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BlogMouride

Dans la vie il faut avoir deux idées, l'une pour tuer l'autre (Amartya Sen, philosophe indien)

Dictionnaire en ligneVoyage dans le Maroc ancien : cartes postales, photos, gravures, affiches, monnaies et documents d'époque. MarocAntics, le site des arts traditionnels du Maroc. Egypte
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Au fil des jours 
Je n'irai pas voter demain  Jeudi 11 Juin 2009
Abdelaziz Mouride
Plus que quelques heures pour qu’enfin le grand jour arrive. Le grand jour ? Quel grand jour ? Le jour du scrutin pour les communales, voyons ! Ah, oui, la campagne électorale ! Le vote ! Excusez-moi, ça m’est complètement sorti de la tête, tout ça. Remarquez, la façon dont la campagne s’est déroulé, n’est pas vraiment pour la graver dans les mémoires. Ou alors si : comme étant la pire manière de convaincre les gens d’aller voter.
« A chaque fois que je vois sur l’écran de télé la tronche de l’un des individus qui viennent quémander nos voix, soit je zape, soit j’en profite pour aller pisser », me confie mon voisin de palier que je croise parfois dans l’ascenseur.
C’est un peu méchant, je ne dis pas mais franchement ! Tenez par exemple, moi, j’ai décidé cette fois d’ « accomplir mon devoir de citoyen » comme on dit, en allant voter. C’est la première fois de ma vie que je vais peut-être le faire et à l’âge de 60 ans ! Ce n’est pas que je ne voulais pas les fois précédentes, mais la manipulation du scrutin était tellement cousue de fil blanc que ça ne valait pas le déplacment. Cette fois , peut-être les choses ont un peu changé, enfin je pense. Et comme je n’ai pas de candidat favori, ou de préjugé vis-à-àvis des 30 partis en lice, j’avais décidé dès l’ouverture de la campagne, de suivre scrupuleusement comme un bon élève, l’intervention à la télé de chacun des candidats, question de me faire une idée sur leur discours et de jeter ma dévolue sur celui qui me paraîtrait le plus convaincant, et à l’occasion de comprendre les problèmes de nos communes en suivant les débats sur le sujet.
Aujourd’hui à quelques heures du vote, je dois l’avouer, je ne suis pas plus avancé qu’au point de départ ; je suis désemparé, je ne sais toujours pas où je vais donner du bulletin. Je n’en sais pas plus non plus sur ce qui a été fait ou ne pas été fait durant l’exercice précédent dans ma propre commune. Je n’ai pas vu en l’occurrence, Si Sajid notre maire, venir nous explique le pourquoi du comment des problèmes de notre ville. Mieux, je ne connais toujours même pas l’identité des responsables sortants de mon propre arrondissement.
Ce que par contre j’ai vu et revu durant tous ces quinze jours, ce sont d’illustres inconnus qui viennent répéter les mêmes niaiseries dans une langue châtiée et tribuchante, qu’ils sont d’honnêtes citoyens compétents qui méritent notre confiance plus que leurs concurrents.
D’où mon désarroi : 15 jours de campagne pour entendre la même litanie, les mêmes mots : honnêteté et compétence. Et je ne sais comment m’est venu à l’esprit cette phrase d’un certain Philippe Bouvard qui disait :
« L'honnêteté est la seule méthode qui permette d'escroquer plusieurs fois la même personne. »
Je ne sais pas si ces gens qui viennent aujourd’hui clamer leur rectitude morale sans y être invités ont été ou sont des escrocs, je sais seulement que la transparence, n’a pas été pour leurs prédécesseurs depuis 1975, le premier des mérites, ce qui nous met, nous les pauvres citoyens sinon en droit de les montrer du doigt, du moins de nous résoudre à cette sagesse : « Evitez ceux qui parlent de leur honnêteté ; ils vous roulent. Traitez avec celui qui se vante d'avoir roulé autrui ; c'est qu'il n'en a pas l'habitude. »
Me déplacerai-je demain au bureau de vote ? Je ne pense pas non. Faute de bon candidats.
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Au fil des jours 
Campagne électorale? quelle campagne électorale?  Samedi 06 Juin 2009
Abdelaziz Mouride
Le Maroc est-il en campagne électorale communale en ce mois de juin ? J’aurais juré que non si ce n’est ces maigres spots publicitaires à la télévision vantant à qui mieux mieux les mérites des compétiteurs et appelant au vote le 15 courant.
A part ces spots qui ont tout de la réclame pour savonnette, mais en pire, rien. Le vide qui le dispute au néant.
Et moi qui croyais que les campagnes électorales en démocratie, étaient des moments forts, des rendez-vous cruciaux entre nouveaux candidats, édiles sortants et citoyens électeurs pour un débat contradictoire sur le bilan de l’équipe sortante afin de donner aux électeurs la possibilité de choisir les bonnes personnes pour présider aux destins de leurs villes et de leurs campagnes.
Et moi qui croyais que les campagnes électorales étaient des occasions pour engager une réflexion collective sur les défis du présent et les projections de l’avenir de nos espaces communales.
Décidemment je me trompais. A preuve, ce que je vois et ce que j’entend à la télé et à la radio ; ce que je lis dans les journaux. Ou plutôt ce que je ne vois pas, ce que je n’entends pas et ce que je ne lis pas.
Je n’ai vu nulle part par exemple, le sieur Sajid, pour ne citer que lui, qui préside au destin de Casablanca, la plus grande métropole du pays, venir nous expliquer pourquoi la ville est aussi sale que par le passé ; la crise du transport urbain est toujours entière malgré l’entrée en lice du nouvel acteur français. Pourquoi l’insécurité règne dans nos rues, pourquoi les espaces verts sont rares, le parc de la ligue arabe délabré, des écoles publiques abandonnées et soumises aux enchères? Pour engager un débat sur le projet de la ville (s'il en posséde un) où il veut nous faire vivre dans 20 ans.
La citation de Sajid vaut pour tous les autres, sans exception.
Je me trompais donc et comment ! Ne nous sommes pas à l’ère de la communication où il est question de séduire au lieu de convaincre ; donner à croire au lieu d’informer. Et pour ce faire, il suffirait de quelques images d'epinal et une bonne formule. Comme pour les savonnettes. Du genre : « Votez pour moi, je suis plus honnête que mon rival » ! Très convaincant n’est-ce pas ? L’ennui est que tout un chacun répète la même niaiserie, tout le monde la ressasse depuis toujours au point que personne n’y croit, même pas ses auteurs.
Avec ça on nous parle de démocratie locale, alors que le procédé est celui révolu des régimes les plus totalitaires : ne jamais informer, séduire pour fidéliser, dissuader toute velléité d’intelligence critique.
En fait ces pratiques viennent de loin ; du temps de Hassan II où la démocratie, les élections et tout le tralala n’était pas plus que de la poudre aux yeux, un discours destiné à la consommation à l'international.
Aujourd’hui, les choses ont un peu changé, mais les procédés sont exactement les mêmes que dans le passé.
Dites-moi ? Combien de magazines d’information sur les problèmes du pays ; combien de programmes de débats contradictoires nos télés insérent-elles dans leurs grilles hebdomadaires, au regard de ce qui est réservé aux feuilletons et au foot ?
Dites-moi encore: Est-il arrivé ne serait qu'une fois durant toutes ces années, que le Président de votre commune vient en visite à votre quartier, s'inquiéter des problèmes des habitants? Vous est-il jamais arrivé de le voir même? Je ne sais pas pour vous, mais moi, jamais.
Faut-il s’étonne alors que le gros des électeurs se détourne des urnes ?

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Au fil des jours 
Evene  Mardi 24 Mars 2009
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Au fil des jours 
La conjuration des infâmes  Mercredi 11 Février 2009
Frans Francken II - La mort invite le vieillard à une dernière danse -
C’est le monde à l’envers !
Des gradés de la Marine royale et des gendarmes faisant dans le trafic international des stupéfiants ; des élus locaux épaulés par des cheikhs et des m’qaddams, s’adonnant – et se donnant à cœur joie- dans le trafic en tout genre, entre autre le trafic d’influence, le plus prisé dans la « politico sphère » chez-nous. Des politiciens en barbe et kamis de rigueur, faisant l’apologie du mis en cause de Meknes, en l’occurrence son maire le sieur Belkoura, sous prétexte qu’il n’est pas le seul à avoir profiter de son pouvoir pour mettre à sac la ville de Moulay Ismaël. « Pour quoi le maire PJD ? Il n’est pas le premier, il y en avait d’autres avant lui qui ont été soupçonnés de malversations, mais qui n’ont jamais été inquiétés ! », s’écrie le très colérique Daoudi, un cacique du parti de dieu et son démagogue en chef, que dieu a cette fois décidé, du haut de sa transcendance, de s’en laver les mains. En somme pour notre Ayatollah maison: puisque tout le monde a les mains sales pourquoi s'en prendre uniquement à Belkoura.
Je viens de le dire, c’est le monde à l’envers ! Comment ne le serait-il pas quand le gendarme se fait courir après au lieu de s’occuper à courir après les autres ? Quand au lieu de veillez à la sécurité des biens du citoyen, élus et autorités locales mettent leurs efforts en commun pour dévaliser les biens du dit citoyen ?
Comment le monde serait-il à l’endroit quand le mal, au lieu d’être à la rubrique de l’insolite et du « cas isolé » prend des allures de phénomène, de fléau national, et de ruée des tatares avides de rapines; d’une révolution des voleurs et des escrocs contre le reste de la société ?
Le plus triste dans cette histoire, c’est la posture pour le moins misérable dans laquelle les islamistes du Pjd se sont retrouvés à l’occasion. Voilà un parti qui ne jure que par l’ordre et la rectitude morale, mais qui, une fois se retrouvant englué dans le sable mouvant de la morale, s’en presse de la fouler au pied en se faisant l’avocat du diable.
Tout ça est bien triste en effet, mais il faut se le dire : notre pays n’a pas encore fini de s'acquitter de la lourde facture de prêt de 40 ans de pouvoir d’un Etat de non droit. Une jungle dans la ville où l’impunité était érigée en devise ; la fraude, la corruption, le mensonge, le trafic d’influence en système politique ; l’arrivisme, le culte de la richesse facile, la vacuité morale et culturelle en système de valeurs.
En effet, nous n’en finissons pas encore aujourd’hui de nous en remettre de notre mal, de ce mal où nous nous sommes trop longtemps installés et dont nous nous en sommes accommodés, voire y sommes nous complait comme d’un péché mignon inhérent à notre prétendue authenticité et à notre pittoresque .
Nous en sommes là aujourd’hui, assis entre deux chaises, dans l’inconfort du transitoire et de l’incertain.
Allons-nous nous décidés à couper le cordon ombilical qui nous relie encore à ce passé obscur ou serons nous tentés par l’acharnement à construire un nouveau monde avec les oripeaux du vieux ?
L’enjeu, tout l'enjeu pour notre pays est là : réhabiliter le droit et le système des valeurs ou faire les frais d'une révolution des infâmes.

Abdelaziz Mouride
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Au fil des jours 
De Ponzi à Madoff  Mardi 10 Février 2009
50 milliards de dollars dans un trou noir.
Les américains semble-t-il, n’ont pas de mots assez forts ces derniers jours, pour qualifier l’arnaque du siècle qui porte désormais un nom : Madoff. A l’occasion, tous les mots du vocabulaire anglais qui signifient arnaque ont été sortis comme on sort la grande argenterie à l’occasion des grandes fêtes.
J’en ai relevé exactement huit dans un seul article du Washington Post d’hier, qui ont tous le même sens.
« Con » pour commencer. Ne nous emballons pas ! « Con » dans la langue de shakespeare, n’a rien à voir avec son homonyme dans la langue de Molière. Je dirais même qu’il a une signification tout à fait contraire puisqu’un un « con man » ou « con artist », un escroc donc, est supposé être plutôt intelligent contrairement au c … français, que le bon usage interdit de prononcer et dont on affuble des gens qu’on prend pour idiot, imbécile, mais qui indique vulgairement la partie intime de la femme que l’on devine.
J’ai relevé également le mot « sheme », qui veut également dire arnaque mais également complot, manigance, projet louche. Le mot est collé à Ponzi un personnage qui a défrayé la chronique lors de la crise de 1929 en se rendant coupable de fraude à la bourse qui entraîna la ruine de milliers d’investisseurs. On dit alors « Ponzi sheme » dans le sens de grande arnaque. Et voilà que Madoff, en dilapidant 50 milliards de dollars, vient de détrôner Ponzi en le surpassant en gigantisme. Ponzi peut aujourd’hui aller se rhabiller car désormais, au lieu de « Ponzi sheme », la presse écrit « Madoff scheme »; Madoff dont l’action est qualifiée également de « rip-off » ou de « scam », ou encore de « swindle » ou carrément de « robbery », quand ce n’est pas de « trick » ou de « cheat » qui veulent tous dire escroquerie, arnaque, vol, ruse, triche.
Je vous l’ai dit les américains ont sorti toute leur artillerie lexicale pour dire leur étonnement, leur indignation aussi face à ce que l’article du Washington Post qualifie de « Swindle of the century », et dont les Américains, on s’en doute, s’en passeraient en ce moment.
En Fait l’acte ignominieux, celui de Madoff est tout ça à la fois : une arnaque de la part d’un escroc qui a ruiné des gens un peu partout dans le monde en trichant et en usant de ruses. Il faut le faire. Ce n’est pas pour rien qu’on dit que les Américains voit grand, font dans le gigantisme, même dans l’escroquerie.
Abdelaziz Mouride
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Au fil des jours 
Tous citoyens de Gaza…  Lundi 05 Janvier 2009
Mounir FERRAM
J’avais lu cette expression de Montaigne qui disait qu’en l’homme gisait l’humanité entière . De par mon arabité et ma confession musulmane, je m’étais soudainement rendu complice et frère de Montaigne. Lui, l’homme d’horizon différent. Son génie humain m’a permis de me sentir si proche de lui, au-delà de toutes formes de différences, nombreuses d’ailleurs : confessionnelle, culturelle, territoriale…
Il y a en qui l’Humanité grandit au point d’effacer toute dissemblance! Rien, plus rien ne compte que l’humain dépossédé de ce que les civilisations puissent inculquer comme différences… Il est d’abord, et sa vie compte par-dessus tout. Cet enseignement aurait pu être plus courant de nos jours par la force, simple, des choses…
Aujourd’hui, un seuil est franchi ! Encore une fois ! Une offensive terrestre pour tuer plus, pour faire de la grandeur sophistiquée, de la puissance un prétexte facile et grossier à tuer ! La bande de Gaza connaît un meurtre organisé depuis longtemps ! Des femmes, des enfants, des vieux meurent pour s’y être tout simplement trouvés au hasard de leur existence !
Il est vrai que des extrémistes lancent des roquettes qui menacent des civils et parfois atteignent à leurs jours! A regret ! Je l’avoue, toute vie est digne et les motivations parfois ignorent les victimes concernées. Elles sont issues d'une Histoire complexe qui parfois dépasse notre compréhension contemporaine et banalement instantanée.
Tout de même plus de 400 morts et une offensive terrestre, comme si l’horreur enseignait la sagesse ! Comme si la mort n’avait injustement sévi dans ces territoires occupés, martyrisés et ne pouvant plus interpeller notre conscience! La rendre amère !
La grandeur serait de répandre la paix , d’en être le précurseur. Surtout d’un Etat dont le peuple a connu, de par le passé, les plus horribles exactions. Même fort dans son armement et dans ses technologies, Israël ne devait aucunement s’éloigner de son itinéraire de pays de la réconciliation !
L’enseignement de la paix est le fort des justes quand on veut rester durablement brave, quand on veut amener l’Histoire sur les chemins de la paix et de la justice. Israël est en train de faire grandir une haine justifiée, de retourner contre elle des années de frustrations de peuples errants, sans identité, sans dignité et sans espoir ! La mort ou la vie se respirent pour eux dans le même air… Ils deviennent prêts à tout!
Quand nous sommes animés d’un moindre souffle d’humanité, nous ne pouvons nous installer dans le confort dérisoire de l’insensibilité! Nous sommes tous citoyens de Gaza et nous devons nous mobiliser pour que y cesse la barbarie meurtrière.
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Au fil des jours 
Réforme de l’enseignement : Une décennie pour rien  Mercredi 17 Décembre 2008
Encore un congrès sur la qualité de l’enseignement, le nième dans la longue liste des forums dédiés à l’amélioration de la formation dans notre pays. Cette fois il est international et il met ensemble des experts de 24 pays qui vont se pencher sur les différentes expériences du « management de la qualité de l’enseignement ».
On le sait, nous Marocains, nous aimons les mots « dernier cri », des mots « tendance » dirait un couturier. Et nous aimons encore plus les promener dans nos pérégrinations publiques en nous en gargarisant à souhait, question de briller en société. « Que d'hommes se pressent vers la lumière non pas pour voir mieux, mais pour mieux briller » disait Nietzsche. En vrac, des mots comme restructuration, management, ressources humaines, et autre transparence ont coulé et coulent encore des jours heureux sur les plateaux de télés, les ondes des radios comme dans les différents forums indifféremment des intitulés dont on les affuble : Congrès, séminaire, symposium etc..
Nous aimons les mots, pas leur signification et surtout pas la concrétisation de leur contenu. Comme dirait un linguiste, nous aimons le signifiant, pas le signifié.
Il y a un dicton arabe qui dit : " Que de choses nous avons accompli en les abandonnant". Dans notre cas, on devrait dire : "Que de choses nous avons accompli en en parlant". Oui, à force de nous gargariser de mots on finit par nous en contenter.
Je ne sais pas pour les autres secteurs, je ne veux pas polémiquer sur les changements réalisés dans tel ou tel domaine, il y en a sans doute beaucoup ici et là, mais certainement pas dans le secteur de l’éducation national et particulièrement dans l’école publique, malgré dix années de tapage et de gesticulations aussi inutiles que coûteuses.
Rappelons-nous la promenade autour du monde au frais de l’Etat, des membres de la Commission spéciale éducation-formation institué en 1999 justement pour initier des réformes du secteur unanimement considéré comme sinistré. Dix ans plus tard, la même unanimité se fait pour dénoncer l’échec cuisant de la réforme.
Pire. Je crois même que certaines mesures de la réforme, que l’on a qualifiées en son temps d’« avancées» s’avèrent aujourd’hui comme l’une des grandes erreurs commises en ces dix dernières années. Il y en a beaucoup mais on se contentera d’une seule, la plus vantée par l’ancien ministre Habib Malki. Il s’agit de la généralisation de l’enseignement à tous les enfants en âge d’aller à l’école. Comment ne pas être fier en effet d’apprendre que 91% de nos enfants sont scolarisés aujourd’hui ? Oui, si ce n’est ce hic. Ne parlons pas de l’abandon scolaire massif dont tout le monde reconnaît, et qui remet nombre d’enfants scolarisés à la rue, mais de ce qu’est advenue aujourd’hui l’école publique, et particulièrement dans le secondaire, dans un contexte de surcharge des classes; ce que sont devenues les conditions de travail des enseignants ; les conditions d’apprentissage des apprenants et bien sûrs les impacts de telles conditions sur la qualité de l’enseignement.
Il faut se rendre à l’évidence : la qualité de l’enseignement public, en particulier dans les différents niveaux du secondaire, n’a pas avancé d’un iota. On peut même prendre le risque d’affirmer qu’elle a empiré.
Tous les profs aujourd’hui vous le diront : les élèves aujourd’hui ne manifestent aucun intérêt pour les études, ils sont là en attendant de trouver à faire ailleurs.
« J’ai quatre niveaux avec 46 élèves par classes. Dans les 46 élèves, vous avez une dizaine qui sont intéressés et qui font des efforts, le reste de l’effectif, non seulement ne s’intéresse à rien, mais s’active à empêcher les autres de travailler », confie un professeur non sans dépit. « On a ouvert les portes des lycées à tout venant, même aux cas les plus désespérés, parfois même à des jeunes délinquants, au prix d’une surcharge des classes. Résultat : au lieu de ranimer le feu de la curiosité pour l’étude chez ceux-là, on l’a éteint chez ceux et celles qui en possédaient».
On imagine la distance qui sépare la réalité sur le terrain des salons feutrés où les effets de manche, l’envol des nouveautés en matière lexical, donnent l’illusion exquise de l’accomplissement. De l’œuvre grandiose.
Notre école publique, à tous les niveaux, a moins besoin de spéculations entre magistères ne connaissant des choses que leur manifestation statistique, que de connaissances basées sur le contact avec les hommes et les choses sur le terrain.
Un projet de réforme aussi élaboré soit-il ne peut conquérir une quelconque validité sur le terrain sans qu’il conquiert l’adhésion du personnel sur le terrain, c’est-à-dire les enseignants, et les cadres dirigeants des établissements.
Ce n’est pas ce qui s’est passé durant ces dix dernières années. Elaboré de manière bureaucratique, on a cru pouvoir réussir la réforme à coup de notes de service et de mémorandums. On connaît la suite.
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Au fil des jours 
Obama en Marocain  Lundi 17 Novembre 2008
Obana habillé en Marocain. La photo illustre un article de politique fiction sur un site américain -http://www.theonion.com où il est question d'un Obama escroc qui, au lendemain de son élection a fui l'Amérique avec sa femme, sur son jet privé emportant avec lui l'argent de sa campagne présidentiel. Il laisse cependant une lettre où il explique son forfait déjà réalisé dans d'autres pays dont le Maroc, le Bengla-desh, la Belgique et ailleurs. La lettre dit entre autre:

"If you are reading this, then I have already left your silly country in my private jet, and am right now sipping fine champagne with my lovely associate, a woman you have come to know as 'Michelle."
( traduction: Lorsque vous aurez lu ceci, j'aurai déjà quitté votre foutu pays sur mon jet privé, et je serai juste en train de sabler le champagne avec ma tendre associée, une femme que vous veniez à peine de connaitre sous le nom de Michelle)
C'est une blague, bien sûr, mais de mauvais goût tout de même, car on peut se demander si l'auteur aurait dit la même chose si c'était Mc Kane ou un autre candidat blanc d'origine irlandaise était passé.
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Au fil des jours 
De quelques aspects de la sclérose au Maroc  Mardi 11 Novembre 2008
Les socialistes de l’USFP réunis en conclave viennent de désigner Abdelwahed Arradi pour présider au destin de leur formation. Abdelwahed Arradi comme chacun le sait est l’un des dirigeants historiques du parti de Ben Barka , donc un vieux de la vieille dont la culture politique et l’action s’inscrivent dans un contexte historique aujourd’hui dépassé. C’est pourtant à lui que les congressistes s’en sont remis pour mettre un semblant d’unité dans leurs rangs et préserver leur parti d’un énième déchirement.
Voilà donc un parti qui ne jure que par la jeunesse, le progrès, la démocratie, la modernité et bien d’autres terminologies de la panoplie idéologique d’usage et qui fait bloc contre ses mêmes principes dès qu’il s’agit pour lui d’en faire sa ligne de conduite. Plus, le USFP a bâti sa réputation et ses gloires passées en faisant de ces mêmes principes son cheval de bataille, un cheval de bataille qu’il se garde de chevaucher au demeurant quand il s’agit d’en faire une philosophie interne.
Cette complaisance dans un conservatisme aussi incompréhensible, n’est pas le propre de l’USFP, cependant. C’est un peu le sport national le plus prisé par la classe politique chez-nous. A noter au passage que même le nouveau parti de Ali El Himma, qui se prétend être de son époque, ne s’embarrasse guère de s’affubler d’un intitulé qui fait penser à une époque si révolue que les Marocains rechignent même à évoquer, celle de Hassan II glorifiant l’immobilisme tous azimut au motif d’obligation d’authenticité.
Le parti de l’Istiqlal comme le PPS ou le RNI ne peuvent pas s’enorgueillir d’être mieux loti en la matière. La prochaine réélection de Abbas El Fassi à la tête du parti de feu Allal El Fassi ne rappelle-t-elle pas celle de feu Ali Yata à la tête du sien après moult tractation, alors que lui-même parlait du renouvellement des dirigeants et de leur rajeunissement ? Ne rappelle-t-elle pas la guerre des vieux chefs au sein du RNI ou de l’UC ou encore de MP, dont le seul objectif est le contrôle des appareils de ces partis respectifs par les caciques rabougris.
La sclérose ne touche cependant pas les seuls partis politiques. Il est désormais possible de parler d'une nouvelle religion qui trouve des affidées dans les appareils de l’Etat comme partout dans notre société. Il n’y a de salut que dans le conservatisme immobile ; dans le perpétuel retour en arrière ; il n’y a de figure géométrique que le cercle, semble être le mot d’ordre dans notre pays. Le premier appareil d’Etat à glorifier la décrépitude est bien sûr la justice qui ne sait plus où donné de l’iniquité. Aux dernières nouvelles, la condamnation du quotidien Al Massae à verser la somme faramineuse de 6 millions de Dhs à des juges pourtant loin d’être en odeur de sainteté.
On peut emprunter d’autres exemples du secteur de l'enseignement ou de la gestion de l’information à la télévision, ou de la situation des droits humains etc… qui montrent tous, le grand mal qui rongent nos institutions : l’hostilité au changement et à l’adaptation au monde qui autour de nous ne cesse de changer.
Abdelaziz Mouride
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Au fil des jours 
Parole de Machiavel  Samedi 04 Octobre 2008
*La soif de dominer est celle qui s'éteint la dernière dans le coeur de l'homme.

* Jamais les hommes ne font le bien que par nécessité.

* On fait la guerre quand on veut, on la termine quand on peut.

* L'habituel défaut de l'homme est de ne pas prévoir l'orage par beau temps.

* Tout le mal de ce monde vient de ce qu'on n'est pas assez bon ou pas assez pervers.

* Celui qui pense que, chez les grands personnages, les nouveaux bénéfices font oublier les vieilles injures, il s'abuse.

* Un acte de justice et de douceur a souvent plus de pouvoir sur le coeur des hommes que la violence et la barbarie.

*Presque tous les hommes, frappés par l'attrait d'un faux bien ou d'une vaine gloire, se laissent séduire, volontairement ou par ignorance, à l'éclat trompeur de ceux qui méritent le mépris plutôt que la louange.

*Aussi est-il nécessaire au Prince qui se veut conserver qu'il apprenne à pouvoir n'être pas bon...

* L'expérience prouve que jamais les peuples n'ont accru leur richesse et leur puissance sauf sous un gouvernement libre.

* Gouverner, c'est mettre vos sujets hors d'état de vous nuire et même d'y penser.

*Il est plus sûr d’être craint que d’être aimé.

* Pour prévoir l'avenir, il faut connaître le passé, car les événements de ce monde ont en tout temps des liens aux temps qui les ont précédés. Créés par les hommes animés des mêmes passions, ces événements doivent nécessairement avoir les mêmes résultats.

*Gouverner, c’est faire croire.
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Au fil des jours 
Moi, l'insecte...  Samedi 20 Septembre 2008
Abdelaziz Mouride
Le Maroc n'est pas un pays démocratique et encoe moins un Etat de droit . pour ceux et celles qui se font des illusions à ce sujet, il est grand temps pour eux de détromper. Surtout que c'est l'Etat lui-même qui s'empresse à plusieurs reprises, de nous en faire la démonstration. Sans remonter très loin dans le temps, que l'on se rappelle Sidi Ifni. Il n' ya pas eu des tueries, peut-être, mais des arrestations arbitraires, des tortures et des viols, oui. (Voir rubrique chroniques: le témoignage d'une suppliciée) . Que l'on se rappelle également l'histoire toute récente du jeune blogueur, arrêté, jugé sans la présence d'un avocat et condamné, au mépris du droit, avant d'être finalement libéré. Comme ça, comme par magie!
Et venons-en maintent à cette histoire du mari de la princesse, un certain Yacoubi pour ne pas le nommer- qui se permet de tirer sur un policier en plein exercice de ses fonctions, en le traitant d'insecte, sans que cela ne tire à conséquence. Dans le mépris total de l'opinion public, du droit, de la justice et du reste.
c'est vrai, nous sommes TOUS, nous les gens ordinaires, autant que nous sommes dans ce pays, des INSECTES face à ce genre de potentat qui non seulement se croit au dessus des lois, mais, l'Etat lui-même, par son comportement dans cette affaire, vient de nous en administrer la preuve, IL EST AU DESSUS DE LA LOI, n'en déplaise à qui que ce soit.
Voilà un individu qui tire sur un flic dans la rue, devant une foule sidéré, et que font les autres flics? que font les responsables qui accourent sur les lieux du crime? Ont-ils arrêté le coupable? Non, l'ont-il défféré devant un juge? non plus. Il lui en trouvé séance tenante une excuse: on l'a déclaré fou, chose que seul un psychiatre assermenté, et dûment dépêché par un juge pourrait décidé. Pire, on relâche le forcené dans la nature, en l'entourant des soins dû à un héros.
Yacoubi est-il fou? Franchement je m'en fous! Mais un fou quand même armé et qui plus est, conduit une voiture, il faut courir l'univers entier pour en trouver.
Mais dingue ou pas dingue, Il faut bien se résoudre à cette réalité: l'application de la loi chez nous, est à la tête du client. En l'occurence lorsqu'il s'agit d'un membre du cerle princier. Et gars à celui qui n'est pas content.
Faîtes donc ce que vous voulez messieurs-dames, canardez nous, traitez nous d'insectes ou de ce que vous voulez, foulez la loi de vos pieds, si ça vous chante, mais de grâce, de grâce, n'insultez pas notre intelligence en voulant nous convaincre que nous sommes en démocratie, que nous sommes égaux devant la loi et tout le tralala. Dites-vous bien que vous ne pouvez pas donner autre chose à ce pays que ce que vous avez vraiment: Une hideuse tyrannie.
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Au fil des jours 
Paroles de...  Mercredi 18 Juin 2008
L’apparence est le vêtement de la personnalité.
(Galienni)


> Ne tuez pas trop la vanité. Gardez-en de quoi vivre. (Rodolphe Töpffer)


> La langue laissée au panthéon des écritures et des politiques est une langue morte .
(Charles Pennequin)


Tous les hommes qui dans l'histoire, ont eu une action réelle sur l'avenir, avaient les yeux fixés sur le passé. (Gilbert Keith Chesterton)

> Il faut éclairer l'histoire par les lois et les lois par l'histoire.
(Montesquieu)

Les lois font les bagnes, les moeurs font les lupanars. La lumière crée le peuple, la nuit enfante la plèbe. La veste rouge du forçat est taillée dans la robe rouge du juge.
(Victor Hugo)
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