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Samedi 11 Juillet 2009
Le Parleur.  - My Blog
" Lis un peu cher ami, ouvre toi à d'autres horizons, dévellope ton esprit voyons, à quoi sert-il de vivre lorsqu'on compte à peine une centaine de mots dans son vocabulaire ?"

Hicham, un ami récent, s'érige de plus en plus en moralisateur, il fait partie de ces hommes dont l'opinon deux mêmes est tellement formidable qu'il se sentent une envie irrépresible de vous faire rentrer dans le droit chemin, dans leur chemin. Alors, il dévise, argumente, se plie en quatre vous irradier de son savoir. Il aime les jeux d'esprits, adore discourir . Hélas, ses thématiques sont d'une récurrence tuante. J'ai droit à un réquisitoire sur la lecture toutes les deux semaines. En effet, Hicham opére en cycles, tantôt s'attaquant aux enjambées galopantes du matérialisme tantôt à l'ennemi de l'homme, selon lui : l'ignorance mais le plus souvent, comme c'est le cas ce soir, à l'extrême importance de la lecture.

" Achète des livres, télécharge des classiques, vise une amélioration constante de tes qualités intellectuelles. Tu me rappelles tout ces bons à rien qui écument les terrasses de cafés, parlant, parlant, offrant leur jeunesse à la bêtise d'une époque au lieu de s'employer à être meilleurs, à plonger dans une oeuvre, à s'exposer aux génies d'auteurs défunts. Pourquoi ne lis-tu-pas ? Tu n'en as pas la patience ? Ah tu n'en as pas le temps. Excuse classique et insignifiante. tu préferes t'immobiliser dans la médiocrité plutot que de sacrifier une heure de ton temps à nourrir ton esprit poreux. Tu me fais de la peine;"

"(...) Va, Va, mon ami, je ne t'en veux pas. Tu n'est qu'une brique dans une gigantesque muraille. Des comme toi j'en connais pléthore. Des fiers-à-bras .tout plein de leur propre importance, se plaignant de ce que le travaill les ravit d'une vie. Dans un subtil mélange de joie et de dégout, ils vous racontent leur journée, pleurent de devoir travailler si dur, si longtemps, mais au fond, ne se définissent que par leur petite activité et leur petits salaires de néo-prolétaires. J'ai honte de vous."

"(...) Ne sais tu pas qu'un mode de lecture intensif peut t'aider dans ce travail si prenant, si fastidieux. Refléchis un peu, nous vivons dans une époque du tout-communiquant . Pauvre de toi, même cette réalité éclatante t'échappe. Le travail est une lutte de chaque instant, on lutte contre soi-même, contre ses propres tendances à paresser, on lutte contre ses collègues, on se fixe comme objectif d'en surclasser les performances. Et comment fait-on ça ? Par la roublardise et les procédés malicieux. On préfere la ruse à l'excellence car la ruse découle d'un reflexe naturel tandis que l'excellence se forge, se bâtit au profit d'un dur labeur, d'une abnégation sans fin. Pourquoi ne choisirais-tu pas de te démarquer par la force de tes raisonnement, par la densité de tes mots et la logique de tes idées, tu aurais là un capital exploitable toute une vie durant. La ruse à ses limites car l'on fint indubitablement par tomber sur plus rusé que soi. En revanche, dans un pays fait de philistins, la solidité d'un esprit trempé dans la lecture la plus abondante, est une denrée des plus rare et de ce fait, des plus recherchée."

" (...) Tu te trompes de stratégie mon ami. Tu te laisses entraîner par les normes communes, tu te coules dans le mauvais moule. Depuis qu'on se connait, je n'ai cessé de te vendre la necessité de lire. As tu jamais ouvert ne serait-ce qu'une revue ? Je suppose que non, ton vocabulaire et l'orthographe de tes SMS en atteste. Pourquoi vis-tu comme une bête ? Ceci me rend vraiment perplexe. Car, je vois en toi, non pas un mécréant du savoir, mais un homme doté d'un potentiel. Ton intelligence n'est pas négligeable et, plus d'une fois, tu m'as surpris par un raisonnement pertinent. Hélas, tu me sembles être défintivement vacciné contre la lecture. Lis mon ami, prends mon conseil. Je te vois comme un obèse de l'ignorance, lesté d'un obscurantisme vil, accumulant les régressions mentales comme on accumulerais les kilos. Tu as beoisn d'une diète, tu dois t'assouplir mentalement, éliminer cette mauvaise graisse pour laisser apparaître du muscle, du muscle sain, une figure plaisante. Donne toi le moyen d'être agréable par l'esprit."

"(...) Cela passe par un certain nombre de concessions, une forme d'ascèse. Il ne faudra plus se laisser tenter par les pubs , les boites de nuits, les restaurants et les cafés, on y laisse sa santé sans pour autant y gagner un cerveau. Combien de cigarette, de bières, de blagues idiotes, de discussions creuses, devras tu consommer avant de te rendre à cette évidence : ce mode de vie rend stupide et, pour t'avoir analysé, je puis te dire que tu es à " ça" ( un centimètre entre l'index et le pouce) de le devenir à ton tour. Délestes toi de ces boulets, ouvre toi aux bienfaits de la connaissance, lis, fixe toi des objectifs. Au lieu de t'enquérir à propos du Pub en vogue dans lequel tu comptes passer ta soirée du Samedi, délectes toi plutot de plaisir qu'on a à découvrir une oeuvre originale, transporte toi vers d'autres plateaux de consciences, plus riches, autrement plus brillants que ne l'est une vulgaire boule à facette . "

"(...) Evite de devenir aussi vain que ma pauvre femme. Victime de ses fréquentations futiles, elle n'a d'objectif dans la vie que de s'afficher au Kazbar, au Carré rouge ou que sais-je. Des noms plus barbabres et plus idiots les uns que les autres. Je finirais par m'en séparer de cette pauvre malheureuse. Elle voit en mes livres une sorte de peste, je la soupçonne de les brûler, de monter des autodafés inquisitoriaux et d'y balancer ce que j'ai passé une vie entière à amasser, ma vraie fortune, mon seul capital, mes livres. Elle flambe mes livres comme elle flambe mon argent sur ces bouteilles de champagne, ces dîners à 2000 Dhs, ces escaprins à 5000 Dhs. De plus en plus elle se définit fièrement en consommatrice sauvage. Empilant les objects comme moi j'empile les enseignements précieux des grands de ce monde. Elle n'est plus capable d'un calcul mental, d'une rétention d'information. L'actualité, elle s'en fiche, l'état de la planète ne lui cause que soupirs et ennui. Je la plains fort, mais elle, vois-tu, est irrécupérable. C'en est fini, elle ne s'en sortira plus, elle n'en a pas l'envie, elle ne peut pas concèder l'effort. Toi par contre, du fait de ta jeunesse et de ta prédispostion, tu peux encore te sauver, briser le carcan de l'ignorance et te hisser dans la sphère des libres penseurs. tu devras pour cela t'astreindre à un régime d'étude très fourni. Mais tu verras que ton entreprise, si elle se concrétise, t'octroiera bien des satisfactions. Tu t'élevera de facto au dessus de la masse divertissante, et tu jugeras ton passé de clubbeur avec la condescendance et la pitié qui s'imposent. Fais moi plaisir, passe demain à la maison, j'aurais quelques ouvrages à te proposer. Ne recule pas devant l'éventualité d'abandonner tes habits de luxure, rejoins le rang des lumières. Fais de toi un homme un vrai. Fais comme moi"

Pendant toute la durée du discours d'Hicham, j'étais au téléphone avec une fille rencontrée sur Facebook, nous choisissions l'endroit ou nous dinerions plus tard dans la soirée. Nous irons finalement manger une pizza à la Toscana. Les envolées lyriques d'hicham ne s'embarassent jamais du manque de concentration de ses interlocuteurs. Ces reflexes d'orateurs n'ont en que faire de l'interêt affiché par son auditoire. Il se définit par la parole et il parlera vaille que vaille, le reste ne l'intéresse pas. Peut être as-t-il dit une ou deux choses valant la peine d'être sues ? Pour autant, je ne regrette pas ma surdité momentanée. Ce soir je dîne avec une inconnue et, quand bien même ne serait-elle pas aussi cultivé qu'Hicham, son mérite résidera au moins dans sa nouveauté, et c'est bien là tout ce qui m'importe...
Rédigé par Reda Dalil le Samedi 11 Juillet 2009 à 10:51 | Permalien | Commentaires (0)

Vendredi 10 Juillet 2009
A la lisière de L'inconscient.  - My Blog
Par un après midi langoureux du mois de juillet, étendus sur des transats, nous goûtons à ces instants de la vie qui paraissent s'étirer sans limites, nous noyant dans une volupté doucereuse, étouffant nos doutes, nos paniques et nos angoisses. Sa proximité m'a toujours reposé. Comme un parent soucieux de conserver son enfant dans son champ de vision, je souhaite sentir son contact, humer sa senteur, croiser le fer avec son bel esprit. J'ai cessé de me croire indépendant lorsque j'ai croisé sa route. Elle s'est imposée à moi avec l'évidence d'une journée d'été. Belle ? Elle l'est assurément mais là n'est pas le plus important. Sa présence m'apporte une donnée presque intangible, quelque chose qui ressemblerait au repos de l'âme. Aucune vulgarité n'anime son discours, aucune agressivité n'émane de son aura. Elle se présente telle une nymphe guillerette, aux mouvements fluides, à la voix enchanteresse. Me complète-t-elle ? Je le pense vraiment. Lorsque dans ces moments de tragédie envisagée, je cauchemarde l'avoir perdu, je suis au bord des larmes, à la lisière du vomissement. Depuis que je l'ai vu, je ne l'ai plus jamais quitté. Je l'ai greffé à mon corps, accompagnant le moindre de ses pas, la suivant dans ses déplacements, m'arrangeant pour qu'elle peuple chaque instant de conscience. Je veux me réveiller auprès d'elle, me coucher à ses côtés et respirer son parfum dans l'intervalle. Pourquoi s'en cacher ? A quoi bon prendre des postures machistes, refouler sa dépendance ? Je suis drogué à cette fille est je recherche l'overdose. Cette Overdose je l'appelle de tous mes vœux dussé-je en mourir. Mourir d'avoir trop aimé ne me cause aucune nervosité. Si telle se devait être mon épitaphe, j'irais dans l'au delà un homme heureux, heureux d'avoir tant désiré une femme.

Hélas, j'ai des phases, des phases distinctes. Mon entourage impute ses phases à une instabilité psychique non-identifiée. J'alterne le chaud et le froid. Aux moments de formidable exaltation succèdent des instants de profond désespoir. Vivre à mes côtés n'est pas chose aisée j'en suis infiniment conscient. Elle a le mérite de supporter mon grand huit mental, mais sa patience est-elle sans limites ? Très honnêtement, je ne le pense pas. Je n'ai aucun contrôle sur les flux et reflux de ma joie de vivre. Je n’en suis ni plus ni moins que la première victime. Comment dire ? Contrairement à la schizophrénie classique laquelle, dans bien des cas, se présente sous une forme consciente, les dégâts que je cause en période de trouble, s’opèrent de façon aveugle et me laissent perplexe une fois l'ouragan passé. C'est bien simple, je ne sais plus ce que je fais. On m'a souvent comparé à un ivrogne, un pauvre bougre insultant sa famille et raillant ses amis les soirs de beuveries puis, regrettant ses incartades de la veille le lendemain. Je dois donner de la validité à cette comparaison. Effectivement, mes phases noires sont assorties d'une amnésie immédiate. Ainsi, lorsqu'on me confronte au récit de mes comportements névrotiques, j'en suis le premier étonné, je me confonds en excuses, je pleure, je baise des mains, j'implore, répétant jusqu’à la nausée : " Ce n'était pas moi, ce n'était pas moi, Il faut me croire, par pitié, croyez moi ! ".

Aucun des médecins que je consulte pourtant régulièrement, ne trouve d’explication scientifique à mon mal, la plupart me prescrivent des anxiolytiques que je ne prends pas par peur de l'accoutumance. Je ne peux donner de nom à ma psychopathologie. Après longue réflexion, j'ai éliminé la possibilité d'être schizophrène car mon alter égo agressif, de l'avis de tous, est loin d'être incohérent. Non, sa perfidie réside plutôt dans le développement d'une argumentation froide et pernicieuse certes mais on ne peut plus logique. D'après ma femme, les symptômes de mes phases obscures ressemblent à ceci. En premier lieu, mon regard s'habille d'une dureté implacable, mes sourcils s'arqueboutent, des rides me strient le front, je fixe un point immobile avant de me lancer dans des laïus enfiévrés. Ma faconde devient abondante mais précise, s'évertuant à démonter par la raison toute personne se situant dans un rayon de moins de deux mètres. Je trouve un défaut chez ces personnes et l'exploite minutieusement, créant une gêne terrible et général. Les opinions concordent à dire qu'en ces tranches de démence, oui je le dis, de démence, ma voix devient monocorde, mon débit sourd et ma malice exceptionnelle. Je deviens le détracteur ultime, appelant un chat un chat, maugréant à la face du monde toute ma détestation de la médiocrité, de l'imperfection et, thème récurrent, de la vulgarité et du pharisianisme. Tandis que dans mon état normal, je suis un modèle de tact, de délicatesse et de timidité, mes incursions dans cette sphère de conscience parallèle font de moi un monstre d'assurance, une bête de nihilisme, un être insensible et cynique.

Je n'ai pour ainsi dire aucun contrôle sur les manifestations de ce mal. Par conséquent aucun recours n'est possible, aucune piste de guérison n'est envisageable. A l'image de Bruce Banner et de sa transformation en l'incroyable Hulk, mon passage de l'autre côté, une fois enclenché, doit aller à son terme. Quelles sont donc les événements susceptibles d'ouvrir cette brèche vers l'antipathie ? Ils sont multiplies, ils doivent l'être en tous cas. De retour à mon état normal, ma dépense d'énergie a été telle qu'aucun souvenir ne me revient et, de ce fait, n'ayant aucune mémoire de ce qui aurait pu déclencher ma furie, je ne peux me dresser une stratégie d'esquive, de prévention.

Pourtant, depuis deux mois, je suis en mesure d'exploiter les quelques secondes séparant mon passage vers l'inconnu pour en avertir mon entourage. Pour résumer, je les somme de déguerpir, de me laisser seul, de partir vite, de revenir au bout de deux heures. C'est là, je le crains, la seule façon de contenir le mal. En demeurant seul, je prends le risque de m'acharner sur moi même, et, en règle générale, c'est ce que je fais. Ces périodes de démence solitaire ne se soldent jamais pacifiquement. Bien des fois j'en ressors avec des contusions sur le corps, des mains ensanglantées. Selon ma femme, j'ai même failli un jour me trancher les veines, me donner la mort. J'y ai pensé. En réalité, lorsque je me trouve entouré de gens, ma colère sourde se choisit un exutoire sous la forme d'invectives distillées ça et là. En revanche, quand cette grande énergie maléfique ne trouve aucun vis-à-vis, elle se retourne contre son auteur avec une intensité aveugle, sauvage. Comment faire donc pour juguler cette descente aux enfers ? Comment en atténuer les répercussions ? Je n'en ai pas la moindre idée pour être franc.

Heureusement, le tableau n'est pas entièrement noir, mes « phases », durant les trois derniers mois, se sont déployées avec moins de fréquence. Je n’ai eu à en déplorer que deux uniquement. J'ai par conséquent bon espoir qu'entouré par l'affection désintéressée de ma femme que j'aime à en mourir, mon fléau personnel y trouvera son trépas. Puis-je par la force de cet amour, conjurer cette personnalité scandaleuse qui m'habite ? Je prie afin que cela soit le cas. L'avenir seul à le pouvoir de me le dire.

Cette journée est en tout point sublime. Des enfants s'activent sur le farniente, des châteaux de sable se construisent, se détruisent, des ballons s'échangent de mains, une cacophonie du bonheur tresse ses filets autour de nous et la tiédeur d'un soleil au paroxysme de sa brillance nous réconforte le corps. Ouvrant nonchalamment les yeux, je perçois une énième mélodie du bonheur, un couple dans la force de l'âge jouant au frisbee avec deux enfants, une fille et un garçon, le choix des rois, l'apogée de la plénitude. La femme est d'une beauté classique, des cheveux soyeux et sublimés par le soleil, affichant de délicieux reliefs blonds, l'homme est droit, grand de taille, une musculature définie, des gestes précis et énergiques. Je les regarde un moment, en suis tellement ému que l'envie me vient de partager ce spectacle avec l'amour de ma vie. A mon grand étonnement, elle aussi n'y est pas insensible. Je l'observe observant ce couple et remarque que ses yeux s'attardent longuement sur le corps de l'homme. Je crois d'abord à une coïncidence futile, le champ de vision humain est large me dis-je, certes son regard est orientée vers sa direction mais, je n'ai pas moyen de dire si elle a bien cet homme athlétique en ligne de mire plutôt que la petite fille, le petit garçon ou la femme. Tout d'un coup, l'homme se détache de sa famille pour courir après le frisbee lequel, pris dans l'élan d'une brise subite, s’est envolé au loin pour atterrir parmi les vagues. Me retournant centimètres par centimètres pour vérifier que ma femme ne l'a pas pisté du regard, je réalise, meurtri, qu'elle l'a fait.

Elle était donc bien en train d'admirer cet homme.

Il n'en faut pas plus pour réveiller mon anti-moi, je sens un déchirement m'attaquer à l'estomac, mes capacités mentales défaillissent, je ne dis qu'une chose avant de sombrer : « Dégages vite, casse toi, casse toi, putain va-t-en, pars, pars, vite,vite, viiiite.... »
Rédigé par Reda Dalil le Vendredi 10 Juillet 2009 à 10:45 | Permalien | Commentaires (0)

Jeudi 09 Juillet 2009
Le Bouton.  - My Blog
A trois minutes du Direct, on ne se pose plus de questions, on y va un point c'est tout.

Mais l'affaire de Hafida est assez terrible.

Une petite rougeur sur le front au petit matin, rien de bien suspect, rien qui ne puisse se camoufler. Vers midi, la rougeur s'était quelque peu élargie, mais les maquilleuses n'y voyaient aucune gravité. Aux alentours de 19 heures, la rougeur avait laissé place à un bouton, une énorme purulence qui ne cessait de prendre du volume, se dilatant au fil des minutes, prenant des proportions inesthétiques. Hafida travaillait ces notes de prompteurs devant un mirroir, vérifiant et re-vérifiant l'ampleur des dêgats. A vingt heures, on lui fit une injection de viraféronPeg Stylo, un puissant désinfectant . Cinq minutes plus tard, le bouton éclatat, révélant, en dehors d'une rivière de pus gélatineux, un foisonnement de boutons minuscules. Le spectacle que présentait le Front d'Hafida n'avait plus rien de terretsre ; Les maquilleuses s'activèrent à lui peinturlurer le visage de monticules entiers de fond de teint extrême. Ca pouvait aller pensèrent-t-elles l'espace de quelques minutes. Hélas, le fond de teint s'étant carapacé trop rapidement, une craquelure apparu au milieu du front, on eut dit que les micro-boutons s'activaient à creuser une ouverture sur l'air libre. Ce fût pénible à contempler. On émit la proposition de lui apposer une bande en nylex sur le trou , quelqu'un suggéra de lui faire porter une perruque avec une frange afin de cacher la disgrâce. On opta pour la perruque, bien que cela fut risqué car les spectateurs se dit Hafida, habitués à son front dégagé, s'en seraient très rapidement rendu compte ce qui ferait se propager les rumeurs les plus folles.

Hafida Fût donc coiffée d'un perruque bon marché qu'on du aller chercher en catastrophe sur le plateau d'une emission pour enfants. Le toupet appartenait à un...Clown, C'était une toison bouclée et très dense d'un rose fuchsia criard. Peut être eut-il été plus judicieux de ne rien mettre pensa Hafida pendant que derrière la console de mixage, un machiniste décomptait ... 3 , 2, 1 Antenne. Il était trop tard, il fallait faire son travail. Elle prit une inspiration et commençat son Direct.

" Mesdames et messieurs bonjour, Deux explosions mortelles à Karachi dans la soirée D'hier, On déplore vingt-cinq Morts et quelque 290 blessés, les autorités pakistanaises évoquent la piste d' un attentat lié au conflit du Cachemire..."

Une sensation bizarre la prit en siège, il lui semblait que la plaie s'était rouverte, des picotements se faisaient sentir.

" (...) Ahmadinejjad a déclaré je cite : " L'état D'Israel est une menace pour la pais dans la région", un porte-parole de la maison blanche a fait part de la Déception du président des Etats-unis quant aux affirmations scandaleuses du président Iranien..."

Ellen sentit des brûlures émaner de son front. C'était comme si, soudainement, les mini-boutons avaient grossis de concert, elle se projettait à present son front à l'image d'une bouillie infecte d'ou, suintait un liquide visqueux et odorant, Elle était bien dans l'embarras.

" Le mémorial organisé en l'honneur de roi de la Pop Michael Jackson fait couler de l'encre dans le conseil communal de la ville de Los Angeles, les Elus Démocrates reprochent à leur vis-à-vis Républicains d'avoir concédé des dépenses excessives dans la préparation de l'évenement? On estime le cout des obsèques à 35 millions de Dollars pour la ville des anges."

Une giclée soudaine de pus se produisit sur sa surface frontale emettant un petit bruit sec, elle ne pouvait tenir, elle lutta contre le désir farouche de vérifier l'ampleur des dêgats par elle même, elle voulu tâter en dessous de la frange, mais elle ne courut pas le risque, un geste aussi brusque aurait à jamais compromis sa carrière"

" L' OMC fait état d'une propagation exponentielle du Virus H1 N1 , selon un dernier rapport bactériologique, l'on déplorerait 45 millions de cas à travers le Monde. Le Chili déclare l'état de siège, demandant à la population d'éviter le centre-ville et plus génralement, tout endroit à haute fréquentation humaine"

Une coulée brûlante se mit à glisser le long de son arête nasale. Elle fût prise de panique. Manifestement, le contact de la perruque avec la plaie en avait aggravé l'abrasion. Elle eut comme un hoquet et, subrepticementt, comme pour ajuster sa frange, elle effleura d'un index le bout de son nez. Elle en receuillit un liquide granuleux.

" Des factions rebelles Afghanes ont investi l'Aéroport international de Kaboul provoquant des affrontements sanglants avec une Brigade de Casque-bleus. Le bilan : Douze morts, dont Quatre civils."

Les bouleversements cutanés avaient atteint leur paroxysme. Tout le front était baigné de pustulences à présent, et celles ci débordaient sur l'arcade sourcillière et s'écoulaient sur les yeux de hafida, se déversant ensuite par flots entiers le long de ses joues. Son visage en était entièrement recouvert alors, lorsqu'il lui a fallu annocer le prochain flash, on assista ce qui suit :

" Flash de Dernière minute, le Dalai Lama se rend au bhoutan... hein... Pardon...je... J'hallucine... Le quoi ? ... Le bhoutan... Non mais on se fout de la gueule de qui là au juste... C'est une putain de blague, on me joue un tour pas vrai ? Elle est ou la caméra invisible...vous aller vous mettre à applaudir bande de tapettes, Pédés.... saloperie de journaliste de mes deux, je vous chie dessus bande de connards. Vous voulez voir un truc marrant ?"

Elle arrache sa perruque et dévoile un front lunaire, criblé de boursouflures, roseâtre de par sa couleur et paraissant jonché de cratères en ébulition. L'équipe du plateau, y compris les maquilleuses, détournèrent le regard, irrités dans leur fort intérieur par cette vision de l'apocalypse. Hafida n'y tenant plus, éclata en sanglots et s'echappat vers les coulisses.


Un Rédacteur stagiaire témoin de l'incident, profita de l'excitation générale pour se frayer un chemin vers la loge de Hafida. Il la trouva effondrée sur un fauteil couvrant son visage par une sorte de châle noir. Il tira une chaise et s'installa.

- Hafida demanda-til, Tu crois vraiment que tu ça était nécessaire ?

- Pardon dit-elle, non mais tu m'as vu, sérieusement tu m'as vu ? Fallait pas m'obliger à faire ça devant des millions de téléspectateurs, ma carrière est finie, je suis finie.

A cet instant, le jeune rédacteur choisit de dissiper une illusion dont souffrait cette pauvre diva depuis environ trois ans.


- Hafida murmura-t-il visiblement confus, Hafida ma chérie, il n'y a jamais eu de spectateurs , Hafida tu bosses dans le câble, personne ne te voit, et personne n'a rien vu . Tu t'es gravement décredibilisée alors qu'on aurait pu désinfecter ta plaie pendant le direct. Tu le sais bien que nous avons des taux d'audience rikikis, nous n'avons aucun flux de revenues publicitaires et si ça peut te soulager, les bruits de couloirs disent qu'on met la clef sous la porte dans deux semaines. Tout ceci était inutile ma chérie. Je suis désolé mais c'est comme ça ! "

Après avoir crever l'imaginaire tordu de Hafida comme on perçerait un bouton blanc , il prit congé d'elle, l'abandonnant là, pleurant toutes les larmes de son corps comme à chaque fois qu'un évenement ou un personne lui rappelle qu'en réalité, personne ne la regarde...
Rédigé par Reda Dalil le Jeudi 09 Juillet 2009 à 10:27 | Permalien | Commentaires (0)

Mercredi 08 Juillet 2009
Mode de Compatibilité.  - My Blog
Il a un caractère difficile, est souvent de mauvaise humeur, laisse rejaillir sa colère sur son entourage, traite les gens avec sévérité, malmène ses collègues de bureau, pense n'être entouré que d'imbéciles. Il boit, fume, consomme le joint occasionnel, fréquente des bars à tapas, s'enivre, cherche des noises aux serveurs dans les cafés, marchande l'achat d'un chewing-gum, commande des pizzas le soir, ne laisse aucun pourboire au livreur. Ses attributs l'empêchent d'exploiter une intelligence assez considérable. Il polarise par ses opinions, il emprunte les voies du contre-courant sur les grands problèmes de la planète, il considère que l'écologie est un non-problème, il a une fascination exagérée pour les théories de conspiration, pense que Kennedy a été éliminé par le CIA. Il est bruyant, peu généreux, sanguin, il hurle pour parler, ne donne jamais l'aumône, ne graisse jamais de pattes préférant, par principe, se soumettre aux lois arbitraires de l’administration plutôt que d'enrichir un pion. Il se sait vil, il n'y peut rien, il continuera à l'être. Il ne dépense jamais plus de 25 Dhs pour un repas, ses costumes datent des années 80. C'est un vestige de l'ancien monde, plus à l'aise dans le passé que le présent, il refuse de se projeter dans l'avenir. Il est armé de certitudes, la pensée unique est son arme de prédilection, il démonte les créatifs, se rie de l'originalité. Ses diatribes contre " Ces jeunes aux cheveux cloués sur la tête" comme il dit, ne se comptent plus. Dans la mesure où il peut distiller des critiques assassines, il parle, sinon, il se contente d'arborer un sourire malsain. Il raille, souffre peut être d'une jalousie maladive à l'égard des riches ; Il s'exprime en terme de réussite, ratiocine la réussite, affirme que la réussite se passe "là dedans" en s'indiquant la tempe de l'index. Paradoxalement, il n'affiche aucune foi, ne craint aucune force invisible. La mention de la femme sculpte sur son visage une expression lubrique. Il commence ses phrases par " Quel con !" les termine par " Je vais finir par me casser de ce pays". Non, ce n'est pas un patriote. Il exulte à chaque défaite des lions de l'Atlas, entonne un " Bien fait pour leur gueule". Fait assez bizarre, il cultive une passion pour le Golf télévisée, ne loupe jamais un Open et, nichée dans son portefeuille, il conserve une photo de Tiger Woods brandissant un poing victorieux. Hormis Tiger, il juge les sportifs trop payés. Se lamente sur cette injustice. Il retourne ses bouteilles de coca en verre et réclame la consigne, ne dîne jamais dehors, ne danse jamais sur aucune musique, évite les loisirs qu'il considère inutilement dispendieux, Loue une mansarde sordide à Derb Ghallef pour la bagatelle de 150 Dhs le mois, se rase une fois par semaine, ne joue jamais au loto. A l'aide de sa clef de bureau, il raye la peinture d'une voiture neuve chaque matin, il se moque des Gnaouis, adopte un langage ordurier à proximité d'un groupe de jeunes, ne lis pas les journaux, n'aime pas Internet. Il lui est arrivé de chatter avec une suédoise dans un cybercafé, Cependant, trop impatient, il a proposé une partie de jambes en l'air et s'est vu promptement supprimé de ses contacts. Son objectif est organique et il se décline en une question majeure : Comment se maintenir en vie le plus longtemps possible ? C'est tout.


Elle laisse des pourboires de 20 Dhs à des gardiens de voitures, s'inscrit dans des clubs de gyms sans jamais y mettre les pieds, se lie d'amitiés avec des coccinelles, dissèque son horoscope, compose des mélodies, rédige des poèmes, exécute docilement ses gammes au piano. C'est une grande lectrice, elle évoque des citations tirées de grands classique, affectionne Rabelais, elle s'attache aux gens, trouve de l'intérêt au genre humain, se défile devant une situation de prise de parole publique, rougit, ses yeux offrent souvent le spectacle d'un tourbillon de panique, elle conduit prudemment, ne grillant jamais un feu, marquant scrupuleusement ses stops, elle souhaite la paix dans le monde à la vision d'une étoile filante, est émue par la pauvreté, donne des pièces aux handicapés et aux vieux qui font la quête. On lui fait des surprises, on fête ses anniversaires, on l'invite aux pendaisons de crémaillère, on se confie à elle, elle écoute attentivement sans donner de conseils trop radicaux, ne monte jamais les uns contre les autres, possède une vision enfantine des luttes raciales, voudrait que l'on vive tous en paix et en harmonie. Elle s'avoue comme unique pêché mignon un amour inconsidéré pour les séries turques, Bollywood ne la laisse pas insensible, elle aime les belles fresques romantiques aux fins heureuses, elle a des visions de baisers langoureux sur fond de coucher de soleil. Sa libido est diffuse, elle ressent souvent des picotements de désirs mais se force à en ignorer l'intensité grandissante. A l'occasion, elle aime s'empiffrer de Filet-o-fish, mais en règle générale, sa gourmandise n'est pas alarmante. Elle est consciencieuse dans son travail, ses rapports sont impeccables, sa relation avec la clientèle n'a jamais souffert d'un accroc majeur, hormis peut être ce prestataire de Fès qui, à l'occasion, la harcèle pour un rendez-vous. bonne famille, bonne éducation, des frères aimants et protecteurs, une fiat 500 intérieur cuir blanc, des déjeuners de famille quotidiens, la maman l'appelle à 11 h 30 chaque matin lorsqu'elle a besoin d'une course. Invariablement elle achète le pain et la limonade. Le papa est un gentil patriarche ex Haut-fonctionnaire à la retraite qui a troqué le costume trois pièces pour la Gandoura-chausettes-mocassins blancs. Elle ne traîne aucune stigmate lié à l'enfance. Elle entrevoit l'avenir avec une teinte d'optimisme indécrottable, ne porte pas de jugements hâtifs sur son prochain, estime que les avis tranchées sont dangereux, qu'il faut se remettre constamment en doute. L'amour des enfants représente pour elle la mission d'une vie. Ses nièces et neveux en sont les principaux bénéficiaires , elle leur fait office de seconde mère, les gâte, leur parle et , malgré ses 28 ans se retrouve parfois à partager leurs jeux d'enfants, saute-mouton, cache-cache, 123 soleil, tout y passe. Elle aimerait un jour en avoir au moins trois.

Ces deux personnes offrent un formidable contraste. Peux-ton imaginer une incompatibilité aussi affirmée ? Très sérieusement je ne le pense pas. D'ailleurs, cette interrogation m'a taraudé pendant un certain temps. J'ai donc du agir, mener ma propre enquête sociologique. J’ai, je dois dire assez honteusement, comploté afin que ces deux amis se retrouvent dans un tête-à-tête à priori romantique. Les deux cherchant depuis longtemps un partenaire, j'ai saisi cette occasion pour les mettre en contact. Ils se sont donc téléphonés pendant un certain temps (la fille appelant le plus souvent) et ont décidé de se voir.

Je ne pouvais pas manquer cette rencontre des contraires. Je n'ai pas été étonné de savoir qu'il avait prévu de faire ça à la grilladerie de Bir Anzarane. Je m'y suis donc rendu une heure à l'avance et ai pris une table à l'étage laquelle donnait sur la terrasse. Je pouvais donc voir sans être vu. Une heure s'est écoulée et comme prévu, elle est arrivée en premier, a fait un tour de reconnaissance, puis s'est installée dehors et a entrepris de feuilleter nerveusement le menu. Un quart d'heure plus tard, il était là. Je ne pouvais entendre ce qu’ils se disaient, mais j'ai eu la nette impression qu'une conversation aimable avait lieu. Lui, par trop entreprenant, se hasardait à lui toucher la main, elle, timide, l'éloignait invariablement. Leur repas a duré environ une heure et fût émaillé, à ma grande surprise, de fou-rires, de clin-d'oeil. Manifestement, le tact de la demoiselle avait fait de cet entrevue un moment plaisant. Deuxième surprise, plus étonnante cette fois-ci, il a insisté pour payer. Au moment de se quitter, elle la laissé lui tenir assez longuement la main et profitant de l'alchimie du moment, il l'a embrassé sur le front. Ma foi, je n'y croyais pas. Cette expérience aurait du se solder par une interruption prématurée, un départ hâtif de la fille. Il n'apparaissait dans aucun de mes calculs qu'ils puissent passer un bon moment, se tenir la main et s'embrasser.

Manifestement je me trompais.

Plutôt ravi de l'issue de cette histoire, je me suis remis à croire en l'amour. Le sentiment est donc capable de concilier le Ying et le yang, le beau et le laid, les différences les plus béantes. Une belle leçon d'espoir finalement.

Le même soir alors que je consignais mes observations sur une note, j'ai reçu un SMS de la fille disant ceci " Merci de me l'avoir présenté, il est charmant, je vais le revoir !". Bien me suis-je dit, voila qui donnera plus de poids à ma conclusion. Néanmoins à la réception du deuxième SMS, celui là venant de lui, j'ai aussitôt jeté ma morale naissante aux orties. Son SMS disait " Merci l'ami, dans deux jours pas plus, je la nique". Triste n'est ce pas ?
Rédigé par Reda Dalil le Mercredi 08 Juillet 2009 à 11:18 | Permalien | Commentaires (0)

Mardi 07 Juillet 2009
La crème de la crème  - My Blog
On me demande d'assister à une conférence, je m'y rends, traînant les pieds. C'est à dire qu'à moins d'une invitation au festival d'angoulême, mon enthousisasme pour ces choses là, les choses du capital, est définitvement décédé. Quoi qu'il en soit, j'y suis, la salle est immense, un drap blanc est dressé en son milieu, on s'attend à une série d'interventions autour du thème " Aimez l'entreprise" . Tout un programme. Aimer Le diable pour faire plus simple. Peut on vraiment ? Oh je suis sur qu'on peut. D'ailleurs, les convives ont tous l'air d'avoir d'ors et déja adhéré à ce mantra. Des pantalons à pinces, des costumes à revers croisés, des mocassins en peau de crocodile. De l'abondance de matière textile. Je choisis de m'asseoir au dernier rang en espèrant m'endormir eveillé pendant une heure ou deux. Le spectacle commence et bientôt, ma tête siffle d'un ronronnement hypnotique ce qui résume ma présence ici à une lutte mortelle contre la lourdeur grandissante de mes paupières. Besoin de dormir d'échapper à ces clichés : Gouvernance, mondialisation, commerce équitable, grande famille, adhésion, esprit d'équipe, joie de travailler, Work hard, play hard, motivation, leadership... Mes vertèbres cervicales sont sur le point de plaquer mon visage contre mon épaule quand mon voisin de droite me parle, je sursaute, il me tutoie.

" Tu vois la nana qui fait son speech la ? ah au fait moi c'est Nabyl , Nabyl tabite ! Enchanté"

Effectivement je la vois, belle, grande, stature imposante, bonne gestion de l'espace, excellent contact visuel avec l'auditoire, expression claire et concise.

" La pauvre, pas de chance dans la vie."

Je me retourne pour mieux scruter mon interlocuteur forcé. Petit, une nez en patate, deux double-mentons, la chemise manquant de craquer sous la pression d'une large bedaine, de grosses gouttes de transpiraton sur le front, les joues, des poils drus jaillissant des narines. je détourne le regard préferant simplement écouter.

" Tu vois c'est une nana brillante, très brillante. Lycée Louis le grand, Centrale Paris, MBA à MIT, PHD à Cornell, des postes de consultante senior chez Mckinsey, Accentur, la totale. Une vraie perle. Elle revient au Maroc ça fait à peu près cinq ans, paf, tout de go parachutée à la tête d'un banque, elle y fait un boulot formidable, assainit le portefeuille, crée une mare de financement et re-paf, on la nomme secretaire d'état à la famille, et là encore, elle s'illustre en réussissant des montages financiers pour le compte d'associations d'aide aux démunis, elle révolutionne le caritatif, crée un système de reconnaissance de dettes citoyennes envers les pauvres, tout le monde participe, c'est un carton plein. En deux ans elle a fait plus pour le social dans ce pays que trente ans d'obésité ministérielle mâle. C'est une crack. L'année dernière elle lâche tout pretextant d'un surmenage terrible et fonde un cabinet de conseil en RH. Rebelotte, elle publie analyse sur analyse, ses interventions sont filmées et repassées dans tous les conseils d'administration de cette ville, elle souffle le chaud et le froid sur la professsion, développe des outils de formations révolutionnaire, participe souvent à des think tank dans son Alma mater. Bref, la réussite incarnée. Son parcours est nickel. T'as vu comment elle s'exprime. En plus je t'explique, là elle étale en français sachant que sa première langue c'est l'anglais forcément, MIT , Cornell, la crème de la crème cette fille".

Je ne vois pas ou il veut en venir, ce qu'il me râbache, je le sais déja, Dix sept millions de marocains le savent, sa biographie est un maronnier, ces photos se distribueraient presque au marché noir, alors merde, s'il doit bousculer ma somnolence, qu'il me dise un truc que j'ignore.

" Y a un bémol par contre, un gros de chez gros, une tuile quoi !"

Ah oui et laquelle ? dis-je vaguement intrigué.

" Elle arrive pas à se faire un mec."

Oui, effectivement, c'est une information de grande importance, il fallait que je sache avant de sucer les pissenlits par la gauche.

" Rien à faire je te dis, je t'explique, elle écume les réseaux sociaux pour se dénicher un jules , pas moyen. Vise pourtant le gabarit. Un spécimen de perversion masculine. Un concentré de courbes à la fermeté garantie vieux, une jument cette fille. Elle doit faire quoi 1 mètre 75 , 1 mètres 80, la paire de nibards qui va avec, des cuisses d'amazone. Hé, entre nous mec, qu'elle m'appelle, je lui fais sa fête en deux temps trois mouvements. Pas besoin de se faire prier pour lui arosser la gerbille, Ha ha, tu vois ce que je veux dire ?..."

" (...) Mais bon, la triste réalité c'est qu'elle leur fout la trouille à ses gonzos de la haute. Trop forte, trop cultivée, trop belle, trop la classe, trop tout la bête. Pas le genre à te mitonner des oeufs aux Khlii de bon matin quoi ! Les mec z'en ont rien à branler de ses dîplomes et de son blé, veulent juste une petite femme bien roulée doublée d'une bonne cuisinière. C'est un besoin qui transcende les classes vieux, crois moi sur parole. Tu lui bourres le frigo de bouffe, tu lui fais pondre une chiée de gosses, tu t'achètes une dreambox que tu fixes sur Nilesat et tu lui soudes une télécommande à la main. Tu fais ça, t'as la paix dans la joie et le malheur. T'as la paix mon grand et si en prime t'arrives à imposer un petit massage quotidien des pieds à au savon beldi, t'as décroché la timbale..."

"... Non tu vois, elle a aucune chance, elle se fera jamais aborder, elle est trop fière pour raccoler des mecs, c'est la quadrature du cercle, elle s'en sortira pas. Je veux bien qu'elle continue à briser des tabous de phallocratie en trustant des postes préstigieux, plus elle se hissera plus on l'évitera. L'équation est simple, et au stade ou elle en est, y a plus d'espoir..."

" (...) Quoi ! elle va tout d'un coup devenir conne, humaine ? Non, elle pourrait même pas simuler la connerie. Punaise, c'est une vraie tragédie et je dis ça parce que faut avouer qu'elle est bonne la bougresse, oh oui ! Toutes ces formes qui ne servent à rien, quel gâchis. Bon il est clair qu'une petite aventure sans lendemain, ça, tu vois, elle peut faire, rien de plus simple, elle peut appeler un de ces pions, une sorte de chargé d'études jeune et vigoureux pour lui nettoyer le conduit de temps en temps. Remarque, si tu veux mon opinion, elle le ferait pas. Trop soucieuse de préserver sa réputation intacte. Non, non, chui sur qu'elle n'oserait pas. Elle est fichue je te dit, elle a franchit des lignes rouges en matière de séduction, elle a trop pouvoir, son charisme la protègera ad vitam des audaces masculines. Je doute qu'elle se fasse draguer...."

" (...) Attend, suis moi deux secondes. T'es au feu rouge dans ta bagnole à 300 Mille balles, t'attend sagement que ça vire au vert et boum, une Cayenne avec elle à l'intérieur s'immobilise à ton niveau. Je parie que tu te choppes un torticoli, t'arrives même pas à jeter une minuscule oeillades en sa direction, elle te tétanise. Crois moi, c'est sans espoir. Regardes bien les mecs au premiers rangs, tu vois, il lèvent pas les yeux sur elle, pourtant c'est pas la tentation qui manque, sa jupe est tellement courte que, d'ici, j'arrive à aperçevoir sa culotte. Je la comprends, s'atiffer de la sorte, c'est un reflexe naturel pour elle, elle veut exciter, elle a envie de produire une réaction biologique chez l'homme car la seule manière qu'elle a de se faire encorner c'est qu'un mec cède à ces pulsions primitives en lui mettant la main au panier dans un ascenceur ou que sais-je , Haha..."

Nabyl lui fais-je, ça te dirait de m'accompagner dehors, j'ai envie de me griller une clope ?
_ Sans problème mec, rétorque-t-il.

En empruntant le Hall de cet Hôtel, je remarque avoir déchiqueté l'intérieur des poches de mon pantalon. Cela a dut se produire pendant le laius de ce minable, un geste nerveux. J'ai dans l'intention dans l'emmener au Parking et de lui foutre la dérouillée de sa vie. Je compte le défigurer, lui refaire le portrait, lui justifier un arrêt de travail de 60 jours. Je vais lui pocher les yeux, lui crever le ventre, lui casser les bras, lui piétinner la gueule, lui pulvériser les couilles avant de les lui faire bouffer. Je vais faire de lui une larve, une loque, une limace grouillante de douleur. Il aura l'air de tout sauf d'un être humain quand j'en aurais fini avec lui.

C'est simple, on ne parle pas comme ça de ma Soeur.

Je l'entends dire " hé tu ne trouves pas qu'on s'éloigne un peu trop ? "

Mon visage se fige dans une expression machiavélique : Roulements de tambours, tout le monde assis, ça commence...
Rédigé par Reda Dalil le Mardi 07 Juillet 2009 à 10:27 | Permalien | Commentaires (0)

Lundi 06 Juillet 2009
Il ne faut pas ...  - My Blog
"Alors, je l'ai fait, j'ai foncé, je l'ai fait ! "

Non je ne te crois pas Siham, ça ne peux pas être vrai, tu n'as pas pu le faire, je refuse de te croire, une fille comme toi, mais tu n'as pas besoin de ça. Comment est-ce possible ? Non,non, tu te fiches de moi c'est ça. Oui c'est ça, allez avoue, ah, tu m'as foutu une trouille de malade. Je le vois bien que tu me charries, regarde toi tu t'amuses hein ? Tu te marres. Faut arrêter de me soumettre à ce genre de torture.

" Je ris par rapport à ta réaction c'est tout. Le fait est que ça s'est produit tel que je te l'ai décrit. C'est comme ça, je ne peux plus faire machine arrière. Ca s'est passé il y a trois mois et depuis, je n'ai de cesse de rationaliser, de me convaincre de ma démarche. Cependant, pour être sincère, je n'y crois pas, ce que j'ai commis est impardonnable. Je pense être maudite à jamais, non, je le sais. Depuis cette soirée, il ne m'arrive que des crasses, le destin s'acharne sur moi, je ne m'explique plus vraiment ce qui s'est passé. J'aimerais effacer cette nuit de mon souvenir, je n'y arrive pas. Tu es la seule personne à laquelle je me suis confié. J'espère que tu pourras conserver ce secret. J'ai honte."

Mais ce n'est pas possible. Siham aurait donc fauté, je ne peux pas le croire, je ne le croirais jamais, je vis mon pire cauchemar. Désormais, je ne croirais plus en rien. Mon socle de certitudes avait besoin de reposer sur l'innocence de Siham. Elle était le dernier rempart me séparant du chaos, du rien. Aujourd'hui, je suis livré aux soubresauts aléatoires du destin. Je perds toute direction. C'est fini, mon passé d'homme certain est levé. Je vis à présent dans un vortex humain dénué de principes. Non Siham, je t'en conjure, dis moi que tout ça n'est q'une plaisanterie de mauvaus goût !

" Ce n'en est pas une. Ecoute, il m'avait quitté, il ne revenait plus, j'avais attendu,pleuré, espéré, téléphoné, harcelé. J'ai fait tout ce qu'il y avait dans mon pouvoir pour le caser dans un coin obscur de mon esprit, le mettre sous scéllé et l'oublier pour toujours. Je n'y suis pas arrivé, j'ai pourtant lutté de toutes mes forces. Alors c'est arrivé trop vite, une décision facile, un reflexe de gourmandise. Comme par une sorte de défi envers ce qui m'arrivait, j'ai foncé dans le tas, j'ai choisi de me tromper, je voulais savoir ce que ça faisait de s'égarer, d'exploser ses repères moraux. Seule une douleure morale allait alléger ma souffrance sentimentale me suis-je dis. J'avais tort. Aujourd'hui je dois composer avec les deux"

Mais malheureuse, tu as été stupide, une parfaite imbécile. Comment as tu pu ?

" Ne me juges pas mon ami je t'en implore, ne me juge pas, surtout pas toi. Il fallait que je parle de ça à quelqu'un, je ne dormais plus de cohabiter avec ce cauchemar. Je perdais la tête, j'a besoin de ta compréhension, je ne sais vraiment plus quoi penser"

Mais...mais, comment veux tu que je comprennes. Je ne peux pas , cela va à l'encontre de toutes les fibres de mon corps. je n'y peux rien, je suis construit de la sorte. La traite du corps ne m'inspire que dégout et antipathie. Je peux à la rigueur m'expliquer ce geste si son exécution est subordonnée à une contrainte d'argent, or, dans ton cas, ce ne sera jamais ça, tu n'as pas besoin d'argent, tu n'en aura jamais besoin. Siham, dans ce pays, tu es ce qu'on appelle une priviliégiée. Le travail, le stress, l'angoisse d'arriver à l'heure, de finir un rapport ne viendront jamais empièter sur ta tranquilité. Pourquoi donc te mettre dans une situation pareille ? Que voulait tu prouver ? Je m'y perds, je ne sais plus.

" Avec toi c'est constamment la même histoire, tu brailles ta sale logique en permanence. Tout est régi par un objectif selon toi, rien ne relève de la spontanéité. Tu pars du principe que tout acte est basé sur une reflexion solide et bien, laisse moi te dire, qu'il n'en est rien. La plupart des interactions humaines ne sont que le fruit d'un moment, d'une décision de dernière minute. Nous ne vivons pas dans le même monde. Tu m'as toujours exaspéré avec tes raisonnements rationnels. Sors bordel, vis un peu, tu te rendras vite compte de ton immense décalage. Ce que j'ai fait, je l'assume très mal certes, mais je commence à m'y adapter, je ne veux pas me pourrir la vie à jamais . Le lendemain de cette soirée, je me suis réveillé, je respirais, j'étais toujours là ! Que voulais tu que je fasse , Que je me pende ? Je ne pouvais pas, je ne peux pas, tant que je serais en vie, j'essaierais d'effacer ce trouble de ma mémoire, c'est ma croix, je suis condammné à la porter, je la porterais, je veux juste de l'aide, un tout petit peu de compréhension."

Ecoute Siham, je ne peux pas, je ne suis pas capable de te fournir un début de compréhension par rapport à tout ça... Mais, dis moi, raconte moi, Comment ? Qu'est qu'une enflure de Saoudien vient fabriquer dans l'affaire. Pourquoi lui ? Pourquoi un inconnu ?

" Il y a quelques années, j'ai lu une petite histoire dans un magazine, sur Telquel, il me parait. L'histoire d'une fille désargentée mais honnête qu'on plonge malgré elle dans le monde de la prostitution. Cette fille a fait ce qu'elle a fait pour se refaire une dent si je ne m'abuse. Qu'importe elle a agit sous le coup du besoin. Mon besoin était autre, mais il était bien réel, aussi urgent et aussi immédiat qu'un trou inesthétique dans une dentition. La soirée typique, des copines, de l'alcool, de la jalousie, un entraînement insidieux de mon entourage, une chambre obscure, l'obésité d'un Saoudien, un rapport douloureux mais rapide et puis une perte de conscience suivie d'un réveil brutal, une liasse de Dollars sur le matelas, une femme de chambre dans le salon de la suite, je m'habille à la hâte et cours, cours, un taxi, un bain maure... Le soir, je retrouve les billets dans mon sac. Je les avais inconsciemment happé, ça m'a terrassé plus encore que la perte de ma virginité avec cette crapule, je me suis senti doublement vénale. Pourquoi ai-je pris l'argent ? Dix mille dollars en grosses coupoures de Cent. J'ai voulu les brûler, je me suis forcé, j'ai peiné, je ne pouvais pas, j'étais incapable de brûler de l'argent et puis, une certaine voix m'a dictée de l'utiliser cet argent, je me suis convaincu l'avoir mérité. Mon hymen ne valait-il pas ces Dix mille dollars ? Je me le ferais reconstruire mon hymen, ce fric me permettrait de me laver de tout soupçon de déviance. J'avais mal partout, ma tête s'animait de douleurs atroces. j'ai pensé l'offrir à des oeuvres sociales, faire acte de contrition, porter le voile, m'administrer mon propre chatîment, partir, quitter ce pays. Des pensées noires m'on assaillies pendant trois mois. J'ai commis l'imprudence ultime, je n'y peux rien c'est comme ça. C'est injuste, je ne veux plus vivre avec ça, j'aimerais devenir amnésique, refouler définitivement cette soirée, l'enterrer quelque part. Le pire dans l'histoire, c'est ma paralysie actuelle, j'ai perdu tout moteur de vie, je n'ai plus la motivation de me dépasser, d'aller au bout de mon potentiel, je ne vais plus travailler, mon père s'inquiète, il raconte que je fais ue dépression nerveuse, un jour, j'ai failli tout lui déballer, je me suis retenue Dieu merci. Je n'en veux plus de cette vie.... En fait, tout ça est de ta faute. Pourquoi devrais -je seul endosser la responsabilité de cette catastrophe ? Je t'en estime autant responsable que moi !"

Quoi Siham, moi, non , mais je rêve. Comment peux tu m'accuser moi ? Qu'est ce que je viens faire dans cette histoire ? Non mais c'est du n'importe quoi , tu es en plein délire mon amie. Tu me rejettes la faute dessus pour échapper à ta culpabilité. C'est démentiel Siham, ressaisit toi !

" Oui c'est toi connard, c'est toi qui m'a acculé à me faire troncher par cette saleté de blédard. Je te le dis tout de suite, je n'ai plus rien à cacher , je m'en fiche à présent, les voiles doivent tomber. Ce mec là, le grand amour de ma vie, le gars dont je t'ai toujours parlé, celui là même que j'ai tenté d'oublier en couchant, c'est toi mon vieux. Cinq ans, pendant cinq ans, je me suis consumé d'amour pour ta gueule, j'ai tout fait pour que tu comprennes, je me suis lancé dans une série d'insinuations aussi fine qu'un diplodocus, mais t'étais pas foutu de deviner hein ? Monsieur l'intellectuel brillant est formidable lorsqu'il s'agit d'expliquer un concept, de mettre minable un interlocuteur par la solidité de son argumentation, en revanche, quand il s'agit de saisir les nuances d'un coeur aimant, il n' y a plus personne. J'ai dédié cinq and de ma vie à toi, je me suis coltiné tes états d'âmes, tes échecs, tes vagissements de mioches, j'ai compati, j'ai éprouvé tes peines, je t'ai remonté le moral, j'étais là , tout le temps là, je t'appellais de mon propre denier afin que tu vides ton sac de doléances jusque tard le soir alors que je devais être fraîche et dispo le matin au boulot. J'ai annulé des rendez-vous galants pour me farcir ta pomme de penseur maudit, criblé par le doute et l'appréhension de l'avenir. Tu disais ne vouloir jamais d'une relation stable, ça me tuait de l'intérieur, au fil du temps mon amour s'est amplifié, il a pris des proportions sauvages, je te voulais, j'aurais été prête à renier père et mère pour toi. Mais rien, un mur de glace, tu n'as jamais reperé l'élan qui m'enflammait les entrailles. Tu as continué à disserter et à disserter encore. Toujours plus de paroles, de démonstrations, d'étalages, de critiques. Tu es un homme pessimiste, tu m'as planté la tristesse et l'absence d'espoir dans l'âme. Je suis devenu aussi cynique que toi. Rien dans ma vie jadis illuminé par une puissants principes ne siginfiait plus rien. A force de t'écouter, j'en étais venu à penser qu'il n'existait aucune logique autre que celle de la science. Par conséquent, j'ai baissé ma vigilance, tu m'as convaincu d'être légère, insoucieuse, libre. Le résultat, tu le connais aussi bien que moi. J'ai tout perdu et toi, et bien toi, tu es là, larve démembré, tu persiste à faire ta mauvaise langue. Tu ne changes pas, tu n'as pas de phase, ton encéphalogramme mental est aussi plat que celui d'un cadavre. Tu es mort sans le savoir. Tu n'existes plus, ni pour moi, ni pour personne d'autre."

Elle craque, pleure, ramasse précipitamment ses portables, sa boîte de chewing gum, son ipod et fait mine de s'en aller, je la retiens par la main, elle ne montre aucune résistance. Lorsqu'elle se rassoit, je rapproche ma chaise de la sienne et enroule mon bras autour de sa taille. Nous sommes très proches, nos visages se touchent, je sens un filet de larmes chaudes me baigner la joue, elle pleure en silence. " Je suis désolé" lui dis-je calmement, me mettant en retrait de sorte à lui essuyer le visage. Elle me scrute, ses yeux sont injectés de sang, elle les ferme, les rouvre et, lentement, se rapproche de moi, elle tente de m'embrasser, au dernier moment, j'éloigne ma bouche de la sienne et je dis " Non Siham, il ne faut pas"...
Rédigé par Reda Dalil le Lundi 06 Juillet 2009 à 11:27 | Permalien | Commentaires (0)

Dimanche 05 Juillet 2009
Elle.  - My Blog
"C'est très simple, il y a une attente nerveuse dans la voiture, une myirade de questions te drapent l'esprit, une expectative puissante, un tremblement des doigts et puis tu l'appelles, " Je descend tout de suite" dit-elle. Une deuxième attente plus courte celle là et enfin, elle appraraît, tu lui ouvres la porte, elle monte, elle est en petite robe noire, elle ne porte pas de lunettes, ses cheveux sont d'une beauté irréelle, ses mains sont d'un blanc diaphane, son regard, un mélange d'intelligence et d'appréhension. Quelque mots s'échangent, des banalités, l'essentiel est ailleurs, il est inexprimable. Tu roules et roules en boucle, cherchant un lieu ou vos regards fusionnerons en toute liberté. Des heures s'écoulent, vous êtes toujours en voiture, tu ne décides pas, elle ne décide pas. Tu ne t'étonnes pas quand elle repousse ta main désireuse de caresser la sienne, elle reproduit le même tic à chaque fois, un élancement nerveux du bras, elle te signifie qu'il est encore trop tôt. Tu lui parles de ces quatres semaines de torture, cela ne semble pas l'interesser, elle regarde devant elle, scrutant le vague, ne laissant ses yeux s'accrocher à aucun détail, elle dégage une certaine fierté, une force, ses mots se font rares mais par moments, elle te regarde . Que se dit-elle ? Est elle en proie à une lourde déception ? Tu paniques un peu mais ton manque d'énergie est tel qu'il te sera impossible de pousser le doute plus loin encore, tu continues à rouler. La ville est un amas de voiture, de visages, d'enseignes, de gamins arborant le teint d'une journée dans l'océan. Tu es insensible à ce qui t'entoure. Ne compte que cette femme, cette beauté silencieuse. Reposer ta main dans la sienne est ton objectif, tu t'y recolles avec plus de vigueur. Tu te heurtes à la même sentence, un rejet qui n'en est pas un finalement. Un autre tic nerveux émaillé d'un " non" croustillant, une perle de la négation. Un " non" pour lequel tout un peuple dépérirait, pour lequel tu dépéris. Deux heures de ronde aveugle plus tard, tu contemples une tasse brûlante emplie de café, elle aussi boit un expresso, elle fume, je fume. Nous sommes seuls dans ce café . " Tu as maigri" te dit-elle , " oui , je pense être devenu anorexique" est ta réponse, " ça te va bien" est la sienne. Cette fois ci, elle ne repousse pas ta main, une ivresse s'installe, vos regards s'emboitent plus longtemps que les dix secondes réglementaires, tu t'empêtres dans le ridicule, tu crois devoir parler, encore et encore, tu risques de corrompre la magie du moment, tu construis des schémas de pensée complexes autour de son travail, du tien, du rôle qu'elle peut tenir dans ce pays, tu te perds, tu ne sais plus vraiment ce que tu fais. Elle te quitte un instant, tu veux la retenir, tu n'oses pas, elle revient plus étincellante encore et elle te dit " Tu disais ?" . Tu ne sais plus vraiment alors tu inventes des choses. Un ignoble vagabond fait irruption dans ce café echappant à la vigilance des serveurs, il te demande une cigarette, l'émotion est trop forte, tu le sommes de partir, il part, tu la regardes pistant une réaction, elle sourit, tu l'aimes. Plus tard, vous êtes attablés autour d'une assiette asiatique, une chandelle lui enflamme les yeux, tu remarques la symétrie parfaite de ces traits, comme à chaque fois, comme à chacune de vos rencontres pendant deux ans, tu es pris de cours par sa beauté d'un autre monde. Elle exprime des doutes, se noue les doigts, joue de sa cigarette, lutte contre une mèche rebelle, et toi tu meubles comme à ton habitude, tu veux lui dire que tu l'aimes et tu le lui dis , elle t'écoute, regarde parfois autour d'elle pour camoufler une gêne. S'attendait-elle à autant de franchise de ta part ? Elle personnifie une certaine retenue, une authentique noblesse, un bel exemple de dignité. Crois-t-elle encore à tes déclarations ? tu en as tellement fait dans le passé. Ce soir pourtant, les sentiments prennent une allure nouvelle, vous êtes inscits dans une deuxième phase, la phase silencieuse. Tu es ébahi par sa pondération, ses jugements fins et brillants. Tu n'as pas le millième de sa sagesse, de sa clarté, de ses lumières. Tu te juges si petit comparé à elle et tu l'es. Sa main se fait plus docile. Elle t'autorise à la caresser, l'enivrement triomphe de la pensée rationelle, L'immanent reprend ses droits. Plus rien n'existe. Un gentil moment de douce euphorie s'installe, les sens sont en éveil. Des questions à peine esquissées s'évaporent, l'introspection n'est plus. Tu succombes à la puissance d'une poignée de certitudes . C'est elle et personne d'autres, ce sera elle. L'aimer comme on s'accroche à une piété naturelle, à un environnement familier. Tout passera par elle te dis-tu et tu as raison. Vous êtes soudainement enseveli sous une chape de plomb. Une immense fatigue t'enveloppe, la douceur de l'émotion n'en exclu pas moins son intensité, tu en ressens le contre-coup dans ton corps, tes jambes ne te portent plus. Dans la voiture, elle se refait silencieuse mais sa main elle, s'anime de mille soubresauts. T'aime t-elle de nouveau ? tu veux y croire et tu as raison d'espèrer. Tu deviens aveugle, les lumières de la ville te font à present l'impression d'une goutte d'huile s'étalant lentement sur une nappe blanche, tu conduis à l'instinct. Arrivé à destination, tu respires, elle te regarde une dernière fois, tu t'approches de quelques centimètres, elle s'immobilise, te laissera-t-elle lui effleurer les lèvres ? Tu ne le sais pas mais tu choisis de forcer ta chance . Le moment dure, se fige, ton pouls s'emballe, tu ne sais plus ou tu es. La pudeur, la retenue, la politesse, la discretion sont autant de mots qui ne sont plus que cela finalement. Elle t'embrasse et se glisse hors de ta portée avec une espièglerie surjouée. Tu baisses la vitre et attend qu'elle soit à l'abri. Elle tâtonne, sa clef organise une mutinerie, elle s'acharne, elle réussit. Benoitement, tu klaxonnes pour affirmer une présence, elle te regarde, elle est ahurie par autant d'audace. Tu agites de la main, elle ne réagit, pas, ensuite, elle se fond dans l'obscurité d'un corridor. Soupirs . Tu démarres. Tu viens de passer la plus belle soirée de ta vie.
Rédigé par Reda Dalil le Dimanche 05 Juillet 2009 à 12:19 | Permalien | Commentaires (0)

Samedi 04 Juillet 2009
Naydattitude.  - My Blog
Parfois, un détour forcé par une soirée Karaoké vous inspire quelques petites réflexions. J'ai réalisé cet axiome la semaine dernière lorsque, Nabyl, probablement écoeuré par la cacophonie ambiante, a décidé de plancher sur un sujet d'une grand importance : Les ramification culturelles présentées par le mouvement Nayda. Comment s'est-il mis dans la tête de dissèquer cette révolution ? Je ne le saurais jamais et c'est parfait ainsi. Toute démarche cérébrale visant à investir de l'énergie dans une analyse aussi grotesque ne m'est d'aucune utililté. Aussi, je me contente de l'écouter et, je suis d'autant plus ravi de le faire qu'en contre-champ sonore s'activent une poignée de criminelles musicaux, des bourreaux de la justesse vocale intérpetant, que dis-je autopsiant des perles de musique contemporaine : Apologize, If I ain't got you, Say Say Say, We are the world et bien sur, les répertoires croisés de Dion et Aznavour. Une hécatombe sans pareille , une décomposition en règle de la beauté, un vrai petit scandale. Ecoutons le.

" Pfff , regarde moi ça, elle là bas, tu la vois, elle se met sur une table pour dancer sur du Brel. Comment peux tu te percher sur une table pour dancer sur La valse à mille temps. Corrige moi si je me trompe, mais la valse à mille temps n'est pas le dernier Remix signé David Guetta featuring Lady Gaga ? Hein pas vrai ? La valse à mille temps pour nous autres trentenaires est une espèce de classique, une pépite. Tous ceux n'ayant pas vécu à l'époque de Debussy ou Rachmanikov, c'est à dire la planète entière, pourraient considérer la valse à mille temps comme le chef-d'oeuvre de leur époque. Cette chanson s'accompagne normalement par un dodelinement de la tête doublé d'un regard porté sur le vague, une étincelle d'enchantement à l'oeil, ce genre de truc. La valse à mille temps ne donne pas pretexte à se déhancher vulgairement sur une table..."

" ...Bon supposons que l'on puisse dancer dessus. Bien, je ne suis pas contre , la musique n'est t-elle pas finalement qu'un mariage de mélodies et de rythmes? Le rythme faisant bouger, je peux comprendre qu'on veuille exprimer par des mouvements du coprs une certaine osmose avec la chanson. Mais bon, c'est la valse à mille temps putain de bordel, c'est du 3/4, c'est comme son titre l'indique, une valse, une valse c'est TaKKK- Tak -Tak, 1...2,3 ; 1....2,3. C'est comme ça qu'on dance une valse..."

Il s'empare subitement du tronc de sa copine ahurie et me fait une mini-démonstration puis, tout aussi subitement, s'en détache, la laissant s'affaisser de nouveau dans son coin de table. Elle ne semble nullement surprise, son regard à jamais vitreux me le confirme.

"... Tu ne danse pas sur la vase à mille temps comme si tu le faisais sur un Sample Ministry of sound de " Waiting for tonight". Tu n'agites pas du derrière, tu ne te caresse pas les jambes, tu n'inondes pas l'assistance d'oeillades aguicheuses, tu ne te froisses pas les cheveux dans attitude pré-orgmasique. Non, non et non, tu exécutes des pas, voila c'est ça des pas mémorisés, une méthode, de la discipline, un art, une beauté calculée, un rythme à respecter. Putain, voila ce que tu fais si l'envie te prend un jour de danser sur la valse à mille temps."

Je sens qu'il va changer de sujet à l'instant, il est comme ça Nabil, il prépare et ensuite PAF, il embraie sur du solide, enfin, du solide dis-je... Hum ! Ai-je vraiment dit ça ? Avec lui on se sait jamais si on doit se munir d'un dictionnaire ou d'une paire de boule-quiès ? Jamais... Et, si les deux ne sont pas à proximité, et bien, vous passez une salle soirée. Je me demande si le gros poussah cintrée dans une chemise Extra Small qui gère cet endroit pourrais me trouver un Petit Robert? Euh...Passons !

" C'est quoi au juste Nayda ? En ce qui me concerne, Nayda c'est ni plus ni moins qu'une simplification. Oui voila c'est ça, une simplification, non pas une abbréviation, mais une simplification. C'est la révolution du simple, un mouvement massif tendant vers le basique. Nayda, ou comment on digère la notion du complexe dans ce bas-monde. Une technique de récupération simpliste à grande échelle laquelle, ayant été crée pour et par le jeune, tend naturellement à respirer le frais, le neuf, le cool quoi ! Beaucoup de gens s'y sont laissé prendre..."

" (...) Tu vois en fait, la nana qui nous fait un quasi-strip-tease sur du Brel en est la personnification. Comment récuperer Brel quand on n'en possède pas la culture, et bien on dance dessus comme sur du trip hop à 188 bpm. On fait Nayda.."

" On est tous capables de faire Nayda mon ami. Bon prenons mon cas comme exemple. Si je voulais faire Nayda dans ma vie privée, de quel manière y parviendrais-je. D'abord j'entamerais toute mes phrases par ces deux mots : "C'est simple" . Alors, ecoute moi attentivement. Tu vois ma copine ( Plaçée devant un dilemne vital, un choix décisif, elle est concentrée sur le menu. Elle finira par commander son Fondant au chocolat à 108 Dhs TTC), entre nous, je fais déja un peu Nayda avec elle. C'est simple, je ne l'écoute pas, elle ne m'écoute pas, je ne m'interesse pas à ce qu'elle aime, elle non plus, nous cohabitons sous l'emblême de la proximité silencieuse et contemplative. Elle est là, je suis là, nous consommons la même oxygène, nous sommes unis par les liens sacrés du posage point barre. Elle et moi sommes adpetes du posage. Nous nous habillons bien et nous nous posons. De loin, on a l'air parfaits, on brille, on se pose et on a re-l'air parfait, on re-brille et oui, on se re-pose. C'est ça Nayda, éviter le flou, le diffus, tout ce qui peut impliquer de la reflexion. Quand on danse sur Brel sans le connaitre, sans se poser de questions, on fait Nayda, on mécanise du spirituel dans le but de faire du sport quelque part. Oui c'est ça, on sculte son corps sur de l'immanent parce qu'on se contrefiche de l'immanent. C'est ça Nayda..."

" (...) Nayda exige de ses disciple un contournement essentiel de l'effort. Je t'explique, Tu écoutes la Radio de Temps en temps ? Oui, bien. Donc, tu vois ces animateurs francophones, tous, oui, oui, tous dans leur ensemble. Et bien ces gugus offrent une belle démonstration de la naydattitude. Ces mecs là n'ont aucun souci de continuité. Ils entament une phrase en français et au moment ou leur cerveau bute sur une construction difficile ou s'ils ont eu le malheur de s'empêtrer dans une proposition réclamant un COD, ils virent tout simplement à l'Arabe voire à L' Anglais, dans de rares exceptions je dois dire. Mais voila, c'est ça, ils slaloment, tu vois, un peu comme ces skieurs de fond, ils zigzaguent, un petit obstacle et Hop, ils virent à droite, un autre, ils se décalent sur la gauche et ainsi de suite. En fait Nayda, c'est le culte de la résultante. Je sais ou je vais, mon but est là juste devant moi, m'en fiche de la manière, l'essentiel est d'arriver. La nana veut impressioner son mec par la solidité de ses cuisses, elle danse sur du Brel, le speaker veut humilier un auditeur, ils joue au saute-mouton linguistique. Et oui fils, c'est ça Nayda. Le mot d'ordre de ce mouv', oui, mouvement ferais trop long donc trop compliqué, ça pourrait être : "j'y arriverais etsi ça te pose un problème, dégages"..."

" Et tu vois, c'est pour cette raison que Nayda trouve ses racines dans la fête. Bah oui, la fête c'est la simplicité par excellence. Qu'y a t-il d'ardu à danser et boire sur une musique farouche ? Rien . C'est l'expression primitive du corps quoi ! Un pilotage automatique ! L'équivalent d'un chat faisant sa toilette, c'est tout. Le problème Tonton, c'est que Nayda comme la grippe A , punaise la Grippe A j'en ai grave la trouille, je me suis consittué un gros stcok de Tamiflu au cas ou hein chérie, chérie ( Elle ne peut pas t'entendre Nabyl, elle médite, elle essaie de trouver de la simplicité dans le fondant, alors t'es gentil, tu la lâches)..."

"... Chérie, chérie, mon bébé, mon petit bébé d'amour, la Grippe porcine bébé, khoh, mais elle est sourde ma parole."

Il abandonne , réalisant qu'il faudrait déclencher la grosse bertha à deux centimètres de ses tympans pour espèrer l'arracher de sa béatitude. Deux gorgées de Vodka Red-bull plus tard, il reprend :

" J'en étais ou dèja. Hein ? Merde, j'ai de ces trous de mémoire moi. Ca doit être l'alcool, j'ai grave forcé ces dernieres semaines. Putain, il faut que je me reprenne en main. Dis donc toi, ça t'arrives de faire du sport ?"

Oui, ben oui, Faut bien rester en phase avec son époque, être Nayda.

" Ah ouais Nayda, c'est bien, c'est pas mal, belle dynamique, une création purement jeune, un mode d'expression novateur. Moi personellement j'adore. C'est une sorte de renaissance à la Marocaine, notre siècle des lumières stroboscopiques, haha . Non, J'aime bien, j'ai rien contre."

Il est comme ça Nabyl, il trottine d'un sujet à l'autre avec le naturel d'une touche FFW sur un magnetoscope à pistons Grundig. En gros, il se simplifie la vie, il fait Nayda quoi...
Rédigé par Reda Dalil le Samedi 04 Juillet 2009 à 09:51 | Permalien | Commentaires (0)

Vendredi 03 Juillet 2009
Pourquoi toi et pas Moi ?  - My Blog
" Je t'en veux quand même ! Il n'y a pas d'autres manières de le dire, je t'en veux, je t'en veux à mort."

Pour la premire fois de ma vie, on me fait un aveu de jalousie ouvert, libre et sans complexe.

"... Je t'en veux parce que sur le papier, je suis sensé réussir autant que toi. Pourquoi toi et pas moi Hein ? tu peux me le dire? Qu'est ce qui explique ce contraste entre nos deux parcours ? Je ne crois pas à la chance et donc, je t'en veux. Je ressens ton succès professionnel comme un traitrise. Tu m'a trahis depuis le moment ou on nous a remis ces maudits diplômes. Depuis ce moment précis, tu as fais des choses dans le secret le plus total, tu n'as pas cessé de brûler les étapes, d'enquiller les promotions, de changer les jobs, d'obtenir de meilleurs salaires, davanatge de responsabilités. Manifestement, tu es tombé sur une formule. Or, tu n'as jamais pris le temps de m'en faire partager la nature exacte. Huit ans après notre première rencontre, moi, je cale, je m'embourbe dans une carrière chiante, peu lucrative, minable alors que toi, tu te tapes un voyage d'affaires toutes les deux semaines, tu signes des notes de frais équivalant à mon salaire annuelle, ce costume que tu portes aujourd'hui pourrait servir à payer mes traites et mon loyer pendant deux ans; j'éspère que tu le sais..."

Oui, je le sais Malik, je le sais. Mais que veux tu que j'y fasse. En vérité, tu soulèves une problématique intéressante. Que s'est-il passé ? Comment as tu raté cet épisode essentiel de la vie ? Comment à tu ruiné tes propres chances de réussite ? Malik, Tu as toujours été le plus brillant de nous deux. Je ne pourrais jamais rêver possèder ton intelligence, tes capacités analytiques, ta lucidité, ton niveau d'éloquence. Pourtant, j'ai eu le loisir d'exploiter de meilleurs opportunités, des personnes cléfs se sont interessé à moi, m'ont motivé, m'ont responsabilisé, ont accepté que j'apprenne de mes erreurs. Dans l'immédiat, et pris à chaud comme ça, je n'ai pas de réponses. Simplement, sais-je qu'il n'existe pas de formule si ce n'est un pilotage automatique, une sorte d'ADN relationnel qui me permet de tirer parti d'un contact, d'une discussion, d'une rencontre fortuite. Je ne vois que cela en réalité, rien d'autre.

" Ca me tue, c'est anormal, je ne devrais pas brûler d'autant d'envie, je sais que c'est malsain. Cependant, si coupable que je me sente par rapport à cette jalousie, tu sera d'accord pour dire qu'ell est justifiée. Non ? Moi je crois que si. Tu vois l'amitié résiste difficilement à ce genre de disparité. Aussi longtemps que nous nous valions plus au moins socialement, un lien était possible, nous avions les mêmes soucis,les mêmes intêrets, des doutes identiques, une ambition similaire. Aujourd'hui, l'écart est tel que ce n'est plus possible. Comment pourrais-tu toi, compatir avec mes carences matérielles ? Tu n'est plus fait pour décrypter des notions comme : le Loyer, les traites d'une caisse, les courses, les primes d'assurances obligatoires, les frais de scolarité, les diligences dominicales vers Marjane, l'embarass ressenti devant une note de 500 dhs dans un resto pourri, la peur d'un dysfonctionnement de carte de crédit, des serveurs devenant soudainement désagréables en réaction à un pourboire minable, une femme qui desespère de vous voir crever l'abcès de la médiocrité un jour, les reproches paisibles, les comparaisons humiliantes avec les beaux frères qui font du businesss. Tout ça te passe au dessus de la tête. Alors, je ne comprends pas excatement les raisons qui te poussent à perpétuer cette relation : notre supposée amitié"

Et Bien, justement le fait de ne se poser aucune question, d'accepter un ami tel qu'il est, de ne faire aucun jugement de valeur, de ce dire qu'un jour viendra ou les choses s'arrangeront, une sorte d'optimisme indécrottable en l'avenir. C'est tout.

" Non, j'ai réfléchi . Je veux arrêter de te voir. Je ne le supporte plus. Tu es un rappel constant de mes échecs. En te voyant, je fais face à ma petitesse sociale, c'est terrible, je le ressens comme une torture. Tu places une loupe sur ma disgrâce, et à ce stade, j'ai juste envie d'oublier ce qui m'arrive, je ne lutte plus pour me faire une place au soleil, je veux juste refouler mes échecs . C'est malheureux de le dire, mais j'aurais du apprendre à picoler, ça m'aurait éviter de ressasser cette merde dans ma tête. je suis à la recherhe d'une échappatoire. J'en suis arrivé au point, ou, incapable de quitter le ventre mou de la société, je préfere m'y fondre en tordant le cou aux ambitions folles qui m'animent. Je ne veux plus rêver. Par conséquent, ma convalescence doit s'accompagner d'un changement d'habitudes : Je dois cesser de te voir à partir d'aujourd'hui."

"... tu vois, le pire dans tous ça, c'est de devoir composer avec ton manque de finesse. Excuses moi de te le dire mais tu n'es même pas classe. Tu n'as aucun tact en toi. Tu passes ton temps à me montrer tes putains de photos à Londres, à Paris, à Berlin, aux States. Des photos putrides ou tu te mets en scène comme un guignol. J'en ris parfois tu sais, c'est le seul plaisir que j'en tire. Oui pour moi ces diaporamas c'est Tintin aux pays des germains, des cowboys, Tintin ou la conquête de l'inde. Tu es ridicule. Tu veux prouver quoi au juste ? Je le sais déja que tu fais un max de pognon, je le sais que la rareté des ressources tu t'en torches les fesses. As-tu vraiment besoin de me fourrer tout ça dans la gorge sachant qu'un déplacement minable à Marrakech me serait aussi évident que d'escalader L'Everest. Tu es un être veule cher ami. Tu ne possède aucune bribe de finesse. Quant à l'empathie, tu en es aussi impérméable qu'une moule. Je suis sur que tu le fait exprès, mais à chaque fois que j'ose faire une réference nuancée à mes problèmes de fric, tu détournes la conversation sur toi, sur tes propres démons, tes histoires de culs avec tes bourgeoises hystériques. Je n'en ai plus rien àn foutre de tes tribulations d'enfant gâtée par le hasard. Jamais au grand jamais tu n'as proposé de m'aider. Lorsque l'année dernière j'ai du débloquer un crédit usuraire pour payer le trimestre d'Imane et que, je t'en ai parlé de long en large, monsieur m'a sorti cette phrase " L'être humain ne résoud que les problèmes qu'il veut bien se poser !" Alors que je me plaçais devant la possibilité de me faire pomper le sang par une bande de banquier verreux, tu as fait de la philosophie. Pensais tu réeellement me soulager en me sortant cette phrase, pensais tu alléger mes souffrances. Tu vois, je ne t'ai jamais imaginé comme ça. Moi à ta place, j'aurais fait un chèque. Pour un mec qui hurle à tout va toucher un Million de Dirhmas de bonus annuel, dix mille balles n'est qu'un putain de pouboire. Non mais, parles moi sincèrement, tu en fait quoi de ce fric. Tes vieux ont du pognon, tu n'as aucune famille à charge, tu dis toi même que tes putes t'invitent, tes frais de voyages tu les refourgues à ton entreprise. Qu'est tu fous avec ton pognon ?"

Je me prémunis contre l'avenir Cher Malik. Tu sais mieux que tout le monde à quel point les temps sont durs.

"... Tu accumules, tu les investi tes sous, Chaque matin tu as une discussion enfievrée avec ton conseiller en placement pour booster la rentabilité de ton capital. Tel est ton souci dans la vie. Comment gruger le système, comment te faire la malle avec encore plus de plus-value. Tu n'as plus rien en commun avec moi ni avec la masses des gens qui se cassent le dos pour vivre decemment, qui se font broyer par des patrons insensibles à la misère humaines, qui survivent grâce des bouts de chandelles. T'as changé vieux, t'as oublié ces années fac ou je me pliais en quatre pour t'expliquer les écarts types, les équations différentielles à multiple variable, toutes ces putains de nuits blanches ou j'étais à deux doigts de me flinguer devant ton idiotié congénitale, ta lenteur, l'expression niaise de ton vide cérebrale. Pourtant, par amitié, j'étais là , j'ai bossé pour deux, tu as eu ton diplôme. A présent, tu te la pètes devant moi hein gros con ? T'as une revanche à prendre sur moi parce que je ne suis pas dupe de ton vrai Toi, de ta médiocrité. Laisse moi t'annoncer toute ta bêtise mon pote. M'en fous que t'ait été mou de la matière grise, un ami ça ne porte pas de jugement, ça ne fabrique pas des phrases philosophiques, ça aide concrètement. Or, non seulement tu ne m'as jamais aidé mais je te soupçonne de t'être réjoui de ma guigne. A tes yeux, je suis l'anti-exemple à suivre hein avoue le ? Si ça se trouve, tu présente ma descente aux enfers comme une sorte de blague à tes copains de la haute. Vous vous gaussez de moi dans vos résidences privées à 5 millions de Dhs L'appart. Tu veux que je te dises : Je te plains, Je plains la créature mesquine et capitaliste que tu es devenu. Maintenant, je te prierais de dégager, tout de suite, tu prends tes clopes, ton laptop et tu fous le camp, je veux nettoyer mon champ de vision de ta sale gueule de profiteur de guerre, de collabo. TIRE TOI BORDEL..."

Je ramasse mon laptop mais laisse le Paquet de Marlboro à moitié plein sur la table. En quittant, j'appelle le serveur et lui remet discrètement 300 dhs. Je lui demande de règler l'ardoise de Malik. Son discours m'a touché...Vraiment. Quelle créature suis-je devenu ? Comment faire pour changer ? Que faire... Commençons d'abord par un Jacuzzi, on verra ensuite...
Rédigé par Reda Dalil le Vendredi 03 Juillet 2009 à 09:25 | Permalien | Commentaires (0)

Jeudi 02 Juillet 2009
L'Amnésique  - My Blog
Il me donne rendez-vous dans un café inhabituel. Le quartier est assez sinistre, le temps aujourd'hui est sinistre. Nous sommes en plein mois de Juillet, des chaleurs terribles succèdent à des froids presque polaires et vice-versa. A l'intérieur, plusieurs tables sont innocuppées. L'ambiance est quelque peu passéiste. Des clichés jaunis de Oum Kaltoum et abdelhalim Hafid font office de décor. Deux serveurs discutent inclinées sur un coin de comptoir, un parfum d'encens me pique le nez à mesure que je m'avance vers lui. Il est là, assis paisiblement, une théière rouillée trône sur la table. Il y une quantité remarquable de mégots dans un cendrier. Il est donc là depuis longtemps. Nous échangeaons une poignée de main chaleureuse et, à peine, m'asseois-je qu'il commence :

" Tu vois le monsieur assis là bas ? "

Il m'indique une table au fond du café de laquelle émane des volutes malsaine de cigarette. Effectivement j'y vois un homme, la cinquantaine, costume noir, col roulé, une montre flashy probablement bon marché, le crâne dégarni, une mine assez lugubre, des lèvres fines et grises et un regard étrange, très vague, presque diffus.

" C'est mon Oncle. Tu as du être surpris que je te demande de me voir ici. Je ne viens jamais dans ce café tu le sais bien. Cependant, aujourd'hui , je suis là pour lui. Chaque Dimanche, je viens ici pour le voir en quelques sortes. Jamais je ne lui adresse la parole. Je prend place suffisamment loin pour le regarder sans attirer son attention. Je fais attention à ne pas déranger sa quiétude. De toutes les manières, il ne me reconnaitrait pas. Il ne reconnait plus personne. Mon oncle est amnésique. Il a perdu toute faculté de rétention des noms, des lieux, des évenements. J'éprouve une peine immense à l'égard de cet homme que j'ai appris à aimer et à respecter étant enfant..."

" Regarde le bien ! C'est grâce à cet homme là que je suis ce que je suis aujourd'hui. Je m'explique."

" L'année de mon bac à coincidé avec la faillite de mon père. Pour résumer, nous n'avions plus rien. Un jour mon père nous a réuni dans le salon pour nous annoncer sa déchéance. Je me rappelle de sa clarté ce jour là . Il a juste dit " Mes Enfants, votre père n'a plus un sou en poche" . Oui c'est l'expression qu'il a utilisé. Aujourd'd'hui quand j'entends quelqu'un employer la même expression, j'ai des sueurs dans le dos. Certains mots, certaines phrases vous marquent à vie. Et bien moi, quand on prononce le mot " sou", le mot " poche", je suis pris d'une envie irrépressible de foutre le camp, de partie, d'oublier."

" Du jour au lendemain, mon existence confortable a volé en éclats. Nous avons été obligé de quitter notre maison, j'ai raté mon bac, me suis désinscrit de mon école privé, pour rejoindre le publique. Nous mangions rarement à notre faim. Ma mère, accoutumée à une vie cossue s'est vue contrainte de se séparer de mon père. Elle nous a signifié qu'en raison d'un problème d'espace, mon frère et moi ne pouvions l'accompagner chez mes grand-parents. Nous sommes donc restés avec mon père, nous avons vivoté ensemble. Pendant trois mois, je n'ai plus mis les pieds dans mon lycée, je ne pouvais plus me le permettre, il fallait que je travaille. J'ai donc enchaîné les petits boulots. J'ai été apprenti garagiste, livreur, serveur, plongiste. J'ai tout fait pour aider mon père. Je n'y réussissais pas forcément. Pis encore, mon père bien que possédant une base d'amis capable de le secourir de la pauvreté n'avait plus en lui la motivation de bien faire, de travailler dur, de monter des commerces comme cela fût le cas dans le passé. Le départ de ma mère en avait fait un légume. Nous étions donc obligés de mettre les bouchées doubles mon frère et moi, pour faire flotter le navire. Cette responsabilité s'est très vite révelée au dessus de nos forces. Très vite, l'argent généré par la vente de nos biens s'ést épuisé et nous nous sommes vus forcés de quitter notre appartement en raison d'une incapacité chronique de payer le loyer."

" Nous n'avions plus ou aller. Pendant une semaine, nous avons erré dans les méandres de Casablanca, nous avons dormi dans des dépotoirs, nous nous faisions mordre par les rats, pourchasser par les chiens. Mon père ne disait rien, mon frère, pourtant mon aîné, pleurait, gémissait constamment, quant à moi, je reflechissais, je reflechissais à m'en rompre l'esprit jusqu'au jour ou une idée m'est venue. On irait chez mon Oncle. L'homme assis devant nous".

" C'était là mon idée la plus brillante. A cette époque, Les affaires de mon Oncle avaient commencé à bourgeonner. Exploitant une parcelle des domaines légués par mon grand-père, il avait, servi par une intelligence hors du commun, réussi à établir une coopérative grandement rentable en s'associant avec un puissant syndicat d'agriculteurs du Souss. Nous savions peu de choses de lui. Mon père s'étant depuis toujours consumé d'une jalousie irrationnelle à son égard, n'avait jamais vraiment cherché à le voir. Les deux frères ne s'accordaient sur rien. Tout les séparaient. Pourtant, voyant notre horrible mine, nos corps décharnés, il a fait ce que tout bon muslman ferait, ils nous a acceuilli les bras grands ouvert. C'est ainsi, que j'ai pu reprendre mes études, décrocher mon Bac et m'envoler pour mon ecole d'ingénieurs à Paris. Mon frère et mon père ont également bénéficié des largesses de mon oncle. Le premier en montant sa propre chaîne de supérettes et le Deuxième en se relançant dans la promotion immobilière. Aujourd'hui, nous sommes, comme tu le sais, à l'abri du besoin pour des générations à venir. Nous le devons tous à cet homme là."

"... Hélas, la nature ayant horreur des dénouements idylliques, une autre tragédie à frappé et, cette fois ci, mon pauvre Oncle en a été la victime. Il y a Trois ans et sept mois, mon oncle a perdu sa famille. Sa femme et ses deux filles, dix-huit et seize ans ont péries massacrées à coup de hache par un vagabond aux portes de leur villa un funeste matin d'année scolaire. Ma Tante comme à son accoutumée, se préparait à emmener ses filles aux lycée, quand sortant de nul part comme une fatalité du destin, cette crapule, ce drogué, leur a fondu dessus une machette à la main. Elles ont été réduites en pièces, littéralement taillés par ce toxicomane fou dont le but était uniquement criminel. Il n'en voulait nullement à leur bijoux, à leur sacs. Ce forcené était animé par un seul dessein, la destruction de l'autre, le meurtre. Jamais la police n'a retrouvé sa trace. Depuis ce jour, ou, sortant tranquillement de chez lui, mon oncle a remarqué l'attroupement de badauds de circonstances entourant les corps travestis de sa famille, il n'a plus jamais été le même"

" Sa dépression a pris la forme d'une amnésie totale, d'un détachement permanent. Il n'a plus jamais prononcé un mot. Son seul acte de conscience est de venir chaque jour boire son thé dans ce café en observant la porte d'entrée. Le propriétaire de cet établissement m'a confié que mon Oncle accompagné de son épouse et de ses filles, venait prendre son petit-déjener ici. Il dit qu'ils avaient tous un petit faible pour la spécialité de la maison ; des mélouis aux raisins. Comme tu peux le remarquer, il y en a une assiette pleine sur sa table. C'est son rituel. Dès qu'on le voit, on lui sert du thé et des mélouis auquels il ne touche jamais."

" Voir mon oncle ainsi me déchire de l'intérieur. Comment un homme aussi bon, aussi clément, peut-il sombrer dans l'oubli, dans l'atrophie de l'âme? Pourquoi ? Bien des fois, je l'ai approché, j'ai essayé de lui soutirer quelques mots, des souvenirs, je voulais qu'il vide son sac, qu'il me parle, je voulais le remercier d'exister, lui embrasser les mains, la tête, l'honorer, lui décrire l'homme admirable qu'il était, le pousser à quitter sa léthargie. Je n'y suis jamais arrivé, mon oncle est un homme absent, son unique mission est de patienter, d'observer cette porte, d'attendre le jour ou sa famille ferait une entrée joyeuse dans ce café. Il appelle ce moment de ces voeux, je pense qu'il y croit sérieusement. Regarde comme il lui arrive de consulter sa montre, il empoigne un journal, le parcourt machinalement, le délaisse, se triture le menton, il se penche pour jeter un coup d'oeil sur la rue, il veut les apercevoir arrivant vers lui, la démarche guillerette, il se prépare à recevoir les élans d'affection de ses filles, les regards complices de sa femme...Non...non...je ne peux pas continuer...excuses moi mon ami , je...je dois m'absenter deux minutes, il faut que je me rafraichisse, je reviens dans deux minutes...pardon mon ami".

Il se lève et s'en va rejoindre les WC. Cette histoire m'a perturbée. A quoi tient la vie ? Vaut-elle la peine d'être vécue de la sorte, à l'état d'objet contemplatif ? J'éprouve une peine gigantesque pour cet homme digne et bien habillé qui a préféré arrêter le temps pour continuer à vivre une époque heureuse, une époque dont sa famille faisait partie. Il n'a plus la force de vivre dans ce présent maléfique, il a réfuté la tristesse de sa situation. L'amnésie lui et plus salutaire que la conscience d'un mal permanent. Quelle noblesse...

Pris dans ma refelexion, une vision étrange peine à se frayer un chemin dans ma conscience. Ce que je vois ne se traduit par aucun message neuronal précis. Un phénomène inexplicable, un raccord de l'histoire tente de s'insinuer dans mon cerveau, une hallucination, oui une hallucination, toute autre explication est impossible. je ne vois pas ce que je vois, je ne peut pas voir ce que je vois devant moi. Mon esprit m'intime l'ordre de ne pas y adhérer, de refouler cette vision. Pourtant je vois des choses, une femme d'une quarataine d'années et deux adolescentes viennent de pénetrer dans le café, le regard de l'homme s'illumine, il se dresse d'un coup et ouvre grand les bras dans une gestuelle de bienvenue. Les filles se jettent à son cou, l'étouffent de baisers, la femme reste en retrait et arbore une expression de fiérté melée à de l'affection maternelle. Elles s'assoient autour de lui, et une des filles s'empresse à picorer une crêpe, l'oncle indique sa montre à l'épouse comme pour gentiment lui reprocher son retard, des conversations s'ensuivent, j'assiste à une peinture de bonheur conjugal, de joie famillial. Que se passe-t-il au juste? Impossible, je ...je ne sais plus.

Je me couvre les yeux, je ne peux plus assister à ce spectacle, une vague d'émotions me submerge , j'ai envie de verser toutes les larmes de mon corps quand tout à coup je sens une main m'effleurer subrepticement l'épaule, je me retourne , c'est mon ami et il affiche un sourire malicieux mais radieux à la fois, je suis perplexe, je l'entends me dire :

" Allez viens, je te présente mon Oncle et sa famille !"

Je comprends instantanèment, j'ai été berné de la plus belle des manières, je me vengerais...
Rédigé par Reda Dalil le Jeudi 02 Juillet 2009 à 11:24 | Permalien | Commentaires (0)