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Chroniques

En avant toute !

Farid Zerrouq



Farid Zerrouq
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Farid Zerrouq
Le prochain Gouvernement aura la lourde tâche de redresser la situation socio-économique du pays. Il ne devra pas disperser son énergie. Pour cela, il doit classer ses actions par ordre de priorités, sans rien négliger, mais en mettant l’accent sur les chantiers majeurs du quinquennat, qui devraient être, à mon avis, au nombre de cinq :

1-La mise en œuvre de la régionalisation avancée, en donnant une réelle liberté d’action aux conseils régionaux, un réel pouvoir aux Présidents, et en mettant les Régions en compétition. Cela rendrait certains problèmes manifestement inextricables, beaucoup plus abordables (Enseignement, Santé, Précarité). Encore faut-il que ces messieurs des départements centraux, veuillent bien jouer le jeu. (fin 2016)

2-L’application des ALE signés par notre pays, à travers un démantèlement douanier, immédiat, une vigilance accrue aux frontières, pour contrôler les produits importés (camelote chinoise, déchets, radioactivité, etc.). Pour cela, il faudra s’armer de normes de qualité, et de moyens de contrôle (laboratoires, douane scientifique). Cela aura pour effet immédiat, des coûts plus bas et une meilleure qualité des produits, une amélioration du niveau de vie des citoyens, et la mise en compétition des entreprises installées au Maroc, avec les concurrents étrangers. Elles n’auront pas à se plaindre, puisque des marchés de centaines de millions d’individus, avec un énorme pouvoir d’achat, vont s’ouvrir devant eux, sauf s’ils sont vraiment mauvais … (fin 2018)

3-Promotion de la performance et de la qualité au sein de notre tissu de production, à travers des mesures courageuses dans les domaines de l’accès au financement, la R/D et l’innovation, l’accompagnement, et une réforme de la politique fiscale. Je propose, par exemple, de diminuer au cours des 5 prochaines années, l’IR et l’IS, de moitié. Ce qu’on perd en recettes, on le gagnerait en créations d’emplois, en développement des entreprises, en attractivité du Maroc vis-à-vis des investisseurs étrangers, et en points de croissance. En plus, l’effet immédiat, c’est un boom de la consommation, entrainant une augmentation des recettes de la TVA, qui compensera une grande partie de ce qui a été concédé. (Fin 2019)

4-Un outil important pour réaliser les objectifs précédents, c’est un nouveau dirham, équivalent à 13,5-14 dirhams actuels, et qui vaudrait un peu plus d’un euro (légère dévaluation, pour mieux exporter). Cette mesure, permettrait, dans la foulée, de boucler le dossier de la compensation, sans douleur, pour passer enfin, à l’ère de la réalité des prix. (Fin 2017)

5-Le chantier prioritaire, à mon avis, c’est l’éradication de l’analphabétisme au Maroc. D’autres pays, l’ont fait en quelques années. Nous sommes capables d’atteindre cet objectif, en fin de quinquennat, si les moyens et la volonté sont au rendez-vous. Cette action devra toucher tous les marocains analphabètes de moins de 70 ans. On peut imaginer un service civil de 2 années, pour les diplômés chômeurs, avec obligation de résultats, et embauche à l’arrivée. (Fin du quinquennat)

Encore une fois, il faut continuer à travailler sur tous les autres chantiers : Infrastructures, Plan Maroc Vert, Halieutique, Sécurité, INDH, et retoucher les plans d’actions en difficulté : Emergence, Plan Azur, Education-Formation-Recherche, Artisanat (juillet 2017). Il faudra également imaginer un plan commun de développement des secteurs de la Culture, les Médias, la Communication, la Jeunesse, les Sports et les affaires religieuses (fin 2017). La création d’une agence centrale pour l’aménagement du territoire, est une nécessité, pour sauver ce qui reste de notre paysage urbain (fin 2016). Ensuite, il faudra vendre tout cela, grâce à une diplomatie sage, intelligente, active et efficace, qui s’occupe, également, des MRE, du commerce extérieur et de la coopération. Il faut bien sûr, évaluer sans arrêt, dans une démarche de progrès continu. Il faudra enfin, promouvoir notre jeune démocratie, et évoluer d’une démocratie du consensus, à une démocratie de la différence, dans le respect des autres et des intérêts supérieurs du Royaume. Cela permettrait une plus grande adhésion des citoyens, à notre stratégie de développement, et la mobilisation de tous pour la réaliser. Il ne restera plus qu’à lancer, haut et fort, « En avant toute !».

Pr. Farid ZERROUQ
Président du GRDD