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Abdelaziz Mouride
Le Maroc est-il en campagne électorale communale en ce mois de juin ? J’aurais juré que non si ce n’est ces maigres spots publicitaires à la télévision vantant à qui mieux mieux les mérites des compétiteurs et appelant au vote le 15 courant.
A part ces spots qui ont tout de la réclame pour savonnette, mais en pire, rien. Le vide qui le dispute au néant.
Et moi qui croyais que les campagnes électorales en démocratie, étaient des moments forts, des rendez-vous cruciaux entre nouveaux candidats, édiles sortants et citoyens électeurs pour un débat contradictoire sur le bilan de l’équipe sortante afin de donner aux électeurs la possibilité de choisir les bonnes personnes pour présider aux destins de leurs villes et de leurs campagnes.
Et moi qui croyais que les campagnes électorales étaient des occasions pour engager une réflexion collective sur les défis du présent et les projections de l’avenir de nos espaces communales.
Décidemment je me trompais. A preuve, ce que je vois et ce que j’entend à la télé et à la radio ; ce que je lis dans les journaux. Ou plutôt ce que je ne vois pas, ce que je n’entends pas et ce que je ne lis pas.
Je n’ai vu nulle part par exemple, le sieur Sajid, pour ne citer que lui, qui préside au destin de Casablanca, la plus grande métropole du pays, venir nous expliquer pourquoi la ville est aussi sale que par le passé ; la crise du transport urbain est toujours entière malgré l’entrée en lice du nouvel acteur français. Pourquoi l’insécurité règne dans nos rues, pourquoi les espaces verts sont rares, le parc de la ligue arabe délabré, des écoles publiques abandonnées et soumises aux enchères? Pour engager un débat sur le projet de la ville (s'il en posséde un) où il veut nous faire vivre dans 20 ans.
La citation de Sajid vaut pour tous les autres, sans exception.
Je me trompais donc et comment ! Ne nous sommes pas à l’ère de la communication où il est question de séduire au lieu de convaincre ; donner à croire au lieu d’informer. Et pour ce faire, il suffirait de quelques images d'epinal et une bonne formule. Comme pour les savonnettes. Du genre : « Votez pour moi, je suis plus honnête que mon rival » ! Très convaincant n’est-ce pas ? L’ennui est que tout un chacun répète la même niaiserie, tout le monde la ressasse depuis toujours au point que personne n’y croit, même pas ses auteurs.
Avec ça on nous parle de démocratie locale, alors que le procédé est celui révolu des régimes les plus totalitaires : ne jamais informer, séduire pour fidéliser, dissuader toute velléité d’intelligence critique.
En fait ces pratiques viennent de loin ; du temps de Hassan II où la démocratie, les élections et tout le tralala n’était pas plus que de la poudre aux yeux, un discours destiné à la consommation à l'international.
Aujourd’hui, les choses ont un peu changé, mais les procédés sont exactement les mêmes que dans le passé.
Dites-moi ? Combien de magazines d’information sur les problèmes du pays ; combien de programmes de débats contradictoires nos télés insérent-elles dans leurs grilles hebdomadaires, au regard de ce qui est réservé aux feuilletons et au foot ?
Dites-moi encore: Est-il arrivé ne serait qu'une fois durant toutes ces années, que le Président de votre commune vient en visite à votre quartier, s'inquiéter des problèmes des habitants? Vous est-il jamais arrivé de le voir même? Je ne sais pas pour vous, mais moi, jamais.
Faut-il s’étonne alors que le gros des électeurs se détourne des urnes ?
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