Ca y est, elle
remet ça : Ségolène prône une "
très, très grande fermeté " vis-à-vis de l'Iran, non seulement au sujet de ses efforts de maîtrise de la technologie nucléaire civile et/ou militaire, mais aussi en raison du différend avec le Royaume-Uni au sujet de quinze marins britanniques qui auraient été capturés dans les eaux territoriales iraniennes selon Téhéran et dans les eaux irakiennes selon Londres. Les choses sont sans doute
un peu plus compliquées , la probabilité que les marins britanniques ont bien été capturés en territoire iranien
ne pouvant être écartée . Les idées simples n'ont guère de place au Moyen-Orient, et on aurait pas cru qu'il faille un ancien "
cold-warrior " de l'establishment de Washington,
Zbigniew Brzezinski ,
pour le rappeler à une candidate socialiste à la présidence de la France, pays qui nous avait habitué à moins d'aveuglement idéologique au Moyen-Orient.
Concernant l'effort nucléaire iranien, Ségolène Royal réussit la prouesse de le vilipender sans mentionner la possession par Israël, pays qui occupe des territoires libanais, syrien et palestinien, et qui a régulièrement agressé et occupé ses voisins depuis sa création, de l'arme nucléaire. Ce ne sont pourtant pas là des propos iconoclastes: l'expert israëlien
Yossi Mekelberg , qui écrit pour le Royal Institute of International Affairs (
Chatham House ), organisme public britannique qu'il serait excessif de qualifier d'islamo-gauchiste, relève
dans une récente étude que la mise en avant du dossier nucléaire iranien est porteuse de dangers pour le dossier nucléaire israëlien, qui ne semble guère passionner médias occidentaux et Conseil de sécurité...