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Dans la vie il faut avoir deux idées, l'une pour tuer l'autre (Amartya Sen, philosophe indien)

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notes de lecture 
Abdellah Le cruel de Patrick Girard: Andalous, Petites intrigues et grands meurtres  Mercredi 15 Avril 2009
« Les habitants de la cité grimpèrent sur les toits pour observer de loin les volutes de fumée qui montaient vers le ciel. Les soldats avaient été postés à l’entrée du quartier et interdisaient à quiconque d’y pénétrer. On entendait distinctement le bois de charpentes crépiter et celle-ci s’écrouler. Quand les maisons entourant le palais de Mutarrif ne furent plus qu’un tas de cendres fumantes, Ubaïd Allah Ibn Mohammad Ibn Abi Ibn Abda donna l’ordre à ses troupes d’attaquer. (…)Débusqués, ils (les assiégés) se battirent comme des lions avant d’être contraints de déposer les armes. Chargés de lourdes chaînes, ils furent conduits, sous les huées de la foule, jusqu’à la grande mosquée où les dignitaires religieux ne prirent pas la peine de les entendre, leurs crimes étant avérés. Condamnés à mort, ils furent exécutés et leurs têtes clouées sur la porte du pont ».
Voici une autre facette de l’histoire de l’Andalousie sous domination musulmane qui donne le change à la réputation de raffinement et de tolérance, dont ce royaume omayyade a toujours été crédité, faisant contraste avec un voisinage européen au tout début du Moyen Age.
Une histoire parcourue d’épisodes sanglantes d’une violence et d’une cruauté qui n’a rien à envier à ce qui se faisait de mieux en la matière à l’époque.
C’est cette histoire évènementielle que Patrick Girard a choisi de nous raconter tout au long des 350 pages de son nouveau récit intitulé fort à propos : « Abdellah le cruel » .
Ecrivain et journaliste, Patrick Girard est docteur en histoire et ancien attaché de recherche au Centre national de Recherche Scientifique français. Adepte du roman historique, on lui doit plusieurs ouvrages dont une trilogie consacrée à l’antique Carthage, La Soudanité, Cordoue ou la conquête d’Allah. Il est également auteur de plusieurs essais dont La Révolution française et les Juifs, L’Afrique continent sacrifié et bien d’autres.
Nous sommes en 888 de l’ère chrétienne lorsque Abdallah accède au trône au titre d’Emir d’Al Andalous. Le royaume musulman est très puissant face aux petites principautés chrétiennes au nord de l’Espagne, mais il est miné à l’intérieur par de graves dissensions qui vont conduire à son éclatement et plus tard à sa disparition.
C’est en 852 que des signes de relâchement ont fait leur apparition. L’Emir Mohamed vient d’accéder au pouvoir à la suite de la disparition du puissant Emir Abderrahman. Enclin à la piété dans la solitude, il assiste impuissant à morcellement du royaume entre seigneurs dans les provinces. Chrétiens au nord, musulmans convertis ou Muwalladun à Bobastro et Arabes jaloux de leurs privilège à Ishbiliyah. C’est à qui mieux mieux se tailler le meilleur morceaux, le plus grand fief, organiser la plus grande conjuration contre l’autorité de Kurtouba.
Intrigues, complots, meurtres, étaient monnaie courante dans ce royaume réputé ailleurs pour la richesse de sa culture et le raffinement de sa civilisation. Patrick Richard rappelle au fil de son récit, que les clercs de l’époque se faisaient un devoir d’apprendre la langue arabe, outil incontournable du savoir et de la connaissance, méprisant au passage la langue latine prônée par les autorités ecclésiastiques.
C’est dans ce contexte trouble que le jeune et ambitieux prince Abdellah, fils cadet de Abderrahman, s’empara du trône à la suite de la mort mystérieuse de l’Emir mohammad, et après s’être débarrasser des autres prétendants parmi sa fratrie.
C’est le commencement d’une période d’une difficulté inouïe où l’on asiste à l’enchaînement d’un feuilleton haletant fait de petites intrigues et de grands meurtres en famille pour commencer et qui ne tarde pas à déteindre sur le reste du pays. Le petit extrait sus-mentionné n’est qu’un petit exemple parmi tant d’autres de la violence qui marqua l’époque. Le prince Mutarrif assiégé, dont il est question n’est autre que le propre fils de l’Emir Abdellah. Celui-ci n’hésita pas à ordonner de décapiter son propre fils à des fins de raison d’Etat.
En voici un autre petit exemple : « (…)Quelques semaines plus tard, Ishbiliyah vit arriver des cortèges misérables de paysans muwalladun chassés de leurs villages par Kuraïb Ibn Khaldoun et ses comparses. Ils avaient brûlé les fermes et les mosquées, coupé les arbres fruitiers et saccagé les cultures. Ce n’était là qu’un début. Les rebelles dévastèrent les faubourgs de la ville. Fou de rage, le wali décida d’effectuer une sortie avec sa garnison, en dépit des conseils de prudence de ses officiers qui n’étaient pas sûrs de la loyauté de leurs hommes(…) Il eut le tort de ne pas les écouter. Près d’Al Balat, il tomba dans une embuscade et trouva la mort, atteint d’une flèche dans le cou (…)
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