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Moroccan Beauty 3  Jeudi 18 Juin 2009
Mon rendez vous de 18 h , est peut être ma dernière chance pour la convaincre de sortir avec moi. Je l’ai rencontré il y a 3 mois lors d’une fête familiale ; Elle accompagnait sa mère et ne l’a pas quitté une seconde toute la soirée. Ses regards trahissaient sa posture bienséante et sa timidité était de circonstance. Je scrutais ses gestes minutieusement , et je me demandais déjà comment attirer son attention. Sans rien demander , ma petite sœur négociait le prix fort pour me procurer le numéro de téléphone de ma future dulcinée.

Des coups de fil quotidiens et des sms à répétitions sont le bilan de cette quête sentimentale de plus de 3 mois. Elle ne parlait presque jamais. Nos contacts téléphoniques s’apparentait à un long monologue ou j’essaie le plus possible de varier les discours et les sujets afin de pouvoir communiquer , sans résultat. Peut être qu’elle n’a jamais apprécié que je prenne l’initiative de l’appeler en premier sans son aval. Mais au final , j’ai pu décrocher un rendez vous au café le plus chic de la ville. Elle m’a prévenu qu’elle ne pourrait pas rester plus d’une demi heure , parce que , chez elle le couvre feu parental commence au coucher de soleil . Son père est un dur , ou croit faire le dur , comme tous ces paternels , qui en instaurant , un régime militaire pour leurs progénitures femelles , finissent dans le délire paranoïaque de l’honneur à préserver. C’est notre schizophrénie nationale et on n’y peut rien changer , pour l’instant. Et pour l’instant , j’ai une demande de mariage à faire. Ca peut paraitre insensé , mais c’est probablement la seule façon de débloquer sa langue et peut être la conquérir. Des filles qui cherchent des relations sérieuses et durables existent encore de nos jours. Et elle en ferait partie. Il est certain que son silence ne soit peut être que le signe d’une pudeur caractéristique des rares « bnat nass » de ce pays et cette fois je suis déterminé à aller jusqu’au bout.

Ma condition de fonctionnaire communal , fait beaucoup d’envieux à bien des égards. D’abord , une solde aussi maigre soit elle , me permet au moins de couvrir mes charges courantes. Et puis , il y a tout le reste, tous ces billets glissés à la longueur de nos journées de travail courtes. Ces petits billets qui m’ont permis d’acheter la logan que je compte exhiber fièrement à ma future conquête. Ces billets qui me permettent de faire la fête tous les samedis soirs avec les « copines ». Il faut dire que je ne conçois pas mon travail sans mes billets mauves.

J’arrive enfin à l’heure prévue , commande un café « cassé » , me saisit de mon paquet de clopes pour en griller une pour gérer cette attente angoissante. Elle arrive une dizaine de minutes après accompagnée d’une autre fille. Sa meilleure amie , elle dit. Je suis confus et la présence d’une tierce personne gâche déjà le plaisir de me retrouver en tête à tête avec la fille avec qui , je veux désormais partager ma vie.
Rédigé par Kamal Bennani le Jeudi 18 Juin 2009 à 03:48 | Permalien | Commentaires (0)