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Chroniques

Le coût du « non-Maghreb »

Amine MERNISSI


Pour avoir été présent au Forum de Paris – Casablanca Round le 6 février dernier, j’en suis ressorti avec le même sentiment avec lequel j’y suis entré : la crise est là et tout le monde y va de sa théorie pour en sortir.


Le coût du « non-Maghreb »
Parions que l’année prochaine, nous serons toujours à se poser les mêmes questions et sans doute à écouter les mêmes réponses…

Parmi toutes les interventions que j’ai pu suivre, j’ai été frappé par l’accent de sincérité d’un Adil Douiri qui ne mâche pas ses mots ! Après avoir vertement critiqué la « politique spectacle dont fait preuve le gouvernement actuel au détriment d’une vraie stratégie de sortie de crise », Douiri a tracé la feuille de route de ce que devrait être la politique à suivre en ces temps difficiles par le gouvernement… Petit détail : le Parti de l’Istiqlal dont fait partie M. Douiri, est bien dans la majorité gouvernementale actuelle, n’est-ce-pas ?...

Autre intervention remarquée, celle de Mohamed El Kettani, Président d’Attijari wafabank qui a fait un véritable plaidoyer pour l’Afrique. Continent selon lui, « qui recèle encore toutes les potentialités de développement et de partenariat pour un pays aussi bien placé que le Maroc ».

Enfin, en guise de clôture de cette rencontre, l’intervention attendue de Dominique Strauss Kahn qui a livré une analyse assez technique de la situation actuelle du monde pour aborder in fine celle du Maroc. Un pays selon lui, qui a valeur de modèle au sens politique du terme et dont l’économie et les finances « ne se portent pas mal ». Casablanca Finance City étant à ses yeux une place financière appelée à jouer un rôle régional, gage d’une mondialisation accrue du Maroc. Reste un bémol. Le Maghreb, ou plutôt le « non-Maghreb ». Selon DSK, 1 à 2% de croissance de perdu chaque année pour les cinq pays de la sous-région. Le coût est donc colossal au moment où toutes les économies mondiales cherchent le moindre relais de croissance à exploiter… Mais comme dira DSK de façon allusive,  « comment voulez-vous que l’Union du Maghreb Arabe se fasse, quand l’un de ses principaux membres n’en veut pas ! »…