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Analyses

Hamedan : Le nouveau tapis militaire irano-russe

My Hicham Mouatadid


Les enjeux géopolitiques permanents au Proche et Moyen-Orient depuis la première guerre mondiale, dépendent non seulement des rapports de forces des acteurs actifs de la région, mais principalement des puissances extérieures à la région et leurs influences sur les mouvements, entités et institutions des alliances locales. D’ailleurs, la nouvelle tactique irano-russe concernant le décollage, de l’aviation russe, à partir de l’aérodrome d’Hamedan en Iran pour bombarder des positions djihadistes en Syrie, est une première depuis 1946.


Moulay Hicham Mouatadid
Moulay Hicham Mouatadid
Ce revirement de coopération stratégique au niveau opérationnel entre l’Iran et la Russie, ne traduit pas seulement une certaine houppe entre ces deux alliés, mais surtout une association d’ordre militaire afin d’accélérer la mise en œuvre d’une certaine feuille de route en commune, qui respecte les intérêts réciproques des deux pays, et principalement la préservation de leurs enjeux géostratégiques dans la région. Or, l’Iran qui, depuis la seconde guerre mondiale, n’avait jamais toléré l’accueil et la mise en place sur son territoire, d’installations militaires étrangères, il n’exclut pas désormais, l’utilisation d’autres bases aériennes par l’aviation russe.

Cette ouverture iranienne, témoigne une certaine position de force de ces deux pays sur ce dossier syrien, mais elle signifie aussi la présence d’une mutuelle confiance de coopération militaire pour des objectifs de rapports de forces, de domination et d’influence sur cette partie du globe en mouvement. Le fait que les russes soient les premiers à le faire est assez significatif d’un point de vue militaire, que ce soit pour les observateurs et analystes de la coalition occidentale menée par les États-Unis, ou pour les officiers militaires et agents de sécurités dans les postes de commandes, des bases militaires et paramilitaires, en position dans la région.

Nous pouvons clairement constater un recul des américains dans la région, plus précisément depuis les accords sur le nucléaire avec l’Iran en 2015. Ce changement était en faveur des russes, car il leur permis une certaine précellence, plus au moins globale, car le Moyen-Orient est devenu une région tactique d’assertion de leur puissance internationale. En outre, la Russie, dans le cadre de sa stratégie planifiée dans cette région, favorise une ligne de conduite qui tire parti d’opportunités tactiques, qu’une méthode d’application fixe.

Un choix opérationnel et économique

D’un point de vue économique, Pour les militaires russes, le décollage de l’aérodrome d’Hamedan en Iran, leur acquiescent de faire des économies financières en carburant, car en terme de temps, leurs bombardiers vont pouvoir accès à des trajectoires raccourcis. Ils vont pouvoir réduire les temps de vol de 60%, et rendre efficace les bombardements de point de vue tactique et militaire. Toutefois, ces avions de bombardement étaient d’une envergure supérieure pour la majorité des bases syriennes. Outre la dimension économique, d’un point de vue logistique, les opérations effectuées par les russes depuis cet aérodrome iranien, ont engagé des appareils bombardiers à long rayon d’action. Il s’agit bien des Tupolev-22M3 et les tactiques Soukhoï-34.

Cependant, pour disculper cette nouvelle conduite de coopération militaire, le Shoraye Aliye Amniate Melli (SAAM), qui est le conseil de sécurité nationale de la République islamique d’Iran, a déclaré que l’Iran autorise le maniement de ses installations avec la Russie afin de lutter contre le terrorisme en Syrie. Autrement dit, le président du SAAM, a justifié cette nouvelle ouverture dans la stratégie militaire iranienne comme un dénuement stratégique qui relève de l’ordre sécuritaire de cette coopération irano-russe. Or, pour le conseil de sécurité nationale de la République islamique d’Iran, le combat contre le terrorisme en Syrie est stratégique, et le partage des moyens et des infrastructures dans ce domaine est prétentieux.

La cible des opérations

Le tableau de bord des opérations de cette collaboration militaire vise principalement, la destruction des grands dépôts d’armes, les camps d’entraînements d’activistes et les centres de commandes et de contrôles des djihadistes. Également, ces raids auront ordre de mission pour diagnostics des positions de l’État Islamique (ÉI), notamment les rebelles de Fath-Al-Cham à Alep (ex-Front Al-Nosra), Idlib et Deir Ezzor. Or, deux quartiers du nord-est d’Alep, à savoir Tariq al Bab et Al-Sakhour, ont déjà constitué l’une des premières cibles de ces raids aériens décollées de l’aérodrome d’Hamedan.

Par ailleurs, la Russie a reçu une autorisation, à la fois de l’Iran et l’Irak, afin de pouvoir tirer des missiles au-dessus de leurs territoires à partir de la mer Caspienne. Aussi, à la veille du début opérationnel de ces raids aériens, Larov et Kerry se sont entretenus au téléphone, et leur entretien a spécialement porté sur la conjoncture à Alep. La presse russe, a pareillement révélé, que la conversation entre les deux responsables était matière au meilleur procédé quant à la mise en œuvre d’un accord, dont Moscou dit a été conclu en juillet lors d’une visite de John Kerry en Russie.

Si cette nouvelle interférence irano-russe pourrait soulever les signes d’une certaine violence de résolution du conseil de sécurité des Nations Unies, et une menace pour la coopération sur le règlement du conflit en Syrie, cette nouvelle coopération entre l’Iran et la Russie pour accorer les autorités syriennes, traduit l’échec de Washington a empêché les deux pays de créer une forte alliance militaire dans la région.

Cette nouvelle tactique stratégique, a modifié l’équation militaire et politique au Moyen-Orient. D’ailleurs, c’est une première depuis 1979, car pour la Russie, le déploiement de ses militaires à l’extérieur de son territoire, ne posait jamais de problème, de point de vue opérationnel et tactique géo-sécuritaire. En revanche, ce mouvement militaire pour l’Iran constitue un nouveau changement, diamétralement opposé à l’approche iranienne qualifiée de conventionnelle envers les installations militaires étrangères sur son sol.

Une alliance pour l’efficacité

Cette nouvelle coalition opérationnelle, entre Moscou et Téhéran, exhibe une volonté très déterminée, de ces deux traditionnels fidèles du régime de Bachar-Al-Assad. L’Iran et la Russie, qui veulent constamment préserver leur rôle stratégique, dans les enjeux d’épilogues concernant ce dossier, ils ne manquent pas la moindre occurrence afin de vouloir montrer leur leadership politique et de puissance, d’abord, dans la lutte contre le terrorisme, mais surtout en prenant l’initiative pour assurer leurs zones d’influences dans la région.

L’accès des russes à Hameden, constitue un virage tactique d’une alliance très pragmatique entre la Russie de Vladimir Poutine et le régime théocratique chiite d’Iran. Cette coopération, loin des raisons idéologiques, trouve son fondement dans le Realpolitik. Autrement dit, c’est une approche qui s’inscrit dans le cadre d’une politique étrangère fondée sur le calcul des forces et l'intérêt national entre les deux États. Cette nouvelle ouverture n’est qu’une suite logique des développements déjà observés entre les deux pays dans la région. Or, l’Iran qui a donné déjà depuis longtemps, aux bombardiers stratégiques russes, l’autorisation d’utiliser son espace aérien, pour des opérations en Syrie, n’a pas hésité d’aller de l’avant dans cette coopération avec la Russie, d’autant plus que, Vladimir Poutine est depuis le début sur la même ligne politique en Syrie, en soutenant le président Assad.