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<title mode="escaped"><![CDATA[ Obiter Dicta ]]></title>
<tagline><![CDATA[ divagations d'un juriste en libert&eacute; surveill&eacute;e ]]></tagline>
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<![CDATA[ Mi-pute, mi-soumise
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<author><name><![CDATA[ Ibn Kafka]]></name></author>
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<![CDATA[ 
C'est vache et macho (1) comme rubrique, mais c'est tellement juste.  [Fadela-Fatiha Amara]url:http://minorites.org/article.php?IDA=12345 , anciennement  [élue municipale du PS]url:http://www.minorites.org/article.php?IDA=13379 (le PS n'est d'ailleurs  [pas content]url:http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-823448,36-925718@51-912203,0.html , même si personne n'a traité Fadela-fatiha de harki), dirigeante de " [Ni putes ni soumises]url:http://www.minorites.org/article.php?IDA=16006 " - association  [si combative]url:http://lmsi.net/spip.php?article321&var_recherche=fadela  et  [si représentative]url:http://yahoo.bondyblog.fr/news/ni-putes-ni-soumises-pour-une-mixite-fondee-sur-le-respect  - et aux  [titanesques débats d'idées]url:http://minorites.org/article.php?IDA=271 , la beurette  [la plus populaire de Saint-Germain-des-Près]url:http://www.minorites.org/article.php?IDA=14941  quand Isabelle Adjani est indisposée, a rejoint le gouvernement Sarkozy - la beurette va, quelle surprise, s'occuper du  [secrétariat d'Etat à la ville]url:http://www.tv5.org/TV5Site/info/article-Fadela_Amara__nommee_secretaire_d_Etat__veut__redonner_espoir_a_la_banlieue_.htm?idrub=8&xml=070619143803.maowct5e.xml , c'est-à-dire aux bougnoules et autres  [négros]url:http://www.minorites.org/article.php?IDA=7271 , " i[la ville]i " étant un de ces nombreux euphémismes ethniques par lesquels des Français souhaitent décrire la réalité ethnique de leur pays - pensez à " i[cités]i ", " i[banlieue]i ", " i[les jeunes]i ", " i[diversité]i ", et  [j'en oublie]url:http://lmsi.net/spip.php?article77&var_recherche=jeunes . 

Je tiens par ailleurs à rassurer tous ceux parmi mes lecteurs inquiets de l'entrée d'une maghrébine d'ascendance musulmane au sein du gouvernment, sachant combien ces gens-là sont susceptibles de verser dans le terrorisme  [repentant]url:http://lmsi.net/spip.php?article320&var_recherche=fadela  antisémite et islamo-gauchiste -  [Fadela-Fatiha]url:http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3224,36-825341@51-825438,0.html  offre  [toutes]url:http://www.minorites.org/article.php?IDA=16167  les [garanties]url:http://www.minorites.org/article.php?IDA=16975 ,  [je dis]url:http://www.minorites.org/article.php?IDA=7242  bien  [toutes]url:http://www.minorites.org/article.php?IDA=9122  les  [garanties]url:http://www.minorites.org/article.php?IDA=8516  -  [really]url:http://minorites.org/article.php?IDA=635 , no  [really]url:http://www.cercle-leon-blum.org/lettre3.pdf (cf. page 2),  [I mean it]url:http://www.peripheries.net/article51.html .  [Les petites soldates du fascisme vert]url:http://minorites.org/article.php?IDA=1568  n'ont qu'à bien se tenir.


(1) Quoique ce ne soit pas très aimable envers  [les putes]url:http://www.lesputes.org/ .<br/>
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<![CDATA[ Rachida Dati, ombres et lumières
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<author><name><![CDATA[ Ibn Kafka]]></name></author>
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<![CDATA[ 
 [Rimbus]url:http://rimbusblog.blogspot.com/ , bloggeur français de Casablanca, nous a sorti  [un billet]url:http://rimbusblog.blogspot.com/2007/06/les-secrets-de-rachida-dati.html  très intéressant et, comment dire, assez suggestif sur  [Rachida Dati]url:http://www.blog.ma/obiterdicta/index.php?Rachida,_arabe_de_service.html&id_article=14495 , l'alibi beur de Nick Sarkozy. Je n'en dis pas plus.<br/>
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<![CDATA[ Les binationaux marocains: état-civil, carte nationale, passeport, Lee Murray et autres joyeusetés
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<author><name><![CDATA[ Ibn Kafka]]></name></author>
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<![CDATA[ 
 [Un]url:http://www.moroccosavvy.com/taamarbuuta/2007/04/18/morocco-says-you-must-give-your-child-an-arab-nameor-else/  ou  [deux]url:http://www.moroccosavvy.com/taamarbuuta/2007/05/25/back-to-the-naming-boardsthis-time-in-belgium/  posts de la bloggeuse étatsunienne [ taamarbuta]url:http://www.moroccosavvy.com/taamarbuuta  m'ont amené à vouloir écrire un post sur le statut juridique des binationaux marocains au regard de  [l'état-civil]url:http://www.dictionnaire-juridique.com/definition/etat-civil.php  - dont le choix du prénom -, les pièces d'identité et plus généralement l'application de la loi marocain lors de leur séjour au Maroc.

Il faut peut-être définir tout d'abord ce qu'est un binational: c'est une personne détenant au moins deux nationalités différentes (1). C'est mon cas, celui de ma soeur, de mes filles et de plusieurs cousin-e-s - tout ça pour dire que les questions de binationalité ne sont pas ésotériques pour moi.

Prosaïquement, le commun des mortels perçoit cette situation comme le fait de détenir deux passeports différents: ce n'est pas mon cas, mon passeport marocain étant périmé depuis une dizaine d'années - il ne présente aucun intérêt autre que sentimental par les temps qui courent, et je ne connais guère de pays pour lequel voyager avec mon passeport vert m'offrirait des avantages juridiques par rapport à mon passeport rouge ( [Union européenne]url:http://eur-lex.europa.eu/Result.do?idRoot=3&RechType=RECH_typact&typact=LEG_V110&typihm=Droit%20dérivé ). Le passeport est donc distinct de la nationalité - une majorité de ressortissants marocains ne possède ainsi pas de passeport, sans que cela affecte leur nationalité. Le passeport n'est en effet qu'un document de voyage servant à passer les frontières internationales. Il peut d'ailleurs être accordé, dans certains pays, à des personnes n'ayant pas forcément le droit de résider dans ce pays- ça paraît étonnant, mais c'est le cas notamment au Royaume-Uni, où de nombreux habitants de territoires sous souveraineté britannique disposent de passeports délivré par le gouvernement britannique mais sans avoir le droit de résider - " i[right of abode]i " - au Royaume-Uni (2).

C'est un principe ancien de droit international public que chaque Etat est libre de réglementer selon sa conception propre les conditions d'octroi et de déchéance de sa nationalité: " i[il est en effet bien établi par la jurisprudence internationale que l'Etat détermine seul, par sa législation, quels sont ses nationaux]i " (3). Ce principe a déjà été posé dans une affaire intéressant le Maroc, en 1923, dans le jugement de la Cour permanente de justice international ( [CPJI]url:http://www.icj-cij.org/pcij/index.php?p1=9&PHPSESSID=bb4e9a4113dfefa13ebee2da1439234d ) (4) dans l'affaire Décrets de nationalité promulgués en Tunisie et au Maroc,  [avis consultatif]url:http://www.icj-cij.org/pcij/serie_B/B_04/Decrets_de_nationalite_promulgues_en_Tunisie_et_au_Maroc_Avis_consultatif_1.pdf  rendu le 7 février 1923 dans lequel la CPJI avait estimé que " i[la question de savoir si une certaine matière rentre ou ne rentre pas dans le domaine exclusif d'un Etat est une question essentiellement relative: elle dépend du développement des rapports internationaux. C'est ainsi que, dans l'état actuel du droit international, les questions de nationalité sont, en principe, de l'avis de la Cour, comprises dans ce domaine réservé]i " (p. 24). Quelques décennies plus tard, la Cour internationale de justice estima, dans l' [affaire Nottebohm]url:http://www.icj-cij.org/docket/index.php?p1=3&p2=3&code=lg&case=18&k=26  (Liechtenstein contre Guatemala), de manière plus détaillée, qu'" i[il appartient au Liechtenstein comme à tout État souverain de régler par sa propre législation l'acquisition de sa nationalité ainsi que de conférer celle-ci par la naturalisation octroyée par ses propres organes conformément à cette législation. Il n'y a pas lieu de déterminer si le droit international apporte quelques limites à la liberté de ses décisions dans ce domaine. D'autre part, la nationalité a ses effets les plus immédiats, les plus étendus et, pour la,plupart des personnes, ses seuls effets dans l'ordre juridique de l'Etat qui l'a conférée. La nationalité sert avant tout à déterminer que celui à qui elle est conférée jouit des droits et est tenu des obligations que la législation de cet État accorde ou impose à ses nationaux. Cela est implicitement contenu dans la notion plus large selon laquelle la nationalité rentre dans la compétence nationale de l'État]i".

Du fait d'accorder la nationalité découle naturellement le droit pour un Etat de réglementer l'état-civil de ses ressortissants - c'est-à-dire, au sens strict du terme, les éléments permettant d'identifier la personne: date de naissance, lieu de naissance, nom de famille, prénom-s, sexe, filiation, domicile. Plus tard dans la vie de l'individu, l'état-civil englobera des éventuelles incapacités, l'état matrimonial, la descendance, etc... Chaque Etat étant libre de réglementer comme il l'entend l'état-civil de ses ressortissants, on comprend les risques de conflits lorsqu'un binational aura à respecter des règles d'état-civil différentes pour se mettre en règle auprès des administrations de l'état-civil de ses deux pays respectifs.

Le problème qui se pose au binational marocain - je part de la supposition que la majorité des binationaux marocains ont pour autre nationalité celle d'un pays européen ou nord-américain - est dès lors le suivant: supposons qu'il ait un prénom marocain et un prénom occidental, cas  [évoqué]url:http://www.moroccosavvy.com/taamarbuuta/2007/04/18/morocco-says-you-must-give-your-child-an-arab-nameor-else/  chez taamarbuta. En vertu de l' [article 21]url:http://www.service-public.ma/servlet/Doc?tache=PrepareFiche&ref=115  de la  [loi n° 37-99 relative à l'état-civil]url:http://www.marocainsdumonde.gov.ma/documents/Etat_civil.doc , " i[le prénom choisi par la personne faisant la déclaration de naissance en vue de l'inscription sur les registres de l'état-civil doit présenter un caractère marocain...]i ". 

On notera ici le non-dit qui entoure cette disposition: cette disposition s'applique  i[de facto]i  aux seuls Marocains musulmans, nos compatriotes juifs pouvant se faire prénommer Serge, André ou Robert sans difficultés, sans toutefois que la loi établisse de distinction formelle sur ce point. D'autre part, au lieu de prénom " i[marocain]i " il faut entendre prénom arabo-musulman, certains prénoms berbères étant, de manière tout à fait illégale, interdits à l'état-civil bien qu'étant marocains...

Supposons alors un Patrick Mohamed Aït Lahcen - mes excuses anticipées s'il en existe un vrai - binational maroco-français. Son prénom occidental ne sera pas enregistré dans son état-civil marocain, mais son état-civil français - car un binational a un état-civil auprès chacun de ses pays d'allégeance - contiendra sans problème ses deux prénoms. Son extrait d'acte de naissance marocain le qualifiera de Mohamed Aït Lahcen, tandis que son extrait d'acte de naissance français le qualifiera de Patrick Mohamed Aït Lahcen. Une telle situation ne lui causera aucune difficulté pratique, puisque ses état-civils se recoupent.

Supposons cependant que le même binational s'appelle Patrick Aït Lahcen. Si son état-civil français ne lui posera aucun problème, il ne pourra être enregistré à l'état-civil marocain, faute de respecter l'article 21. N'étant pas enregistré à l'état-civil, il ne pourra se voir délivré de  [carte d'identité nationale]url:http://www.amb-maroc.fr/consulats/cin.htm , ou de passeport, ou se voir inscrit sur un registre électoral. Il sera dans l'impossibilité pratique de prouver sa nationalité marocaine, même s'il est marocain de naissance. Cela ne lui causera aucun problème s'il ne remet plus les pieds au Maroc, mais dans le cas contraire il se heurtera très vite à toute une série de problèmes: étant marocain, il est tenu, en vertu de l' [article 1]url:http://www.service-public.ma/servlet/Faq?tache=Reponse&idFaq=137&refRubrique=51  de la loi n° 1.73.560 du 15 février 1977, de posséder une carte d'identite nationale, mais n'étant pas inscrit à l'état-civil il ne pourra remplir cette obligation, sauf à prendre un prénom marocain aux yeux de l'article 21 de la loi relative à l'état-civil. N'étant pas en mesure de montrer des documents officiels - extrait d'état-civil, carte d'identité nationale, passeport - attestant de sa qualité de Marocain, il sera confronté à des difficultés administratives. Il pourra toujours tenter de contourner ces difficultés en se déclarant ressortissant étranger à la douane, à la police ou à la préfecture, mais il sera à la merci de n'importe quel agent ou guichetier qui lui rappelera que son nom - et sans doute son physique - sont marocains, et lui demandera ses papiers marocains (carte d'identité nationale, passeport, livret de famille, etc)...

Supposons que notre Patrick Aït Lahcen, épuisé par la guérilla administrative, se rende à l'évidence et se fasse enregistrer à l'état-civil marocain en tant que Mohamed Aït Lahcen - ses problèmes ne seront pas terminés pour autant. N'ayant pas été déclaré à l'état-civil marocain dans les trente jours à compter de sa naissance, conformément au délai posé par l'article 15 du décret n° 2-99-665 du 9 octobre 2002 pris pour application de la loi n° 37-99 relative à l'état-civil, il devra obtenir un jugement déclaratif de naissance auprès du tribunal de première instance compétent, conformément à l'article 30 de ladite loi. Supposons qu'il l'obtienne, qu'il réside au Maroc, qu'il se marie et ait un enfant - son mariage et son enfant, sous l'empire de la loi marocaine, le seront sous son nom marocain. Pour peu qu'il veuille faire reconnaître son mariage et son enfant aux yeux de la loi française, il devra se rendre au consulat de France le plus proche, où  [on lui demandera]url:http://www.consulfrance-ma.org/article.php3?id_article=324#sommaire_1 , entre autres pièces, l'acte de mariage adoulaire, sur lequel il sera désigné comme Mohamed (selon son état-civil marocain) et non pas Patrick (son prénom à l'état-civil français) - il n'est pas sûr que le consulat de France accepte la transcription de son mariage marocain à l'état-civil français, ni donc celle de ses enfants, qui n'auront pas la nationalité française faute d'être transcrits à l'état-civil français... 

Ce sont là des cas extrêmes, l'écrasante majorité des binationaux optant pour des prénoms "marocains" aux yeux de l'article 21 de la loi n° 37-99 relative à l'état-civil, une minorité optant toutefois pour la non-inscription de mariage et progéniture éventuels à l'état-civil marocains - cette dernière option ne posant guère de problème tant que les intéressés ne pénètrent pas le territoire marocain.

Au passage, on constatera que la distinction théorique entre le fait d'avoir la nationalité et le fait d'avoir des preuves de cette nationalité (carte d'identité, passeport) est assez platonique: le binational marocain résidant à l'étranger mais n'ayant ni passeport, ni carte d'identité, ni enregistrement sur le registre d'état-civil marocain aura des problèmes sérieux pour prouver sa nationalité marocaine. Pensons au cas des très nombreux Israëliens d'origine marocaine: ceux ayant un parent Marocain sont marocains par l'effet de l'article 6 du Code de la nationalité marocaine tel que révisé récemment: " i[est Marocain, l'enfant né de père marocain ou de mère marocaine]i ". Pour la deuxième génération, c'est-à-dire ceux nés en Israël de parents marocains, l'effet du Code de la nationalité marocaine est d'en faire des Marocains, et il en est ainsi pour la troisième génération et ainsi de suite. Ceux-là auront simplement des problèmes de preuve - et je laisse de côté la question de leur intérêt à se prévaloir de la nationalité marocaine: ils devront trouver des documents administratifs attestant de la nationalité marocaine de leurs parents ou grand-parents - carte d'identité, livret de famille, passeport, etc. Ils devront par la suite probablement intenter une action en justice devant les tribunaux marocains ou auprès du ministère de la justice (cf. article 39 du Code de la nationalité marocaine). En l'absence de documents administratifs marocains, la preuve de leur nationalité marocaine sera difficile à apporter.

Mais à l'inverse, le fait pour un Marocain binational de se rendre au Maroc avec un passeport étranger et sans carte d'identité nationale marocaine n'implique en rien qu'il puisse échapper à sa qualité de Marocain aux yeux de la loi marocaine - même s'il a entretemps changé son nom de manière à l'occidentaliser totalement. Ceci est le résultat de l'effet combiné du principe de souveraineté nationale et de territorialité des lois nationales. Chaque Etat étant libre de réglementer l'accès et la perte de sa nationalité, est également libre d'appliquer cette législation - et toute autre législation - sur son territoire. Le Maroc est ainsi parfaitement en droit de considérer et traiter comme Marocain un binational se trouvant sur son territoire - ce dernier ne pourra invoquer sa nationalité étrangère pour se libérer de ses obligations légales en tant que Marocain. En cas de problèmes avec les autorités judiciaires ou policières, le Maroc sera parfaitement en droit de refuser à ce binational le droit d'invoquer la  [protection diplomatique]url:http://daccessdds.un.org/doc/UNDOC/GEN/N98/027/91/PDF/N9802791.pdf?OpenElement  (6) de son autre pays. 

Ceci étant, la pratique du Maroc est très libérale en la matière: les autorités marocaines ont ainsi reconnu le droit pour la Suède d'exercer son droit de protection diplomatique à l'égard d'un binational suédo-marocain (pas moi, je vous rassure) en détention préventive pour faits de terrorisme - l'ambassade de Suède a ainsi pu lui rendre visite en prison et s'assurer que ses droits étaient formellement respéctés.

Je dois rajouter que les lois pénales marocaines s'appliquent au Maroc, sauf infractions particulières, indépendamment de la nationalité des personnes - ceci vaut également pour la plupart des lois non-pénales. Le fait d'être étranger au Maroc n'exempte donc pas, depuis la fin du  [système des capitulations]url:http://www.isop.ucla.edu/cms/files/Kuran--Capitulations-5-04-2005.pdf (7), de l'obligation de respecter les lois et réglements marocains.

J'ai jusqu'ici parlé du binational marocain qui cherche à éviter l'application de la loi marocaine, que ce soit par rapport à son état-civil ou lors de son séjour au Maroc. Le cas contraire existe également. Prenons le cas du ressortissant britannique  [Lee Murray]url:http://en.wikipedia.org/wiki/Lee_Murray , ex-catcheur professionnel, et  [impliqué]url:http://www.parismatch.com/actualites/lire_article.php?article_id=1826  dans un hold-up portant sur 53 millions de livres sterling.  [De passage à Rabat]url:http://www.telquel-online.com/234/maroc3_234.shtml  avec des complices présumés, il fût arrêté par la police marocaine, informée par les autorités britanniques. Bien évidemment, son extradition fût demandée - et surprise, il s'avère que Lee Murray s'appelle aussi  [Ibrahim Lamrani]url:http://www.map.ma/eng/sections/general/lee_murray_s_trial_p/view , ayant un père marocain. Son identité marocaine lui étant inopinément devenue utile, il invoque sa marocanité en vue d'éviter une extradition vers le Royaume-Uni - le Maroc n'extradie pas ses ressortissants, conformément à l'article 5 du dahir n° 1-58-057 du 25 rebia II 1378 (8 novembre 1958) relatif à l’extradition des étrangers: " i[l'extradition n'est pas accordée lorsque l'individu, objet de la demande, est un citoyen marocain, cette qualité étant appréciée à l'époque de l'infraction pour laquelle l'extradition est requise]i " - sauf en cas de cas de convention bilatérale d'extradition comportant une clause contraire, mais il n'y en a aucune avec le Royaume-Uni. 

Ibrahim Lamrani,  [MRE]url:http://blogmania.typepad.com/maroc_entreprise/2006/08/marocains_de_le.html  de la troisième génération, ne semble,  [selon la presse marocaine]url:http://www.maroc-hebdo.press.ma/MHinternet/Archives_705/html_705/marocain.html , jamais avoir eu de passeport ou de pièce d'identité marocain, mais ces pièces n'étant que des modes de preuve de la nationalité, leur inexistence n'affecte pas sa nationalité marocaine, qu'il tient de l'article 6 du Code de la nationalité. Il lui faut simplement prouver que son père est marocain - si ce dernier a un passeport, une carte d'identité nationale ou un livret de famille, cette preuve sera facile à apporter, et Lee Murray/Ibrahim Lamrani sera donc marocain sans avoir de passeport, de carte d'identité nationale ou d'extrait d'acte de naissance...

Il n'est pas certains que tous ses problèmes soient résolus pour autant, car il pourra, s'il est reconnu marocain,  [être jugé au Maroc pour des crimes commis à l'étranger]url:http://www.bladi.net/13180-amin-mrini.html  - le vol à main armée en est un. Et je ne suis pas certain qu'un procès pénal au Maroc soit préférable à un procès pénal au Royaume-Uni...


(1) J'ai connu un trinational au collège: il s'agissait d'un hispano-péruvo-suédois - du moins il prétendait avoir la nationalité espagnole. On notera que la minorité est la meilleure période pour collectionner des nationalités, car de nombreux pays imposent la perte de la nationalité d'origine en cas d'acquisition d'une nouvelle nationalité pour les majeurs.

(2) Il s'agit des " [British Overseas Territories Citizens]url:http://en.wikipedia.org/wiki/British_Overseas_Territories_citizen " ainsi que des " [British Overseas Citizens]url:http://en.wikipedia.org/wiki/British_Overseas_citizen ". Vous trouverez une étude du droit de la nationalité britannique relatif à ces catégories de personnes dans les  [conclusions]url:http://eur-lex.europa.eu/Notice.do?val=352119:cs&lang=fr&list=354013:cs,352119:cs,&pos=2&page=1&nbl=2&pgs=10&hwords=kaur~&checktexte=checkbox&visu=#texte  de l' [avocat-général]url:http://curia.europa.eu/fr/instit/presentationfr/index_cje.htm  Léger près la  [Cour de justice des communautés européennes]url:http://curia.europa.eu/fr/transitpage.htm (CJCE), donné dans le cadre de l'affaire  [C-192/99 The Queen contre Secretary of State for the Home Department, ex parte: Manjit Kaur]url:http://curia.europa.eu/jurisp/cgi-bin/form.pl?lang=fr&newform=newform&alljur=alljur&jurcdj=jurcdj&jurtpi=jurtpi&jurtfp=jurtfp&alldocrec=alldocrec&docj=docj&docor=docor&docop=docop&docav=docav&docsom=docsom&docinf=docinf&alldocnorec=alldocnorec&docnoj=docnoj&docnoor=docnoor&typeord=ALLTYP&allcommjo=allcommjo&affint=affint&affclose=affclose&numaff=192%2F99&ddatefs=&mdatefs=&ydatefs=&ddatefe=&mdatefe=&ydatefe=&nomusuel=&domaine=&mots=&resmax=100&Submit=Rechercher , arrêt du 20 février 2001. Pour ceux que cela intéresse, la question des différents types de nationalité britannique a également été évoquée dans les affaires  [C-145/04 Royaume d'Espagne contre Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord]url:http://eur-lex.europa.eu/LexUriServ/LexUriServ.do?uri=CELEX:62004J0145:FR:HTML ainsi que  [T-230/94 Frederick Farrugia contre Commission des Communautés européennes]url:http://eur-lex.europa.eu/smartapi/cgi/sga_doc?smartapi!celexplus!prod!CELEXnumdoc&lg=fr&numdoc=61994A0230 . La  [Cour européenne des droits de l'homme]url:http://www.echr.coe.int/echr/  - à ne pas confondre avec la CJCE - a également traité de la question des " i[Citizens of the United Kingdom and Colonies]i " n'ayant pas le droit au séjour dans le Royaume-Uni dans l' [affaire Abdulaziz, Cabales et Balkandali contre Royaume-Uni]url:http://cmiskp.echr.coe.int/tkp197/view.asp?action=html&documentId=699850&portal=hbkm&source=externalbydocnumber&table=F69A27FD8FB86142BF01C1166DEA398649  du 28 mai 1985.

(3) Cf. Philippe Manin, " i[Droit international public]i ", Masson, Paris, 1979, p.201.

(4) La CPJI est l'ancêtre de l'actuelle  [Cour internationale de justice]url:http://www.icj-cij.org//homepage/index.php?p1=0&lang=fr , qui siège toujours à La Haye.

(5) On sait qu'avant cette réforme, entrée en vigueur le 5 avril 2007, la nationalité marocaine ne se transmettait que par le père. Cette modification a effet rétroactif en vertu de l'article 2 de la loi n° 62-06 ayant modifié le Code de la nationalité.

(6) La  [protection diplomatique]url:http://194.167.255.17/telechargement/memoires/bauchotb02.pdf  consiste en le droit pour un Etat de défendre ses ressortissants - personnes physiques ou personnes morales - vis-à-vis d'un Etat tiers. Il s'agit d'un droit de l'Etat et non d'un devoir - un Etat n'est pas tenu, sauf si son droit interne l'y oblige, à défendre les intérêts de ses ressortissants aurpès d'Etats tiers. Voir par exemple  [ce qu'en dit]url:http://www.ch.ch/private/00093/00095/00441/00442/index.html?lang=fr  le site officiel de l'administration hélvètique. L' [article 5]url:http://www.admin.ch/ch/f/rs/0_191_02/a5.html  de la  [Convention de Vienne du 24 avril 1963 sur les relations consulaires]url:http://www.admin.ch/ch/f/rs/0_191_02/index.html  énumère ce que peut englober la protection diplomatique: 

" i[Les fonctions consulaires consistent à:

a. Protéger dans l’Etat de résidence les intérêts de l’Etat d’envoi et de ses ressortissants, personnes physiques et morales, dans les limites admises par le droit international;
(...)
e. Prêter secours et assistance aux ressortissants, personnes physiques et morales, de l’Etat d’envoi;
(...)
g. Sauvegarder les intérêts des ressortissants, personnes physiques et morales, de l’Etat d’envoi, dans les successions sur le territoire de l’Etat de résidence, conformément aux lois et règlements de l’Etat de résidence;
h. Sauvegarder, dans les limites fixées par les lois et règlements de l’Etat de résidence, les intérêts des mineurs et des incapables, ressortissants de l’Etat d’envoi, particulièrement lorsque l’institution d’une tutelle ou d’une curatelle à leur égard est requise;
i. Sous réserve des pratiques et procédures en vigueur dans l’Etat de résidence, représenter les ressortissants de l’Etat d’envoi ou prendre des dispositions afin d’assurer leur représentation appropriée devant les tribunaux ou les autres autorités de l’Etat de résidence pour demander, conformément aux lois et règlements de l’Etat de résidence, l’adoption de mesures provisoires en vue de la sauvegarde des droits et intérêts de ces ressortissants lorsque, en raison de leur absence ou pour toute autre cause, ils ne peuvent défendre en temps utile leurs droits et intérêts;
(...)
l. Prêter assistance aux navires, bateaux et avions mentionnés à l’al. k du présent article, ainsi qu’à leurs équipages, recevoir les déclarations sur le voyage de ces navires et bateaux, examiner et viser les papiers de bord et, sans préjudice des pouvoirs des autorités de l’Etat de résidence, faire des enquêtes concernant les incidents survenus au cours de la traversée et régler, pour autant que les lois et règlements de l’Etat d’envoi l’autorisent, les contestations de toute nature entre le capitaine, les officiers et les marins;
m. Exercer toutes autres fonctions confiées à un poste consulaire par l’Etat d’envoi que n’interdisent pas les lois et règlements de l’Etat de résidence ou auxquelles l’Etat de résidence ne s’oppose pas ou qui sont mentionnées dans les accords internationaux en vigueur entre l’Etat d’envoi et l’Etat de résidence]i ".

(7) Le système des capitulations impliquait l'immunité des ressortissants des puissances européennes, ainsi que des autochtones protégés par elles, devant les juridictions marocaines (mais ce système s'appliquait dans d'autres pays, y compris l'Egypte et l'empire ottoman). Ceux-ci étaient jugés par des juridictions consulaires européennes. Ces " i[juridictions consulaires (...) finissent par être imposées par des puissances étrangères au profit de leurs ressortissants, de leurs collaborateurs et employés marocains. Ce système des capitulations est imposé progressivement au Maroc, d’abord à travers
des accords bilatéraux avec certaines puissances étrangères, puis par la convention de Madrid du 3 juillet 1880 et l’acte d’Algésiras de 1906]i " in " i[Le processus de réforme et de mise à niveau de la justice et les réformes dédiées à assurer le règne de la loi]i ", p. 78, Rapport "50 ans de développement humain au Maroc et perspectives 2025", http://www.rdh50.ma/FR/pdf/contributions/GT10-3.pdf .<br/>
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<![CDATA[ Liberté pour les manifestants du 1er mai
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<author><name><![CDATA[ Ibn Kafka]]></name></author>
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<![CDATA[ 
Plusieurs manifestants du 1er mai dernier ont été condamnés à des peines d'emprisonnement ferme pour "atteinte à la monarchie" - en fait, ils participaient à des cortèges syndicaux et associatifs lors desquels des slogans tels que " i[fin des tabous]i " et " i[plus de liberté]i " furent scandés par des manifestants paisibles et pacifiques.

Un  [blog]url:http://www.insad-1mai.blogspot.com/  est consacré à la libération de ces prisonniers d'opinion,  [demandée]url:http://web.amnesty.org/library/Index/FRAMDE290082007  par  [Amnesty]url:http://www.amnesty.org/ . 

J'encourage tou-te-s les bloggeur-se-s qui me lisent à manifester, sur leur blog, leur solidarité avec ces prisonniers d'opinion marocains.

Merci à  [Basta]url:http://basta-baraka.blogspot.com/2007/06/15juinjourne-nationale-de-solidarite.html  pour avoir attiré mon attention sur leur cas.<br/>
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<![CDATA[ Obsolescences et remugles coloniaux
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<author><name><![CDATA[ Ibn Kafka]]></name></author>
<summary><![CDATA[  ]]></summary>
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<![CDATA[ 
Après une intéressante réunion de travail chez  [l'agent judiciaire du Royaume]url:http://www.finances.gov.ma/Ministere/direction/ajr.htm  (1), un de mes interlocuteurs m'a fourni le texte du dahir organisant cette institution - le dahir du 2 mars 1953 (15 joumada II 1372) portant réorganisation de l'agence judiciaire (publié au  [BO du 27 mars 1953]url:http://www.sgg.gov.ma/BO/bulletin/Fr/1953/BO_2109_fr.PDF ). Il souligna qu'à l'époque, le titre officiel de l'agence était " i[Agence judiciaire du protectorat]i ", et je remarquais que le dahir était visé par le " i[Commissaire résident général]i " Guillaume. Un des autres intervenants, représentant le Haut-commissariat aux eaux et forêts, rappela que le dahir du 10 octobre 1917 (20 hija 1335) sur la conservation et l'exploitation des forêts parlait encore, cinquante-et-une années après l'indépendance formelle du Maroc, de " i[francs]i " (articles 4, 14, 23, 27, 31, 32, 34, 36, 38, 41, 48, 55, 65, 67), du " i[Code pénal français]i " (article 7), " i[arrêté viziriel]i " (article 21), " i[directeur des affaires indigènes]i " (article 21), " i[secrétaire général du protectorat ]i " (2), " i[contrôle civil]i " (article 24), " i[arrêté viziriel pris sur la proposition du directeur général de l'agriculture, du commerce et de la colonisation]i " (article 24), " i[collectivités indigènes]i " (article 26), " i[agent français de l'autorité]i " (article 48), " i[populations indigènes]i " (article 48), " i[Notre Grand Vizir]i " (article 49), " i[chefs de tribus et de douars]i " (article 49), " i[tribunaux français]i " (articles 57, 61, 62), " i[la zone française de l'Empire chérifien]i " (article 59), " i[tribunaux indigènes]i " (article 62), " i[indigène marocain]i " (articles 63, 70 et 78), " i[préposés français]i " (article 65), " i[juridiction française]i " (article 67) et enfin " i[juridiction indigène]i " (article 67).

Outre tout ce que cela à de répugnant pour tout Marocain qui se respecte (et lors de la réunion en question, une Française présente était passablement gênée), ces remugles coloniaux dans la législation marocaine en vigueur sont cause de confusion: si on peut raisonnablement penser que " i[franc]i " correspond à 0,01 dirham et qu'arrêté viziriel correspond à arrêté ministériel, que tirer de la référence à l'article 175 du Code pénal français (celui en vigueur en 1917) (3), et quel fonctionnaire correspond à " i[directeur des affaires indigènes]i ", à " i[secrétaire général du protectorat]i ", à " i[agent français de l'autorité]i " ou à au " i[contrôleur civil]i ", et quel juge remplace le " i[juge de paix]i " (articles 64 et 70), qui n'existe plus depuis belle lurette au Maroc? Quid de la référence à un dahir du 12 août 1913 sur l'organisation judiciaire du protectorat (à l'article 70), abrogé aujourd'hui? Et qu'on ne croie pas que ce dahir dormirait paisiblement au fond d'un tiroir - il est appliqué quotidiennement par le ministère de l'agriculture, le Haut-commissariat aux eaux et forêts, et les gardes forestiers, et il a fait l'objet de modifications législatives (les lois de finances pour 1991 et 1999/2000), à l'occasion desquelles un toilettage aurait pu être fait. 

Il y a plus grave: des dispositions de ce dahir obsolète sont choquantes non pas seulement en raison des termes coloniaux utilisés, mais de l'incompatibilité absolue de leurs dispositions avec les droits de l'homme. Il en va ainsi de l'article 49:

" u[Article 49 :]u   i[Indépendamment des condamnations individuelles encourues par les auteurs ou complices des crimes, délits ou contraventions relatifs aux incendies de forêts, les tribus, douars ou fractions pourront être frappés d'amendes collectives.

Ces amendes seront prononcées par arrêté de Notre Grand Vizir, sur le vu des propositions de l'autorité administrative de contrôle et du service des eaux et forêts, les chefs de tribus et de douars préalablement entendus.

Le produit des amendes pourra être affecté en tout ou partie à la réparation du préjudice causé à la forêt par les incendies]i ".

Cet article pose le principe de responsabilité collective en matière pénale, principe radicalement contraire au droit pénal moderne, fondé sur la responsabilité individuelle, la présomption d'innocence et la charge de la preuve reposant sur l'accusation - et je passe sur les références au " i[Grand Vizir]i " et autres " i[chefs de tribus]i ".

D'autres dispositions enfreignent les droits de l'homme par la distinction raciale qu'elles opèrent: ainsi, l'article 48.

" u[Article 48]u  :  i[Quiconque, valablement requis pour combattre un incendie de forêt, refusera son concours sans motifs légitimes, sera puni d'une amende de 10 à 100 francs et pourra l'être d'un emprisonnement de cinq jours à trois mois.

La réquisition sera valable à l'égard des Européens quand elle aura été faite verbalement ou par écrit par un agent français de l'autorité. En ce qui concerne les populations indigènes, il suffira qu'elle soit adressée par tout agent de l'autorité et verbalement au chef de groupe ou de fraction]i ".

On voit là la perversité raciste du droit colonial, véritable droit d'apartheid: même face à l'urgence que constitue une incendie de forêt, il est important que les personnes réquisitionnées par l'administration pour aider à lutter contre cet incendie le soient par des agents administratifs de la "bonne" race - un " i[Européen]i " ne doit être requis que par un agent français, tandis qu'un "indigène" pourra l'être soit par un agent français, soit par un agent " i[indigène]i "...

L'article 57 est de la même veine - son alinéa 1 désigne les tribunaux français du protectorat comme tribunaux compétents:

" u[Article 57]u  :  i[L'administration des eaux et forêts est chargée, tant dans l'intérêt de l'Etat que dans celui des autres propriétaires de bois et forêts soumis au régime forestier, des poursuites en réparations des délits et contraventions prévus par le présent dahir ou les arrêtés pris en son application et commis par les justiciables des tribunaux français]i ".

L'alinéa 3 du même article renvoie cependant les Marocains aux tribunaux dits chérifiens, qui jugeaient alors les seuls Marocains: " i[Les actions et poursuites exercées contre les Marocains sont portées devant les juridictions chérifiennes, conformément aux règles normales de compétence et suivant les règles de procédure de droit commun]i ".

L'article 78 vaut également le détour, qui rend les maris civilement responsables des faits délictueux de leurs épouses:

" u[Article 78]u  :  i[Les maris, pères, mères et tuteurs seront civilement responsables des infractions commises par leurs femmes, enfants mineurs et pupilles demeurant avec eux.

Les maîtres et commettants seront civilement responsables des délits commis par toute personne à leur service, dans les fonctions auxquelles ils les auront employés.

Cette responsabilité s'étendra aux restitutions, dommages et frais.

En ce qui concerne les indigènes marocains, déférés aux juridictions chérifiennes, leur responsabilité civile sera appréciée conformément aux principes généraux du droit coranique]i ".

Que dire enfin de l'article 77, qui fait référence à des textes français, en vigueur en 1917, et désormais abrogés - ce qui est grave, c'est que ces réfrences touchent au domaine pénal par lequel des sanctions pénales, d'amende et de prison, sont théoriquement encore possibles contre des citoyens marocains (ou indigènes?) en 2007:

" u[Article 77 ]u :  i[L'article 463 du Code pénal français, l'article 365 paragraphe 2, du Code d'instruction criminelle, le dahir du 18 mai 1914 ne sont pas applicables aux peines prévues par le présent dahir, en dehors du cas visé par l'article 56. Ils restent applicables aux peines prononcées par le Code pénal français auxquelles se réfère le présent dahir]i ".

Cet état des choses est donc symptomatique à la fois de la mentalité de harki qui est celle de nombreux dirigeants marocains, et de la sidérante défaillance du travail législatif dans ce pays. Il aurait pourtant été facile d'embaucher quelques docteurs en droit désoeuvrés, de leur donner accès à la base de données législative  [Artemis]url:http://www.artemis.ma  et de leur demander de relever obsolescences terminologiques ou références dépassées sans même toucher au fond des textes, et de valider par une loi unique les modifications terminologiques nécessaires, à droit constant - on pourrait même envisager une codification des textes dans certains domaines, notamment celui des fraudes et de la protection, où existent une pléthore de textes très anciens.

 [Lady Zee]url:http://ladyzee.wordpress.com/  avait  [évoqué]url:http://ladyzee.wordpress.com/2007/06/12/petite-perle-de-droit-marocain-pour-etre-notaire-au-maroc-il-faut-etre-francais/  le cas de la loi de 1925 sur le notariat au Maroc, qui dispose que les notaires sont des fonctionnaires français, entre  [autres étrangetés]url:http://www.blog.ma/obiterdicta/index.php?action=article&id_article=10871&voir_commentaire=oui  - il y aurait sans doute de quoi ouvrir un blog "spécial bêtisier"...

(1) Dépendant du ministère des finances, l' [agent judiciaire du Royaume]url:http://siteresources.worldbank.org/PSGLP/Resources/JudicialmoroccoFRENCH.pdf  a le monopole de représentation de l'Etat dans les contentieux à incidence financière entre l'Etat et les tiers, à l'exception des contentieux fiscaux ou de ceux portant sur le domaine public - cf. l'article 514 du Code de procédure civile: " i[Chaque fois que l'action engagée devant les tribunaux a pour objet de faire déclarer débiteur l'Etat, une administration publique, un office ou un établissement public de l'Etat, dans une matière étrangère à l'impôt et aux domaines, l'agent judiciaire du Trésor doit être appelé en cause à peine d'irrecevabilité de la requête]i ".

(2) Cet article mérite d'être cité en partie: " i[Des arrêtés viziriels pris sur les propositions conformes du secrétaire général du protectorat et des directeurs des eaux et forêts et des affaires indigènes, régleront le mode d'exercice par les usagers marocains, à l'exclusion de tous autres...]i ". L'article 22 n'est pas mal non plus: " i[Les droits au parcours ne pourront s'exercer que dans les cantons reconnus défensables et au profit des seuls indigènes marocains]i ".

(3) L'article 55 alinéa 4 du dahir de 1917 renvoie quant à lui à l'article 463 du Code pénal français en vigueur en 1917...<br/>
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<![CDATA[ L'affaire Julian Soufir attire enfin l'attention - mesurée - de médias français
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<author><name><![CDATA[ Ibn Kafka]]></name></author>
<summary><![CDATA[  ]]></summary>
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<![CDATA[ 
J'avais  [écrit]url:http://www.blog.ma/obiterdicta/index.php?action=article&id_article=14726  il y a quelques jours sur l'affaire  [Julien Soufir]url:http://www.youtube.com/watch?v=aE2DjPoy_fY&mode=related&search= , ce ressortissant franco-israëlien, fraîchement immigré en Israël, et qui y a  [tué]url:http://www.lemonde.fr/web/imprimer_element/0,40-0@2-3218,50-910186,0.html  un chauffeur de taxi palestinien  [au seul motif de sa race]url:http://www.romandie.com/infos/news2/070515064330.uwjqxkc9.asp . J'avais souligné le décalage entre la couverture médiatique de cette affaire par la presse israëlienne, substantielle, et par la presse française, inexistante. Je viens cependant de lire une dépêche indiquant que le suspect aurait également un palmarès enviable dans son pays d'origine; il  [serait]url:http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/societe/20070612.OBS1518/violences_sur_un_policier_un_francoisrelien_suspecte.html  ainsi, selon des informations policières (attention tout de même, les informations policières sont loin d'avoir valeur probative absolue), l'auteur de la tentative d'assassinat d'un policier français, qui avait eu la malencontreuse idée d'empêcher une bagarre entre "manifestants" pro-israëliens et passants magrhébins lors d'une manifestation pro-israëlienne à Paris en 2002. Comme l'a écrit l'infatigable militant pacifiste franco-israëlien Michel Warschawski, " [l'impunité pousse au crime]url:http://www.humanite.fr/journal/2003-01-22/2003-01-22-256870 " - même s'il pensait plutôt à l'Etat d'Israël, mais le  [parallèle]url:http://www.europalestine.com/article.php3?id_article=2657  s'impose.

Les proches du suspect le présentent cependant comme un homme " [calme et introverti]url:http://www.youtube.com/watch?v=xCurFdzStuY " - tell that to the judge!

La mère du suspect, qui réside en France, envisagerait cependant de se rendre en Israël afin de  [présenter ses condoléances]url:http://www.sosantisemitisme.org/communique.asp?ID=28  à la famille de la victime.<br/>
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<![CDATA[ Bonnes fréquentations
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<author><name><![CDATA[ Ibn Kafka]]></name></author>
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<![CDATA[ 
Selon  [Haaretz]url:http://www.haaretz.com/hasen/objects/pages/PrintArticleEn.jhtml?itemNo=867500 , un haut fonctionnaire du ministère israëlien des affaires étrangères se serait rendu récemment au Maroc, qui entretient des relations officieuses avec Israël depuis la fermeture du "bureau de liaison" (euphémisme pour ambassade) israëlien à Rabat suite à l'intifada d'Al aqsa:

" i[Foreign min. head paid secret trip to Morocco
By Barak Ravid

Foreign Ministry Director General Aharon Abramowitz secretly visited Morocco recently, meeting with the country's foreign minister to discuss the Arab peace initiative. 

During Abramowitz's flash visit of just a few hours, he met with other senior ministry officials. Abramowitz told his hosts that while Israel agreed to certain clauses, it has reservations on other aspects of the plan such as the clause pertaining to the refugee problem. 

In addition to the peace initiative, Abramowitz discussed the situation in the Palestinian Authority. Abramowitz also requested that his Moroccan colleagues consider reopening their liaison office to Israel, which was closed in 2000 after the second intifiada broke out. 

Despite this, Morocco has maintained low-level diplomatic relations with Israel throughout the period]i ".


On notera que  [Serge Berdugo]url:http://www.minorites.org/article.php?IDA=7054 , secrétaire général du Conseil des communautés israélites du Maroc, a été nommé ambassadeur itinérant par le Roi, avec pour  [mission officieuse]url:http://www.jeuneafrique.com/pays/maroc/article_jeune_afrique.asp?art_cle=LIN13057unamblarsin0  de maintenir le contact avec Israël - relations primordiales pour le Maroc surtout dans l'optique des relations de Rabat avec les Etats-Unis, où le lobby pro-israëlien est réputé pour son efficacité, et où ce dernier a  [souvent soutenu]url:http://www.lejournal-hebdo.com/sommaire/archives-d-cryptage2004/le-fardeau-isra-lien.html  la position marocaine sur le Sahara.<br/>
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<![CDATA[ L'avis consultatif de la CIJ sur le Sahara pour les nuls
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<created>2007-06-14T14:07:00-00:00</created>
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<author><name><![CDATA[ Ibn Kafka]]></name></author>
<summary><![CDATA[  ]]></summary>
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<![CDATA[ 
La Cour internationale de justice ( [CIJ]url:http://www.icj-cij.org/homepage/index.php?lang=fr ) a enfin mis en ligne l'intégralité de ses avis et décisions - jusqu'ici, seuls les avis et décisions depuis une douzaine d'années étaient accessibles intégralement on-line. La lacune est comblée, et c'est ainsi que l'on trouve l'intégralité du dossier du Sahara, qui avait fait l'objet de l' [avis consultatif]url:http://www.icj-cij.org/jurisdiction/index.php?p1=5&p2=2  du 16 octobre 1975 de la CIJ, en  [version intégrale]url:http://www.icj-cij.org/docket/index.php?p1=3&p2=4&code=sa&case=61&k=69 , c'est-à-dire incluant la  [requête]url:http://www.icj-cij.org/docket/index.php?p1=3&p2=4&k=69&case=61&code=sa&p3=0 , les  [exposés écrits]url:http://www.icj-cij.org/docket/index.php?p1=3&p2=4&k=69&case=61&code=sa&p3=1  (c'est-à-dire les exposés présentés par écrit par les pays ayant intervenu - dont la France, l'Espagne, la Mauritanie et le Maroc - ces exposés recèlent de très nombreux documents portant sur le statut juridique du Sahara à l'époque pré-coloniale et coloniale - volume 1, volume 2 et volume  [3]url:http://www.icj-cij.org/docket/files/61/9472.pdf , ce dernier volume contenant les documents présentés par le Maroc), les  [exposés oraux]url:http://www.icj-cij.org/docket/index.php?p1=3&p2=4&k=69&case=61&code=sa&p3=2  (c'est-à-dire ceux faits oralement lors des audiences) ainsi que toute la  [correspondance officielle]url:http://www.icj-cij.org/docket/index.php?p1=3&p2=4&k=69&case=61&code=sa&p3=9  entre la CIJ et les parties.

La pièce maîtresse est bien évidemment l'avis rendu par la CIJ. Il est volumineux: 145 pages. Il doit en plus être lu en conjonction avec les trois déclarations (celles des juges français  [Daniel Gros]url:http://www.icj-cij.org/docket/files/61/6198.pdf , béninois  [Louis Ignacio-Pinto]url:http://www.icj-cij.org/docket/files/61/6200.pdf  et de l'Indien [Nagendra Singh]url:http://www.icj-cij.org/docket/files/61/6202.pdf  ), les six opinions individuelles (celles des juges libanais  [Fouad Ammoun]url:http://www.icj-cij.org/docket/files/61/6204.pdf  - par ailleurs favorable à la thèse marocaine, sénégalais  [Isaac Forster]url:http://www.icj-cij.org/docket/files/61/6206.pdf  - également favorable à la thèse marocaine, suédois  [Sture Petrén]url:http://www.icj-cij.org/docket/files/61/6208.pdf  - réservé quant au bien-fondé de la thèse marocaine, étatsunien  [Hardy Cross Dillard]url:http://www.icj-cij.org/docket/files/61/6210.pdf , du juge espagnol  [Fernando de Castro]url:http://www.icj-cij.org/docket/files/61/6212.pdf  - guess what, il n'était pas très favorable non plus à la thèse marocaine et enfin celle du  [juge ad hoc]url:http://www.icj-cij.org/court/index.php?p1=1&p2=5  désigné par le Maroc, l'Ivoirien  [Alphonse Boni]url:http://www.icj-cij.org/docket/files/61/6214.pdf ) et l'unique opinion dissidente ( [celle]url:http://www.icj-cij.org/docket/files/61/6216.pdf  du juge argentin Ruda, radicalement opposé à la thèse marocaine et donc à l'avis de la CIJ qui reconnaissait l'existence de liens d'allégeance entre le sultan du Maroc et les populations sahraouies à l'époque pré-coloniale).

Voici comment la CIJ a  [résumé]url:http://www.icj-cij.org/docket/index.php?sum=323&code=sa&p1=3&p2=4&case=61&k=69&p3=5  l'avis:

" i[Dans son avis consultatif que l'Assemblée générale des Nations Unies lui avait demandé sur deux questions concernant le Sahara occidental, la Cour,

En ce qui concerne la question I : «Le Sahara occidental (Rio de Oro et Sakiet El Hamra) était-il, au moment de la colonisation par l'Espagne, un territoire sans maître (terra nullius) ?,

- A décidé par 13 voix contre 3 de donner suite à la requête pour avis consultatif;

- A été d'avis à l'unanimité que le Sahara occidental (Rio de Oro et Sakiet el Hamra) n'était pas un territoire sans maître (terra nullius) au moment de la colonisation par l'Espagne.

En ce qui concerne la question II : «Quels étaient les liens juridiques de ce territoire avec le Royaume du Maroc et l'ensemble mauritanien ?»,

- A décidé par 14 voix contre 2 de donner suite à la requête pour avis consultatif;

- A été d'avis par 14 voix contre 2 que le territoire avait, avec le Royaume du Maroc, des liens juridiques possédant les caractères indiqués à l'avant-dernier paragraphe de l'avis consultatif;

- A été d'avis par 15 voix contre 1 que le territoire avait, avec l'ensemble mauritanien, des liens juridiques possédant les caractères indiqués à l'avant-dernier paragraphe de l'avis consultatif.

L'avant-dernier paragraphe de l'avis consultatif énonçait :

Les éléments et renseignements portés à la connaissance de la Cour montrent l'existence, au moment de la colonisation espagnole, de liens juridiques d'allégeance entre le sultan du Maroc et certaines des tribus vivant sur le territoire du Sahara occidental. Ils montrent également l'existence de droits, y compris certains droits relatifs à la terre, qui constituaient des liens juridiques entre l'ensemble mauritanien, au sens où la Cour l'entend, et le territoire du Sahara occidental. En revanche, la Cour conclut que les éléments et renseignements portés à sa connaissance n'établissent l'existence d'aucun lien de souveraineté territoriale entre le territoire du Sahara occidental d'une part, le Royaume du Maroc ou l'ensemble mauritanien d'autre part. La Cour n'a donc pas constaté l'existence de liens juridiques de nature à modifier l'application de la résolution 1514 (XV) de l'Assemblée générale des Nations Unies quant à la décolonisation du Sahara occidental et en particulier l'application du principe d'autodétermination grâce à l'expression libre et authentique de la volonté des populations du territoire.»

Aux fins de l'affaire, la Cour était composée comme suit : M. Lachs, président; M. Ammoun, vice-président; MM. Forster, Gros, Bengzon, Petrén, Onyeama, Dillard, Ignacio-Pinto, de Castro, Morozov, Jiménez de Aréchaga, sir Humphrey Waldock, MM. Nagendra Singh, Ruda, juges; M. Boni, juge ad hoc.

MM. Gros, Ignacio-Pinto et Nagendra Singh ont joint à l'avis consultatif des déclarations, MM. Ammoun, Forster, Petrén, Dillard, de Castro et Boni des opinions individuelles et M. Ruda une opinion dissidente.

Ces déclarations et opinions définissent la position prise par les juges intéressés et en développent les motifs]i ".

Pour faire court, disons que la CIJ a estimé qu'il n'y avait pas de souveraineté territoriale du Maroc sur le Sahara à l'époque de la conquête espagnole de ce territoire, mais elle estime, acceptant en cela l'argumentation marocaine, qu'il y avait des " i[liens juridiques d'allégeance entre le sultan du Maroc et certaines des tribus vivant sur le territoire du Sahara occidental]i ". C'était le coeur de l'argumentation marocaine, qui a donc été partiellement acceptée par la CIJ. La CIJ n'a cependant pas fait grand cas de ces liens d'allégeance personnels, privilégiant les liens territoriaux.

Car, dans l'optique de la décolonisation, la CIJ devait déterminer le statut juridique du Sahara ex-espagnol au moment de la conquête espagnole. S'il était établi que le Sahara était lié par des liens de souveraineté  u[territoriale]u  avec le Maroc à cette époque, le principe de l' [uti possideti juris]url:http://pbosnia.kentlaw.edu/symposium/resources/hasani-fletcher.htm , qui pose l'intangibilité de principe (il y a cependant des exceptions) des frontières antérieures - coloniales notamment - pour les nouveaux Etats: " i[A défaut d'un accord contraire, les limites antérieures (administratives) acquièrent le caractère de frontières protégées par le droit international. Telle est la conclusion à laquelle conduit le principe de respect du statu quo territorial et particulièrement celui de l'uti possideti juris]i " (cité  [ici]url:http://www.icj-cij.org/docket/files/87/7043.pdf , p. 232). Ce principe d'intangibilité des frontières coloniales aurait impliqué, en l'existence de souveraineté territoriale marocaine sur le Sahara, que le Sahara serait marocain, sans application du principe d'autodétermination.

La ligne du Maroc était à l'opposé que la notion de souveraineté devant s'appliquer aux liens entre le Maroc et le Sahara était une souveraineté non pas territoriale mais plutôt personnelle (eh oui, la fameuse  [beïa]url:http://www.saharamarocain.net/modules/smartsection/item.php?itemid=2 , ou allégeance), souveraineté traditionnelle en islam, surtout en zone désertique et nomadique, la souveraineté ne s'appliquant alors non pas à des territoires, mais à des personnes, en l'occurence le Sultan de l'époque et les chefs de tribu. 

Cet argument, très juste dans les circonstances particulières de l'espèce, n'a pas été perçu à sa juste valeur par la majorité des juges de la CIJ, qui lui ont préféré une notion de souveraineté territoriale pas forcément appliquée, de cette façon là du moins, dans le monde arabo-islamique de l'époque, et dans l'ensemble saharien en particulier. Ce raisonnement a d'autant plus de pertinence que l'appréciation du fait si le Sahara et le Maroc formaient un ensemble souverain à l'époque de la colonisation aurait dû s'apprécier en fonction des règles de souveraineté en vigueur à  u[l'époque]u et  u[dans cette région du monde]u . Le reproche d'anachronisme, voire d'impérialisme juridique (ce reproche émane d'Abdallah Laroui), adressé à la majorité de la CIJ est valide, car celle-ci a tranché la question de la souveraineté à l'époque pré-coloniale selon des principes qui n'étaient pas ceux de cette époque.

Mais il faut là soulever une des innombrables inepties qui marquent la gestion marocaine de ce dossier, comme l'a indiqué Abdallah Laroui dans son petit ouvrage " i[L'Algérie et le Sahara marocain]i ", qui souligne que le Maroc aurait dû, dès 1956, année de la fin effective du protectorat, saisir les instances onusiennes de la question. Il ne se serait pas heurté aux prétentions algériennes, l'Algérie ayant à l'époque d'autres chats à fouetter... Au lieu de quoi...

Je conseille à ceux ayant une - très - bonne bibliothèque universitaire à proximité de tenter de trouver l'ouvrage  [quasi-mythique]url:http://arabworld.nitle.org/texts.php?module_id=4&reading_id=119&sequence=12  de l'universitaire étatsunien Frank E. Trout, " i[Morocco's Saharan frontiers]i ", paru chez la Librairie Droz (Genève) en 1969 (1). Se fondant sur les différents traités conclus entre puissances coloniales au début du XXeme ainsi que sur les documents internes de la puissance coloniale française, Trout arrive à une estimation assez fine de la superficie des territoires sahariens pris sur le Maroc: toute la région de Tindouf ainsi que celle du Touat, le Sakia el hamra et la pointe nord-est de la Mauritanie, autour de Bir Moghrein. Par contre, il en exclut le Oued Eddahab, sur la base des documents d'époque. Il faut préciser que la crédibilité de ce livre vient de la qualité de ses sources, de l'ex-puissance coloniale française et pas des archives marocaines, qui pourraient être soupçonnées de partialité, et par la date de sa publication, alors que la question du Sahara était loin d'être une affaire d'Etat. Je suis d'ailleurs étonné que ce livre n'ait pas été traduit en français, ou qu'il ne soit pas régulièrement cité du côté marocain...


(1) Je dois être l'une des rares personnes privées à posséder ce livre, que j'ai arraché pour une bouchée de pain (80 dirhams je crois) à un sinon très coriace bouquiniste rbati, qui a tendance à rajouter des zéros au prix de ses livres. Il faut dire que le livre est en anglais, ce qui l'a rendu sans doute inintéressant pour ledit bouquiniste - vive la francophonie!<br/>
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<![CDATA[ Deux rapports de l'International Crisis Group sur le Sahara marocain
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<created>2007-06-12T13:58:00-00:00</created>
<issued>2007-06-12T13:58:00-00:00</issued>
<modified>2007-06-12T13:58:00-00:00</modified>
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<author><name><![CDATA[ Ibn Kafka]]></name></author>
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<![CDATA[ 
L' [International Crisis Group]url:http://www.crisisgroup.org  (ICG) est un think-tank mainstream, au conseil d'administration prestigieux, basé à Bruxelles. Ses rapports, souvent sur des pays oubliés des médias, sont souvent très factuels et intéressants. L'idéologie de ce think-tank est d'un atlantisme très soft, mâtiné d'internationalisme  bon teint. Ses rapports sont parfois traduits en français ou en arabe.

Il est très rare qu'ils écrivent sur le Maghreb: l' [Algérie]url:http://www.crisisgroup.org/home/index.cfm?id=1274&l=1  a eu droit à leur attention, pour des raisons évidentes, de même que la  [Mauritanie]url:http://www.crisisgroup.org/home/index.cfm?l=2&id=4075  suite au coup d'Etat "démocratique" du colonel Ely Ould Mohammed Vall en 2005. L'islamisme a évidemment retenu l'attention d'ICG: en  [Mauritanie]url:http://www.crisisgroup.org/home/index.cfm?id=3424&l=2 , en  [Algérie]url:http://www.crisisgroup.org/home/index.cfm?id=2884&l=2  et,  [de manière plus générale]url:http://www.crisisgroup.org/home/index.cfm?id=2618&l=1 , dans la région du Maghreb/Machreq, à  [deux reprises]url:http://www.crisisgroup.org/home/index.cfm?id=3301&l=2 . Le Maroc n'a donc jamais fait l'objet d'un rapport spécifique de ce think-tank, ce qui en soi est plutôt une bonne chose, car la liste des pays ayant fait l'objet de rapports ne compte ni la Suède ni la Suisse, si vous voyez ce que je veux dire...

Mais voilà donc deux rapports publiés le même jour sur la question du Sahara. Le premier, intitulé " [Western Sahara: The Cost of the Conflict]url:http://www.crisisgroup.org/home/index.cfm?id=4892&l=1 ", est consacré aux coûts humains, économiques, sociaux et politiques du conflit pour toutes les parties intéressées: le Maroc, les séparatistes, l'Algérie, la Mauritanie et plus globalement le Maghreb et ce que l'on nomme fort mal à propos " i[la communauté internationale]i ". 

Quelques extraits (en anglais, ce  [rapport]url:http://www.crisisgroup.org/library/documents/middle_east___north_africa/egypt_north_africa/65_western_sahara___the_cost_of_the_conflict.pdf  n'ayant de façon surprenante pas été traduit en arabe ou en français) - l'introduction mérite d'être reprise quasi-intégralement: 

" i[Based on their own calculations, the parties have deemed the stalemate bearable. As a result, the conflict has become one of those “frozen” ones that draw scant attention or engagement. The estimated costs appear far lower than the costs of a solution that would be
detrimental to one party or another. For Morocco, an unfavourable settlement could have very serious domestic consequences since the monarchy has turned the issue into a powerful force for national unity and a means to control the threat to its power from political parties and the army.

An unfavourable settlement could mortally wound the Polisario as a political organisation and force it to compromise with the Sahrawi notables who have made their peace long ago with Morocco. It would also mean that the Sahrawi refugees in the Algerian city of Tindouf
would have lived 30 years in camps for nothing. For Algeria, it would involve the loss of leverage in relations with Morocco and the defeat of principles it has defended for over three decades.

And yet, these calculations ignore the very heavy price that all – states, but also and above all, peoples – are paying. The Sahrawi who live in the Tindouf camps have to put up with exile, isolation and poverty; day after day they feel increasingly deserted by the international community. They live under the authority of an exiled state structure (the Polisario and its Sahrawi Arab Democratic Republic) that is barely democratic and whose leaders are suspected of enriching themselves by embezzling aid. The Polisario also has to face the increased discontent of a base whose morale and unity are weakening after years of stagnation.

Those Sahrawi who live on 85 per cent of the territory controlled by Morocco enjoy better material conditions, in particular thanks to important investments made by the kingdom. However, it is almost impossible for them to express opinions that are not pro-Moroccan. Rabat violently stifles any claim of independence, frequently resorting to torture and arbitrary arrests, including against human rights activists. It has repeatedly prevented visits by international delegations wishing to observe the situation and has frequently expelled foreign journalists. Through the numerous benefits it grants, Rabat attracts populations from the north of Morocco to Western Sahara with the effect that the Sahrawi will very soon be a minority in that area, giving them a strong sense of dispossession.

Moroccans as a whole have also had to bear heavy costs. Hundreds of Moroccan troops have been captured and tortured by the Polisario. Most have remained in prison for a long time. Moroccans also have to shoulder an exorbitant financial cost (military budget, investment in the “Southern provinces”, tax breaks and higher salaries for civil servants) that has hampered national development – a situation all the more serious since poverty in the country’s slums is generating momentum for a Salafi Islamist movement.

For Algeria, costs have been primarily financial (from aid to refugees and donation of military equipment to the Polisario) and diplomatic (with this commitment sometimes at the expense of other interests), but also have to be measured in terms of the continuing existence on its western border of a major source of tension. Mauritania paid a price for the Sahrawi conflict with the 1978 coup, which ushered in a long period of institutional volatility,
and the issue remains a potential source of instability for Nouakchott.

The overall cost of this conflict is also very high for the region as a whole, since it hinders the development of the Arab Maghreb Union, generating delays in economic integration, low foreign investment and slower rates of growth. Perhaps more serious is the fact that the badly governed area covering Western Sahara, Northern Mauritania and South West Algeria is becoming a zone of trafficking (drugs, people and multiple forms of contraband) that suffers from lack of security cooperation. Finally, the UN has been thoroughly discredited by
its attitude in this conflict, while the international community has to pay large sums for an observation force and economic aid]i ".

Contrairement à ce que l'on pourrait croire après une lecture superficielle, le Maroc ne s'en sort pas mal de ce tour d'horizon: le caractère non-démocratique du Polisario est souligné (1), les accusations d'enrichissement personnel contre ses dirigeants sont reprises, l'intérêt du Polisario au statu quo est également évoqué, ainsi que l'instrumentalisation de la question par l'Algérie. Le rapport reprend en outre à son compte la théorie selon laquelle le no man's land entre Sahara marocain (au-delà du  [mur]url:http://www.saharamarocain.net/modules/smartsection/item.php?itemid=87 ), Mauritanie et Algérie serait une potentielle zone de trafics en tous genres, thès ardemment évoquée par le gouvernement marocain pour tenter de faire basculer la question du Sahara dans l'optique GWAT ("Global war on terror") si chère aux Etatsuniens.

Plus particulièrement, ce premier rapport souligne le contrôle strict du Polisario sur les mouvements des réfugiés de Tindouf, exercé selon le critère de loyauté politique au leadership du mouvement séparatiste (pages 6 et 14); évoque la très sensible question du nombre réel de réfugiés à Tindouf, question qui a entraîné une réduction très sensible de l'aide du Programme alimentaire mondial ( [PAM]url:http://www.wfp.org/french/  - agence onusienne, qui soit dit en passant est notoirement connue comme étant la chasse gardée des Etats-Unis) et de l' [UNHCR]url:http://www.unhcr.fr , le nombre de réfugiés bénéficiant d'une aide de ces deux organismes passant de 158.000 à 2004 à 90.000 en 2006, soit une baisse de 40% (p.11); le caractère statique du leadership du Polisario, qui n'a guère changé depuis 1976, est mis en exergue (p. 13); les fortes dissensions internes au sein du Polisario sont analysées, y compris sous leur aspect tribal (avec la prédominance absolue des Rguibats - mais cet aspect tribal est également présent du côté marocain) (pp. 13-14). Encore plus significatif, ce premier rapport souligne le coût élevé payé par l'Algérie (pp. 17-18), notamment du fait du consensus actuel Madrid-Paris-Washington sur la nécessité de maintenir la stabilité du Maroc par le biais d'une solution négociée fondée sur l'autonomie du Sahara dans le cadre de la souveraineté marocaine (p. 18).

Ce premier rapport n'est cependant pas tout rose: outre le lien, abusif à mon sens, entre coûts de la récupération du Sahara et l'apparition du terrorisme salafiste (il me semble que de nombreux autres pays, n'ayant pas de conflit territorial, sont également affectés par ce dernier phénomène), il souligne la répression des idées séparatistes dans les provinces du sud, évoque l'installation dans ces provinces de Marocains de l'" i[intérieur]i ", comme on dit, et souligne le coût exorbitant de ce conflit pour le Maroc. Ceci étant, ces reproches ne sont pas nouveau, loin de là, et sont à mon sens plus que compensés par l'appréciation critique tant du Polisario que de l'Algérie, appréciation qui aura du poids puisqu'émanant d'ICG (2).

Le second rapport, " [Western Sahara: Out of the Impasse]url:http://www.crisisgroup.org/library/documents/middle_east___north_africa/egypt_north_africa/66_western_sahara___out_of_the_impasse.pdf ", est plutôt axé sur les solutions possibles pour sortir de l'impasse. Disons-le tout net: ses conclusions ne feront sans doute pas pleurer des larmes de sang aux décideurs marocains. Ainsi, ICG estime que la question du Sahara, initialement posée par l'ONU en termes d'autodétermination, ne devrait plus être abordée sous cet angle: " i[The UN’s assumption of responsibility was originally predicated on a thesis – that the Western Sahara question is a matter of decolonisation – and the principle that the future of an ex-colony must be decided on the basis of the self-determination of the population in question, to be exercised in a UN-organised referendum. For such a referendum to be truly based on the principle of selfdetermination, at least the two main options – integration with Morocco and independence – must be on offer. But so far the UN has wholly failed to put its doctrine into practice and organise a referendum. Yet, it has not drawn the lesson of this failure, namely that, if it cannot be reversed, the question cannot be resolved on the basis of the self-determination principle. The UN’s refusal to draw this lesson has also inhibited the parties from doing so]i " (p. i).  

ICG enfonce le clou: " i[The protracted attempt to resolve the Western Sahara question on the basis of the principle of self-determination has led most actors and observers alike to become fixated on this principle as if it is the only one at issue. In fact, other principles have been involved throughout and have tacitly informed the behaviour of the main protagonists. For Morocco, these have included the integrity of the national territory as Moroccans conceive this and the monarchy’s legitimacy. For the Polisario Front, they include the preservation of the identity of the Sahrawi population of the Western Sahara and the effective representation of its interests. For Algeria, they include the principle of the inviolability of the frontiers inherited from the colonial era, the preservation of strategic equilibrium in the region and the honouring of its commitments to the Polisario Front. These are all matters of genuine principle for the concerned parties. A negotiation which took them into account might possibly yield an agreement. And an agreement based on them would deserve the international community’s respect]i " (p. ii).

Le second rapport estime également que la toute récente  [résolution 1754]url:http://daccessdds.un.org/doc/UNDOC/GEN/N07/325/22/PDF/N0732522.pdf?OpenElement  du  [Conseil de sécurité]url:http://www.un.org/french/docs/cs/  de l'ONU abandonne de facto l'option référendum d'autodétermination, mais pas de manière cohérente: " i[in adopting Resolution 1754, which calls for negotiations between the parties, the Security Council may seem to have definitively rejected the first option and taken up the second. But by simultaneously stipulating that these negotiations should seek a solution “which will provide for the self-determination of the people of Western Sahara”, the Security Council has in fact fudged the issue in a way that could seriously prejudice the negotiations it has called for]i " (p. ii).

Prenant en compte la réalité du terrain, qui est que le Maroc est installé dans ses provinces du sud est qu'il est improbable que l'Algérie et le Polisario l'en délogent par la force, ICG propose une négociation directe à trois: " i[A resolution of the conflict could be achieved if the
three main parties were left to negotiate the terms for themselves. These terms would undoubtedly be based on raison d’état, and consist of a package of reciprocal concessions. Since neither Algeria nor the Polisario Front is likely to revert to war, and there is little the Polisario can offer that would address Rabat’s fear that an independent Western Sahara would destabilise the monarchy, it is most unlikely they could persuade Morocco to resolve the dispute on the basis of the democratic principle of self-determination. But they and
Morocco could conceivably agree to resolve it on another basis. And should the parties reach such an agreement, it would be possible to submit it to ratification by the population of the Western Sahara. Such a procedure would fall far short of realising the principle of self-determination, and it would debase the principle to pretend otherwise. But by securing consent, it could nonetheless legitimate the agreed solution in the eyes of those most directly
affected]i " (p. ii).

Concrètement, ce second rapport propose des négociations directes, sans intermédiaire onusien, entre le Maroc, l'Algérie et le Polisario, sur la base d'une proposition marocaine prenant en compte les intérêts de l'Algérie et du Polisario - sous-entendu: allant plus loin que l'actuelle  [plan d'autonomie]url:http://www.plan-autonomie.com/  présenté récemment par Rabat, et jugé insuffisant par ICG. Il demande au Maroc de revoir son plan d'autonomie de sorte à ce qu'il ne couvre que le territoire contesté (et donc pas les territoires sahariens de la zone incontestée, comme Tan-Tan, Ifni, Assa-Zag,...), de garantir le droit du Polisario à exister légalement sur le territoire du Sahara marocain et enfin de garantir à l'Algérie le respect des frontières issues de la colonisation. Ces conditions ne sont pas d'une rigueur implacable pour le Maroc: tout d'abord, il me semble avoir retenu de la lecture de la presse marocaine que le plan d'autonomie (ça ne ressort pas explicitement de son  [contenu]url:http://plan-autonomie.com/index.php?option=com_content&task=view&id=5&Itemid=6&limit=1&limitstart=0 ) ne devait s'appliquer qu'aux territoires sahariens contestés. Ensuite, les garanties quant au Polisario me semblent naturelles dès lors qu'elles s'inscrivent dans un accord final et définitif, qui ne pourra qu'impliquer la reconnaissance du Polisario et l'intégration de ce mouvement, sous une forme nouvelle, dans la scène politique sahraouie. Enfin, s'agissant des frontières algéro-marocaines telles qu résultant de la colonisation française, elles avaient été avalisées lors de la signature du traité d'Ifrane par le Maroc en 1969 - la ratification de cet accord par le parlement marocain sera une simple formalité dès lors qu'un accord d'ensemble sera acquis.

On notera au passage que ce second rapport reconnaît le caractère artificiel des frontières sahriennes de l'Algérie, qui a récupéré des territoires sahariens autrefois sous souveraineté chérifienne: " i[Algeria’s attachment to the principle of the inviolability of frontiers inherited from the colonial powers is founded on a combination of doctrinal ideal and practical selfinterest. As a major African state with a natural ambition to play a role in the continent’s affairs, and conscious of the often artificial and fragile nature of the frontiers of the newly independent African states, Algeria has always been a leading supporter of the OAU (now AU) insistence on this principle as a necessary factor of stability. But Algeria’s own Saharan frontiers are also artificial. Colonial rule deprived Morocco of its Saharan hinterland but bequeathed to Algeria a share of the Sahara that greatly exceeds the territory to which the pre-colonial Algerian state – the Ottoman Regency of Algiers – ever laid claim. Algeria has consequently had a major strategic interest in all her neighbours accepting and abiding by the principle that frontiers may not be changed except by negotiated agreement. And her interest in this point has been most acute in relation to Morocco, since the historic party of Moroccan nationalism, the Istiqlal (Independence) Party, publicly laid claim as long ago as
1956 to large parts of the Algerian Sahara as well as to Western Sahara and parts of Mauritania and Mali as integral components of historic “Greater Morocco”. It has accordingly been a matter of the greatest importance to Algiers that Rabat should not be allowed to get away with violating a colonial frontier with impunity, lest a dangerous precedent be set]i " (pp. 12-13).

Enfin, sur un point qui a déjà été [relevé]url:http://www.talhimet.com/index.php?2007/06/11/159-sahara-et-guerre-du-net , ICG note le peu de mobilisation populaire au Maroc et en Algérie autour de la question du Sahara: " i[A striking feature of the Western Sahara controversy has been the near total absence of Algerian or Moroccan vocal public opinion from the debate. In asserting Morocco’s claim to the territory in 1975, King Hassan II united the political class behind the throne as the champion of nationalism (as his father Mohamed V had done in the last years of the colonial era). Since 1975, only fringe political groups and a few independent-minded journalists have dared to break with the prevailing unanimity on this issue. In Algeria, since the advent of formal political pluralism in 1989, not one party has ever made an issue of the Western Saharan question, let alone challenged government policy. As a result, the policy debate in both countries has in effect been conducted within the executive branch of the state alone. But it has also tended to be prey to the persistent tensions found there between the civilian and military wings of the governing elites]i ". On peut cependant nuancer un peu ce constat, avec les manifestations de plus en plus fréquentes d'opinions séparatistes dans les facultés (étudiants de Nahj addimoqrati et étudiants séparatistes faisant cause commune), et le très net virage du Journal hebdomadaire, et de la journaliste française en charge du dossier du Sahara, vers une terminologie qui ne serait nullement dépaysée dans les colonnes d' [El Watan]url:http://www.elwatan.com .


Si seulement les négociations entamées le 18 juin pouvaient suivre la feuille de route esquissée par ICG - ah, oui, j'oubliais, Taïeb Fassi Fihri et Mohamed Benaïssa constituent toujours la " i[dream team]i " marocaine formellement en charge de notre politique étrangère, avec le succès que la planète nous envie. Bon, oubliez ce que j'ai dit.


(1) Que le Maroc ne soit pas une démocratie non plus n'est pas une nouveauté, mais très souvent, dans ce type de rapport, le caractère non-démocratique du Maroc est souligné alors que le Polisario est présenté comme une bande de sympathique guérilleros comme ceux du général Tapioca, habitant des sortes de kibboutz sahraouis où les dirigeants boivent du thé assis dans des tentes, où les femmes sont émancipées et où les chimères tiers-mondistes des années 70 sont enfin réalisées.

(2) Vous vous rappelez sans doute  [le vrai-faux rapport]url:http://www.blog.ma/obiterdicta/index.php?Ultime_(?)_commentaire_sur_l_arret_contre_Le_Journal_Hebdomadaire.html&id_article=7950  commandé au mercenaire des idées - ce dernier mot est flatteur pour lui - bruxellois Claude Moniquet, qui fût instrumentalisé afin de couler Le Journal hebdomadaire (pari perdu) et de  [faire taire Aboubakr Jamaï]url:http://www.blog.ma/obiterdicta/index.php?Boubker_Jamai_part_en_exil_force,_tete_haute_et_mains_propres.html&id_article=12818  (pari réussi jusqu'ici).<br/>
]]>
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<![CDATA[ 24 livres, voire plus
 ]]></title>
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<author><name><![CDATA[ Ibn Kafka]]></name></author>
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<![CDATA[ 
Sur demande de  [Mehdi]url:http://www.elkantmehdi.blogspot.com/ :

 u[Les 4 livres de mon enfance:]u 

-" [Notre prison est un royaume]url:http://fr.wikipedia.org/wiki/Notre_prison_est_un_royaume ", de  [Gilbert Cesbron]url:http://fr.wikipedia.org/wiki/Gilbert_Cesbron . Ce livre m'a profondément ému. J'ai dû le lire à 12/13 ans, sur les conseils de mon père, dont il est également un des livres favoris. Emouvante histoire d'amitié et de révolte adolescente autour d'un cercle d'amis collégiens, dont l'un finit par se suicider. La galerie des portraits et les différents épisodes, dans le contexte d'un collège parisien du début du XXeme siècle, surtout au début du livre, moins dramatique que la fin, m'ont paru irrésistibles à l'époque.
- la série " [Bennett et Mortimer]url:http://perso.orange.fr/lebrunf9/bd/bverte/bennett.html ", d' [Anthony M. Buckeridge]url:http://perso.orange.fr/serge.passions/bennett_interview_alex_johnson.htm , parue dans la collection de la Bibliothèque verte, sur deux pensionnaires d'un internat anglais. Cette série de livres a inoculé en moi une anglophilie galopante - en dépit de l'atlantisme des gouvernements successifs de ce pays - anglophilie qui se manifeste par mon goût pour l'oeuvre de  [P.G. Wodehouse]url:http://en.wikipedia.org/wiki/P._G._Wodehouse .
- " [Les dingodossiers]url:http://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Dingodossiers " et " [Rubrique-à-brac]url:http://fr.wikipedia.org/wiki/Rubrique-%C3%A0-brac " du légendaire  [Marcel Gotlib]url:http://www.marcelgotlib.com/ . Bandes dessinées loufoques, qui sont un peu à la BD ce que  [Monty Python]url:http://en.wikipedia.org/wiki/Monty_Python  est à l'humour.
- " i[Fantomerna]i ", oeuvre de l'écrivain suédois  [Klas Östergren]url:http://everything2.com/index.pl?node_id=1165056 , sur les désarrois d'un adolescent stockholmois. Cet écrivain contemporain, qui n'est pas un classique, je me rappelle en avoir choisi un extrait pour le présenter au bac, au milieu d'une série d'écrivains du Panthéon de la littérature suédoise. 

 u[Les 4 écrivains que je relirai encore et encore :]u 

Je prends le terme écrivain au pied de la lettre, et n'inclus donc que des auteurs de fiction. Sinon, ma liste contiendrait les nom de  [François Burgat]url:http://www.mmsh.univ-aix.fr/iremam/HTML/PUBLI/CHERCH/FB-courantsislamist.pdf ,  [Abdallah Laroui]url:http://fr.wikipedia.org/wiki/Abdellah_Laroui ,  [Edward Saïd]url:http://www.edwardsaid.org/ ,  [Pierre Bourdieu]url:http://www.homme-moderne.org/societe/socio/bourdieu/index.html ,  [Eric Hazan]url:http://www.la-bas.org/article.php3?id_article=852 ,  [Eric J. Hobsbawm]url:http://www.monde-diplomatique.fr/2003/06/HOBSBAWM/10188  et  [Noam Chomsky]url:http://www.chomsky.info/ .

- Franz Kafka. " i[Le Procès]i ", et surtout  [la parabole de La Loi]url:http://www.svabhinava.org/French/ElizabethVisuvalingam/KafkaEnigmeLoi-frame.php qu'elle contient (la filmatisation de ce roman par Orson Welles - " i[I wrote and directed this film. My name is Orson Welles]i " - fût magistrale). 
-  [Tom Wolfe]url:http://www.answers.com/topic/tom-wolfe . Bon, c'est vrai, je me suis trop tardivement rendu compte qu'il est un néo-con. Mais qu'est-ce-qu'il écrit bien - du moins jusqu'à " i[The bonfire of the vanities]i "! J'apprécie tout particulièrement " [Radical chic and mau-mauing the flak-catchers]url:http://www.tomwolfe.com/RadicalChic.html " et " i[The painted word]i " - ce dernier ayant de drôles d'affinités avec " [Les règles de l'art]url:http://www.persee.fr/showPage.do?urn=arss_0335-5322_1991_num_89_1_2986 " de Bourdieu. 
- Graham Greene - paradoxalement, je n'ai pas lu ses oeuvres majeures, mais plutôt ses oeuvres plus légères - " i[Our man in Havanna]i ", " i[The comedians]i ", " i[Stamboul train]i ", " i[The quiet American]i ". Il m'en reste donc quelques uns à lire...
- Emile Zola. Sans être un adepte du social-réalisme, j'aime la littérature au contenu social.

Tant pis, je rajouterais un cinquième:

- Sonallah Ibrahim, génial auteur égyptien - "Les années de Zeth" particulièrement.

En fait, cette liste est assez limitative. J'apprécie ainsi tout particulièrement les journaux très parisiens de Jean Galtier-Boissière, fondateur anti-militariste, anti-colonialiste et anti-communiste de ce qui fût un concurrent du Canard enchaîné, le Crapouillot - qui vira cepenant très - trop - à droite après 1945. De même pour les romans d'Anatole France, entièrement passé de mode aujourd'hui. J'ai également lu trop peu de choses d'August Strindberg, me contentant d'une oeuvre majeure " i[Röda rummet]i " (" i[La chambre rouge]i ") et d'un pamphlet politique génial, " i[Det nya riket]i " (" i[Le nouveau royaume]i ").

 u[Les 4 auteurs que je ne lirai probablement plus jamais :]u 

J'ai déjà un a priori négatif à l'égard des auteurs qui remportent les prix littéraires, et n'aurais sans doute pas acheté ni lu " [Les bienveillantes]url:http://www.blog.ma/obiterdicta/index.php?Ca_y_est,_je_l_ai_enfin_termine.html&id_article=12420 " si Littell avait déjà obtenu son prix Goncourt, de même que ceux qui sont au top ten des listes des best-sellers - Paulo Coelho, Tahar Benjelloun,  [Dan Brown]url:http://hommesansqualites.blogspot.com/2007/03/ca-casse-pas-trois-pattes-un-canard.html , Harry Potter et cie. Ca me permet d'éliminer pas mal de monde. De plus, si je lis pas mal, ce sont à 99% des oeuvres de non-fiction. Mais si je devais quand même établir une liste noire, voici ce à quoi elle ressemblerait:

- Michel Houellebecq. Je n'ai jamais acheté un de ses livres en librairie, refusant de financer directement cet écrivain raciste. J'ai cependant acheté " i[Les particules élémentaires]i " chez un bouquiniste, sans l'avoir lu, chose que je ne regrette pas (de ne pas l'avoir lu, je veux dire).
- Malcolm Lowry, " i[Under the volcano]i ". J'avais entendu parler de ce livre comme d'un chef d'oeuvre. Je l'ai commencé, et n'ai jamais pu le terminer. Je n'étais sans doute pas à la hauteur, mais je ne m'en porte pas plus mal. Malcolm Lowry non plus, d'ailleurs - le fait qu'il soit mort y est sans doute pour quelque chose.
- Philippe Sollers. Crétin pontifiant, qui illustre la force des réseaux éditoriaux népotiques du Landerneau littéraire français.
- Abdelkébir Khatabi. Voir sous Sollers, remplacer "français" par "marocain".

 u[Les 4 premiers livres de ma liste à lire ou à relire :]u 

" [L'homme sans qualités]url:http://fr.wikipedia.org/wiki/L'Homme_sans_qualit%C3%A9s " de  [Robert Musil]url:http://www.autourdemusil.net/  est hors concours -  [écrivain le plus illisible de l'histoire]url:http://didier-jacob.blogs.nouvelobs.com/robert_musil/ , vraiment? Il est probable que je ne parviendrais jamais à le terminer. J'en avais lu la moitié (en fait le premier tome de la traduction française de Jaccotet) il y a quelques années, que j'ai bien évidemment entièrement oublié, ce qui me contraindrait à tout relire (l'ouvrage, bien qu'inachevé, fait près de mille pages). Il me faudrait une condamnation à la réclusion carcérale pour au moins six mois, ou une mutation à  [Tata]url:http://voyage-bons-plans.aufeminin.com/album/see_240648_9/-MAROC-2006-2005-2001.html , pour avoir les conditions extérieures favorables à sa lecture.

Sinon, je tricherai un peu, avec une liste "fiction" et une liste "non-fiction".

Fiction:
- " i[Guerre et paix]i " de Tolstoï. Woody Allen en a cependant donné un bon résumé: " i[j'ai lu Guerre et paix par la la méthode de la lecture rapide. Ca parle de la Russie]i ". J'ai une grosse lacune en matière de littérature russe. J'ai lu un livre de Dostoïevsky, qui m'avait paru interminablement ennuyeux - je crois que c'était " i[L'éternel mari]i ". Depuis, mis à part quelques pièces et nouvelles de Gogol, plus rien de russe.
- " [L'immeuble Yacoubian]url:http://www.lapenseedemidi.org/revues/revue12/articles/El-Assouani.pdf " d'Alaa al Assouani. Sans commentaire.
- quelques unes des oeuvres de Balzac. J'ai effectivement lu mon premier Balzac il y a quelques semaines - " i[Le colonel Chabert]i ". Et je dois dire que je dois cette première  [au blog éponyme]url:http://lecolonelchabert.blogspot.com/  , intrigué par le choix de ce titre de roman. J'ai été comblé par ce très bref roman, qui comble une lacune scolaire - si mes profs m'ont imposé Mérimée, Stendhal, Maupassant, Zola, Flaubert et cie, aucun d'entre eux ne sembla goûter Balzac, et je suis resté sur l'image d'un écrivain aux interminables descriptions. 
- " i[I, Charlotte Simmons]i ", de Tom Wolfe. Je l'ai acheté, mais pas encore lu. Je ne m'attends pas à un chef d'oeuvre, Tom Wolfe étant dans une pente déclinante depuis " i[The bonfire of the vanities]i ".
- je triche et rajoute une cinquième oeuvre, que j'ai toujours souhaité lire après en avoir vu la filmatisation - il s'agit du roman de  [Thomas Mann]url:http://fr.wikipedia.org/wiki/Thomas_Mann  " i[Les confessions du chevalier d'industrie Felix Krull]i ".

Non-fiction:
- " [De la guerre]url:http://gallica.bnf.fr/Catalogue/noticesInd/FRBNF30248115.htm ", de  [Carl von Clausewitz]url:http://www.clausewitz.com/CWZHOME/CWZBASE.htm . La "guerre contre la terreur", et la guerre d'Israël contre le peuple palestinien, me semblent illustrer à merveille, par opposition, la formule célébrissime de Clausewitz selon laquelle la guerre est la continuation de la politique par d'autres moyens. Or tant le gouvernement étatsunien que celui d'Israël conçoivent leur guerre comme une guerre technique - la guerre contre la terreur, qui n'est qu'une méthode de combat, autant déclarer la guerre aux porte-avions - sans adresser ses causes, la guerre contre la résistance palestinienne sans comprendre que les motifs de cette résistance demeureront même si tout son leadership devait être assassiné...
- " [The great war for civilisation]url:http://www.robert-fisk.com/book_extracts_index.htm ", du légendaire reporter irlandais  [Robert Fisk]url:http://www.robert-fisk.com/ , sur la conquête du Moyen-Orient par les Etats-Unis, Israël et leurs alliés, locaux et occidentaux.
- " [The Old Social Classes and New Revolutionary Movements of Iraq]url:http://www.epic-usa.org/Default.aspx?tabid=2304 ", ouvrage mythique de l'historien palestinien  [Hanna Batatu]url:http://en.wikipedia.org/wiki/Hanna_Batatu . 
- " [Surveiller et punir]url:http://www.scienceshumaines.com/surveiller-et-punir-naissance-de-la-prison_fr_14326.html ", de  [Michel Foucault]url:http://fr.wikipedia.org/wiki/Michel_Foucault .

Ah, j'oubliais, j'aimerai aussi lire la thèse de  [Paul Pascon]url:http://www.blog.ma/obiterdicta/index.php?Depuis_le_2_avril_2007,_il_n_y_a_plus_de_Marocain_non-juif_ou_non-musulman.html&id_article=14061 , " i[Le haouz de Marrakech]i ".

 u[Les 4 livres que je suis en train de lire :]u 

- " [Misère de la Ve République]url:http://www.lgdj.fr/ouvrage19397/ ", de Bastien François - pamphlet très dur et très juste d'un professeur de droit constitutionnel contre la Ve République et la monarchie présidentielle d'Ancien régime qu'elle consacre.
- " i[Huey Long]i ", biographie du politicien populiste (dans ma bouche, ce n'est pas forcément un défaut) et progressiste de Louisiane,  [Huey Long]url:http://www.hueylong.com/ , assassiné en 1935 (avez-vous remarqué combien de politiciens étatsuniens de gauche se sont fait assassinés - Huey Long, John F. Kennedy, Malcolm X, Martin Luther King, Robert F. Kennedy, sans compter plusieurs leaders des Black Panthers...), par T. Harry Williams. Un pavé de 900 pages, sur un personnage qui inspira " [All the king's men]url:http://en.wikipedia.org/wiki/All_the_King%27s_Men " de l'écrivain sudiste  [Robert Penn Warren]url:http://en.wikipedia.org/wiki/Robert_Penn_Warren , véritable chef d'oeuvre, qui a été filmatisé deux fois. 
- " i[Au seuil du Maroc moderne]i ", du Dr F. Weisgerber. Souvenirs (parus en 1949) de celui qui fût docteur à la cour du sultan Moulay Abdelaziz.
- " [Le Maroc face aux impérialismes, 1415-1956]url:http://www.persee.fr/articleAsPDF/ahess_0395-2649_1980_num_35_3_282670_t1_0822_0000_001/article_ahess_0395-2649_1980_num_35_3_282670_t1_0822_0000_001.pdf ", de  [Charles-André Julien]url:http://centre-histoire.sciences-po.fr/archives/fonds/charles_andre_julien.html .

 u[Les 4 livres que j’emporterais sur une île déserte :]u 

- Le Coran
- " i[L'homme sans qualités]i " - voir plus haut.
- un  [guide de survie]url:http://www.poursurvivre.com/  - eh oui...
- tout  [Cioran]url:http://planetcioran.blogspot.com/  - c'est pas si difficile que ça, puisque Gallimard a tout publié en un seul volume, collection Quarto. 

 u[Les premiers mots d’un de mes livres préférés :]u 

Je citerai le commencement de " [Röda rummet]url:http://runeberg.org/strindbg/rodarum/ ", d' [August Strindberg]url:http://fr.wikipedia.org/wiki/August_Strindberg , même s'il n'est pas un de mes quatre livres préférés - il n'en est pas loin, et c'est de loin le meilleur commencement de roman qu'il m'ait été donné de livre, celui de " i[La métamorphose]i " de Kafka n'étant pas mauvais non plus. Hélas, c'est en suédois - mes excuses anticipées:

" i[Det var en afton i början av maj. Den lilla 
trädgården på Mosebacke hade ännu icke blivit öppnad för 
allmänheten, och rabatterna voro ej uppgrävda; 
snödropparna hade arbetat sig upp genom fjolårets 
lövsamlingar och höllo just på att sluta sin korta 
verksamhet för att lämna plats åt de ömtåligare 
saffransblommorna, vilka tagit skydd under ett ofruktsamt 
päronträd; syrenerna väntade på sydlig vind för att 
få gå i blom, men lindarna bjödo ännu kärleksfilter 
i sina obrustna knoppar åt bofinkarna, som börjat 
bygga sina lavklädda bon mellan stam och gren; 
ännu hade ingen mänskofot trampat sandgångarna 
sedan sista vinterns snö gått bort, och därför levdes 
ett obesvärat liv därinne av både djur och blommor. 
Gråsparvarna höllo på att samla upp skräp, som de 
sedan gömde under takpannorna på 
navigationsskolans hus; de drogos om spillror av rakethylsor från 
sista höstfyrverkeriet, de plockade halmen från unga 
träd som året förut sluppit ur skolan på Rosendal 
-- och allting sågo de! De hittade barège-lappar i 
bersåer och kunde mellan stickorna på en bänkfot 
draga fram hårtappar efter hundar, som icke slagits 
där sedan Josefinadagen i fjol. Där var ett liv och 
ett kiv]i ".

 u[Les derniers mots d’un de mes livres préférés :]u 

Sincèrement, je n'en vois pas. Je me rappelle par contre de la dernière phrase d'un  [ouvrage polémique]url:http://zmagsite.zmag.org/JulAug2004/herman0804.html  de droit international du professeur de droit canadien Michael Mandel, " [How America gets away with murder]url:http://www.blog.ma/obiterdicta/index.php?De_quelques_doutes_sur_le_droit_international_penal,_et_sur_les_tribunaux_charges_de_son_application.html&id_article=10851 ", au sujet des tribunaux militaires internationaux de Tokyo et Nuremberg, après la seconde guerre mondiale: " i[it is true that both trials had sinister origins; that they were misused for political purposes; and that they were somewhat unfair. But they also made a very constructive contribution to the outlawing of war and the world is badly in need of a fundamental change in the political and legal position of war in international relations... Yes, notwithstanding all the justifiable criticism, I have reached a favourable opinion of the trials. The evaluation is, of course, provisional. One never knows what role the judgments will play in later events. So far these principles have failed us very badly, but I suppose we have to keep an open mind]i ".

 u[Les lecteurs dont j’aimerais connaître les 4 livres et auteurs favoris:]u 

Ce n'est pas la première fois que je triche, donc je cite six lecteurs/bloggeurs:

 [abmoul]url:http://www.sonofwords.blogspot.com/ 

 [Rimbus]url:http://rimbusblog.blogspot.com 

 [Lionne d'Atlas]url:http://lionnedatlas.over-blog.com/ 

 [Le Colonel Chabert]url:http://lecolonelchabert.blogspot.com/ 

 [Farid Taha]url:http://www.taha.fr/blog/index.php 

 [Ayoub]url:http://www.kingstoune.com/ <br/>
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<![CDATA[ Deux poids, deux mesures: Après l'affaire Ilan Halimi, l'affaire Julian Soufir
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<created>2007-06-07T14:52:00-00:00</created>
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<author><name><![CDATA[ Ibn Kafka]]></name></author>
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<![CDATA[ 
Les Français d'entre vous ont sans doute entendu parler de l'affaire  [Ilan Halimi]url:http://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_Ilan_Halimi , du nom de ce jeune Français juif enlevé puis atrocement torturé et assassiné par des voyous de banlieue. La presse française fût prompte à trouver un motif racial à ce meurtre. Bizarrement, le meurtre d'un chauffeur de taxi palestinien, Taysir Karaki, père de cinq enfants,  [assassiné]url:http://www.haaretz.com/hasen/objects/pages/PrintArticleEn.jhtml?itemNo=864100  à coups de couteau (vingt-quatre au total) par un Français juif émigré en Israël au titre de la loi du retour n'a guère suscité d'émotion, et encore moins de couverture médiatique. Les  [déclarations de l'intéressé]url:http://www.haaretz.com/hasen/objects/pages/PrintArticleEn.jhtml?itemNo=864452 , arrêté par la police israëlienne, sont cependant intéressantes: " i[I felt nothing. It was like slaughtering an animal. The Arabs are like animals. They have no souls]i " (" i[Je n'ai rien ressenti. C'était comme égorger un animal. Les Arabes sont comme des animaux. Ils n'ont pas d'âme]i "). L'honnêteté intellectuelle oblige de reconnaître que la presse israëlienen, du moins Haaretz, y a consacré plusieurs articles: l'un est intitulé " [Forgive us our racism]url:http://www.haaretz.com/hasen/objects/pages/PrintArticleEn.jhtml?itemNo=860025 " (" i[Pardonnez-nous notre racisme]i "), message adressé aux Palestiniens d'Israël. 

L'auteur de l'article y écrit que " i[The militancy of many French Jews and the racism that some of them display against Muslims are not new phenomena. (...)The time has come for the State of Israel to place a mirror before France's Jews, who are dancing at two weddings at the same time. Prime Minister Ehud Olmert and Acting President Dalia Itzik should pay a visit to the family of the murder victim and ask for forgiveness in the name of the state and the Jewish people, just as Jordan's King Hussein did after the murder of the seven girls from Beit Shemesh in the Naharayim terror attack in 1997, just as the French president and his wife, Jacques and Bernadette Chirac, and Prime Minister Dominique de Villepin did following Halimi's murder when they attended his memorial service at a Paris synagogue. This is also the appropriate time for the heads of France's Jewish community, led by Chief Rabbi Yosef Sitruk, to visit the Great Mosque of Paris and to ask for forgiveness. Forgiveness for the murder, but also for the anti-Muslim racism that is rooted in their community, which is one of the main causes for the deterioration in relations between Jews and Muslims in France]i ". 

L'autre  [article intéressant]url:http://www.haaretz.com/hasen/objects/pages/PrintArticleEn.jhtml?itemNo=859795  est celui indiquant que le maire -israëlien - de Jérusalem (Al Qods) demande que Taysir Karaki se voit reconnaître le statut légal de victime de terrorisme. Un troisième article  [révèle]url:http://www.haaretz.com/hasen/objects/pages/PrintArticleEn.jhtml?itemNo=860009  que Julian Soufir avait changé de taxi lorsqu'il s'aperçut que le chauffeur du taxi initial était juif, non pas arabe. Un quatrième article  [souligne]url:http://www.haaretz.com/hasen/objects/pages/PrintArticleEn.jhtml?itemNo=860218  la crainte des juifs de France quant à d'éventuelles actions de vengeance de la part de Français d'origine arabe. Fausse alerte, puisque les médias français n'ont pipé mot de ce crime raciste (Julian Soufir a avoué s'être rendu à Jérusalem car  [il y serait plus facile d'y trouver un Arabe à tuer]url:http://www.haaretz.com/hasen/objects/pages/PrintArticleEn.jhtml?itemNo=859548 ) dont l'auteur est un Français - on peut supputer que si un Français d'origine marocaine avait tué un juif au Maroc, la réaction de ces médias eût peut-être été différente...

Le mot de la fin au chroniqueur télé de Haaretz, qui  [souligne]url:http://www.haaretz.com/hasen/objects/pages/PrintArticleEn.jhtml?itemNo=861117  de manière critique la sympathie semblant entourer Julian Soufir de la part des policiers, et cite la phrase du frère du frère de Taysir Karaki: " i[dans dix ans, il siégera à la Knesset]i ".

Il est donc paradoxalement plus facile de mettre en relief la face cachée du sionisme dans les médias israëliens que dans les médias français ou  [sur 2M]url:http://www.blog.ma/obiterdicta/index.php?action=article&id_article=14675 ...<br/>
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<![CDATA[ Mezzeh sharqiya (XVII)
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<author><name><![CDATA[ Ibn Kafka]]></name></author>
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<![CDATA[ 
Tiens, une coïncidence qui m'a frappé en lisant " [Israël and settler society]url:http://www.watzal.com/Lorenzo%20Veracini.pdf " de Lorenzo Veracini, chercheur italo-australien: 1948 est l'année de la création de l'Etat d'Israël, ainsi que celle de la victoire électorale du parti nationaliste boer qui marqua le commencement officiel du régime de l'apartheid en Afrique du sud. Toute ressemblance etc... 

Dans le même ordre d'idées, le  [principal syndicat sud-africain s'apprête à appeler au boycott d'Israël]url:http://www.haaretz.com/hasen/objects/pages/PrintArticleEn.jhtml?itemNo=865408 , demandant même la  [rupture des relations diplomatiques]url:http://www.haaretz.com/hasen/objects/pages/PrintArticleEn.jhtml?itemNo=865221  avec Israël.

Sinon, on nous apprend que même les morts palestiniens ne pourront reposer en paix dans leur terre, du moins ceux qui ont le malheur de mourir à Al Qods (Jérusalem), la police israëlienne  [estimant]url:http://www.haaretz.com/hasen/objects/pages/PrintArticleEn.jhtml?itemNo=864459  que les morts - ou du moins leur enterrement - troublent l'ordre public. Pauvres Palestiniens, qui ont le droit de mourir mais pas d'être enterrés...

Confrontés à la réalité de la ségrégation ethnique des "Arabes" israëliens - vous remarquerez la circonlocution pour désigner les Palestiniens israëliens, les députés (majoritairement juifs) de la commission constitutionnelle de la Knesset  [se déclarent]url:http://www.haaretz.com/hasen/objects/pages/PrintArticleEn.jhtml?itemNo=865597  prêts à accorder des droits collectifs auxdits Arabes. Pour rappel, et sans faire du Maroc un exemple en matière de gestion des identités ethnico-religieuses, la communauté juive marocaine a toujours bénéficié de droits collectifs, et continue à en bénéficier - elle bénéficie même du produit de certaines taxes - sur l'alimentation casher - qui lui sont réservées.

Un peu comme les collabos français à Sigmaringen, des collabos arabes se rendent en Israël pour montrer patte blanche - le dernier en date est l'opposant syrien Farid Ghadry,  [qui s'exprimera devant une commission parlementaire israëlienne]url:http://www.haaretz.com/hasen/objects/pages/PrintArticleEn.jhtml?itemNo=863348  sur invitation d'un député du Likoud - Ghadry appelle à  [refuser toute paix]url:http://www.ynetnews.com/articles/0,7340,L-3404815,00.html  avec son pays.

Mais la collaboration prend plusieurs formes. C'est ainsi que la "garde présidentielle" d'Abou Mazen, une des milices du Fatah qui a obtenu 84 millions de dollars de financement public des Etats-Unis,  [vient d'obtenir]url:http://www.haaretz.com/hasen/objects/pages/PrintArticleEn.jhtml?itemNo=862581  l'autorisation du gouvernement israëlien de s'entraîner à Jéricho - on peut supposer que cette "garde présidentielle" n'a guère pour objectif principal la fin de l'occupation israëlienne, d'autant que la même "autorité palestinienne" (ce terme me fait immanquablement penser à la blague sur le ministère de la marine marchande suisse)  [demande à Israël]url:http://www.haaretz.com/hasen/objects/pages/PrintArticleEn.jhtml?itemNo=868017  de l'alimenter en munitions...

Le correspondant militaire de Haaretz  [bout littéralement de rage]url:http://www.haaretz.com/hasen/objects/pages/PrintArticleEn.jhtml?itemNo=863018 : l'autorité palestinienne et l'Egypte ne sont pas assez enthousiastes dans leur contribution à la sécurité des forces d'occupation israëliennes en Palestine.

L'ancien président de la Knesset Avraham Burg, juif pratiquant,  [déclare]url:http://www.haaretz.com/hasen/objects/pages/PrintArticleEn.jhtml?itemNo=868215  que la définition d'Israël comme un "Etat juif" est le commencement de la fin. Réplique immédiate d'un député du parti d'Olmert, Kadima: une loui devrait être votée  [interdisant l'enterrement d'Avraham Burg]url:http://www.haaretz.com/hasen/objects/pages/PrintArticleEn.jhtml?itemNo=868369  dans le rayon du cimetière du Mont Jérusalem réservé aux leaders d'Israël...<br/>
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<![CDATA[ French theory, suite: Doc Gynéco, digne successeur de Foucault, Deleuze, Derrida et Rachid Taha
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<author><name><![CDATA[ Ibn Kafka]]></name></author>
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<![CDATA[ 
 [Farid]url:http://www.taha.fr/blog/  m'avait envoyé un e-mail à ce sujet il y a quelques semaines, et puis j'ai pu moi-même me rendre compte de l'importante contribution du penseur sarkozyste Doc Gynéco au post-modernisme lorsque j'ai eu la bonne fortune de mettre les mains sur un exemplaire d' [Israël magazine]url:http://www.israelmagazine.co.il . Pour les lecteurs qui n'ont pas encore eu la félciité de lire ce magazine, celui-ci est à la cause israëlienne ce que les oeuvres complètes de Pol Pot sont au socialisme démocratique et humaniste.

Donc, le penseur post-moderne Doc Gynéco, collègue en intelligence de  [Rachid Taha]url:http://www.blog.ma/obiterdicta/index.php?Rachid_Taha_s_exprime_sur_le_Moyen-Orient,_ou_Ibn_Tintin_visite_l_Orient_complique.html&id_article=13284 , ci-devant chanteur de rap, consigliere de Nick Sarkozy, President of the United France,  [a livré le fond de sa pensée à ce magazine]url:http://www.a7fr.com/Default.aspx?tabid=52&articleType=ArticleView&articleId=35020 , et la haute teneur intellectuelle de ses propos est rehaussée - mais est-ce seulement possible? - par la participation à ses côtés de sa "girlfriend", l'écrivaine  [Christine Angot]url:http://didier-jacob.blogs.nouvelobs.com/christine_angot/ , dont Orhan Pamuk et Sonallah Ibrahim arrivent péniblement à la cheville.

Florilège: " i[le rap s’est aujourd’hui islamisé. Akhenaton est musulman, comme de plus en plus de rappeurs. Ils sont en guerre : le rap, c’est un peu le bras musical armé du djihad]i "; " i[ils se sentent tous communistes, éducateurs du peuple, professeurs des jeunes de banlieue. Ils ne savent pas ce que parler veut dire. Ils portent un tee-shirt du GIA ou de Ben Laden comme on porte un tee-shirt du Che. Par contre les rappeurs qui s’en sont sortis ont conscience de cette manipulation]i "; " i[ils sont manipulés par la violence, par les films d’action, mais c’est une violence organisée et structurée de kamikazes, pas une violence de vrai révolutionnaire. Je baise la France : tous les rappeurs de Marseille à Paris chantent ça comme un seul homme]i "; " i[je suis contre l’islamisation du rap]i "; " i[sous couvert des idées communistes, le rap met en musique l’islamisme et les actions d’Al Qaïda]i ".

Sans compter la puissante maïeutique qui se dégage de cet échange fulgurant entre l'intervieweur d'Israël Magazine et notre philosophe (ben oui, pourquoi est-ce que  [compter les noirs en équipe de France]url:http://www.grioo.com/info5864.html  serait de la philosophie mais pas compter les musulmans sur une scène de musique?):

" i[Doc Gynéco : Moi, le terrorisme, j’ai fini d’y croire quand une bombe a explosé à Tati Barbès.

Israël Magazine : Parce qu’avant, vous y croyiez ?

Doc Gynéco : Je pouvais croire, oui, à une forme de révolte par les armes. 

Israël Magazine : Contre qui ?

Doc Gynéco : Jean Moulin ! Vichy. « Pour plus de justice » etc.
Mais l’attentat à Barbès m’a profondément heurté : des arabes tuaient des arabes. Ceux d’Algérie d’il y a pas longtemps. Je peux comprendre l’attentat de Port-Royal, même la prise d’otage des Juifs par les Palestiniens mais la bombe à Tati Barbès, là, je ne saisis plus]i ".


Sans compter ce dialogue socratique:

" i[Israël Magazine : On trouve dans les textes de rap – Kmelancien, I AM, Sniper… - beaucoup de textes haineux contre Israël et les Juifs.
Avec aussi un clip qui met en scène une liquidation d’Américains…

Doc Gynéco : On est en train de rendre les jeunes de banlieue complètement fous. 
Scorcese, les Affranchis, etc. ça pouvait se situer dans une esthétique qu’on n’aime pas mais il y avait au moins des valeurs]i ".


Et enfin l'apothéose, bien évidemment consacrée à l'antisémitisme et à Israël, que je ne peux vous livrer qu'en intégralité tant les pépites sont nombreuses:

" i[Israël Magazine : Mais pourquoi le rap est-il venu se cristalliser sur la question juive ?

Doc Gynéco : On utilise l’extrême-gauche à de mauvaises fins. Ils critiquent l’argent, la bourgeoisie, les riches et donc, dans l’imaginaire collectif, les Juifs.
On a réussi a opposer les Juifs à toutes les races : bientôt, même les Chinois seront de la partie. Avant dans les quartiers, c’était Juifs versus Arabes. Maintenant, ça ne fait plus rire personne. Toutes les communautés sont en guerre contre les Juifs et je n’accepte pas ça.

Christine Angot : L’air du temps veut imposer l’idée que la violence faite aux Juifs n’est pas plus grave que la violence contre commise d’autres groupes. Sauf qu’il y a une spécificité particulière. Personne ne veut plus l’entendre.
Cette volonté de nier la spécificité juive et la spécificité de la Shoah n’est pas propre au rap. Cette musique est juste un reflet de ce déni.

Doc Gynéco : Je veux en revenir à ce que représente la mort pour les jeunes de banlieue.
Quand ils voient des fours et des charniers, ils adorent cela !
Dans leur portable, ils conservent les scènes d’égorgement, de tueries, de carnage.
Il faut accompagner l’Histoire de la Shoah du récit explicatif d’un professeur qui explique les images, sinon ça va finir sur les portables….

Israël Magazine : Vous étiez le seul goy à la manifestation après la mort d’Ilan Halimi, premier meurtre antisémite après Auschwitz.

Doc Gynéco : Pas un rappeur n’a regretté cet acte de barbarie. Jamais Skyrock n’a fait passer un message. Ils utilisent tous ça : faîtes attention à eux.
A cette époque, dans les banlieues, personne n’avait encore réussi à mobiliser les Noirs contre les Juifs. Mais dés le meurtre d’Ilan Halimi, j’ai su que ceux qui attisent la haine avaient gagné : ils ont montré le visage noir de Fofana, le «chef des Barbares».

Israël Magazine : On connaît aussi votre attachement à Israël…

Doc Gynéco : On ne peut plus revendiquer dans un quartier l’attachement à la France, mais à Israël, c’est pire.
C’est dur d’avoir un ami feuj en banlieue : tu vas te battre au moins dix fois pour lui….

Christine Angot :C’est dur dans un quartier mais aussi partout ailleurs.
Dans toutes les situations difficiles, il y a un choix à faire : à chaque fois que des gens s’opposent, qu’il y a un conflit douloureux, il faut choisir son camp.
….Or, des tas de gens refusent de choisir. Mais on choisit quand même : les gens qui n’ont pas choisi Israël ont forcément choisi l’autre camp.

Doc Gynéco : Si dans un quartier, je marche avec un Juif qui répond à cette violence, s’il s’inscrit dans le rapport de force – je veux dire : il retire son tee-shirt et il se bat – c’est différent, ils le respectent. Dans les banlieues, ils ont besoin de te tuer en vrai quand ils ont un problème. De voir le sang. On n’est pas là-bas dans un salon littéraire…

Israël Magazine : Vous préconisez la violence comme moyen légitime pour les Juifs de répondre à l’hostilité ?

Doc Gynéco : Pour avoir pratiqué ces gens là, je peux vous dire qu’ils sont en guerre.

Israël Magazine : C’est qui, « ces gens là » ?

Doc Gynéco : Ceux qui ont besoin de tuer du Juif. Pour ceux là, c’est la guerre à l’intérieur de nos frontières. Regardez Ilan : tout le monde savait. Des filles, des garçons : on va loin, là.
Tous complices : des trentaines de personne étaient là, personne n’a bronché.
Les Juifs doivent savoir se défendre comme ils l’ont toujours fait : c’est la guerre, vous savez.
A un moment donné, il faut se battre : il ne faut pas avoir peur de se montrer violent. J’ai connu des Juifs réputés parce qu’ils se sont défendus chaque fois. Tout le temps. Ils sont respectés.

Christine Angot :Si vous regardez Le chagrin et la pitié, on est encore dans la même France.

Israël Magazine : Il y aurait une violence plus légitime que la violence légale, celle de l’Etat ?

Doc Gynéco : Par exemple, au stade du Parc des Princes, lorsqu’ils ont trié les spectateurs et qu’ils se sont rangés en deux files pour les enserrer.
Ils demandaient à chacun : « êtes-vous Juif ? » ; et selon moi, il fallait dire : « oui ».

Israël Magazine : « Oui », ça voulait dire se battre…

Doc Gynéco : Voilà. Mais je ne sais pas si c’est physiquement ou autrement. C’est les deux.

Israël Magazine : C’est d’ailleurs un policier noir qui a sauvé un supporter Juif de la mort…

Doc Gynéco : Je suis fier de ça.

Israël Magazine : Comment expliquer que les Juifs ont déserté la guerre qui leur est faite ?

Doc Gynéco : Il faut le savoir : les humains en face de vous n’ont pas nécessairement les mêmes données que vous dans le cerveau et sont peut-être plus portés sur la violence que vous….
Il faut revenir à l’époque du Roi David. Car en face de vous, ils ont compris que vous parlementez, négociez, pinaillez. Il n’y a pas à se justifier. Il vaut mieux se battre, c’est certain. 
Ilan Halimi est mort, premier meurtre après Auschwitz me disiez-vous.
Mais si quelqu’un en banlieue avait été tué durant les émeutes, ils en auraient fait des chansons, des clips, des albums.
Pour Ilan Halimi ? Pas une chanson, rien.

Israël Magazine : En hébreu, face à la violence qui monte toujours d’un cran, on dit : on leur pisse dessus, ils disent qu’il pleut. C’est votre impression ?

Doc Gynéco : Après le meurtre d’Ilan Halimi, j’attendais au moins une chanson. Je pensais que les rappeurs allaient s’exprimer là-dessus. Rien. Omerta.

Israël Magazine : Au lieu du « Jusqu’ici, tout va bien » des Juifs, concrètement, que feriez-vous ?

Doc Gynéco : C’est la guerre contre le silence.

Israël Magazine : Sur Israël, vous pensez qu’il y a une paix possible avec le Hamas ?
Ou bien qu’aujourd’hui comme hier et demain, la paix n’aura jamais lieu parce que le monde est en guerre contre les Juifs ?

Christine Angot :La vulgate, aujourd’hui, c’est d’être contre Israël.
Dans une conversation ordinaire, le rejet d’Israël, c’est ce qu’on peut dire à haute voix, sans problème.

Doc Gynéco : Il fallait bien pour les Juifs un endroit pour se réfugier. Un terrain leur a été offert. 
C’est dommage que ce soit là, au niveau géographique, entouré de pays hostiles.

Israël Magazine : Ailleurs que dans le berceau du peuple juif, ça aurait changé quelque chose...?

Doc Gynéco : C’est là qu’on voit qu’il faut se battre.

Christine Angot : Mais pourquoi les Juifs devraient se battre seuls, pour eux-mêmes? Les Juifs représentent tout le monde, toute spécificité, la spécificité de l’humain.

Israël Magazine : Pourquoi les Juifs plus que les autres ?

Christine Angot : Parce que. C’est un peuple à part, que ça plaise ou non. 
Ils ne sont pas pareils, il y a une spécificité qui n’est pas comparable aux autres spécificités. Quelque chose d’unique qui nous représente tous.

Israël Magazine : Et dés qu’ils ont voulu touché à l’universel, ils ont accosté sur les rivages nauséeux du communisme…

Christine Angot : Nauséeux ! Quelle bizarre expression !

Doc Gynéco : Tous les peuples qui ont souffert ont commis cette erreur.

Christine Angot :Mais moi, je ne parle pas d’universel. Mais de spécificité. Il ne faut accepter ni le déni de la spécificité du peuple juif ni celui de la Shoah.

Doc Gynéco : Les Juifs sont un peu, par la force des choses, errants. Mais à un moment, ils se sont posés, parfois plus de trois cents ans.
A un autre moment, ils ont trouvé Israël. Parfois, il fallait se battre, parfois ce n’était pas la peine.
Aujourd’hui, c’est une époque où les Juifs doivent se battre. C’est clair. Sinon, vous reviendrez à l’époque de Salomon.

Christine Angot :Ce n’est quand même pas un hasard si le génocide intervient après l’invention de la psychanalyse par Freud.
Tout s’est passé comme si c’était ça qu’on était venu punir. La découverte de l’inconscient. 
Ils n’ont pas supporté ça, pour le coup ils ont voulu tous les tuer]i ."


J'attends désormais de pied ferme les prestations de Steevy, Faudel et autres intellectuels de l'entourage de Sarkozy...<br/>
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<![CDATA[ Pour le journal télévisé de 2M, Israël était 'forcé' d'initier la guerre des six jours
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<author><name><![CDATA[ Ibn Kafka]]></name></author>
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<![CDATA[ 
Suivre le journal télévisé de  [2M]url:http://www.2m.tv  est un exercice à conseiller à quiconque voue une admiration exagérée pour le métier de journalisme, du moins dans sa forme télévisée. Hier soir, le JT francophone de 20.45 avait bien évidemment ouvert sur la litanie habituelle des rencontres d'hommes d'affaires étrangers au Maroc (hier, des Chinois à Casablanca), de signature de conventions d'investissement, d'inauguration de projets, et de cette fabuleuse initiative à El Jadida, je crois, où les élèves du primaire furent aimablement conviés à contribuer à la protection de l'environnement en défilant et dansant dans les rues, initiative réellement porteuse d'espoir pour l'avenir de l'environnement marocain, chacun sachant que le segment des 7-13 ans est de loin le principal pollueur.

 [Anniversaire]url:http://www.indigenes-republique.org/spip.php?article875  de la guerre des six jours oblige, 2M se sentit obligée de nous infliger l'insipide brouet de réécriture de dépêches d'agences de presse entrecoupé d'images de chaînes étrangères. La personne tenant lieu de "journaliste" a présenté au télespectateur marocain de cette chaîne publique une version édifiante de cette commémoration: discours d'Abou Mazen, le  [Pierre Laval]url:http://perso.orange.fr/aline.dedieguez/mariali/palestine/montoires/Montoire.htm  palestinien, rien sur le Hamas, images de pacifistes israëliens, et puis, déclaration d'un colon orthodoxe selon lequel les guerres menées par Israël auraient conduit à une "paix" (terme par lequel ledit colon semblait décrire la situation actuelle de sclérose de la résistance palestinienne), puis, cerise sur le gâteau, "soundbite" de Shimon "boucher de  [Qana I]url:http://en.wikipedia.org/wiki/Qana_Massacre " Peres, déclarant, avec son rocailleux accent d'Europe centrale, que la guerre des six jours avait était imposée à Israël, que c'était une "guerre forcée". Et la journaliste - de 2M, je le rappelle, pas de Fox News ou de  [Kol Israël]url:http://israelradio.org/fr.htm  - de rebondir, reprenant sans distanciation aucune le terme "guerre forcée" pour enchaîner à nouveau sur des images de pacifistes israëliens. Le grand absent de ce reportage était le peuple palestinien et sa lutte qutotidienne contre la colonisation - à moins de considérer le besogneux Abou Mazen comme l'horizon indépassable de la question palestinienne. Nom de la journaliste mis à part, nous aurions aussi bien pu être sur LCI ou TF1 - pas France 2, où l'envoyé de cette chaîne en Israël est le franco-israëlien Charles Enderlin, infiniment plus courageux dans sa couverture de l'actualité palestinienne que 2M et RTM réunis, ce qui ne signifie pas grand chose tant ces deux chaînes matérialisent littéralment la phrase sartrienne de "l'être et le néant"... 

PS: je n'ai pas suivi le JT arabophone de la même chaîne - si quelqu'un l'a fait, je serais curieux de savoir si Shimon Peres y a laissé la même empreinte terminologique et donc idéologique...<br/>
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<![CDATA[ On ne la fait pas aux décideurs marocains
 ]]></title>
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<author><name><![CDATA[ Ibn Kafka]]></name></author>
<summary><![CDATA[  ]]></summary>
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<![CDATA[ 
Tous les Marocains ont suivi avec effarement le feuilleton de la fermeture du consulat général étatsunien à Casablanca, fermé depuis le double attentat-suicide d'avril dernier. Le très populaire ambassadeur étatsunien au Maroc, Thomas Riley, que Dieu accorde la miséricorde à ses parents, avait décidé que le consulat général, sis boulevard Moulay Youssef, en plein centre de Casablanca, devait être fermé tant que les autorités marocaines ne fermeraient pas à la circulation la voie attenante au consulat, faisant du boulevard Moulay Youssef une voie à voie unique sur une bonne centaine de mètres.

Cette décision des Etatsuniens, que Dieu les rende victorieux, a obligé des demandeurs de visa Marocains à voyager jusqu'en Tunisie, en Espagne ou au Portugal pour demander un visa d'entrée aux Etats-Unis, que Dieu acroisse leurs richesses.

Mais c'était sans compter la détermination de fer des décideurs marocains, sécuritaires et diplomatiques, pour une fois réunis dans une froide détermination à résister aux diktats de l'étranger, fût-ce un pays frère et néanmoins allié comme les Etats-Unis, que Dieu multiplie leur progéniture. En effet, le boulevard Moulay Youssef étant central, le bloquer partiellement à la circulation causerait un gêne considérable à des dizaines de milliers de Casablancais - c'est du moins ce que prétendent des américanophobes antisémites repentants ayant la haine de soi.

C'est ainsi que j'ai pu constater de visu les effets de l'attitude intransigeante de nos dirigeants: la circulation automobile est effectivement bloguée sur la voie la plus proche du consulat général, et des containers remplis de terre sont désormais délicatement posés devant le consulat général étatsunien, que Dieu les bénisse. Mais l'attachement indéfectible et inébranlable du peuple marocain et du glorieux trône alaouite au dialogue civilisationnel, à la coexistence des religions du Livre et au respect de l'Autre est matérialisé par de superbes fleurs qui ornent la demi-douzaine de containers métalliques placés devant le consulat général étatsunien, que Dieu rajoute à leur gloire. Nos ancêtres ont remporté la bataille d'Oued el makhazine ou celle d'Anoual, notre génération de décideurs a remporté celle, autrement plus symbolique, des fleurs sur les containers devant le consulat général étatsunien, que Dieu exauce leurs prières.

C'est à de petits détails comme celui là que le peuple marocain a l'assurance ferme et tranquille d'être en de bonnes mains.<br/>
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<![CDATA[ Le Maghreb des droits de l'homme - en hommage à Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi
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<author><name><![CDATA[ Ibn Kafka]]></name></author>
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<![CDATA[ 
Je rejoins - in extremis - l'excellente initiative lancée par le bloggeur tunisien  [Big Trap Boy]url:http://trapboy.blogspot.com/ , qui a fait du 1er juin le jour du grand Maghreb - je n'ose pas écrire arabe - sur la blogosphère. Certes, l'UMA existe sur le papier, et même  [sur le Net]url:http://www.maghrebarabe.org/ar/ , mais c'est comme la  [Ligue arabe]url:http://www.arableagueonline.org , son existence symbolique masque une absence réelle. Certes, le site et surtout la liste abusivement qualifiée de discussion  [Maghreb ddh]url:http://www.maghreb-ddh.sgdg.org/  existent, mais plutôt comme un pis-aller qu'avec une réelle dynamique - vous aurez compris que je compte vous entretenir des droits de l'homme au Maghreb.

Il n'y a malheureusement pas de guichet unique - là aussi, sur le Net, le Maghreb tarde à se faire. A défaut d'offrir une plateforme unique - le  [réseau Euromed des droits de l'homme]url:http://www.euromedrights.net/ ,  [financé]url:http://www.euromedrights.net/45  par l'Union européenne, est plus vaste que le seul Maghreb, et ne regroupe pas la Mauritanie - il faut donc se rabattre sur des sites nationaux.

Commençons par la Libye: l'horrible sort de  [Mansour Kikhia]url:http://www.libya-almostakbal.com/Morasalat/December2006/llhr_kikhia101206.htm , le Mehdi Ben Barka libyen, opposant au régime dictatorial du colonel Kadhafi et kidnappé alors qu'il se trouvait au Caire, le 10 décembre 1993, avec la complicité bien évidemment des services du collègue dictateur égyptien de Kadhafi, et depuis lors disparu, ne doit être oublié par aucun Maghrébin soucieux des droits de l'homme. Un site libyen de militants des droits de l'homme,  [Al mostaqbal]url:http://www.libya-almostakbal.net/index.html , contient pas mal d'infos, principalement en arabe. Peu de sites libyens par ailleurs sur cette thématique, pour des raisons évidentes...

La Mauritanie semble avoir connu la démocratisation la plus poussée de tout le Maghreb, une démocratisation accélérée depuis le coup d'Etat du colonel Ely Ould Mohammed Vall, qui a volontairement quitté ce pouvoir usurpé pour remettre la présidence à un président élu démocratiquement, Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi, qui est en fait une personnalité historique puisque c'est le premier chef d'Etat maghrébin élu après des  [élections pluralistes et transparentes incontestées]url:http://www.eueommauritania.org/mauritania/xxdefault.asp?id=1&show=59&m=0 . Le nouveau gouvernement promet - mais ce n'est pas nouveau - de combattre l'esclavagisme et de réconcilier réellement les composantes maures et "négro-africaines" du peuple mauritanien. Le site du  [CRIDEM]url:http://www.cridem.org/index.php , ONG mauritanienne, est exhaustif.

La Tunisie est sans doute, avec la Libye, le pays maghrébin le plus autoritaire, frôlant même le totalitarisme par le contrôle absolu du pouvoir benalien sur tous les secteurs de la société. La  [Ligue tunisienne des droits de l'homme]url:http://www.fidh.org/rubrique.php3?id_rubrique=433  et ses militants, dont l'inébranlable Souheyr Belhassen (depuis élue présidente de la  [FIDH]url:http://www.fidh.org ), font preuve d'un courage exemplaire, qui mériterait un prix Nobel - mais il ne l'auront jamais, la Tunisie étant un Etat pro-occidental. L'ONG française RSF, sur laquelle il y aurait beaucoup à dire, a au moins le mérite de tenir un blog,  [Tunisia Watch]url:http://tunisiawatch.rsfblog.org/ , sur les nombreuses violations tunisiennes de la liberté d'expression.

Quant à l'Algérie, qui sort (?) d'une guerre civile sanglante et barbare de plus de dix ans, il y a un guichet d'information unique et exhaustif,  [Algeria Watch]url:http://www.algeria-watch.de/francais.htm , tout simplement indispensable. Il ne faudrait tout de même pas oublier l'excellente et courageuse LADDH de l'inflexible  [Me Ali Yahia Abdennour]url:http://www.algeria-watch.org/fr/mrv/mrvrap/aya_congres_laddh.htm , désormais remplacé par Me Houcine Zehouane. Pour un bilan des années 1992-2004, voir la  [fascinante documentation]url:http://www.algerie-tpp.org/ réunie par le Tribunal permanent des peuples.

S'agissant du Maroc, mes lecteurs habituels savent à quoi s'en tenir. Loin du totalitarisme libyen ou tunisien, loin également du climat de guerre civile et de régime militaire qui prévaut en Algérie, le Maroc est hélas tout aussi loin de la réelle  - je l'espère -démocratisation mauritanienne. Si les auditions de l' [Instance équité et réconciliation]url:http://www.ier.ma  ont éclairé officiellement les années de plomb, si le  [Conseil consultatif des droits de l'homme]url:http://www.ccdh.org.ma  mène une activité qui, si elle ne fait pas encore la différence, ne peut en tout cas pas faire de mal, et si le  [Diwan al madhalim]url:http://www.diwan-almadhalim.ma  - ombudsman royal marocain - a sorti  [un rapport annuel intéressant]url:http://www.blog.ma/obiterdicta/index.php?Observations_sur_le_rapport_2004/2005_du_Wali_al_Madhalim,_ombudsman_marocain.html&id_article=13283 , c'est auprès des ONG de défense des droits humains qu'il faut chercher l'information - l' [OMDH]url:http://www.omdh.org  (historiquement proche des socialistes gouvernementaux de l' [USFP]url:http://www.usfp.ma ) et l' [AMDH]url:http://www.amdh.org.ma/  (contrôlée par deux petits partis marxistes-léninistes,  [Nahj addimoqrati]url:http://www.annahjaddimocrati.org  et  [PADS]url:http://padsmaroc.org/ ) principalement - rejoints depuis peu par le  [CMDH]url:http://www.cmdh.org/ , réputé proche des islamistes - qu'il faut chercher la flamme du militantisme en faveur des droits de l'homme au Maroc. 

Le réformiste convaincu que je suis ne peut qu'espérer que l'action de ces militants fasse encore reculer les lignes rouges au Maroc, et ne peut qu'espérer que les frères et soeurs tunisiens, algériens et libyens puissent parvenir à en faire de même.

Vive le Maghreb démocratique et uni!<br/>
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<![CDATA[ 'Il n'y a pas de conflit israëlo-palestinien'
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<author><name><![CDATA[ Ibn Kafka]]></name></author>
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<![CDATA[ 
Tiré du récent petit livre de l'admirable  [Eric Hazan]url:http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89ric_Hazan , éditeur de  [La Fabrique]url:http://www.lafabrique.fr/ , " [Notes sur l'occupation: Naplouse, Kalkiliya, Hébron]url:http://www.lafabrique.fr/article_livres.php3?id_article=205 ":

" i[Ces notes ont été prises en mai et juin 2006, période calme en Cisjordanie où l'on tuait tout au plus une demi-douzaine de jeunes gens chaque semaine. Pour voir fonctionner au jour le jour la grande machine militaire-bureaucratique que l'on appelle de façon assez abstraite "occupation", j'avais choisi trois villes, Naplouse, Kalkiliya et Hébron, sur les échos qui m'en étaient parvenus: trois cas exemplaires mais différents par leur histoire, leur situation géographique et le mode de leur clôture.

Peu après mon retour, des actes de résistance contre l'armée d'occupation ont entraîné la mise en route de la machine de guerre israëlienne vexée, la dévastation de ce qui reste de la bande de Gaza puis du Sud-Liban, l'exode, les morts par centaines. Soudain, la Palestine a basculé dans le néant médiatique pour laisser place aux porte-parole de l'armée israëlienne, aux atermoiements humanitaires, à Mme Rice et aux géopoliticiens.

Il est une constante, un thème obsessionnel dans les propos des ministres, des présidents et des généraux de la Sainte-Alliance: punir, nettoyer, en finir avec. S'agissant de Bagdad, Bobigny ou Rafah, les différences de culture et de situation ne parviennent pas à masquer les similitudes. Aux yeux des oppresseurs, un bon opprimé est un opprimé calme et si possible silencieux. S'il se révolte, on dira selon les cas qu'il fait fi de nos valeurs, qu'il se livre à des provocations, qu'il cultive la violence gratuite ou qu'il fait partie d'une organisation terroriste. En tout cas, il a tort.

De là vient que les Palestiniens ont si mauvaise presse. C'est qu'en réalité, il n'y a pas de situation calme en Palestine: il y a la condition quotidienne de l'occupation militaire, la punition collective que subit le peuple de Cisjordanie et Gaza depuis bientôt quarante ans, parfois avec patience et ailleurs non. Il n'y a pas davantage de conflit israëlo-palestinien: il y a un peuple qui résiste comme il peut aux colons et à l'armée d'occupation, malgré la complicité des "démocraties occidentales", de tous les gouvernements arabes et d'une partie de leurs propres dirigeants.

Le discours dominant cherche à rendre indéchiffrable la situation réelle. Il s'agit de masquer le lien entre la destruction de Gaza, le quadrillage de l'annexion en Cisjordanie et l'invasion du Liban. Il s'agit d'occulter derrière le couple chiisme-sunnisme la terrible communauté de destin entre le peuple du Sud-Liban et le peuple palestinien. Par-dessus tout, il s'agit de dissimuler que l'origine des ravages actuels au Proche-Orient ne se trouve ni en Iran, ni en Syrie, ni dieu sait où - qu'elle est enclose dans cette marmite palestinienne sous pression, dont j'ai cherché à rendre dans ces "Notes" la température et la tension]i ".


S'il y aurait, par extraordinaire, parmi mes lecteurs des gens peu ouverts aux choses de l'esprit - ce à quoi je me refuse de croire - pour lesquels judaïsme=sionisme, il peut être utile de préciser qu'Eric Hazan est juif. Désolé, Roger Garaudy et Dieudonné!<br/>
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<![CDATA[ Pendant ce temps, à Rabat, la censure continue...
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<![CDATA[ 
Youtube.com serait apparemment accessible à nouveau pour les internautes marocains abonnés à Maroc Télécom. Bonne nouvelle. Mais pendant ce temps, la censure continue, sous toutes ses formes. On apprend ainsi qu'une conférence de presse convoquée par  [Al adl wal ihsan]url:http://fr.wikipedia.org/wiki/Al_Adl_Wal_Ihsane , le principal groupement islamiste non-reconnu au Maroc (1)  [vient d'être interdite à Rabat]url:http://www.la-croix.com/afp.static/pages/070524181350.nfn4jnot.htm .

 i[RABAT, 24 mai 2007 (AFP) - Maroc: une association islamiste interdite de conférence de presse

Les autorités marocaines ont interdit jeudi une conférence de presse que devait donner à Rabat Fathalah Arsalane, le porte-parole de l'association islamiste Al Adl Wal Ihssane (Justice et bienfaisance) à Rabat, a constaté un journaliste de l'AFP.

Des voitures de police étaient stationnées devant le siège du Club des avocats où devait se dérouler la conférence de presse au Souissi, un quartier résidentiel de la capitale.

"On nous a empêché de tenir la conférence de presse sans nous livrer aucun document, et on ne nous a présenté non plus aucune justification", a déclaré M. Arsalane qui a dénoncé "l'injustice et l'interdiction faite à l'association d'exprimer ses opinions".

Adl wal Ihssane a choisi la date du 24 mai pour cette conférence de presse car "il y a un an jour pour jour, les autorités avaient lancé une campagne d'interpellations contre l'association", a indiqué à l'AFP un militant.

Interrogé par l'AFP, un officier de police s'est contenté de dire que "la décision de l'interdiction est officielle".

Un porte-parole de l'association, Omar Iherchan, a déclaré dans un entretien de presse publié jeudi qu'Al dl Wal Ihssane boycottera les législatives du 7 septembre 2007. 

"Tout d'abord, les élections sont de pure forme et donnent naissance à des institutions sans prérogatives suffisantes", a-t-il dit, ajoutant que son association ne votera pas non plus en faveur des candidats du Parti (islamiste) justice et développement (PJD) qui compte 42 députés dans l'actuelle chambre des représentants.

"Nous nous refusons à agir ainsi et à nous présenter avec deux visages", a-t-il souligné.

Justice et bienfaisance, dirigée par le cheikh Abdessalam Yassine, un ancien opposant au régime du roi Hassan II, est considérée comme la plus importante organisation islamiste au Maroc. Elle est tolérée par les autorités sans que ses activités soient officiellement reconnues et autorisées.

L'association souligne régulièrement qu'elle rejette la violence et que le Conseil supérieur de la magistrature l'avait déclarée légale le 10 novembre 1994. Mais le ministre de l'Intérieur Chakib Benmoussa avait affirmé à la presse qu'elle "prône une idéologie qui, à bien des égards, peut être considérée comme subversive".]i 
 
 
Une rectification: contrairement à ce qu'indique la dépêche, qui reprend les déclarations d'Al adl wal ihsan, le Conseil supérieur de la magistrature n'est en rien compétent pour déclarer légale ou non telle ou telle association. En vertu de l'article 5 du dahir n° 1-58-376 (3 joumada I 1378) réglementant le droit d'association, c'est à l'autorité administrative locale, c'est-à-dire à la préfecture territorialement compétente, qu'il appartient d'enregistrer les déclarations de création d'associations, et, le cas échéant, d'y opposer un refus. Le tribunal de première instance est compétent, en vertu notamment de l'article 7 du dahir, pour trancher les contestations judiciaires. Le Conseil supérieur de la magistrature, qui n'a qu'un rôle consultatif dans la gestion de la carrière des magistrats, n'est bien évidemment absolument pas compétent en la matière.

Quant au fond, il ressort de l'article 3 (et plus spécialement de l'alinéa 6) du dahir n° 1-58-377 (3 joumada I 1378) relatif aux rassemblements publics que les associations non constituées légalement se doivent de déclarer préalablement toute réunion publique, définie à l'article 1 alinéa 2 de ce dahir comme " i[toute assemblée temporaire mais concertée, ouverte au public, dans laquelle sont examinées des questions portées à un ordre du jour déterminé à l'avance]i ". La réunion publique est à distinguer de la manifestation sur la voie publique, régie elle par les articles 11 à 16 dudit dahir. On constate avec étonnement que le dahir ne prévoit pas explicitement les cas de figure dans lesquels l'autorité administrative locale (la préfecture) peut s'opposer à la tenue d'une réunion publique pour des raisons de fond - le non-respect des formalités de forme fournissant bien évidemment des motifs de refus. Il faut se reporter, par analogie (2), l'article 6 du dahir:

" i[Le bureau est chargé de maintenir l'ordre, d'empêcher toute infraction aux lois, d'interdire tout discours contraire à l'ordre public, aux bonnes mœurs, ou contenant provocation à une infraction; aucune discussion étrangère à l'objet de la réunion ne devra être tolérée]i ".

Le bureau dont il s'agit est celui des organisateurs de la réunion publique. C'est lui qui est chargé, en vertu du dahir, de faire respecter la légalité lors de la réunion - on peut supposer que les membres du bureau engageraient leur responsabilité, y compris pénale.

L'article 7 alinéa 1 prévoit cependant que la préfecture peut mandater un fonctionnaire pour " i[pour assister à la réunion sur présentation d'une copie de son mandat au président]i ". L'alinéa 2 donne à ce fonctionnaire le droit de prononcer la dissolution de la réunion publique, sur requête du bureau des organisateur de ladite réunion, ou en cas de collisions (!) ou de voies de fait. 

Comme on le voit donc, aucune disposition du dahir relatif aux rassemblement publics ne permet explicitement à la préfecture d'interdire à priori une réunion publique - contrairement aux manifestations sur la voie publique, qui peuvent être interdites en vertu de l'article 13 du dahir, si la manifestation est " i[de nature à troubler la sécurité publique]i " - on admirera au passage le caractère vague, flou et potentiellement très extensible des notions " i[de nature]i ", " i[troubler]i " et " i[sécurité publique]i ". En l'absence de telles dispositions pour les réunions publiques, il convient de se rappeler de l'article 1 alinéa 1, qui dispose de manière lapidaire que " i[les réunions publiques sont libres]i ", l'article précisant cependant que " i[les réunions publiques peuvent avoir lieu sans autorisation préalable, sous réserve toutefois des prescriptions suivantes]i ". En l'absence de prescription autorisant l'autorité administrative à s'opposer à la tenue d'une réunion en dehors du cas du non-respect des formalités administratives décrites à l'article 3 (3), j'en conclus que l'interdiction a priori de la réunion publique prévue par Al adl wal ihsan est illégale. 

La voie légale aurait consisté, pour la préfecture de Rabat, à mandater un fonctionnaire pour assister à la réunion, se présenter au bureau des organisateurs, et au besoin prononcer la dissolution de la réunion en cas de violences - précisons à cet égard que Al adl wal ihsan est théoriquement un mouvement non-violent (4).

Mais on retrouve là la pratique habituelle des autorités marocaines, qui disposent pourtant d'un gouvernement servile et de parlementaires dociles, et qui sont malgré ça incapables de se donner des lois qu'ils seraient capables de faire semblant de respecter...


(1) Le  [PJD]url:http://www.pjd.ma  est pour sa part le plus grand groupe islamiste légal.

(2) L'interprétation par analogie est cependant contestable lorsqu'il s'agit de restreindre des libertés publiques - il eût été préférable que le législateur fasse mieux son travail de rédaction des lois et indique explicitement les cas de figure limitativement énoncés où l'autorité administrative pourrait refuser la tenue d'une réunion publique.

(3) Voici ce qu'énonce l'article 3:

Article 3 :  i[Toute réunion publique sera précédée d'une déclaration indiquant le jour, l'heure et le lieu de la réunion. Cette déclaration spécifiera l'objet de la réunion. Elle sera signée par trois personnes domiciliées dans la préfecture ou province où la réunion devra avoir lieu et indiquera les noms, qualités et adresses des signataires ainsi qu'une copie certifiée conforme de chaque carte d'identité nationale.

Elle sera remise à l'autorité administrative locale dont relève le lieu de la réunion.

Lorsque les conditions de déclaration prévues ci-dessus sont remplies, il en sera délivré immédiatement récépissé de dépôt cacheté constatant le jour de la déclaration et l'heure de sa présentation, récépissé destiné à être présenté à toute réquisition des agents de l'autorité.

Si les déclarants ne peuvent obtenir ledit récépissé, la déclaration est adressée à ladite autorité par lettre recommandée avec accusé de réception.

La réunion ne devra avoir lieu qu'après expiration d'un délai minimum de vingt-quatre heures suivant la date de réception du récépissé ou quarante-huit heures après l'envoi de la lettre recommandée.

Les réunions des associations et groupements légalement constitués ayant un objet spécifiquement culturel, artistique ou sportif, ainsi que les réunions des associations et des œuvres d'assistance ou de bienfaisance, sont dispensées de la déclaration préalable prévue au premier alinéa du présent article.]i 

(4) Même si certains de ses sympathisants, notamment en milieu estudiantin, ont une conception très particulière de la non-violence - conception au demeurant partagée par  [d'autres groupements politiques de bords diamétralement opposés]url:http://www.lereporter.ma/article.php3?id_article=3976 , comme Nahj addimoqrati, le Mouvement culturel amazighe ou les séparatistes sahraouis (mais pour ce dernier cas ce n'est guère surprenant).<br/>
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<![CDATA[ Le plus mauvais film qu'il m'ait été donné de voir
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<author><name><![CDATA[ Ibn Kafka]]></name></author>
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<![CDATA[ 
Je viens de voir, sur DVD, sans doute le plus mauvais film sur lequel il m'est arrivé de gaspiller 90 minutes de ma trop brève existence. Non pas que je n'ai jamais vu de navets: j'en ai ingurgité ma dose, de provenance hollywoodienne ou non, comme tout possesseur d'appareil télévision. Il m'est même arrivé de voir - rarement jusqu'à la fin, car quand je vois un film à la télé ou sur DVD je ne me sens pas moralement tenu de le voir jusqu'à la fin (1) - des films avec Francis Perrin (c'est vrai qu'il a épousé une de mes anciennes camarades de lycée, mais quand même...), Bruce Willis ou Mel Gibson, c'est dire!

J'ai aussi vu des quantités de navets qui acquéraient de leur nullité un certain charme, voire un comique involontaire - les fameux " [turkey movies]url:http://en.wikipedia.org/wiki/The_Golden_Turkey_Awards ", dont j'ai pu voir l'un des plus fameux, " [Rymdinvasion i Lappland]url:http://www.imdb.com/title/tt0053232/ ", qui relate, comme son nom (suédois) l'indique, l'invasion de la Laponie par des extra-terrestres.

Mais celui-là est assez exceptionnel. Pire que " [Zabriskie Point]url:http://vanisback.free.fr/antonioni/zabriskiepoint.html ", pire que ce film de gangsters français des années 50 - dont j'ai charitablement oublié le nom - que j'eus l'idée désastreuse de choisir pour la première et dernière visite à la cinémathèque en compagnie de mon épouse, bref pire que le plus mauvais des navets.

Il s'agit de " [Rien que du bonheur]url:http://66.102.9.104/search?q=cache:nPeFwmFk5YUJ:www.dvdcritiques.com/critiques/dvd_visu.aspx%3Fdvd%3D1539+%22rien+que+du+bonheur%22+site:http://www.dvdcritiques.com&hl=fr&ct=clnk&cd=1&gl=fr " (2), dont je tairais les principaux coupables par charité judéo-musulmane. Il faut dire qu'en assistant aux premières soixante secondes de ce navet, le spectateur, du moins le spectateur mâle hétérosexuel, assiste au zénith et à l'apothéose de ce qu'il faut bien qualifier de film: la blondissime  [Alexandra Lamy]url:http://alexandralamy.free.fr/  enlevant son tailleur et ses bas noirs - ne vous retournez pas pour chercher vos chips, ça doit bien prendre cinq secondes de pellicule. Passé cet apothéose, ce pic somme toute assez peu élevé à l'échelle de la créativité artistique, plus rien: littéralement plus rien, sauf la gêne et la sidération à voir quelques millions d'euros de dépensés pour "ça", et l'émerveillement à penser à tous ceux qui, dans la chaîne de production et de financement de ce film, auraient pu et dû effectuer un " [mercy killing]url:http://www.euthanasia.com/ ". 

Impressionnant en tout cas, ce film qui me fait penser à  [l'Allemagne-Autriche]url:http://www.saphirnews.com/Allemagne-Autriche-le-match-scandaleux-du-mondial-1982_a3747.html  (1-0) de 1982. A montrer à tout adolescent boutonneux et exalté révant de faire du cinéma, ça lui fera regagner son lycée professionnel option technologique ou action commerciale au galop...
 

(1) Il en va différemment au cinéma. Une fois payée ma place, rien au monde ne me fera quitter la salle, si ce n'est le générique de fin. C'est ainsi que j'ai vu " [Salo ou les 120 jours de Sodome et Gomorrhe]url:http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=292.html " de Pasolini jusqu'au bout, ce qui, croyez-moi, a de quoi blinder les coeurs - et surtout estomacs - les moins endurcis.

(2) Ne vous fiez jamais par ailleurs aux critiques, sauf les miennes qui sont frappées au coin de mon infaillibilité habituelle - la critique figurant sous ce lien a autant à voir avec la réalité du film que les journaux de Fox News avec la réalité de la guerre en Irak.<br/>
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<![CDATA[ Du mythe de la réussite personnelle
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<![CDATA[ 
L'échange de vues - pour utiliser un euphémisme - qui se poursuit sous les  [commentaires]url:http://www.blog.ma/obiterdicta/index.php?action=article&id_article=14495&voir_commentaire=oui#comments  de mon  [billet]url:http://www.blog.ma/obiterdicta/index.php?action=article&id_article=14495  sur Rachida Dati me chagrine un peu, car je ne suis pas si certain que semblent l'être les divers intervenants que leurs points de vue soient si opposés que ça. L'hébergeur à la noix qui accueille ce blog m'empêchant de commenter mes propres billets, je commenterai ici.

Bourdieu l'avait déjà noté: dans le phénomène de distinction, qu'on peut appliquer au cas de la réussite personnelle, les personnes détentrices de ce type de capital (social, économique ou symbolique) voient leur positionnement dans les strates supérieures comme le seul résultat de leurs qualités personnelles, à l'exclusion de toute influence découlant de leur milieu social de naissance, bref, de leur héritage social. Chez ceux ou celles qui sont issues de catégories défavorisées, mais qui ont néanmoins réussi à se hisser dans les strates supérieures, il y a la légitime fierté d'avoir pu surmonter plus d'obstacles que ceux issus d'un environnement social plus favorisé, et en même temps la volonté de se distinguer de ceux qui, originaires des mêmes milieux défavorisés, n'ont pas réussi le même parcours ascendant.

Bien évidemment, socialement, c'est-à-dire du point de vue de la lourde série statistique des nombres, la facteur individuel pèse peu, même si chaque cas individuel d'ascension sociale (bizarrement, les cas de déclin social n'engendrent pas le même mécanisme de survalorisation du facteur personnel) permet de montrer que l'avenir appartient à celui qui se lève tôt, nonobstant tous les cas plus nombreux attestant le contraire.

Ces mécanismes sont encore plus forts lorsqu'on doit vaincre des obstacles liés à son identité sexuelle, religieuse ou ethnique, qui viennent s'ajouter aux autres handicaps sociaux pouvant éventuellement exister - la réussite est alors presque le signe d'une élection divine...

 [Mona Chollet]url:http://www.peripheries.net  l'exprime mieux que moi, dans  [un billet]url:http://www.peripheries.net/article311.html  que m'a conseillé  [Ayoub]url:http://www.kingstoune.com/  (si j'avais des recettes de ce blog, je t'en refilerais la moitié...): " i[s’il existe bel et bien une marge de manœuvre individuelle, il est absurde de vouloir faire croire que celle-ci peut être autre chose qu’une marge, justement : pour le reste, chacun est bien le produit de déterminismes qui le rattachent à divers groupes, et qui facilitent ou empêchent sa progression. Aucune démocratie digne de ce nom ne peut se dispenser d’en tenir compte, et de chercher les moyens d’y remédier. Nier l’importance de ces déterminismes, et vouloir qu’il y ait société sans qu’ils aient d’abord été vaincus, c’est mettre la charrue avant les bœufs, et prendre ses désirs pour des réalités. Si les mouvements sociaux suscitent une telle hostilité, c’est parce qu’ils rappellent cette vérité contrariante]i ".

Voilà ce à quoi je souhaite en venir: démystifier la réussite individuelle, et être conscient des obstacles sociaux ou légaux à l'égale réussite des individus selon leur origine sociale, culturelle ou ethnique, et être disposé à agir pour écarter ces obstacles.


PS: Je m'en voudrais de passer sous silence cet article sur  [Rachida Dati]url:http://www.nouveleconomiste.fr/Portraits/1362-Dati.html  du Nouvel Economiste qui aurait aussi bien pu figurer dans les contes que je lis à ma fille aînée...

PPS: Je rappelle aux mal-comprenants que je considère la nomination de Rachida Dati au ministère de la justice comme une décision symbolique qui fera date. Mais, fêlé comme je suis, je ne peux m'empêcher de voir dans quelle stratégie politique assez perverse - mais dont Sarkozy n'a certes pas le monopole, n'est-ce pas le PS et l'inénarrable paire Malek Boutih/Fadéla-Fatiha Amara? - s'inscrit cette nomination.

PPPS: Ne loupez pas le  [post]url:http://www.kingstoune.com/myblog/index.php?2007/05/28/167-la-haine#co  d'Ayoub (non, ce n'est pas mon alias, ni mon frère, et je ne touche hélas rien sur les mirobolantes recettes publicitaires de son blog) sur la haine.<br/>
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