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Chroniques

Pour un «front commun» marocain anti-jihadistes !

Fouad EL MAZOUNI



Pour un «front commun» marocain anti-jihadistes !
Hier soir, à l'occasion de la commémoration du 63ème anniversaire de la Révolution du Roi, Sa Majesté le Roi, a montré une nouvelle fois son charisme, sa capacité de commandeur des croyants qui lui permet à la fois de donner confiance aux Marocain(e)s, d’ici et d’ailleurs, et de les mobiliser à la veille du combat contre ceux qui veulent changer notre islam en une entreprise politique du crime : l’islamisme de la décivilisation ! 

En quelques paroles opiniâtres où les mots s’enchaînent les uns aux autres et font orientation, Sa Majesté le roi a réussi à mettre la lumière sur les deux périls qui menacent la défense de notre société. La menace principale sur notre société vient de l’islamisme salafiste. Ce dernier prend un visage inhabituel, haineux et répulsif en prônant l’action violente et le crime. Il s’emploie en premier lieu à d’ignobles attaques contre notre idéal d’un islam tolérant et ouvert. Ensuite, en provoquant d’abord chez nous puis ailleurs, des attentats-suicides en plein milieu de personnes innocentes, cet islamisme meurtrier ne se place pas au service de l’islam. En réalité, il place l’islam au service de sa colossale bande de crime organisé. Le discours royal, toujours preux décidément, nous rappelle : « Ceux qui incitent au meurtre et à l'agression, qui excommunient indûment les gens et qui font du Coran et de la sunna (communauté des croyants) une lecture conforme à leurs intérêts, ne font que colporter le mensonge au nom d’Allah et du Prophète ».

Le deuxième péril viendrait de nous si nous ne nous organisions pas afin de créer un «front commun» anti-jihadistes. Je prie les femmes et les hommes de ce pays de s’unir dans l’effort, dans la pensée et la réflexion, dans les actions sans cesse nouvelles derrière Sa Majesté le Roi, le seul garant aujourd’hui de nos institutions et de notre stabilité politique. Nous ne pouvons que très peu compter sur les partis politiques qui, aujourd’hui plus qu’hier, se rendent compte combien commencent à leur coûter les imbécilités des élections de l’argent dont le peuple a le devoir puis le droit de se satisfaire de ces miettes. Nos partis politiques sont restés trop longtemps dans le sommeil, le ronron, l’euphorie généralisée au rabais, entretenue par des politiciens de carrière qui, bloqués dans un cercle vicieux, vous éblouissent par leur ignorance et le manque de vision pour ce pays. Il nous faut donc, pour créer la force de ce «front commun», nous exposer au danger de crier haut enfin la vérité. Les salafistes de prédication sont partout dans nos universités, dans nos entreprises, dans nos administrations et, quoique la vérité puisse paraître invraisemblable, dans les couloirs du pouvoir !

Je n'ai pas l'habitude de parler à la place des autres, mais je suis persuadé que nous sommes nombreux a avoir la preuve absolue de la peur. C’est que la haine nous entoure et nous effraye. Le véritable danger qui nous menace ne peut venir que de la haine. La haine engendre les valeurs de l’exclusion et de l’intolérance. Le populisme islamiste prospère aujourd’hui sur le terreau des stratégies internationales qui nous échappent. Il exploite les périlleux défauts de notre société et active toutes sortes d’obscurantismes, de mensonges, active tous les moyens de propagande, toutes formes de surveillance des esprits. Il inculque des idées et certains sentiments qu’il perfectionne pour anéantir toute action visant une réelle égalité entre homme et femme. Il s’oppose à l’épanouissement individuel et collectif en usant de dogmes qui enchaînent. Il choisit dans le texte coranique sacré les versets qui se marient avec sa malhonnêteté politique, ses considérations de la femme moyenâgeuses, sans vertu et sans grandeur. J’ai grand-peur que nous ne soyons tous, bientôt, aliénés, de la façon la plus haineuse et la plus discriminatoire dont les islamistes déversent leur haine féroce de l’autre. L’autre, il faut le préciser, n’est plus seulement le juif ou le chrétien, etc. C’est aussi maintenant la femme battue par son mari «avec de bonnes intentions», la femme qui brave l’interdiction de conduire une voiture, la femme qui refuse de porter le hijab, la femme qui récuse la polygamie, la femme forcée à épouser son violeur et toutes les autres femmes soupçonnées de «crimes moraux». Et pourtant, en dépit de tous leurs mensonges funestes, on ne trouvera jamais dans le texte divin les fondements de cette haine des femmes et de la hantise de leur corps. La haine de l’autre va loin et condamne au lynchage sinon à la mort le musulman non pratiquant, l’homosexuel…

Je ne pouvais pas me permettre de me faire trop d’illusions sur la chance de contenir la violence. Le temps de l’islamisme triomphant annonçait un nouvel affrontement, sans craindre de se retrouver repoussé même par une pensée profonde, nouvelle, nourrie de quelques forces et lumières internes, connaisseuse et ayant étudié impérativement un certain Ibn Hanbal et l’historien et exégète Tabari, le soufi d'origine persane Al-Ghazâlî et Al-Ashaari. Le discours islamiste en tant que projet de société global visant l’anéantissement de la démocratie et les valeurs universelles, ce discours ne craint pas non plus d’être combattu par la misère intellectuelle qui s’est durablement installée au sein de notre bourgeoisie imbécile et vorace, ayant dans ses rangs des hommes aux diagnostics toujours maladifs incapables de défendre, d’une façon durable, même leur propre bonheur. D’où je conclus, avec une extrême rigueur et un dernier reste de compassion, qu’il lui faut se résoudre à gérer un certain désordre en ayant de véritables stratégies pour conquérir les esprits. Elle ne peut continuer à lier sa défense à des orientations du passé, à un comportement de recul qui s’amplifie continuellement auprès du refuge de Makhzen.

Les islamistes peuvent le contester autant qu’ils voudront, mais leur doctrine et leur mensonge constituent leur unique monnaie d’échange pour mieux instrumentaliser afin d’augmenter leur visibilité et conquérir le cœur puis l’esprit des franges les plus exclues du peuple marocain.