Un bon conseil: s'il vous arrive de subir un viol en réunion, ne choisissez pas l'
Arabie séoudite (hachek), ce
riant pays aux si nombreux amis (France, Royaume-Uni, Irak, Etats-Unis, Israël, Maroc). Une jeune femme de dix-neuf ans en a fait l'amère expérience. Ayant subi -ainsi qu'un homme (!), un ex-fiancé, en compagnie de laquelle elle se trouvait - un viol collectif (sept personnes! quatorze fois!), elle a commis l'erreur de porter plainte contre ses agresseurs. Précisons par ailleurs que cette jeune fille est
une chiite d'Arabie séoudite (hachek), que ses violeurs sont sunnites et que
son mari la soutient . Précisons aussi à cet égard que la population chiite dont elle est issue
subit les
discriminations que je vous laisse imaginer
aux mains des autorités et surtout des imams wahhabites.
Le viol est puni de mort en
Arabie séoudite (hachek), dont le droit pénal,
qui n'est pas codifié , est présenté comme fondé sur le
droit pénal islamique , tandis que les relations sexuelles en dehors des liens du mariage sont punis de coups de fouet. Déposer plainte pour viol revient pour la victime à faire une partie de roulette russe: si vous gagnez, tant mieux, vos agresseurs seront décapités au sabre. Si vous perdez, tant pis, vous serez fouettée et condamnée à de la prison pour fornication, si néanmoins vous survivez aux deux cents coups de fouet
auxquels a été condamnée notre vaillante jeune femme.
Les agresseurs de la jeune fille avaient été condamnés en première instance à des peines d'emprisonnement de dix mois à cinq ans, en dépit de la sentence capitale qu'ils encouraient. Leur sentence en appel a été
portée de deux à dix ans de prison (sans compter de 80 à 1.000 (!) coups de fouet), mais bien en deçà de la peine capitale encourue,
bien que celle-ci ait été réclamée par les victimes, ce qui est en soi bien compréhensible. La raison de cette clémence étonnante serait,
selon la presse qui cite le
ministère séoudien (hachek) de la justice (1), "
le manque de preuve " ainsi que "
l'absence d'aveux " - ce qui est fascinant: les condamnés l'ont été au bénéfice du doute en quelque sorte, le doute semblant bénéficier à l'accusation dans ce délicieux pays - les preuves ne sont pas suffisamment insuffisantes pour leur valoir un acquittement mais elle le sont assez pour leur sauver la tête.
D'autre part, le tribunal d'appel a tenu compte de ce que le viol "
n'aurait pas eu lieu " si la victime ne se trouvait pas dans une voiture avec un homme étranger à sa famille - et peut importe que son mari, qui aurait pu en conçevoir quelque courroux, n'y ait rien trouvé à redire,
comme l'a relevé un chroniqueur séoudien. Mais ce n'est pas tout: cet étrange viol qui n'en est pas un aux yeux des "
juges " (2) séoudiens (hachek) a valu à la victime une condamnation à 90 coups de fouet en première instance, portée à 200 coups et six mois d'emprisonnement en appel, un verdict qui a choqué "
même les Séoudiens (hachek) ", comme
l'écrit le New York Times - j'adore le "
même ", qui n'englobe cependant
pas le gouvernement de ce pays.
Pourquoi ce durcissement de la peine de la victime? Tout simplement parce qu'elle s'est entourée des conseils d'un avocat, Me Abdul Rahman Al-Lahem, également
militant des droits de l'homme , qui n'a pas craint de faire des déclarations
aux médias ni même de saisir Human Rights Watch, qui a
dénoncé ce scandale judiciaire. Ce scandaleux verdict n'a pas affaibli la détermination de Me Al-Lahem,
qui estime , interrogé par le quotidien anglophone séoudien (hachek) Arab News (3), que le verdict "
résume les problèmes fondamentaux que rencontre la justice séoudienne " (hachek): il souligne notamment que selon la charia, celui qui fait appel d'une sentence pénale ne doit pas voir sa peine aggravée, et estime en outre qu'il n'est pas prouvé que la victime se soit trouvée dans la voiture avec son ex-ami lorsqu'ils furent enlevés et violés par leurs agresseurs - ils se trouvaient en fait
à la sortie d'une galerie commerciale . Ce
courageux avocat , qui
considère le verdict comme contraire à la charia, en a aussi eu pour son grade: la cour d'appel l'a tancé
pour avoir parlé à la presse et donné une
mauvaise image du
système judiciaire séoudien (hachek) à l'étranger - quelle idée, vraiment... Sa licence d'avocat
a été suspendue dans le cadre du procès (en clair,
il ne peut plus officiellement défendre la victime), et il a été
convoqué séance tenante à une procédure disciplinaire devant avoir lieu le 5 décembre puis expulsé du tribunal,
ne pouvant donc assister sa cliente à la lecture du verdict, alors que ses sept violeurs étaient présents, eux.
Le mari de la victime a
annoncé que son épouse était inébranlable dans sa volonté d'aller devant la Cour de cassation séoudienne (hachek), même au risque de voir sa sentence aggravée une nouvelle fois. Le ministère de la justice
campe sur ses positions - et je ne peux résister à l'envie de citer un fonctionnaire de ce ministère,
interrogé par la journaliste du quotidien Arab News sur son nom exact, répondit que "
je vous le donnerai quand je demanderai votre main " ("
I will give you my full name if I want to propose to you "). Bien évidemment, l'image du pays à l'étranger n'en sera que plus négative, tandis que même la presse nationale est
scandalisée ...
Il serait tentant pour un Marocain de se gargariser et de se gausser de l'arbitraire archaïque et misogyne qui se dégage de la "
justice " séoudienne (hachek). C'est oublier qu'au-delà des midinettes
chez Paul et des bourgeoises de Souissi,
la situation de la femme marocaine en 2007 est, selon l'étude
Global Gender Gap ,
moins reluisante en coulisse, au point d'être en queue de peloton dans le monde arabe, avant les seuls Yémen et
Arabie séoudite (hachek). L'étude des affaires de viol devant les tribunaux marocains serait sans doute révélatrice, tant des dysfonctionnements judiciaires que de la misogynie de nombreux magistrats. Je me rappelle ce que me racontait un ami safiot d'une audience de viol à laquelle il avait assisté, dans laquelle le juge s'acharnait sur la victime pour savoir si elle avait elle-même enlevé ses collants et sa culotte, auquel cas elle serait jugée avoir consenti...
Lisez deux posts intéressants sur cette affaire chez
Crossroads Arabia et
Saudi Jeans .
(1) Je sais, ça fait penser aux fameux ministères suisse de la marine marchande et étatsunien de la culture, mais c'est comme ça qu'il s'intitule...
(2) Avec mes excuses aux vrais juges qui se sentiraient fort justement insultés par la comparaison.
(3) Ce journal a ouvertement dénoncé le scandale.