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La loi qui soulève les montagnes

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Casa ma ville 
La répression de la mendicité passe par la lutte contre la pauvreté  09/06/2006
La mendicité est un phénomène galopant au Maroc. Les mendiants font aujourd'hui partie du décor de nos villes. Le fléau est devenu un vrai commerce. En plus de l'image dégradante que donne la propagation de la mendicité dans notre pays, celle-ci, et sans pour autant ignorer ou minimiser les facteurs réels d'injustice et d'inégalités qui la nourrissent, détruit l'esprit d'initiative et propage le comportement passif d'assistanat et d'assistés pénalisant ainsi la productivité et la compétitivité du pays.

Soucieux de mettre fin à ce problème ou du moins l'atténuer, le ministère du Développement social a mis en place un programme de lutte contre la mendicité à Casablanca et Rabat. Ce programme, qui devra démarrer avec le ramassage des mendiants, se base sur quatre aspects de l'intégration. D'abord, l'intégration familiale, qui consiste à réintégrer les mendiants dans leurs familles. Ensuite, l'intégration institutionnelle.

Celle-ci vise à placer les personnes fragiles sans familles dans des institutions sociales (Til Mellil à Casablanca et Aïn Atik à Rabat) conformément à la loi 14-05 qui donne l'accès aux associations aux seules personnes n'ayant pas un lieu d'intégration familiale. Enfin, l'intégration socio-économique. Ce volet donne la priorité à l'accompagnement des mendiants à travers le financement d'activités génératrices de revenus. Généralement, elles sont financées par le ministère du Développement social et ses partenaires.

Environ 37 programmes (16 à Rabat et 21 à Casablanca) ont déjà été financés. Des formations professionnelles en faveur des mendiants sont prévues pour faciliter leur intégration. Des ateliers de formations sont d'ailleurs en cours de construction au centre de Tit Mellil. A ces trois aspects s'ajoute celui de la répression, conformément à la législation en vigueur.

Cet aspect n'intervient qu'en dernier recours, une fois que les aspects précités (intégration familiale, institutionnelle et socioprofessionnelle) s'avèrent inefficaces. Le code pénal prévoit des sanctions à l'encontre des mendiants chroniques. Une circulaire tripartite des ministères de l'Intérieur, du Développement social et de la Justice a été envoyée aux procureurs du Roi auprès des tribunaux pour appliquer les textes en vigueur pour la lutte contre la mendicité professionnelle.

Ramassage des mendiants

Selon M. Lahcen El Amrani, conseiller du ministre du Développement social, le premier maillon de la mise en œuvre du programme de lutte contre la mendicité est le ramassage des mendiants. «Sur Rabat, dit-il, tout le dispositif est prêt pour commencer le ramassage de 1.100 mendiants répertoriés sur l'ensemble de la capitale du Royaume. »

« Cette opération devrait commencée au mois de septembre », a-t-il expliqué. Une fois le mendiant arrivé au centre de tri, il aura une fiche sur laquelle se basera l'enquête sociale qui sera déclenchée pour essayer de déterminer s'il a une famille ou pas et s'il dispose d'une formation et, par la suite, décider avec lui les meilleures solutions pour son intégration.

Au niveau de Casablanca, aucune date n'a été fixée pour le ramassage des mendiants. En revanche, M. El Amrani assure que la majorité des actions du programme de lutte contre la mendicité au niveau de la métropole sont déjà en place, notamment la mise à niveau du centre de Tit Mellil qui devra abriter plusieurs ateliers de formation.

Article 330 du Code pénal

Le père, la mère, le tuteur datif, le kafil ou l'employeur, et généralement toute personne ayant autorité sur un enfant ou qui assure sa protection, qui livre, même gratuitement l'enfant, le pupille, l'enfant abandonné soumis à la kafala ou l'apprenti âgé de moins de dix-huit ans à un vagabond ou à un ou plusieurs vagabonds, est puni d'emprisonnement de six mois à deux ans.

La même peine est applicable à quiconque livre ou fait livrer l'enfant, le pupille, l'enfant soumis à la kafala ou l'apprenti âgé de moins de dix-huit ans, à un ou plusieurs mendiants ou à un ou plusieurs vagabonds, ou à déterminer ce mineur à quitter le domicile de ses parents, tuteur testamentaire, tuteur, datif, kafil ou celui de la personne qui assure sa protection, pour suivre un ou plusieurs mendiants ou un ou plusieurs vagabonds.


Le Matin
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