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Satan ne chôme pas

Mohssin Ahmed


Dans notre pays, le Maroc, la folklorisation de la culture devient la règle, rien ne nous étonne plus : retour et prolifération des moussems, développement du charlatanisme, renaissance des confréries aux pratiques douteuses et ainsi de suite…


A l’aube de l’indépendance, l’action des nationalistes contre l’obscurantisme commençait à apporter ses fruits : de moins de moins de gens faisaient encore confiance aux marabouts, aux voyantes, etc…
Les privilèges dûs à la seule naissance devenaient de plus en plus mal vus ; les mises en scène, les discours mensongers et terrorisants tenus par les fripons n’avaient guère autant d’effet sur les masses, n’impressionnaient plus. C’était un pas en avant.

Hélas ! Cette prise de conscience progressive chez le peuple, n’était pas du tout faite pour plaire aux parasites habitués à vivre dans l’opulence aux dépens des autres ; pour ces milieux, il devenait alors urgent de réagir.
On entreprit, par conséquent, une politique subtile et rétrograde visant à contrecarrer l’œuvre des ténors de l’indépendance afin de maintenir la classe populaire sous le joug de l’ignorance, c’est-à-dire à la merci des profiteurs sans foi ni loi.

Naturellement, le prétexte de la culture fit surface pour justifier, accompagner et, surtout, encourager le retour aux pratiques d’antan qui n’avaient pas encore complètement disparu d’ailleurs. Ajoutez à cela un argument économique de taille : la promotion du tourisme.
Ce fut alors le retour des manifestations populaires héritées de la nuit des temps : les moussems, terrains fertiles de l’anti-religion. Du coup, tout ce qui représente une insulte à l’intelligence humaine put renaître et se développer.

D’ailleurs le récent scandale des cartes pour « chorfas »en dit long sur la tendance de certains groupes d’esclavagistes et fripons regroupés dans les dites Rabitats, à vouloir vivre au-dessus des lois, armés de leur mépris pour les masses.
La culture ?oui ! Culture de la misère intellectuelle, du blasphème, de l’idolâtrie. Culture de la honte ! Partout, des personnalités, haut placées, furent envoyées bénir la tenue des rassemblements où l’on ne cherche qu’à abrutir le Marocain.

Nous prendrons l’exemple significatif des tristement célèbres Hmadchas dont la manifestation se tient, chaque année, à sidi Ali aux environs de Meknès ; officiellement, du sixième au huitième jour du Mawlid.
Incroyable, mais vrai ! Des femmes à l’aspect effrayant, dignes de l’âge de la pierre, décoiffées, barbouillées, hystériques ; des hommes non moins hallucinés, au visage ensanglanté, parfois même, mâchant du cactus épineux ; et puis tout le reste.

On vit par exemple toujours à Sidi Ali dit Ben Hamdouch, des individus, parfois lauréats des meilleures universités d’Europe ou bien des USA, certains allant jusqu’à se prosterner devant des trous à rats, mythiques demeures de la « redoutée Aïcha Kandicha. »
Avec son histoire à dormir debout, cette chimérique Aïcha était même devenue, par la suite, l’idole de certains pervers...Et sans la mobilisation des autorités, Sodome serait de retour dans ce petit patelin de la honte, lieu de rencontre des homos .

Pire encore, outre les offrandes en millions de centimes, d’autres , non moins bien formés et même nettement mieux placés, se donnèrent ridiculement en spectacle pour exécuter tous les actes relevant du rituel recommandés par un guide…lui-même consterné, atterré par ce qu’il voyait.
Et quel rituel ! Quel avilissement ! Répandre du lait par terre, induire de henné quelque partie de leur corps et ce, peut-être, en vue de convaincre la foule des badauds, gens du peuple venus t recevoir le fameux billet de banque bleu, mais sidérés toutefois par le spectacle.

Aujourd’hui, donc, une partie importante des Marocains sombre, chaque année, un peu plus dans le gouffre des croyances préhistoriques à la satisfaction de ceux qui sont prêts à tout pour la sauvegarde de leurs privilèges.
Nous assistons à la réapparition télécommandée, dirions-nous, de certaines zaouïas éteintes depuis belle lurette ; dirigées d’habitude selon la loi de l’hérédité, de père en fils sous la bannière des groupes d’intérêts, dits Rabitats.

Un changement notable, cependant, dans l’argumentaire des fripons qui ont toujours su exploiter l’ignorance et l’analphabétisme de certaines couches de la société pour en tirer profit .ils osent même prétendre que leurs pratiques hystériques s’apparentent au soufisme et arment le peuple contre l’islamisme intégriste.L’argument est,tout simplement,scandaleux.
On ne peut combattre le péril de l’islam politique en encourageant l’idolâtrie et l’abrutissement des esprits. Autrement dit, en conclusion, les deux phénomènes, l’islamisme comme le confrérisme, sont tous les deux dangereux, chacun à sa façon .Il faut les combattre.