Accueil
Envoyer à un ami
Version imprimable
Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager
Analyses

Une transition urbaine à haut risque

Vers un nouvel agenda urbain pour les 20 prochaines années

Mostafa KHEIREDDINE



Mostafa KHEIREDDINE
Mostafa KHEIREDDINE
Porteuse d’espoir et de déception, créatrice de richesse et de pauvreté, source d’inclusion et d’exclusion, la transition urbaine s’accomplit dans un contexte politique et socio-économique mouvant avec son lot de défis urbains à relever.

De nos jours, le monde urbain s’affirme, force de constater que plus de la moitié de la population de par le monde est urbaine. Le Maroc ne fait pas l’exception sur ce registre. En effet, plus de 60% de sa population est urbaine selon le dernier recensement de 2014.

Dés lors, la transition urbaine des prochaines décennies est synonyme de tous les défis pour œuvrer vers des villes et territoires durables et des établissements humains viables.
Consacré à la thématique " Le développement urbain durable : l’avenir de l’urbanisation", le 3ème Forum de l’ONU-Habitat qui se tient à Quito du 17 au 20 octobre 2016, est un moment historique pour apporter des réponses à ces défis et tracer la feuille de route pour des villes durables pour les 20 prochaines années.

Ce Forum arrive à point nommé après l’adoption en 2015 par les Nations Unies d’une feuille de route de 17 objectifs de développement durable à atteindre à l’horizon 2030, et dont le 11ème objectif a trait à la gestion durable des villes.

Aussi, convient-il de souligner que la rencontre de Quito sur le développement urbain se tient à quelques semaines de la COP22 de Marrakech, une conférence qui fera date dans les annales des instances onusiennes par l’entrée en vigueur de l’accord de Paris et l’engagement des parties sur des actions concrètes de lutte contre les changements climatiques.

Par cette rencontre de Quito, l’ONU-Habitat offre l’opportunité, pour les décideurs, professionnels et acteurs socio-économiques, d’échanger sur les politiques et les stratégies permettant de réaffirmer le rôle des villes et des territoires en tant que moteurs du développement durable.
Car, de l’avis de beaucoup d’experts, le paradigme selon lequel, l’urbanisation cristallise toutes les formes de déficience est à revoir. Pour dire qu’il est temps de changer les lunettes avec lesquelles, les politiques considèrent, depuis fort longtemps, l’urbanisation comme source des maux de la ville. En effet, les villes sont autant des lieux de création de la richesse matérielle et immatérielle, si leur management est au rendez-vous, que des espaces d’inégalité sociale et spatiale en cas de politiques urbaines déficientes.

Les villes produisent plus de 75% de la richesse mondiale , et par voie de conséquence, elles créent une attractivité sur les personnes et les entreprises à la recherche de l’opportunité d’emploi ou d’investissement. Dés lors, on oublie souvent que l’urbanisation est un moteur de développement, et comme tout moteur, il a besoin d’être entretenu à défaut d’être remplacé (modèle urbain) pour mener à bon port la croissance urbaine.

Espérant que l’adoption de la déclaration finale à l’issue des travaux de cette 3ème édition "Habitat III" de l’ONU, constituera une feuille de route qui éclairera les décideurs sur les politiques publiques urbaines à implémenter au niveau des villes pour les 20 prochaines années, et ce pour assurer aux villes l’inclusion sociale, la durabilité territoriale, la viabilité socio-économique et la résilience face aux changements climatiques.

Mostafa KHEIREDDINE
Urbaniste senior/Université de Montréal
Chercheur en sciences de la ville