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Me bruler les ailes, mais voler...

Samedi 13 Mars
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Sélection de livres
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Driss Chrabi : l’homme qui reviendrait toujours de mon passé, aussi simple soit-il !  20/05/2005
Dans un amphithéâtre comble, quelques 300 personnes écoutaient avec admiration celui qui les a tant fait rire aux larmes avec les ahurissantes aventures de l’inspecteur Ali.
La modératrice de la conférence-hommage donnée par et pour Driss Chraibi, décréta qu’il était enfin temps pour les questions-réponses.
Elle s’était levée la première et dis avec un ton suave: « je suis venue de loin, de votre ville natale, pour enfin voir celui qui a influencé ma vie. Je voudrais vous dire que je n’ai cessé de creuser, de chercher la lumière au fond du puit depuis que mon passé est devenu simple. Merci de faire partie de ma vie. » Et elle s’est assise. J’avais l’impression que c’était moi, j’aurais voulu ajouter « merci de faire partie de ma vie, elle et vous m’avez comblé ! ». Et l’homme qui revenait encore et toujours du passé de rétorquer : « mademoiselle, malgré la présence de ma femme, je vous embrasse !»
J’ai cessé de regarder Driss et sa femme Shenna, arrêté de prêter l’oreille aux questions de l’assistance. Je n’avais d’yeux que pour cette jeune fille, dont les yeux brillaient d’émotion. J’avais l’impression de vivre cette émotion, de la frôler par mes propres sens.
Mon histoire personnelle avec Driss, avec ses livres et ses personnages a commencé il y a exactement quatre ans. Je me souviens de ma première découverte du « Passé simple » livre émouvant qui m’a rappelé mon premier rêve, écrire. Je me suis retrouvée envahi par les mêmes sensations du personnage principal, cet homme révolté qui, du haut de cette distance que lui procurait son installation en France, dénigrait, rejetait et condamnait son pays, le Maroc.
Je faisais de même, j’avais besoin de savoir qu’il y a une personne dans ce monde qui ressente le même désarroi, la même solitude, et cette aveuglante envie de partir, loin de tout ce qui est cher, pour la simple raison que c’est liant, attachant et tellement cher !
J’ai réapprit à rester, en lisant « succession ouverte ». J’avais découvert un autre pays, qui pouvait m’apporter ces richesses sur un plateau d’argent, je n’aime pas le métal jaune, si je persévérais à les lui demander. Je me suis réconciliée avec mon être dans cette ultime scène avec le seigneur père qui demandait à Driss de creuser et de chercher la lumière au fond du puit.
Et mon Dieu combien j’avais ris avec Driss !! Aux larmes parfois, quand l’inspecteur Ali résolvait les affaires les plus compliquées avec un sel imprenable et tellement cocasse. Avec des sourires complices toutes ces fois, où dans « la civilisation ma mère » une maman pas comme les autres égayait mes journées avec des clins d’œil remplis de malice.
Driss, m’a fait aussi remonter les temps en compagnie des tribus berbères de Ait Yafelman qui gardaient en leur mémoire, et l’enseignaient aux enfants, l’histoire du Maroc des premières conquêtes de Oqba jusqu’au départ vers l’autre rive de Tareq…j’ai vécu grâce à lui hors du temps et tellement en son enceinte, dans la conscience commune des gens ordinaires, des marocains de tout bord…
T’ai-je remercié Driss ? Oui merci encore car la vie et toi m’avez comblé !


Lassée par les sauts d’humeur de notre cher blog.ma, j’ai décidée d’aller me poser ailleurs…n’est ce pas que le vaste monde est devenu un village numérique ? Tant pis alors pour la production nationale…elle est trop instable !
Mon premier post sur houdac.blogspot.com est un poème…
Allez-y découvrir !

PS: même pour dire que je quitte...j'y arrive plus sur ce blog! Sorry encore Ba Driss... :)
Houdac
Rédigé par Houdac le 20/05/2005 à 11:52 | Permalien | Commentaires (5237)
 
Coups de coeur 
Sanaa  17/05/2005
Je l’ai enfin rencontrée.
Un joli sourire, un visage illuminé comme la lune et une discussion fraîche comme ses yeux. Que veut le monde ?
J’ai toujours été fascinée par les gens qui arrivent à ouvrir leur cœur sans préjugés ni artifices. Sanaa en est une, elle y excelle avec brio.
Nous avons parlé d’hommes, comme le feraient toutes jeunes femmes ordinaires, se rencontrant autour d’un milk-shake et un thé à la menthe.
Nous n’avons pas essayé d’aborder des sujets savants, chacune avait sa vision du monde qu’elle faisait passer à travers des vétilles, un thème bidon, les hommes.
Elle m’a offert son livre que je n’ai pu m’empêcher de commencer dès lors que je fus rentrée chez moi.
Majnounato youssof, m’a marqué avec ses petits rêves de petite fille. S’assoire sur un rocher face à la mer, pluie et larmes…
Merci Sanaa d’avoir égayer cette soirée qui s’annonçait morne et monotone. Merci d’avoir partagé des souvenirs et des espoirs…
Je me ferais un plaisir de te revoir, autour d’une bonne gasaa de couscous, fumante et sentant la délicieuse citrouille de mon terroir.
En attendant, l’exquise Zainab attend impatiemment que je la découvre…

PS : Sanaa, ton livre est un petit trésor, sauf que je t’en veux un peu pour avoir gâcher le suspens à la page 80... J’ai continué ma lecture en attendant sa dernière phrase…


Houdac
Rédigé par Houdac le 17/05/2005 à 11:40 | Permalien | Commentaires (1055) | Trackbacks (0)
 
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Célébrer la vie...  16/05/2005
En ce jour tristement mémorable, je voudrais célébrer la vie.
Je voudrais pleurer ces jeunes qui se sont leurrés, qui ont sacrifié leurs vies pour des principes qui fussent mortels, mais les leurs. Je ne voudrais pas les condamner car ma haine et mon désarroi se sont apaisés. Ils n’ont pas choisi de se suicider, ni d’être les damnés de leurs familles, de leurs amis, de toute une nation. Ils ont subi l’indifférence leur vie durant, et le ressentiment à leur mort.
Que d’injustices on leur ait fait endosser. Il est temps de leur dire que les terroristes sont ailleurs, que les mécréants à abattre ne sont autres que la misère et la pauvreté. Et qu’aujourd’hui des âmes sensibles les pleurent enfin.
Il y a quelque temps je suis passée devant les nouveaux terrains de sport qu’on a dédié aux enfants de Sidi Moumen, j’en ai été ébranlé. J’ai découvert que j’ai jugé et condamné ces enfants oubliés, ces hommes devenus kamikazes du haut des préjugés que la société ne cesse n’ancrer dans cet esprit faible qu’est le mien. Je fus aveuglé comme des millions par l’indignation.
Il y a exactement deux ans, je vivais à l’abri de ces images de misère qui frappent aujourd’hui ma conscience avec hargne et violence. A Casablanca où je vis depuis quelques mois déjà j’ai appris à baisser les yeux avec confusion et honte. Honte de moi-même, de cette naïve rêverie qui s’accaparait de moi quand je toisais les gens dans la rue. Depuis toujours, j’avais pris l’habitude de scruter les visages dans la rue, imaginer des vies et peindre mille tableaux dans mon esprit. A Casablanca pour la première fois je fus sauvagement touchée par le dur quotidien des visages que je croise. J’essaye d’être forte face à tous ces mendiants qui pullulent sur mon chemin, mais je ne peux plus les regarder. Je me sens impuissante et faible. Indigne d’être ce que j’aurais toujours voulu être, un être sensible au moindres souffles de la vie. Qu’y puis-je sinon leur dédier ces quelques lignes qui viennent du fin fond d’un cœur uni aux leurs par la souffrance ?
Cette impuissance me rend amère et triste, désespérée et malheureuse. C’est pour cette raison que je voudrais aujourd’hui célébrer la vie…

Houdac
Rédigé par Houdac le 16/05/2005 à 11:26 | Permalien | Commentaires (2786) | Trackbacks (0)
 
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Revenue  13/05/2005
On ne tue pas ses enfants, on ne les rejette pas et jamais on ne les abandonne.
J’étais partie fouetter les chats du quartier, mais ils ont subitement disparus et sans avertir ils ont choisi les égouts tels des rats égarés. Alors je n’ai trouvé à faire que revenir…
Le Hammam continuera à se chauffer de troncs d’arbres et de corps allongés sur le marbre, Hache à brandir ses lames telle un sabre.
Je continuerai, moi, à veiller sur Hache, sur son petit paradis de Hammam et sur les rêves d’une gamine se baladant en Australie sur sa Harley avec, comme seuls bagages, une guitare, un livre et une feuille blanche qui finira bien, un jour, par se voir garnir de mots telle une dune de sable se parant d’une rose solitaire…
Houdac
Rédigé par Houdac le 13/05/2005 à 10:21 | Permalien | Commentaires (30)
 
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Un dernier mot...  29/04/2005
Ce fût une expérience enrichissante de laisser libre champ à mon imagination, de raconter sans retenue des histoires tantôt réelles, tantôt fictives, de partager quelques petits brins de lumière que j’ai pu garder pendant 24 ans d’existence.
Houda et HaChe ne font qu’une seule personne. Une petite fille qui veut toujours plus. Plus d’amis, plus d’aventures, plus de jeux…
Sur mes deux blogs Houdac et Le hammam j’ai rencontré des gens prêts à partager leurs pensées, leurs rêves, leurs joies, leurs lectures, leurs poèmes en amazigh, leurs souvenirs d’enfance et leurs jeux. J’ai encore pleins d’histoires de femmes au hammam à raconter, je le ferais peut être un jour, quand j’aurais 32 ans, dans un livre. J’ai aussi sur mes étagères beaucoup de livres à lire, et dans la vie énormément de choses à apprendre, un tas d’expériences à faire.
Vous étiez tous géniaux, pleins de joie de vivre et de talents inouïs.
J’ai une pensée spéciale pour deux personnes particulièrement. Larbi qui, il y a un an, m’a encouragé à écrire mon premier article dans horizon, depuis je n’ai cessé d’écrire, tout ce qui me passe par la tête, des fois des choses profondes, souvent des débilités…mais écrire. Promis Larbi, si à 32 ans je publie un livre je te le dédie.
La deuxième personne est Guerbouz, qui n’est pas si guerbouz que ça puisqu’il a une générosité rare et un humour enchanteur. Grâce à lui, j’ai écrit pour la toute première fois un poème en arabe, il est quelconque ce poème…mais en arabe. Promis Gribiz, si un jour, et c’est très improbable, je publie un recueil de poèmes en arabe je te le dédie.
A tous les autres je dis encore merci d’avoir commenté et surtout participé dans les deux blogs. Je vais peut être revenir vous lire de temps à autre…
En attendant, je vais rassembler les chats du quartier pour les fouetter tous un à un…
Hem ! Hem ! Comme diraient certains…

P.S : Hache n’a jamais été aveugle, ou peut être un peu…lorsqu’elle fermait les yeux.
Houdac - Hache
Rédigé par Houdac - Hache le 29/04/2005 à 10:32 | Permalien | Commentaires (3878)
 
Coups de coeur 
A vava inouva (Idir)  26/04/2005

Je t'en prie père Inouba ouvre-moi la porte
O fille Ghriba fais tinter tes bracelets
Je crains l'ogre de la forêt père Inouba
O fille Ghriba je le crains aussi.

Le vieux enroulé dans son burnous
A l'écart se chauffe
Son fils soucieux de gagne pain
Passe en revue les jours du lendemain
La bru derrière le métier à tisser
Sans cesse remonte les tendeurs
Les enfants autour de la vieille
S'instruisent des choses d'antan

Je t'en prie père Inouba ouvre-moi la porte
O fille Ghriba fais tinter tes bracelets
Je crains l'ogre de la forêt père Inouba
O fille Ghriba je le crains aussi

La neige s'est entassée contre la porte
L'"ihlulen" bout dans la marmite
La tajmaât rêve déjà au printemps
La lune et les étoiles demeurent claustrées
La bûche de chêne remplace les claies
La famille rassemblée
Prête l'oreille au conte

Je t'en prie père Inouba ouvre-moi la porte
O fille Ghriba fais tinter tes bracelets
Je crains l'ogre de la forêt père Inouba
O fille Ghriba je le crains aussi

(En désespoir de cause de les trouver en kabyle, régalons nous tout de même avec la version française...)
H.C.
Rédigé par H.C. le 26/04/2005 à 16:35 | Permalien | Commentaires (464)
 
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Souvenirs, souvenirs...  20/04/2005

"La mémoire est la sentinelle de l'esprit", Shakespeare.
Et si on remontait le fil de nos souvenirs, ensembles? Nos souvenirs de gosses dodus par exemple :)
A ce propos disait Freud :" L'homme ne peut pas éternellement demeurer un enfant, il lui faut enfin s'aventurer dans l'univers hostile".
Je propose de faire le contraire, de remonter le temps et retomber dans l'enfance. Faisant les bébés le temps d'une journée... :)
H.C.
Rédigé par H.C. le 20/04/2005 à 12:42 | Permalien | Commentaires (34)
 
Coups de coeur 
La musique est mon bulletin de vote ! (Amazigh Kateb)  15/04/2005
Comme je viens de commencer Nedjma de Kateb Yacine, j'ai pensé à une ancienne interview datant d'une année que j'ai faite avec son fils Amazigh (Gnawa Diffusion). En pensant également à Dayzine (aussi bien les bloggeurs que les chanteurs) j'ai décidé de la mettre en ligne, sachant qu'elle était publiée sur Le matin et dans Horizon citoyen (revue électronique des lauréats de l'ENSIAS, www.horizoncitoyens.info)
Amazigh Kateb, leader charismatique de la célèbre composition maroco-algériano-française Ganawa diffusion, et fils du non moins célèbre homme de lettres algérien Kateb Yacine, est un personnage singulier avec un sourire charmant et un esprit poignant typiquement algérien, un obus dans un Maghreb de plus en plus amadoué… Dans un café sis boulevard Ziraoui à Casablanca et après une bonne séance de répétitions avec Hoba Hoba Spirit dans le sous-sol d’une villa avoisinante, Amazigh me livra quelques confidences sur son rapport avec son père, gnawa et Marx…
H.C.
Interview Amazigh (gnawa diff).doc (119 KB)
Rédigé par H.C. le 15/04/2005 à 11:03 | Permalien | Commentaires (5398) | Trackbacks (0)
 
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Azul  14/04/2005
C’est le seul mot amazigh que je connaisse, moi la marocaine dont les origines ne sont ni de la péninsule arabe, ni de la terre du Maroc amazigh, mais un brassage des deux. Cependant, l’arabe est, par je ne sais quel miracle, ma langue maternelle, et la seule, dans laquelle je puisse toujours m’exprimer sans aucune difficulté. J’en suis plus attristée qu’étonnée. Je n’ai pas à m’en vouloir pour cette ignorance de mes origines diverses, de mes langues maternelles, de toutes ces facettes de culture qui façonnent mon identité, mais j’en veux à ce zèle que nous avons, encore aujourd’hui, à nous déclarer arabes d’abord et marocains ensuite.
Je suis, puisque c’est ma conviction, marocaine avant tout, un peu arabe, un peu amazigh, le reste c’est moi-même.
Mes meilleurs amis ont été des amazighs, mon épicier et le directeur d’une grande holding de la place le sont également. La belle-mère de ma sœur est amazighe, mes neveux le sont, la voisine, mon dentiste et moi…
Ce qui est encore plus affligeant aujourd’hui est que la cause amazighe est défendue par seuls ceux qui parlent la langue. Elle devrait être revendiquée encore plus par ceux qui se sont appropriés les plaines, les administrations, l’école et le paysage médiatique, car nul développement si on s’obstine à nier une partie de notre culture, de notre identité.
L’amazigh est l’homme libre, l’arabe est l’homme du désert généreux et poète. Je rêve de rassembler, un jour, les deux dans un seul moi !
H.C.
Rédigé par H.C. le 14/04/2005 à 10:57 | Permalien | Commentaires (387)
 
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Citation  11/04/2005

« Pour les États héréditaires et façonnés à l'obéissance envers la famille du prince, il y a bien moins de difficultés à les maintenir que les États nouveaux : il suffit au prince de ne point outrepasser les bornes posées par ses ancêtres, et de temporiser avec les événements. Aussi, ne fût-il doué que d'une capacité ordinaire, il saura se maintenir sur le trône, à moins qu'une force irrésistible et hors de toute prévoyance ne l'en renverse. »

Nicolas Machiavel, Le prince (1513)
H.C.
Rédigé par H.C. le 11/04/2005 à 10:54 | Permalien | Commentaires (16)
 

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