à Tétouan. Toute la ville marche au ralenti, suspendue au sifflet de l’arbitre du match, un certain Zoran Petrovic. La rumeur avait circulé dans la ville que certains supporters de l’équipe nationale avaient peint en blanc et noir 12 ânes, prêts à les faire défiler dans les rues de la ville juste après la victoire du Maroc. L’équipe nationale n’a jamais été aussi en forme (elle avait passé le premier tour en première position après avoir battu le Portugal par 3 but à 1) et les marocains se projetaient déjà dans la finale.
Mais à trois minutes de la fin de la partie, Lothar Matthaeus donne le coup de grâce à l’équipe marocaine et à tous ses supporters d’un coup franc mal jugé par Badou Zaki. Un but bête et méchant qui met le Maroc out.
Les supporters de Tétouan n’avaient qu’à laver leurs ânes qui étaient content de devenir des zèbres, le temps d’une journée.
Je pense avec un large sourire et je m’endors. Après le calvaire de presque 10 heures de voyage sans sommeil, mon corps revendiquait un repos mérité.
Rachid Zaki
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