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Sahara

La Côte d’Ivoire, un allié du Maroc pour le Sahara

Abdelhak Najib


Le Roi Mohammed VI effectue, à partir du 18 mars 2013, une visite officielle en Côte d’Ivoire, dans le cadre de sa tournée africaine entamée le 15 mars 2013 et dont le Sénégal a constitué la première étape. Le Souverain rencontrera dans ce cadre le président ivoirien Alassane Ouatara, un allié de taille pour la question du Sahara.


La Côte d’Ivoire, un allié du Maroc pour le Sahara
Avec l’avènement de Ouatara, à la tête de la Côte d'Ivoire, c’est un nouveau chapitre qui s’ouvre dans les relations entre Rabat et Yamoussoukro. Le chef d’Etat ivoirien, a tenu, dès  sa prise du pouvoir, à réitérer le soutien de son pays au Maroc dans le conflit qui l’oppose à l’Algérie et au Polisario autour du Sahara. Pour le président ivoirien, la proposition marocaine d’autonomie est la solution la plus réaliste et la plus viable. Elle permettra de mettre un terme à l’un des conflits les plus vieux au monde.

En effet, le Maroc de Mohammed VI  veut ressusciter une époque où les relations entre les deux pays, précisément du temps de Hassan II et de Félix Houphouët-Boigny, étaient parmi les plus exemplaires en Afrique.  Le régime de Laurent Gbagbo avait mis un terme à une entente fraternelle qui a duré plus de quatre décennies. En effet, la période allant de 2000 à 2011 est à oublier pour les deux capitales tant  les liens entre Rabat et Yamoussoukro se sont détériorés. Fait marquant de cette rupture, la reconnaissance par l’ex-président Gbagbo de la supposée « République arabe sahraouie démocratique » (RASD).

Nouveau départ

S’il y a une date à retenir pour les Marocains, c’est bien celle du 14 avril 2011. Le monde entier a suivi en direct l’arrestation de Laurent Gbagbo, par les soldats français, qui ont aidé Alassane Ouatara à prendre sa place légitime, gagnée par les urnes, de président de la Côte d’Ivoire. Pour Rabat, c’est la fin d’une période troublée qui a assez duré et qui a failli  envenimer les relations historiques entre les deux peuples. Le Roi Mohammed VI connaissait la position de Ouatara par rapport à la question de l’intégrité territoriale du royaume. En effet, concernant ce dossier, le nouveau président adopte une position ferme et sans ambages,  publiquement déclarée à l’occasion du 18ème sommet de l’Union africaine tenu les 29 et 30 janvier 2012 en Ethiopie. Pour l’Histoire, c’est en marge de cette réunion des chefs d’Etat, que Alassane Ouattara a reçu le ministre des Affaires étrangères et de la coopération, Saâd Dine El Otmani, pour un entretien privé de grande teneur diplomatique. Il a assuré le Roi Mohammed VI de son amitié indéfectible et du soutien du peuple ivoirien au Maroc pour défendre son Sahara. Cette première prise de contact avec le nouveau chef d’Etat ivoirien a été suivie, en avril 2012, d’une autre qui a eu lieu à Abidjan. A ce titre, le chef de la diplomatie était porteur d’un message royal à l’adresse du président Ouattara.

Cette position a été réaffirmée à Rabat par le ministre d'Etat, ministre de l'Intérieur de la République de Côte d'Ivoire, Ahmed Bakayoko, qui a avait précisé dans une déclaration reprise par la presse que son pays apporte « son soutien au Royaume du Maroc dans le dossier du Sahara marocain. La Côte d'Ivoire n'a eu de cesse de maintenir sa position dans toutes les instances et de contribuer au maintien de l'intégrité territoriale du Maroc. » C’est là un appui sur tous les fronts puisque la diplomatie ivoirienne plaide en faveur de la cause du Maroc. La réciprocité est de mise étant donné que le royaume appuie toutes les démarches ivoiriennes dans ses négociations avec l’Europe au sujet des questions de sécurité, des droits de l’Homme et surtout des investissements étrangers dans le sillage de la crise ivoirienne.

Une fois le dossier le plus important assuré entre Rabat et Yamoussoukro, le partenariat économique prend toute son importance. Le retard accumulé durant plus de dix ans doit être rattrapé surtout que le Maroc a développé une grande expérience en termes de coopération avec les pays d’Afrique de l’Ouest. Une expérience qu’il entend mettre à profit pour mieux pénétrer le marché ivoirien. A ce niveau, il faut dire que Alassane Ouattara,  voulant reconstituer la place importante de la Côte d’Ivoire sur le continent africain, a trouvé dans le Maroc de Mohammed VI son meilleur allié, surtout pour faire face à l’hégémonie de deux grands pays anglophones en l’occurrence, l’Afrique du Sud et le Nigéria. Ces deux Etats sont lancés dans une politique d’alliance qui impose aux Ivoiriens de se trouver des partenaires solides pour affronter les défis africains du millénaire.  

Cet alignement tous azimuts s’est traduit avec vigueur lors du conflit malien où Rabat et Yamoussoukro procédaient d’une voix commune. Les deux pays n’ont ménagé aucun effort au profit d’une intervention militaire au Mali pour contrer les groupes terroristes. Parce que la menace est grandissante pour toute la région. Et  la Côte d’Ivoire encourt de grands risques dans ce sens. D’où l’insistance de Rabat pour que les points de vue d’Alassane Ouatara trouvent écho au sein des Nations Unies.

Dans un premier temps, les deux pays ont réinstallé des relations politiques et diplomatiques solides, basées sur le respect et le soutien mutuel. Une fois le climat assaini, il a fallu penser à fructifier les relations par des échanges économiques à la hauteur des ambitions des deux capitales. Surtout que la coopération économique marque le pas à plus d’un égard. Aujourd’hui, la Côte d’Ivoire, avec le rétablissement de la paix, offre de belles opportunités pour les investisseurs marocains dans le transport aérien, le bâtiment, les banques et les télécommunications. Une délégation marocaine, constituée également d’hommes d’affaires, est prête à mettre sur orbite la vision du Roi Mohammed VI pour l’Afrique et lancer des projets de taille en Côte d’Ivoire.

Abdelhak Najib
Journaliste