Créer votre Blog  

Mémoires d'une jeune femme dérangée

Recherche

Qui suis-je ?

chighaf -
chighaf -

Archives

  • Février  (0)
  • Janvier  (0)

Sondage

Infos du web
RSS

ATOM

RSS comment

ATOM comment
« Déclaration ratée | Home | Mon choix »
Vendredi 10 Février 2006
En attendant le 15 
Nous sommes le 17 mai 2003, tout le Maroc est ébahie, nous sommes effrayés, énervés, nous avons du mal à comprendre pourquoi.
Dés le 18 les journaux, la télé, la rue, n’ont qu’un seul sujet : Sidi Moumen

On filme, on visite ce quartier, cette poudrière, le photographie, on s’émerveille devant la poussière et la boue, on s’indigne, on proteste, on parle aux habitants,

Deux ans et demi plus tard, Sidi Moumène est toujours à la mode, c’est vrai, les info de 2m ne rate pas une occase pour montrer qu’il y a une association de quartier qui distribue des bonbons à Kariane Thomas, et que l’Etat va bientôt, très bientôt (je dirai même avant 2015) donner un super appart de 45 m2 à chaque famille de 12 personnes…

Et les autres quartiers relégués que compte le royaume ? Pour ça il faudra attendre, un autre 16 mai, un 11 mars ou un 15 février, pour qu'ils aient droit aux bonbons.

En attendant, des habitants vivent silencieusement leurs malheurs .

C’est le thème de mon travail de fin d’études (sur le quel je travail depuis 1an et demi ) le rapport entre l’architecture, l’urbanisme et les violences urbaines dans les quartier oubliés du plus beau pays du monde.

Vous n’imaginez pas le nombre de problèmes dont souffrent les habitants de ces quartiers, vous n’imaginez pas ce que c’est d’avoir peur dans son propre quartier : peur du fils du voisin quand il est m9ar9eb, peur de la bande de gosses qui vous guettent à l’angle de la rue, peur des flics.
Vous n’imaginez pas ce que c’est d’avoir honte de son domicile, de son quartier.

Laâyayda une commune périphérique à Salé, est mon site de travail. Je vous invite à apprécier les photos .

A chaque fois que j’y vais, j’ai mal au cœur, mal de voir les yeux des enfants heureux et qui se transforment lentement en un regard haineux de jeunes de 15, 16 ans, puis en un regard éteint de vieux de 25ans.

| Permalien | Commentaires (52)