 | Paroles de Nietzshe
Lundi 08 Décembre 2008
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*L’homme a besoin de ce qu’il y a de pire en lui s’il veut parvenir à ce qu’il a de meilleur.
* La maturité de l’homme, c’est d’avoir retrouvé le sérieux qu’on avait au jeu quand on était enfant.
* Aussitôt qu'on nous montre quelque chose d'ancien dans une innovation, nous sommes apaisés.
*On veut la liberté aussi longtemps qu'on n'a pas la puissance ; mais si on a la puissance, on veut la suprématie.
*Que d'hommes se pressent vers la lumière non pas pour voir mieux, mais pour mieux briller.
* En vérité, les convictions sont plus dangereuses que les mensonges.
*Sans la musique, la vie serait une erreur.
* Croyez-moi ! Le secret pour récolter la plus grande fécondité, la plus grande jouissance de l'existence, consiste à vivre dangereusement !
* La vie a besoin d'illusions, c'est-à-dire de non-vérités tenues pour des vérités.
* Les vérités sont des illusions dont on a oublié qu'elles le sont.
* Tout ce qui a son prix est de peu de valeur.
* Les explications mystiques sont considérées comme profondes ; en réalité il s’en faut de beaucoup qu’elles soient même superficielles.
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 | Abbas El Fassi: Il était une fois Annajat
Samedi 01 Novembre 2008
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Le premier anniversaire de Abbas El Fassi à la tête du gouvernement est passé apparemment sans que personne ne s’en aperçoive. En tout cas Abbas El Fassi a été le seul à fêter l’évènement en s’invitant sur la Oula pour une interview arrangée d’avance comme au bon vieux temps.
Plus que le menu, ce sont les cuisiniers qui, d’emblée, attirent l’attention. Comment le premier ministre, théoriquement le chef d’orchestre du gouvernement se faisait-t-il interviewer sur le bilan de sa politique, par un jeune présentateur néophyte flanqué d’un illustre inconnu, dans une pièce vide, apparemment un coin du bureau de Abbas lui-même, où à part les trois personnages, rien ne donnait ne serait-ce qu’un semblant d’impression d’être en présence d’un homme d’Etat ?
Un pareil évènement ne mérite-il pas d’être confié à des journalistes rompus aux affaires du pays, et préparé à l’avance avec les soins qu’ils lui sont dû, dont une large publicité, un plateau des télévision et une assistance qui sied au rang du personnage fêté ?
Et puis il y a le menu. Ce que nous apprend l’heureux fêté. Que nous dit donc notre premier ministre sur la situation de notre pays et sur nous même qui vivons ?
Des banalités, malheureusement, plus quelques mensonges. Du genre : « nous » n’avons pas de grèves, ni de manifestations de contestation ; « nous » avons augmenté le pouvoir d’achat des citoyens etc. En sommes tout va pour le mieux dans les meilleurs des mondes !
La crise financière ? Nous ne sommes pas concernés : « Il y a un journaliste qui a écrit que le Maroc est l’un des 6 pays qui n’ont pas été touché ». N’est-ce pas là ce qu’on appelle une preuve en béton ?
Et alors la récession qui frappe à nos portes? L’accroissement du chômage ? La flambée des prix ? l’affolement de l’immobilier ?
Si Abbas, en bon démagogue qu’il a toujours été, préfère ne pas en parler. N’est-il pas dit que pour éviter les problèmes, mieux vaut faire semblant de ne pas s’en apercevoir. « Gouverner c’est faire croire » disait l’autre. Si Abbas ne s’en prive pas en s’acharnant à nous faire croire, non à des valeurs, à une idée, mais à ses mensonges. Ca ne vous rappelle pas quelque chose ? Allez ! un petit effort ! L’affaire Annajat voyons, où le même Abbas, alors ministre de l’emploi, jurait ses grands dieux qu’il n’y avait pas à se faire de souci, que l’affaire était sérieuse etc. On connaît la suite.
Abdelaziz Mouride
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 | Artistes à 996dh par mois.
Samedi 02 Juin 2007
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996 Dh. Retenez ce chiffre. C’est le salaire mensuel d’un professeur à l’Ecole des Beaux-Arts au Maroc. Oui, oui, vous avez bien lu, c’est bien le revenu que les professeurs des Beaux-Arts, des artistes, perçoivent chaque mois. Et non seulement aux Beaux-Arts mais également aux Conservatoires de musique. Tout autre commentaire serait superflu. D’ailleurs, je suis tellement estomaqué que le vide s’installe dans ma tête. Que peut-on dire de plus ? Mépris de la culture et des arts de la part des pouvoirs publics ? Débilité de la politique de formation et d’éducation dans notre pays ? Négligence ? Manque de budget ? Toutes les raisons du monde ne sont pas de bonnes raisons pour qu’un professeur d'une école des Beaux–Arts soit condamné, contrairement à un professeur de math ou d’arabe, à vivre avec 996Dh par mois, soit moins que le salaire d’un éboueur ou d’un ouvrier de la commune. D’ailleurs, s’agissant de l’école des Beaux-Arts de Casablanca, c’est la commune qui en a la charge. C’est la commune qui paie les salaires des professeurs de cette prestigieuse école qui a donné, depuis sa création sous le protectorat, des centaines d’artistes de renommée mondiale. « Lors de sa visite à Casablanca, le Maire de Paris, Delanoé, nous a dit qu’on ne fait pas mieux à Paris » me confie Hafid. Hafid ? Artiste connu et reconnu en Pologne où il a fait des grandes études d’arts, aujourd’hui professeur à l’Ecole des Beaux-Arts de Casablanca. « Je suis arrivé à l’âge de la retraite et je ne bénéficie même pas d’une mutuelle ni d’une retraite. J’ai toujours le statut de vacataire ». Il n’est pas le seul, ni les profs des Beaux-Arts non plus. Les professeurs de musique, également sous tutelle de la commune, sont dans cette situation. De quoi s’arracher les cheveux. De rage. De dépit. Du peu de cas que les responsables communaux, dignes représentants des citoyens de la ville, font de la culture et des arts.
Oui ! oui, les responsables actuels ont hérité d’une situation antérieure, ils ne l’ont pas inventé. Oui ! oui, il y a un problème de budget de la ville, il y a tellement de priorités, de tords à redresser que la situation des profs d’arts paraît banale. Mais tout de même, ces gens là ont la lourde responsabilité de former les générations d’artistes de demain ; l’art, la musique, la culture en général, sont considérés dans le monde d’aujourd’hui, comme l’une des ressources de richesse des nations et un levier de développement des ressources humaines. Il y a certains groupes de musique de part le monde qui drainent des richesses en devise pour le pays plus que ne le fait l’industrie classique ou le tourisme. On dit que les Spice Girls apportaient à la Suède, leur pays, plus d’argent que la firme Opel. J’ai évoqué le tourisme, parlons-en : comment prétendre développer ce secteur sans développer la culture, les arts et la musique ? Les développer, c’est former les jeunes en mettant à contribution des professeurs émérites qui ont la passion de leur métier et qui en sont fiers. La fierté. Peut-on être fier quand on a un salaire de 996 Dh par mois ? Peut-on nourrir de la passion et l’entretenir pour un métier qui vous condamne à la misère ?
Il y a là une injustice, une flagrante injustice dont il est urgent de réparer.
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 | La recherche dans le monde arabe
Lundi 21 Mai 2007
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La recherche scientifique a-t-elle une place dans la culture arabe ? Apparemment non au regard de la faiblesse, sinon de l’absence totale de la production du savoir scientifique dans les sociétés arabes. Il suffit de rappeler que le nombre de brevets annuellement déposés atteint difficilement 500 pour l’ensemble du monde arabe alors qu’il est de 16.328 en Corée du Sud par exemple. Quand au budget alloué à la recherche il ne dépasse guère 0,2% du Pnb, dont la grande partie est engloutie par les salaires. Enfin seulement 5% des étudiants en moyenne se consacrent aux branches scientifiques contre 20% en Corée.
Si la recherche dans les domaines des sciences fondamentales et des technologies de l’information est faible, elle est quasiment inexistante dans celui des sciences humaines.
Comment expliquer cette situation ?
Il y a certainement une foule d’entraves au développement de la recherche, il est cependant une dont tout le reste en découle, et que mentionne le dernier rapport du PNUD sur le développement humain C’est « la perpétuation dans le système d’enseignement, d’un type de savoir fondé sur la répétition qui empêche la formation de véritables chercheurs ». En d’autres termes, le monde arabe ne développe pas la recherche parce qu’il croit tout savoir .
La recherche scientifique, le développement des sciences dans une société donnée n’est possible que s’il bénéficie d’un environnement intellectuel qui fait place au doute et à la possibilité de la remise en cause un critère fondamental de la connaissance. Ce n’est pas le cas dans le système d’enseignement dans le monde arabe aujourd’hui où, au poids des tabous, s’ajoute la culture des certitudes et des vérités absolues.
Le monde arabe est-il prêt à intégrer ce paramètre de la connaissance ? C’est possible, un jour. Pour ce faire il faudrait que soit évité la question par trop familière dans les débats intrarabe : « Qui nous a fait ça ? ».
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 | Les Journaux télévisés au Maroc : le talon d’Achille
Lundi 23 Avril 2007
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Abdelaziz mouride
Loin d’être incontournable comme moyen d’information, la télévision est en passe d’en devenir, s’il ne l’est pas déjà, le principal vecteur. L’image, la simplicité du discours et sa concision, font qu’elle soit accessible à la grande masse qui souvent, est analphabète ou peu portée à l’effort de la lecture d’un journal et encore moins d’un livre. C’est le cas, en tout cas dans les pays en développement dont notre pays.
Or, s’il y a une reproche à faire à nos deux chaînes, mais aussi à nos radios, ce que la critique oublie souvent, c’est qu’elles sont loin, très loin de s’acquitter de leur mission de service publique, financé essentiellement par le contribuable, en tant que média d’information particulièrement à travers les journaux télévisés. On rappelle que c’est la raison principal, le talon d’Achille évoqué par certains observateurs, qui fait que le Maroc soit classé très bas dans la liste des pays concernant le développement de la liberté d’expression , ce qui a étonné plus d’un, et à juste titre d’ailleurs, au regard de la libération de la parole publique ces dernières années, dans les journaux comme dans la rue. Pas à la télévision, et particulièrement dans les journaux télévisés cependant. C’est un paradoxe qui lui aussi étonne et doit étonner du monde.
Qu’est ce qui explique ce déphasage entre l’évolution des mentalités vers plus de pluralisme et de liberté de parole chez le citoyen et ce qu’on pourrait qualifier de résistance et de conservatisme à la télévision ?
Il y a certes le poids du passé, ou l’information à travers les ondes était pour longtemps considérée comme l’une des fonctions exclusives de l’Etat, et le signe, sinon le garant de son autorité et de son contrôle omniprésent sur la société et les individus.
Tout était de décider ce que le citoyen devait savoir ou de ne pas savoir et de la manière dont il devait le savoir à travers la télévision, mais également la radio, le cinéma entre autres médias. L’Etat se donnait le droit de censurer ou de tolérer, de tracer des lignes rouges et de sanctionner au besoin toute contravention
Le monde a changé depuis, et le Maroc aussi. Il est question aujourd’hui de libéralisation du secteur désormais conçu comme une activité économique prestataire de service comme tant d’autre secteurs et comme tel, sujet aux mêmes impératifs de compétitivité, donc de performance et d’efficacité.
C’est du moins le discours en vogue aujourd’hui auquel tout un chacun affiche son adhésion ou croit devoir le faire au nom de la modernité et de l’ouverture.
Dans les faits, nos deux chaînes de télévisions continuent de fonctionner à l’ancienne. Certes la chaîne casablancaise à ses débuts et pendant plusieurs années, même après son retour dans le giron du ministère de tutelle, avait adopté une ligne de conduite assez libérale, marqué par la liberté du ton et un pouce d’audace qui faisait contraste avec le ronronnement de son aînée de Rabat. Information de proximité, reportage sur le vif, interviews, analyses contradictoires, enquête, tout y était malgré les moyens limités. Si on ne peut affirmer qu’on était dans les normes internationaux, on était quand-même dans la grille de l’acceptable. Tout cela n’est malheureusement qu’un souvenir aujourd’hui. Les vieilles habitudes instaurées dans le passé ont fini par reprendre leurs droits : L’accent sur les activités officiels servies dans leur sécheresse de rigueur, sélectivité des informations de proximité et bien sûr le recours à l’information internationale comme alibi : Palestine, Irak, Tchéchénie et le reste.
Cependant le passé n’explique pas tout, surtout si la conscience de ses aberrations et la volonté de changer font consensus dans la société. Qu’est-ce qui bloque alors ? Comment expliquer ce jeu incessant d’un-pas-en-avant-deux-pas-en-arrière qui marque la politique en général, et l’attitude envers l’information en particulier dans notre pays ?
Voilà une bonne question que devrait méditer le monde politique et les professionnels de la télévision. Il y va de la crédibilité du discours sur l’ouverture et la démocratie. Il y va aussi de l’image du pays à l’extérieur.
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 | Pour une télévision de proximité
Lundi 23 Avril 2007
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Abdelaziz Mouride
La violence conjugale est une réalité au Maroc. Nos médias audiovisuels qui feignaient l’ignorer semble les découvrir enfin. Tous ? Non, seulement sur la chaîne casablancaise. La RTM elle, continue encore à faire de la résistance. Informer pour elle, c’est faire voyager vers les contrées les plus lointaines et les plus exotiques possible. Un accident de voiture au Bengladesh, un tremblement de terre au Buthan est plus important à connaître pour les Marocains qu’un hécatombe que se passerait sous notre nez à Casablanca. Eh oui, à quoi ça sert une information qui ne serait pas une occasion de faire du tourisme ?
Faite le compte du temps que nos deux chaînes consacre quotidiennement à l ‘information locale, ce qu’on appelle dans le jargon l’information de proximité, celle qui touche à notre vie quotidienne dans nos familles, nos villes et nos campagnes, par rapport à celui qu’ils dédient à l’international, Irak, Palestine, Europe et autres.
De quoi devenir diplomate. C’est un beau métier la diplomatie, sauf que pendant que nos télés se soucient de former des diplomates, la société marocaine, étouffée dans ces silences et ses tabous, risque de se retrouver chaque jour un petit peu à la dérive.
On a toujours en mémoire la légéreté avec laquelle elles ont traité le tremblement de terre d’El Hoceime avant qu’elles ne se ressaisissent sous la pression de l’opinion et de l’ampleur de la tragédie.
La violence conjugale est une réalité quotidienne donc chez- nous aujourd’hui. Avant ce n’était pas une information digne des grandes chaînes telles que les nôtres, du « misérabilisme » qui fait des chaudes gorges dans une « certaine » presse, celle du caniveau peut-être.
Pendant ce temps des femmes, des enfants, des familles entières vivent des tragédies sans fin, dans le silence et l’indifférence outrageants. On a pu mettre le doigt sur l’ampleur du drame d’après le reportage de 2M. Voici une femme dont le mari a décidé de séquestrer durant douze ans dans des conditions bestiales, au vu et au su des voisins. Ce qui est plus surprenant encore c’est que ces dit-voisins ne semblent avoir pris conscience du l’abomination de l’acte qu’une fois que la télévision s’y est intéressé. Comme quoi, un fait non porté par la parole finit par être enveloppé dans la banalité du quotidien. Comme quoi surtout, sa médiatisation par la télévision en fait un événement d’une importance inouie.
N’est-ce pas là, l’une des missions de l’information ?
Sensibiliser, éduquer, susciter la curiosité, aider à l’émergence de l’esprit civique.
Faire connaître au téléspectateur ce qui se passe dans le monde c’est bien. L’informer sur ce qui se passe chez-lui, dans son quartier, dans sa ville ou dans son douar est encore mieux.
Il est à espérer que la petite hirondelle qui a survolé 2M sera l’annonciatrice d’un printemps de nos journaux télévisés dans les deux chaînes. C’est de cette façon qu’on viendra à bout de nos problèmes, sommes toute commun à toutes les sociétés et dont on n’a pas à en rougir donc.
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 | L'islam instrumentalisé
Mardi 20 Mars 2007
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Chronique
L’Islam instrumentalisé
Abdelaziz Mouride
Je crois que c’est Montaigne qui écrivait: "La pensée a sa logique propre, elle peut transformer l'enfer en paradis et le paradis en enfer". J'ai eu cette phrase à l'esprit alors que je lisais un texte terrible de Voltaire sur la proscription des minorités religieuses et les guerres religieuses, à travers l’histoire. Un texte qui tombait à point nommé alors que le monde entier, horrifié par la multiplication des actes de violences terroristes qui font le gros de l’actualité depuis quelques années, se demandait si au nom de Dieu, les hommes pouvaient se transformer soudain en instrument de destruction massif de la vie, la leur comme celle de milliers d'autres. Car au delà de l'indignation que tout un chacun peut ressentir, au-delà du sentiment d'horreur ,l'esprit humain a besoin de donner du sens à ces actes de barbarie primaire.
"Il y a au moins de la piété dans ces meurtres" ironisait Voltaire en parlant de la proscription des juifs par les croisés.
Oui, tuer au nom de dieu n'est tout de même pas tuer pour le diable ou pour rien. C'est ce dont voulait me convaincre, trois siècles après voltaire, à l'occasion des attentats de New York, un jeune homme qui, lui, n'avait pas l'air d'ironiser. Pour ce jeune islamiste, pieux et au demeurant bardé de diplôme d'informatique, comme pour beaucoup d'autres comme lui à travers le monde musulman, le forfait du kamikaze d’Irak, de Madrid, de Londres ou de Casablanca, est un acte de martyr et de jihad contre l'infidèle, qui lui ouvrirait toutes grandes les portes du paradis.
Je suis frappé par la floraison, depuis quelques années d'une telle perception de la religiosité et de la piété dans le monde musulman et en particulier dans les pays du Maghreb où durant des siècles, la doctrine dominante, en l'occurrence sunnite, d'obédience malikite, est emprunte d'un pragmatisme prononcé et serein, qui fait peu de place à la ferveur excessive porteuse de toutes les perversions.
C'est dans ce contexte que la phrase de Montaigne à propos de l'autonomie de la pensée est pertinente. On peut tout autant dire de la pensée religieuse, en l'occurrence de la pensée islamiste dans un monde musulman perpétré dans un enchevêtrement de crises dont il n'arrive pas à trouver le sens.
L'islam aujourd'hui, comme le christianisme ou le judaïsme jadis, a mal à ses musulmans. Le sous développement, le despotisme, la marginalité dont il s'est confiné par rapport au reste du monde sur le plan de la production du savoir, en plus de l'accumulation des frustrations à travers le temps, ont favorisé le retour en force d'une conception guerrière de l’Islam ; un Islam instrumentalisé, frappé du sceau de l'intolérance et de l'exclusif.
Il est à craindre qu'il faille du temps, beaucoup de temps, pour que l'on puisse dire avec Voltaire, s’agissant du monde musulman: "la société, la politesse, la raison inspirent des mœurs douces" . Nous sommes encore malheureusement dans la logique cité par le même Voltaire, où "la philosophie ne pénètre pas toujours chez les grands qui ordonnent, et encore moins chez les hordes des petit, qui exécutent."
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 | pyromanie
Samedi 17 Mars 2007
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Pyromanie
Abdelaziz Mouride
« Je dispose de cent dhs par semaine pour faire face aux besoins de ma famille, c’est tout le salaire hebdomadaire de Bouchaïb, mon mari ». La femme qui parle est l’une des habitantes de Sidi Moumen dont les caméras de télévision ne découvre qu’occasionnellement, à la lumière d’événements tragiques. Cette fois, on s’en doute, c’était l’anniversaire de l’attentat du 16 mai et son cortège de malheurs. Il ne s’agissait pas toutefois de s’attarder sur le drame en lui-même, mais d’en analyser le contexte comme prélude au débat sur l’Initiative nationale de développement humain, sa philosophie, ses objectifs et sa population cible. Autour de l’animateur, il y avait le ministre Harrouchi, un représentant de l’Intérieur et deux membres de la société civile.
La femme de Bouchaib n’était pas la seule à se plaindre de la faiblesse de son revenu, mais elle avait la particularité d’avoir un mari qui a un travail dans une entreprise, et donc censé avoir un salaire, suffisant ou pas, mais au moins qui permettrait à la famille de subvenir aux besoins les plus urgents.
Non, Bouchaïb touche cent dhs par semaine, ce qui lui fait quelque quatre cents dhs par mois.
Précisons que ce monsieur travaille dans une entreprise privée en qualité de gardien. D’après ses dires il travaille onze heures par jour tout au long de la semaine.
Ce qui nous amène à la question qui, malheureusement n’a pas été évoquée lors du débat. Comment se fait-il que ce salarié n’a que quatre cents Dhs par mois alors que la loi lui garantit un salaire minimum trois fois et demi supérieur, et par conséquent, tout employeur devrait normalement s’y astreindre sous peine de sanctions ?
Notre homme n’est pas le seul dans cette situation. Dans le même reportage, un autre ouvrier du bâtiment au chômage a fait cette réflexion que tout un chacun se devrait de méditer : « Avec ou sans travail, ma vie est la même » c’est-à-dire misérable. Ce monsieur était conducteur de grue pour le compte d’une société de bâtiment avant d’être licencié. Et voilà qu’il ne regrette même pas d’être sans travail, n’ayant pas vu la différence.
Sommes-nous-là devant des cas particuliers d’injustice ? Malheureusement non. Nous ne disposons pas de statistique fiable sur la question, mais il est indéniable que le cas est loin d’être une exception dans le monde du travail.
C’est le cas des entreprises de bâtiments notamment dont le lieu de recrutement par excellence est notamment le monde rural, celui-là même dont tout le monde déplore la précarité sinon la misère ; celui-là même pour le développement duquel il y a une volonté certaine des pouvoir publics.
Et voilà que certains employeurs, et pas seulement dans le secteur du bâtiment, loin s’en faut, qui ne semblent pas donner l’impression d’être concernés par le sujet.
« Le développement humain est l’affaire de tous » entend-on dire ici et là. C’est parfait, quoique les généralités soient toujours sources de confusion. C’est le cas pour certains employeurs, dont des secteurs publics également telles les communes, qui ne semblent pas donner l’impression d’être concernés par ce qui se passe autour d’eux.
Nous avons tous été témoins, la mort dans l’âme, à travers le reportage, des conditions de vie de ces familles dont certaines vivent dans des abris en plastique et en carton, avec des enfants en bas âge.
Ce n’est que justice que l’Etat enfin se décide aujourd’hui, à combattre la pauvreté et à donner les moyens à de larges couches de la population pour retrouver un peu de leur dignité.
La volonté politique est là, les projets, les moyens financiers aussi. Il semble même que l’on est décidé à mettre les bouchées doubles comme pour rattraper le temps perdu. Résorption de l’habitat insalubre, désenclavement du monde rural, électrification, eau potable pour les régions éloignées, c’est une réalité indéniable qui cependant, fait contraste avec la pratique de dumping social auquel se livrent une partie des employeurs ? En d’autres termes, comment notre Bouchaïb pourrait-il un jour se considérer comme moins pauvre, à supposer même que l’Etat lui offre une vraie maison, alors que son employeur s’entête à faire semblant de le payer ? Comment va-t-il faire face aux factures d’eau et d’électricité qui arrivent chaque mois, sans oublier les frais au quotidien, avec un salaire de quatre cent dhs. Comment espérer le convaincre de mettre ses trois enfants à l’école au lieu de les utiliser pour se bricoler une existence?
La réussite du développement humain est le devoir de tous, mais il est le devoir de certains plus que d’autres, à commencer d’abord par ces entreprises qui, outre qu’ils s’adonnent, en violation de la loi, à toute une gymnastique pour payer le moins d’impôt possible, privant de la sorte l’Etat des moyens de sa politique, et livrant une concurrence déloyale aux entreprises citoyennes, ne s’embarrassent pas le moins du monde à générer délibérément autour d’eux les conditions de la misère. C’est là un comportement de pyromane contre laquelle il est grand temps de dresser la loi. C’est l’une des conditions pour faire aboutir le développement du pays.
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 | A propos des caricatures sur Mohamed
Jeudi 02 Février 2006
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Billet
Vanité
Abdelaziz Mouride
« Si tu n’as pas honte fais ce que tu veux » disait un hadith du prophète Mohamed. C’est ce qu’Il aurait certainement dit s’Il avait pu voir les caricatures blasphématoires commises à Son adresse et dont le monde entier parle aujourd’hui. C’est la sagesse même. Comment répondre à l’action d’un voyou autrement que par l’indiference et le silence ? Ce n’est malheureusement pas la ligne de conduite que les Musulmans ont adopté dans cette affaire, ni dans celle plus ancienne et qui concernait le livre de Salmane Rochdi, « Les versets sataniques ». Il aurait dû pourtant, sinon en application de la sagesse du prophète, du moins au regard des effets produits lors du premier branle-bas de combat contre Rochdi. Que c’etait-il passé dans le cas de Rochdi ? D’écrivaillon inconnu et plutôt insipide, M. Rochdi est devenu du jour au lendemain un auteur incontournable, que les plateaux de télévisions s’arrachent et surtout dont les livres, et notamment le livre incriminé, se vendent comme des petits pains et en plusieurs langues.
C’est ce qui est en train de se refaire avec les caricaturistes danois et le journal indélicat qui les a publiés. De gribouillards inconnus ailleurs que dans leurs pays, et encore, nous sommes en train d’en faire des célébrités en les couvrant de gloire pour service rendu contre «l’intolérance », « notre intolérance ». Plus, Leurs caricatures, qui n’auraient pas été connus en dehors du cercle des lecteurs danois, sont en train de faire une carrière internationale durable.
On comprend bien que les musulmans du Danemark montent au créneau pour dénoncer la provocation contre leur croyance en tant que citoyens vivant dans une société multiethnique, multiconfessionnelle où chaque communauté se doit de respecter la façon de vivre des autres pour être elle-même respectée. On aurait compris leur colère, bien que la meilleure réaction serait peut-être de traîner les indélicats en justice.
On comprend moins les réactions du reste du monde musulman qui réclame au gouvernement danois d’interdire le journal et de punir les coupables comme si le dit gouvernement avait une quelconque autorité sur la presse.
Et puis franchement, Les prophètes qui jouissent d’un statut transcendantal qui les met hors d’atteinte de la souillure humaine, ont-ils vraiment besoin que l’on prend leur défense, qu’on leur donne un coup de main pour en venir à bout des contradicteurs ?
Vanité que tout ça. Alors « faite ce que vous voulez »
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