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Les coups de coeur, coups de gueule de Monsef

Temps, tu ne m'auras pas! Je continuerai à dévorer des livres, m'abreuver de films, écouter de la musique... Des passions de toujours, pour toujours, mais aussi des situations harassantes dont j'ai envie de faire le récit. Ici.

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Monsef Sakhi

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Coups de coeur 
Brice de Nice: même pas drôle!  23/01/2006
Brice attitude: tête à claques!
Oui, j’ai longtemps attendu avant de découvrir ce film. Brice de Nice. Prononcez cela à l’anglaise Brayce de Nayce !! Ce film met en vedette Jean Dujardin. L’acteur révélé dans la série télé Un gars/ une fille se coiffe d’une perruque de blondinet stupide obsédé par le surf éternellement à l’affût de SA vague dans une Méditerranée plate… Brice est un fils à papa. Il organise des soirées jaunes pendant lesquelles il procèdent avec la complicité de ses amis à un drôle de concours de « cassage ».
Le papa de Brice est arrêté pour une sombre affaire d’argent. Brice se retrouve dans la rue sans toit ni loi. Il laisse tomber sa spacieuse chambre, sa riche garde-robe faite de T-shirt jaunes estampillés « Brice »…. Bref, il est dans la merde….

Voilà, c’est grosso modo le pitch. Le film a eu un immense succès en France. Les gamins dans la rue ne juraient que par lui. Le fameux geste du bras en diagonale est devenu un sport national au pays de Molière. La fameuse coiffure de Dujardin dans le film est devenue à la mode. Le style vestimentaire aussi. L’accent ado. Et surtout l’expression qui tue « Cassé !! »
Bref, la Brice attitude qui fait de ce long métrage commis par James Huth un film culte. Cultissime.

Alors, j’ai fait un effort et j’ai acheté le DVD de Brice de Nice…. Au bout de 5 minutes, je commençais à bailler… Au bout de 10 minutes, je commençais à proférer des insultes. A maudire ce malade mental de Brice qui nous prend pour des cons. Depuis le début, j’ai droit à une série de gags débiles…. Un scénario d’une énervante platitude. Des dialogues bêtes et parfois de trash… Admirez le romantisme : Lorsque Brice invite une fille dans sa chambre… C’est pour qu’il la laisse s’effondrer sur le lit pour dormir pendant qu’il regarde son film de chevet « Break Point ». La nana dort comme une marmotte et finit par péter bruyamment. Le lendemain, Brice lui chuchote à l’oreille : « Tu as pété hier ! » Voilà, riez !!! Ou bien, je vous chatouille !!!!
Les gestes efféminés de ce psychopathe de Nice sont exacerbant. Sa façon de parler stupidissime…. On me dit: attends, c'est pour rigoler!! c'est tout! Mais, le problème, c'est que ça ne ferait rigoler qu'une poignée de gamins, sinon quelques attardés!!

A coup de vannes et de répliques nullissimes, Dujardin tente de nous subtiliser des rires. Mais, wallou. J’arrive pas à comprendre que le pays qui a enfanté des Louis de Funès et autre Jacques Villeret (quoi qu’ils étaient pas toujours des lumières eux non plus !) ait produit un tel nanar ! Je ne comprends pas comment les français (raffinés soi-disant !) ont plébiscité une telle merde !!! Quel goût !! Un film abrutissant. Ridicule. C’est sûr les comédies françaises sont en perte de vitesse depuis longtemps. Leurs artistes doivent faire un tour du côté de leurs voisins les Anglais dont l’humour acerbe et surtout intelligent est toujours d’actualité.

Je n’ai pas encore jetté le DVD à la poubelle…. Quelqu’un en veut. Peut-être un Français qui le rangera dans sa DVDthèque, rayon « films cultes »? Lamentable !


Monsef
Rédigé par Monsef le 23/01/2006 à 18:54 | Permalien | Commentaires (5943)
 
Coups de coeur 
'Le Brésil, c'est les poumons du monde', dixit Victoria Abril  02/12/2005
Victoria Abril
Avant, je connaissais et appréciais Victoria Abril l’actrice. Une actrice sulfureuse et fétiche du grand maître du cinéma espagnol, Pedro Almodovar qui l’a dirigée dans des films devenus cultes tels que Attache-moi, Talons aiguilles ou encore La loi du désir. Victoria Abril a travaillé avec les plus grands cinéastes, de Vicente Aranda à Miguel Bardem en passant par Carlos Saura… Une artiste complète qui prend le contre-pied des idées reçues et s’aventure dans la peau de personnages décalés, complexes et hérétiques. Et à chaque fois, elle s’en sortait à merveille.
Des rôles osés, des rôles dénudés, un sacré terrain glissant. « Il vaut mieux être à poil dans un chef d'œuvre qu'habillée dans un navet », dit-elle en toute logique.

Mais, ce 1er décembre, j’ai découvert Victoria Abril la chanteuse. Il faut dire que j’en avais déjà eu un avant-goût lors de sa laborieuse promotion dans les différents plateaux de télévisions (avec un passage remarquable dans La méthode Cauet !!). Je l’avais également déjà vue sur scène dernièrement au Pacha de Marrakech lors du Festival international du film. Bon, ce n’était pas terrible. Elle n’avait interprété que quelques titres. En plus la sono était médiocre. Et puis j’y étais d’abord dans le cadre de mon boulot.

Alors, ce jeudi soir, je me suis régalé. D’abord parce que le concert est intitulé « Putechros do Brazil » à l’instar de ce premier album de la ravissante chica qui nous vient de Malaga « à 14 kilomètres de Tanger » tient-elle à préciser.

Tous les arguments étaient là pour que je ne rate en aucun cas le concert de Victoria Abril. Vous savez très bien que tout ce qui est lié au Brésil m’intéresse, me passionne, m’intrigue, me séduit. Il faut dire que depuis mon dernier voyage dans cet immense pays, je suis tombé dingue de sa culture, de son peuple. Et puis, puisque j’étudie actuellement le Portugais, c’était évident que je sois parmi le public. Enfin, Victoria Abril reprend dans son premier album des classiques de la musique brésilienne, tout particulièrement de la Bossa Nova. Un savoureux genre musical.

Donc, lorsque la belle actrice-chanteuse monte sur scène avec un léger retard qu’on lui excuse, elle ravit les spectateurs en se dandinant dans sa magnifique mais visiblement encombrante robe.

« Le Brésil, c’est les poumons du monde », lance-t-elle. J’esquisse un sourire en me disant : « celle là, elle a tout compris ! » La soirée s’annonçait bien puisque aux couleurs du Brésil.

Putcheros, Késako ? Victoria Abril que ce mot a plusieurs significations. J’en ai retenu les suivantes : « Putch, c’est coup d’Etat et Eros, c’est le Dieu de l’amour. Alors, la Bossa Nova, c’est une histoire d’amour et de désamour. Et puis, Putcheros est un gamin qui a besoin de câlin. Enfin, c’est un pot-au-fu de Malaga ! » Que c’est délicieux, tout ça.
Caetano Veloso, Antonio Carlos Jobim, Ronaldo Boscoli, Sergio Mendes, Chico Buarque, Dorival Caymmi, Roberto Menescal… En puisant dans le richissime répertoire de la musique brésilienne, Victoria Abril a réalisé un rêve et a assouvi un désir qui la « tourmentait » depuis longtemps. « J’ai toujours baigné dans cette magnifique musique depuis toute petite ». L’artiste espagnole rend ainsi un vibrant hommage à de grandes figures de la scène brésilienne. Elle remet également au goût du jour une musique ensorcelante. La Bossa Nova se distingue par son rythme lent et sa mélancolie qui se déclinent au fil de paroles emplies d’émotion et de tristesse. « Tristesa » (prononcez « Trichteza » !) est d’ailleurs un mot récurent dans les chansons.

Le mot "Curaçao" ("coeur") revient lui aussi à maintes reprises. Car la Bossa raconte des histoires d’amour qui se font et se défont. Des chansons sentimentales, romantiques, « lacrymogènes » ! Une musique qui me rappelle mes sorties en compagnie des mes amis à Sao Paulo. Dans les pubs, les Brésiliens aiment beaucoup discuter de leurs heurs et malheurs sentimentaux autour d’une Cerveja et en écoutant les magnifiques chansons du groupe de Bossa Nova sur place et surtout de sa déroutante voix féminine. Car, c'est toujours une femme qui chante. Beaucoup de Brésiliens préfèrent les rythmes plus gais et plus festifs de la Samba. N’empêche que la Bossa demeure une fierté pour tout mélomane dans le pays du ministre-chanteur Gilberto Gil.

La voix de notre chère chanteuse hispanophone se fond de manière envoûtante dans le style Bossa. De temps en temps, on tique sur certains « R » roulés. Mais, on oublie ce petit dérapage hispanique dès qu’elle commence à dansoter en faisant un va-et-vient entre le guitariste (Brésilien) et le pianiste ( quel talent !!)…

Victoria a chanté en Portugais, Espagnol, Anglais et même en Français. Sa version de « Ah tu verras » est très belle. A l’origine, c’est une chanson du Brésilien Chico Buarque. Intitulée « Oh que sera », elle a été adaptée dans la langue de Molière par Claude Nougaro. D’ailleurs, Victoria la lui dédie.

Les mauvaises langues peuvent reprocher à l’artiste espagnole de tomber dans les sentiers battus, le cliché de « l’actrice-qui-se-lance-dans-la-chanson ». Bon nombre de comédiennes s’étaient d’ailleurs cassé la gueule en franchissant ce pas. Mais, en tout objectivité enfin, j’estime que Victoria possède l’extravagance, l’élégance et surtout le talent pour réussir une brillante carrière de chanteuse. Elle vient de faire des premiers pas concluants.

Quand Victoria saisit élégamment son verre en lançant un « je bois à votre santé », on ne peut que prononcer ce mot en Portugais : « Saude ! » (Santé !). Et puis, vivement ton prochain opus Victoria!


Monsef
Rédigé par Monsef le 02/12/2005 à 13:56 | Permalien | Commentaires (1331)
 
Coups de coeur 
Google Earth: Le tour du monde en quelques secondes  30/09/2005

Je suis un féru de géographie. A l’école, c’était l’un de mes cours préférés. Je suis aussi un amoureux des voyages. Et c’est avec un immense plaisir et un grand étonnement que j’ai découvert le logiciel Earth Google. A coups de petits clics, je suis le maître de la planète terre. En quelques fractions de secondes, je pense de la Chine à l’Espagne, du Japon à l’Afrique du Sud, du Brésil aux Emirats arabes unis... C’est un programme hallucinant qui permet de visiter différentes villes de la planète terre qui a été reconstituée à partir d’images satellites. C’est d’un réalisme déroutant.

C’est ainsi que je me suis amusé à chercher la maison de mon ami à Sao Paulo où j’ai squatté récemment pendant plus d’une vingtaine de jour. J’ai bronzé un peu sur la plage Copacabana à Rio. Et j’ai également fait un saut du côté de la Tour Eiffel à Paris après avoir fait un saut au cœur de Manhattan et salué la Statue de la Liberté à New-York. Je me suis envolé vers le Japon où j’ai plongé au cœur d’une capitale, Tokyo, pleine de gratte-ciel. Je l’ai vite fuie pour me réfugier à Pékin à la recherche de la Place Tien An Men. En faisant glisser la souris, je suis vite remonté vers Moscou. Le froid m’a découragé, alors je suis redescendu chercher la chaleur arabe en plein centre du Caire. La pollution m’a fait changer d’avis et j’ai décidé de retourner au bled. Direction Rabat. Les images sont floues, alors en une fraction de seconde, j’ai bifurqué vers Casablanca. Je me suis amusé à repérer le siège de là où je travaille. Facile. Clair et net. La mosquée Hassan II a une belle silhouette vue d’en haut. La traversée de la Méditerranée s’est fait en un clin d’œil et hop me voilà à Madrid. Tiens pourquoi ne pas aller toquer chez Beth à Barcelone ? Et si je rendais visite à ma sœur en Italie ? Et si je faisais un petit coucou à Mitya en République Tchèque ? Pourquoi ne pas faire une petite rotation et débarquer en Californie à la recherche de Najlae avant de faire un saut au Canada pour retrouver les souvenirs d’un petit stage passé là-bas il y a quelques années…

Je décide quand même partir en route pour de nouvelles aventures : un safari au Kenya, un pèlerinage en Arabie saoudite, un bol d’air en Nouvelle Zélande, des nuits blanches de fêtes au Brésil, de bons rythmes à Cuba, un peu de ski en Suisse, quelques rave-parties en Allemagne, un peu de shopping aux USA, quelques plats étranges en Inde, un massage (thaïlandais ?) à Bangkok, un peu de soleil dans les Îles Maldives, un peu de luxe, calme et volputé dans lÎles Maurice, un peu de méditation dans le Tibet….

Bref, le tour du monde en quelques secondes. C’est très amusant. Tentez l’expérience vous-même en téléchargeant ce programme sur : earth.google.com
Monsef
Rédigé par Monsef le 30/09/2005 à 02:13 | Permalien | Commentaires (6935)
 
Coups de coeur 
Un rat de bibliothèque bronzé  09/08/2005
Ah les vacances ! Dès le début de l’été, les plages sont prises d’assauts par des estivants désirant bronzer. Car, paraît-il, il est très à la mode d’avoir la peau brunâtre… J’avoue que c’est plus sexy.

Donc, nos plages semblent être de plus en plus propres. Est-ce grâce à nos chers estivants ? Pas vraiment…. Les comportements n’ont pas changé d’un iota. Et nos chers mères de familles se plaisent toujours à préparer une bonne marmite de merqua ou un succulent tajine de djaj mhamar pour le dévorer sur le sable doré avec sa horde d’enfants bruyants.

Les footballeurs ratés s’amusent toujours à taper maladroitement dans le ballon … Certains gavroches trouvent toujours leur plaisir scato en chiant dans l’eau… En nageant parfois, on peut facilement tomber sur une « baraqua » entrain de flotter…

Enfin, je ne suis pas très plage moi. Et c’est tant mieux. Mais, il m’est arrivé de tomber sur des plages plutôt intéressante dans l’axe Rabat-Casa… Celui de Sid El Abed est sympathique surtout pour les rats de bibliothèques puisqu’une bibliothèque de fortune y a été installée par le Secrétariat d’Etat chargé de la jeunesse. C’est une opération intitulée « Le livre sur la plage » et ça concerne plusieurs plages du Royaume.

Ainsi, entre deux baignades, vous pourriez savourer un petit bouquin. C’est superbe.
Visitez le site : www.secj.gov.ma

Monsef
Rédigé par Monsef le 09/08/2005 à 19:01 | Permalien | Commentaires (3214)
 
Coups de coeur 
Blogmeeting, acte II: Sqala, oh la la!  25/07/2005
Blogmeeting. Acte 2. Ce deuxième rassemblement a eu lieu au cœur de Casablanca, dans l’un de ses meilleurs cafés, la Sqala. Un endroit stratégique surtout pour le confort de la délégation r’batie, laquelle délégation a été affreusement maigre. Mais, passons.

Alors, l’espace de la Sqala a été pris d’assaut par une horde de mordus d’Internet. Des filles et des garons. Des jeunes et des moins jeunes. Des filles voilées et d’autres arborant avec fierté leur charme à coup de décolletés.

Un détail a attiré mon attention dès mon arrivée en retard. Tous les bloggeurs semblaient s’être mis d’accord concernant le choix de la boisson. Tout le monde sirotait des jus de différentes couleurs… Ils boudaient le bon thé à la menthe qui fait la fierté de ce lieu, mais bon…


Autre détail qui a attiré mon attention : la réunion était majoritairement masculine. Beaucoup plus de mecs que de nanas. Au grand dam de certains dragueurs.

Différents métiers se sont côtoyés lors de cette après-midi, avec à la tête du podium les futurs médecins. Quoi qu’ils ont été rattrapés par une poignée de « journaleux ». Nouveauté pour ce deuxième rendez-vous, la présence remarquée et remarquable de Laroussi. Apparemment, il est le doyen des bloggeurs marocains. Fidèle à sa tradition, il a gratifié l’assistance de jolis speechs et de commentaires pleins de dérision.


On a même eu droit à la participation d’un député. Si, si. C’est dire qu’ils ont tellement de temps libre qu’ils peuvent créer des centaines de « blogs » en une semaine ! Même si je suis allergique aux « politicaillards », j’ai trouvé le mec plutôt sympathique et d’un abord facile. Ca change.


Alors que certains brandissaient fièrement leurs appareils photos numériques dernier cri et shootaient dans tous les sens, d’autres préfèrent se lancer dans des discussions en aparté. Les garçons, bizarrement majoritaires donc, bouffaient des yeux les quelques représentantes de la gente féminines. On ne sait jamais. Des amitiés ont vu le jour. En attendant les affinités pour qu’il y ait un plus. D’autres ont préféré griller des étapes et « frapper le fer tant qu’il est chaud ».

Un point à accorder aux Casablancais : ils ont assuré une bonne organisation. L’idée des badges a facilité le contact, même si elle faisaient, à mon avis, trop « officiel », trop « conférence de presse » ou « séminaire »… C’est peut-être juste que j’en porte très souvent en raison de mon boulot et que je hais cela.

Le tour de table a permis de mieux connaître certains éléments, les adresses de leurs blogs et leurs occupations et préoccupations. Les discours de certains ont été laconiques alors que d’autres se sont lancés dans des diarrhées verbales… En gros, c’était instructif. Sanaa égayait la discussion de ces interminables commentaires humoristiques et ses jeux de mots parfois tirés par les cheveux… Mais, elle est tellement charmante qu’on lui pardonne tout…
En tout cas elle a bien rempli sa mission de maîtresse de cérémonie. Chapeau.

Le deuxième Blogmeeting a été plus court que le premier à Rabat. Va savoir pourquoi.

Même si certains ont brillé par leur absence et que d’autres étaient « inaccessibles » empêtrés dans des discussions en tête-à-tête, les bloggeurs ont pu vivre un bon moment de partage, de rigolade, de convivialité et d’apprentissage. Une tradition à perpétuer.
Monsef
Rédigé par Monsef le 25/07/2005 à 00:12 | Permalien | Commentaires (5168)
 
Coups de coeur 
Ceux qui m'aiment ne prendront pas le train  14/07/2005
Scène 1 :
Aaaaaaaaaaaaaaaah, ça je déteste !! Me retrouver dans un compartiment de train avec une famille qui a des enfants. Les enfants sont encore plus bruyants et plus méchants dans les trains que dans la vie de tous les jours. Ils sont plus capricieux, plus agités. Et les parents laissent faire.

Il n’y a pas plus haïssable pour moi qu’un gamin morveux qui m’empêche de dévorer mon bouquin en paix. J’ai parfois envie de lui foutre une belle claque. Non sérieusement, je ne suis pas très patient avec les enfants. Bon, avec mes neveux, je suis plutôt généreux et rigolo. En plus, ils sont plutôt sages. Quand ils le veulent eux-aussi !

Mais quand il s’agit d’enfants vraiment méchants et qui se livrent à leurs jeux débiles alors que j’essaie de lire, dormir ou écouter de la musique dans ce train de merde, je perds mon légendaire calme…


Scène 2 :
Autre scène que j’appréhende aussi : tomber sur un compartiment avec une famille nombreuse qui fait le chaotique trajet Marrakech-Oujda. Putain ! Alors, il faut s’inviter dans leur compartiment au moment où ils passent à table. C’est-à-dire lorsque la mère de famille sort triomphalement le repas qu’elle a affectueusement préparé la veille… Ca sent la bouffe grave ! Une odeur affolante de frites dégoulinant d’huile et de poulet sur le point de pourrir. Et vas-y qu’ils te fractionnent le poulet, qu’ils le dévorent, qu’ils mâchouillent…

« Bismellah », me dit le vieux en me tendant une cuisse de poulet.


Scène 3 :

Me retrouver devant deux jeunes cadres BC BG est un calvaire… Mais je m’amuse quand même à espionner leurs faits et gestes. Coincé dans leurs costumes cravates, ils se la jouent « happy few », « branchés », « cool », « francophone jusqu’à la moelle » et « très-important s »… Les accessoires sont là pour le prouver. Un kit blue-tooth accroché à l’oreille !!! Aaaaaaaaah, je déteste les gens qui portent ce gadget débile alors qu’ils ne parlent pas au téléphone !! Comment peuvent-il le supporter ? C’est crade, je trouve !!

En tout cas, ça leur donne un look Matrix ou Robocop ridicule. Ajoutez-y deux ou trois GSM multi-fonctionnels, sans oublier l’inévitable PC portable sur lequel il pianote. Parfois ils jouent au « Solitaire », un jeu que j’aime pas !

Les discussions sont on ne peut plus ennuyeuses. Ou bien je n’y comprends rien…


Scène 4 :

Les touristes ou autres voyageurs partant pour l’aéroport… Ils sont surchargés de bagages qui vous barrent la route. Et à chaque fois ils vous demandent quand est-ce qu’on arrive à la gare de correspondance, Aïn Sebaa.


Scène5 :

Le compartiment est vide… Je peux m’allonger après une rude journée de travail. Et dormiiiiir ! La paix. Oui, c’est cela : LA PAIX !
Monsef
Rédigé par Monsef le 14/07/2005 à 02:46 | Permalien | Commentaires (1277)
 
Coups de coeur 
Sans titre  14/07/2005
Il va falloir attendre une nuit d’hiver
Nous irons sous un arbre dégoulinant
Nous nous adosserons à son tronc
Nous sentirons le parfum de la terre humectée
Sur laquelle nous graverons nos noms
La pluie torrentielle les effacera
Effacera-t-elle notre amour ?
Rédigé par le 14/07/2005 à 01:30 | Permalien | Commentaires (6)
 
Coups de coeur 
Ivan Noble: blog d'outre-tombe  12/07/2005
Je vous invite vivement à visiter le blog d’Ivan Noble. Vous parcourrez ses pages la gorge nouée, voire même les larmes aux yeux. Son auteur s’appelle donc Ivan Noble. C’était un journaliste scientifique à la BBC. « C’était » car aujourd’hui, il n’est plus de ce monde. Il est mort. En début d’année.

Son histoire est terriblement émouvante. Apprenant qu’il avait une tumeur au cerveau, il décide de créer un blog pour y tenir son journal et y parler de son combat contre la mort. Le blog voit le jour en septembre 2002. Il est baptisé «Tumour diary » (Journal d’une tumeur).

Au fil des pages, Ivan parle de sa maladie, de sa famille, de son mariage avec comme témoin, sa fille âgée de quelques mois, de la naissance de son deuxième enfant. Des tranches de vie qu’il partage avec ses lecteurs. Et ils étaient des milliers à surfer sur son blog.
Les lecteurs étaient émus, attristés, épatés, admiratifs…

Deux ans après avoir mis en ligne son blog, Ivan envoie un post d’Adieu précisant qu’il n’allait pas bien. «Lorsque j’ai commencé à écrire sur ma tumeur de cerveau, je ne savais pas vraiment pourquoi je le faisais », « Je voulais faire naître quelque chose de bien de quelque chose de mal », « Les gens ont trouvé ce journal utile et ceci compte beaucoup pour moi ».

Le blog d’Ivan était devenu un phénomène. De nombreux internautes en étaient devenus accro. Les gens y trouvaient beaucoup d’humilité et de leçons de vie. Particulièrement pour les malades du cancer.

Une internaute canadienne lui dit : « c’est formidable comment, à partir de votre désespoir, vous avez pu donner le meilleur de vous-même et inspirer beaucoup de gens ». Andrea, Italien, lui dit toute sa gratitude car « je pense que votre façon de faire face à la tumeur restera une incroyable leçon et un souvenir indélébile pour toute ma vie qu’elle soit longue ou courte ». Rob Grant, Anglais, lui lance : « J’ai été impressionné par votre force, courage et détermination ». Coralie d’Angleterre commente : « Plus que jamais, je crois que la maladie ne gagne finalement jamais ».

Mais, le cancer a bel et bien mis fin à la vie d’Ivan. Il est mort. Mais, ces écrits sont toujours là. Témoignages vivants et vifs.

Voici l'adresse:
http://news.bbc.co.uk/1/hi/health/4211475.stm
Monsef
Rédigé par Monsef le 12/07/2005 à 01:56 | Permalien | Commentaires (2465)
 
Coups de coeur 
Allô maman bobo!  10/07/2005
(J’ai adressé ce commentaire à tous les futurs médecins bloggeurs)

Un fait étrange que j’ai d’ailleurs évoqué lors de mes furtives discussions hier avec El Ghali et Omar. J’ai pu relever que parmi les bloggeurs marocains (en tout cas présents hier au blogmeeting), il y avait une grande majorité d’étudiants en médecine.

La fièvre a commencé par frapper les futurs médecins. Est-ce bon signe ? Dans tous les cas, ce qui m’a intrigué le plus, c’est que, finalement, nos futurs médecins ont une bonne plume. Contrairement à ce que peut laisser penser leurs griffonnages dans les ordonnances illisibles qu’ils fourguent négligemment aux patients.

Pourquoi sont-ils si accro au blogging ? Passons au check-up.
Il est indéniable qu’ils exercent un métier extrêmement dur dans des conditions difficiles. Des hôpitaux surpeuplés, des infirmiers qui ne savent plus où donner de la tête, un équipement archaïque et un matériel défectueux… Et par-dessus le marché, ils doivent supporter les hurlements des malades, les insultes de leurs parents et les reproches des médecins-chefs. Bref, rien de beau. Ajoutez-y autre chose : ils sont confrontés, dans l’accomplissement de leur mission, à la douleur, le sang, les larmes, la détresse, la mort.. Une pression qui s’explose sur le net à coups de blogs. Un défouloir, un exutoire… Une thérapie….

Donc, finalement, eux aussi sont des malades. Malades du Web, mais aussi malades tout court. Ils ont besoin de parler, car toute la sainte journée, ils sont réduits à « faire », « agir »… Ils pensent avoir trouvé le médicament, le sésame, la potion magique, mais ne serait-ce pas plutôt un virus qu’ils ont chopé ?

Je crains pour le devenir de la santé publique. J’imagine un scénario catastrophe : dans trois ou quatre ans, lorsque j’irai consulter un médecin, il me filera mon ordonnance via… un post sur son weblog !! J’ai peur d’autre chose : que les services d’urgences ne soient disponible que sur www.blog.ma/urgences ou bien www.blog.ma/sos !

Allô maman bobo !
Monsef Sakhi
Rédigé par Monsef Sakhi le 10/07/2005 à 23:38 | Permalien | Commentaires (564)
 
Coups de coeur 
Esquive qui peut  10/07/2005
Ce beau film est un petit chef d’œuvre qui étonne. Il étonne d’abord par les brillantes prestations des jeunes apprentis comédiens. Apprentis, car la plupart ne sont pas comédiens, mais de simples jeunes banlieusards recrutés par le réalisateur Abdellatif Kechiche pour les besoins de son Esquive.

Le film étonne aussi par son langage. Un beau mélange du verlan, d’argot, du vocabulaire de tous les jours, mais aussi du sacro-saint Français séculaire dont l’abondance est étalée dans la pièce de Marivaux "Le Jeu de l'Amour et du Hasard". Et c’est justement autour de cette pièce qu’évoluent les personnages de l’Esquive.

Il y a d’abord Lydia, belle fille de banlieue bavarde comme une pie et qui n’a qu’un souci : bien répéter son rôle dans Le jeu de l’amour et du hasard pour être prête pour le jour J : le jour de la représentation. C’est dans un espace ouvert que Lydia et ses amis s’exercent à cette pièce. Cela donne des dialogues étonnamment beaux : les garçons et filles jonglent avec maestria entre les répliques de la pièce et leurs histoires d’ado dites dans un Français banal.

Parmi les voisins de Lydia, il y a Abdelrkim, alias Krimo. C’est un gars comme les autres. Il sèche ses cours, il traîne avec ses potes… Issu de l’immigration, ce jeune Arabe a toujours vécu dans cette cité HLM dans un petit appartement avec sa mère, employée dans un supermarché, et son père qui est actuellement en prison. Krimo rêve. Il rêve de partir. Loin de ce trou.

Lorsque le regard de Krimo croise celui de Lydia. Il est atterré par sa beauté, son naturel, son intelligence. Il en tombe amoureux. Mais, il hésite à révéler son amour au grand jour. Krimo est timide.

Ainsi donc, le jeune brun esquive toute révélations sentimentale. Il a peur d’être raillé par ses amis. Il emprunte un détour : il convainc un ami de se retirer de la pièce de théâtre dans laquelle joue Lydia pour le remplacer et se glisser dans la peau de l’hilarant Arlequin. Et, par conséquent, voler quelques moments de complicité lors des répétitions et, pourquoi pas, quelques baisers hésitants.

"L’esquive" a le mérite de briser les tabous. Notamment ceux qui entachent l’image des jeunes de la banlieue, réputés être agressifs et sources de problèmes. Non, Abdellatif Kechiche dit, à travers ce film, que ces jeunes peuvent être beaux, romantiques, fragiles... Ils peuvent se bagarrer, s’insulter, mais aussi s’instruire, s’aimer...

Lors de la dernière Cérémonie des césars, L’Esquive a créé la surprise et a eu quatre Césars : Meilleur film, Meilleur réalisateur, Meilleur scénario et Meilleur espoir féminin (Sara Forestier).
Monsef Sakhi
Rédigé par Monsef Sakhi le 10/07/2005 à 03:29 | Permalien | Commentaires (4)