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«Rawafid» est une manifestation culturelle dédiée aux créateurs marocains à l’étranger. Ces derniers sont appelés à venir mesurer l’ampleur de cette interculturalité que le festival s’évertue à ancrer. Du 1er au 4 juillet, Casablanca leur ouvre grand les portes et les convie à montrer aux siens ce dont ils sont capables.
«Coup de jeune, coup de maître». Ce fut le constat de tous, dès le démarrage, il y a de cela sept ans. Et pour cause. Les concepteurs ont réussi à mettre en exergue les créateurs marocains résidant à l’étranger, à qui on ne pensait que rarement. Pourtant, ils sont nombruex les artistes ayant choisi d’élire domicile ailleurs. Là où ils prospèrent et brillent de mille feux. L’idée de les attirer à Casablanca, le temps d’un festival, pour exposer leurs ¦uvres, suc d’une création abreuvée des diverses tendances culturelles habilement brassées à la culture d’origine, est tout simplement ingénieuse.
Le ministère de la culture a estimé bon de rendre, enfin justice, aux immigrés créateurs en les présentant au public. C’est, de surcroît, reconnaître à l’immigration ce mérite que d’entreprendre une telle initiative. Souvenons-nous de ce qu’avait si bien dit le ministre de la culture, Mohamed Achâari, quand «Rawafid» n’en était qu’à son début : «l’émigration n’est pas seulement un mandat postal, un visa ou des pateras. Mais aussi le monde tel qu’il est fait par les hommes». Il n’y a rien de si bien imaginé, il faut le dire, pour que le cordon ombilical ne soit jamais rompu entre ceux qui s’expatrient, ceux-là même qui excellent là où d’autres ont échoué et ceux qui restent.
Il a fallu donc songer à célébrer cette pléiade d’artistes marocains qui s’attellent au quotidien à la communion de deux cultures. Le pas a été, de ce fait, franchi. Et depuis, ce festival se veut un amalgame de rythmes, de couleurs, de symboles, d’images destinés à l’appréciation des mordus.
La pérennité étant assurée, on s’y gavera, cette année, comme à l’accoutumée, de littérature, de théâtre, de cinéma, d’art plastique, de concerts. Bref, de tout ce qui est susceptible de délecter et d’égayer les longues soirées d’été.
Le pari de lever le voile sur les créateurs marocains évoluant dans un environnement étranger, aujourd’hui relevé, l’enjeu est, à présent, d’innover pour aguicher un public de plus en plus exigeant. Pour cela un programme aussi varié qu’alléchant a été concocté.
Ainsi la délectation sera à son paroxysme avec des troupes variées venues d’horizons divers. Il s’agit de Quartet Gate Golden (Ensemble américain vivant en Europe) qui ouvriront le bal.
Sera, également, parmi nous l’Ensemble artistique Habib Koité (Ensemble malien vivant en Belgique) et la troupe Hanino (ensemble composé de Marocains et de Français). Le trois juillet, rendez-vous est donné aux Casablancais avec la troupe Momo Cat (Ensemble composé de Marocains et de Finlandais), l’Ensemble artistique Jamal Laroussi. (Ensemble composé d’Algériens, de Marocains et d’Allemands) vivant en Allemagne.
Le dernier jour, ce sont les Ensembles artistiques Houcine Killy (Ensemble composé de Marocains et l’Allemands) vivant en Allemagne ainsi que l’Ensemble Fra Fra Sound et Magid Bekkas, qui feront vibrer la ville aux divers rythmes.
En voilà donc une aubaine qui a permis de dévoiler des créateurs marocains venus pour crier aux quatre vents leur appartenance incontestée à la culture d’origine où ils puisent leur inspiration. Toutefois, s’il y a une leçon à en tirer, c’est bel et bien celle de lutter contre l’effacement identitaire résultant des frontières que tente de bannir ce genre d’initiatives.
AL Bayane |