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Nous circulions dans les rues en scandant "Tirira tirira hada âame lahrira". Jusqu’à l’écriture de ces lignes je ne suis encore pas parvenu à savoir la véritable signification du mot "tirira". Je me dis à présent que c’est un simple jeu de rimes.
Le Ramadan je l’attendais avec impatience même si je savais d’avance que je n’allais jeûner que deux ou trois jours au mieux.
Moi je voulais observer le jeûne durant tout le Ramadan mais mes parents n’ont jamais accepté. Se souciaient-ils de ma petite santé ? Non malheureusement ! Mes parents m’obligeaient à manger pour que je les laisse en paix pendant la rupture du jeûne. Il faut dire qu’à ce moment là les enfants ne sont pas les bienvenus. C’est une affaire de grand.
Nous les enfants on avait notre lot de jeux enfantins.
Nous attendions que le muezzine annonce la prière du "maghreb" pour courir annoncer aux grands le des hostilités avec la harira et autres chebbakia et baghrir.
Quant à nous, nous prenions notre revanche sur l’asphalte de l’avenue déserte qui passait devant nous. Nous nous allongions sur l’asphalte les yeux fermés certains que pas une voiture ne passait à ce moment de la journée. Certains d’entre nous sortaient leurs carrosses à roulement et se lançaient dans de foules courses de Formule 1 (la Formule 1 des pauvres).
Et dès que la rue commençait à se mouvoir et la circulation sur l’avenue devenait plus dense, nous étions obligés de rentrer pour manger les restes des grands. Car pour mériter de s’asseoir à la table des grands, il fallait d'abord jeûner…
Rachid Zaki
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