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Casa ma ville 
Trois peintres «revisitent» la médina de Casablanca  09/07/2006
L'ancienne médina, symbole de la mémoire de Casablanca, fera l'objet d'une intervention artistique de trois plasticiens (Hassan Echair, Saâd Hassani et Abderrahim Yamou) en marge du festival de Casablanca. Cette intervention s'attachera à restaurer l'espace pour mieux s'y intégrer et surtout réhabiliter les lieux de mémoire, faire reconnaître les acteurs citoyens anciens et nouveaux et révéler les mythes.
C'est une façon de dévoiler le côté attachant de l'ancienne médina en faisant sortir de l'oubli de nombreuses figures nationales connues.
A travers ce projet, c'est l'ouverture de ce tissu urbain ancien à la promenade et aux activités attractives que visent les organisateurs du festival. Il s'agit en fait d'une fête des lieux, des figures et des personnages dans un espace déterminé.

Quatre sites qui s'imbriquent les uns aux autres (jardin Zerktouni, place de Sidi Fateh, place Ahmed El Bidaoui et place Sidi Bousmara) ont été choisis pour subir des interventions artistiques qui, toutes, ambitionnent de faire découvrir l'histoire, la légende et les personnages de chaque endroit précité de façon à ce que la cité cachée derrière les remparts soit redécouverte.

Tous ces espaces seront reliés par un bandeau qui démarre à l'arrondissement de Sidi Bousmara et finit au jardin Zerktouni. Ce fil d'Ariane est destiné à guider le visiteur. Une sorte de guide visuel, interrompu par des plaques commémoratives ou simplement des baies de fenêtres, de portes de balcons.

Il met en scène les personnages et les mythes de la médina et raconte ainsi l'histoire des lieux sur le parcours. Le tracé mènera d'une rive à l'autre de la rue, comme un dédale servant, civique et informatif. En parallèle, un travail de réconciliation de la médina avec sa mémoire d'enfant est réalisé par Saâd Hassani.

De son côté, Abderrahman Yamou rend un vibrant hommage au saint Sidi Bousmarra qui soigne à partir des clous. Il célèbre ainsi la légende du ficus géant du marabout à travers une sculpture monumentale, «Le ficus à clous», qui borde le tombeau.

Ces trois œuvres artistiques seront enrichies d'interventions pensées pour faire de ce parcours une balade dans la mémoire de la cité blanche. Une dizaine d'endroits ont été sélectionnés pour leur intérêt architectural et historique afin de rendre hommage aux personnalités légendaires et à certaines figures de proue de la culture marocaine. Ces plaques serviront de repères inscrivant sur les murs l'histoire de l'ancienne médina.

En parallèle, le circuit sera valorisé par une intention d'unification : bancs de même facture, lampadaires, poubelles et corbeilles à papier, enseignes, plaques de rues et plaques commémoratives.

L'aménagement végétal représentera une animation de plus avec l'installation de bacs à plantes fleuries. Le circuit verra, en outre, l'élagage des arbres existants et la plantation de nouveaux arbrisseaux.

Cette intervention cherche à associer la population intra muros à l'intention d'ouvrir ce tissu urbain ancien à la promenade et aux activités attractives.
Les Casablancais et les touristes pourront admirer l'ancien tissu urbain typique.
Cette initiative devrait renforcer la vocation naturellement touristique de l'ancienne médina, qui aura un coup de pouce grâce au futur port de plaisance et au projet de la marina.

Comme les méandres de l'ancienne médina, les actions du circuit choisi s'imbriquent les unes aux autres. Les repères sont donnés à titre indicatif pour déterminer les moments d'arrêt ou de lecture des plaques commémoratives.

Plaques commémoratives
Au total, dix plaques commémoratives seront implantées à la médina en hommage aux hommes et femmes qui ont marqué l'histoire de la ville. Elles concernent :

- Bouchaïb El Bidaoui, célèbre homme de théâtre, connu pour ses déguisements en femme.

- Maréchal Kibou, musicien, qui a sorti la fameuse «Jerra » de son violon qui anime jusqu'à nos jours toutes les fêtes.

- M'Fadel Lahrizi, et son personnage Moui El Harnounia. Il anime aujourd'hui une troupe théâtrale dans la médina.

- Lalla Taja, femme pieuse enterrée dans l'ancienne légation belge.

- Salim Lahlali, chanteur populaire juif d'origine algérienne, ayant animé le cabaret «Coq d'or» en ancienne médina.

- Fatéma El Fihria, savante musulmane, héritière d'un riche Kairouanais, fondatrice de la mosquée Qaraouyine.

- Sidi Allal Al Karaouni, unique survivant d'un naufrage au large de Casablanca, il fut accueilli par la population et vénéré depuis.

- Haj Mohamed Benjelloun dit «Chocolat», considéré comme le père fondateur du sport marocain.

- Maison Boniface, nom du chef la police française à Casablanca.

- Le bastion de la Sqala, fortification reconstruite en 1769.


Le Matin

Darbeida
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