Accueil
Envoyer à un ami
Version imprimable
Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager
Entretiens

Une COP22 déterminante pour confirmer la dynamique de Paris

Bastien Alex



Bastien Alex
Bastien Alex
Les ratifications de l’Inde et de l’Union européenne vont permettre à l’Accord de Paris de franchir le double seuil nécessaire à son entrée en vigueur. A quelles actions peut-on s’attendre dans les prochaines semaines ? Quid des pays n’ayant pas encore ratifié l’Accord de Paris ?

Les prochaines semaines devraient être occupées par l’investissement des équipes de négociations dans la préparation de la COP22 mais aussi des diplomaties, marocaine notamment, afin de porter le message de mobilisation de la communauté internationale, particulièrement vis-à-vis des pays les plus récalcitrants. Peu de chefs d’Etat – une vingtaine, dont François Hollande – ont pour l’instant annoncé leur participation à la conférence. Rappelons que parmi les grands pays exportateurs d’hydrocarbures, notamment ceux de l’OPEP, seuls les Emirats arabes unis ont déposé leurs instruments de ratification. L’Arabie saoudite et la Russie n’ont pas témoigné d’un intérêt particulier vis-à-vis de la procédure. L’Accord de Paris avait de toute manière banni toute référence à un prix du carbone ou à l’extraction des ressources fossiles.

Le protocole de Kyoto était entré en vigueur seulement huit ans après sa signature. Comment expliquer l’engouement suscité par l’Accord de Paris ?

L’accord a bénéficié de l’investissement jusqu’alors plutôt limité des deux premiers émetteurs mondiaux : les Etats-Unis et la Chine. En annonçant leur ratification ensemble dès le mois de septembre, ils ont mis la pression sur les autres signataires qui, autrefois, pouvaient arguer de leur mauvaise volonté pour dénoncer le manque d’avancées des négociations internationales. Si tous les blocages ne sont pas levés, cet argument est désormais caduc. Ce changement de posture des pays autrefois considérés comme des facteurs d’obstruction de la régulation internationale a été un important facteur de réussite de la COP21, tout comme le considérable investissement des acteurs non étatiques, des collectivités territoriales aux ONG en passant par la société civile. Cette dynamique s’est ainsi concrétisée par une ratification record à laquelle doit maintenant succéder une période de mise en œuvre.

Ségolène Royal, présidente de la COP 21 a annoncé que la COP22 à Marrakech serait celle de l’action où de nombreux partenariats seront présentés. Que doit-on attendre de la COP22 ? Quels genres de projet sont à l’étude ? 

L’Accord de Paris est le premier accord universel et contraignant conclu en vue de lutter contre le changement climatique. Objectif de limiter le réchauffement à 1,5°C, révision quinquennale des ambitions de réduction des émissions, plancher de 100 milliards pour les financements, les avancées sont certes présentes mais encore à consolider. A ce titre, la COP22 de Marrakech est aussi importante que la COP21 dont elle doit à tout prix confirmer la dynamique, sans quoi les négociations rentreront dans un nouveau cycle de blocage comme celui qui avait débuté après Copenhague en 2009. Les Etats n’ont pas encore précisé les mesures qui vont normalement leur permettre d’atteindre les objectifs qu’ils ont déposés auprès du secrétariat de la Convention climat avant la COP21, les modalités d’abondement de l’enveloppe de 100 milliards et de répartition des fonds ne sont pas encore tranchées, comme nombre d’autres questions. La COP22 a ainsi valeur de test pour la communauté internationale. Soit les Etats confirment leurs engagements en faveur d’une action responsable a minima, soit c’est le retour aux prises de positions unilatérales, aux obstructions et l’explosion du fragile consensus auquel la COP21 a permis d’aboutir.

IRIS